José Antônio de Maria Ibiapina

 José Antônio de Maria Ibiapina

 

 

 

José Antônio Maria Ibiapina (Sobral, 1806 — Solânea, 1883) était un prêtre catholique brésilien.

Détenteur d’une licence en droit, il enseigna d’abord à la faculté de droit d'Olinda, fut nommé juge dans son Ceará natal, puis élu député pour sa province à l’assemblée de Rio de Janeiro. 

Dépité par la vie publique, il préféra se vouer au métier d’avocat à Recife, mais renonça là aussi, après plusieurs années, à la suite d’un échec. 

Ce n’est finalement qu’à l’âge de 47 ans qu’il se sentit une vocation sacerdotale, et qu’il fut ordonné prêtre. 

En 1856, alors qu'il était grand vicaire de l’évêché d’Olinda, il se démit de sa fonction pour se vouer à la prédication itinérante et à l’action missionnaire dans les arrière-pays semi-arides (sertões) du Nordeste brésilien, alors délaissés par l’Église catholique. 

À ce titre, il parcourut, durant les 30 années qui suivirent, les campagnes du Ceará, du Pernambouc, du Piauí, du Rio Grande do Norte et de la Paraïba, organisant des missions populaires d’environ deux semaines, au cours desquelles il s’appliqua également à faire construire par ses fidèles un grand nombre d’églises, de cimetières, d’hôpitaux (en l’absence d’hôpitaux publics), de retenues d’eau, ainsi qu’un total de 22 maisons de charité, destinées en particulier à accueillir et à pourvoir d’une instruction les enfants pauvres et les orphelins, et fonctionnant sur un principe d’égalité et de démocratie, de sorte qu’il a pu être postulé que l’œuvre d’Ibiapina, qui sera du reste peu soutenu par sa hiérarchie, fut une préfiguration de la théologie de la libération. Il semble établi que sa figure inspira Antônio Conselheiro.

Biographie

Jeunes années et formation

José Antônio Pereira Ibiapina, troisième enfant du couple Francisco Miguel Pereira et Tereza Maria de Jesus, naquit le à São Pedro de Ibiapina, ville située dans le nord-ouest de la province du Ceará, dans la région de Sobral. Le nom Ibiapina ajouté à son patronyme et à celui des membres ultérieurs de la fratrie était un hommage de son père à la bourgade qui l’avait accueilli dans les premières années de son mariage.

Il vécut une partie de son enfance à Icó, petite ville dans le sud-est de la province, où le père avait été nommé greffier et où ses parents s’en furent donc s’installer, et y restera jusqu’en 1819, année où il alla vivre à Crato, dans l’extrême sud de la province, pour y résider jusqu’en 1823. 

À partir de 1820, Ibiapina se rendit à Jardim, bourgade située à proximité, où il suivit des cours de latin. 

En 1823, il accompagna ses parents lorsque ceux-ci déménagèrent pour la capitale provinciale Fortaleza. 

Peu après cependant, il sera envoyé à Olinda, dans la province du Pernambouc, pour entrer au séminaire, et se destiner ensuite au sacerdoce. Toutefois, Ibiapina, embarrassé par l’atmosphère rationaliste et révolutionnaire du séminaire d’Olinda, décida de s’en éloigner et d’aller vivre au couvent Madre de Deus, régi par les pères oratoriens, dans la ville de Recife proche.

Entre-temps, le père d’Ibiapina, s’il avait été opposé à la Révolution pernamboucaine de 1817 et avait même prêté son concours à la réaction engagée par José Pereira Filgueiras, avait à présent ardemment embrassé la révolution républicaine et séparatiste de 1824 dite Confédération de l'Équateur, adoptant à son tour, par nationalisme, le nom d’Ibiapina déjà donné par lui à ses enfants. La révolte écrasée, il fut fait prisonnier, passa en jugement et sera fusillé en 1825, conjointement avec le père Mororó. Le frère aîné d’Ibiapina, Raymundo Alexandre, qui avait également pris part à la révolution, fut frappé de proscription à perpétuité dans le préside (fort) de l’archipel Fernando de Noronha, où il mourra tragiquement.

Ibiapina quitta alors le couvent des oratoriens et s’en retourna dans le Ceará afin de prendre soin de ses frères cadets, compte tenu qu’entre-temps la mère était morte en couches. Cependant, José Martiniano Pereira de Alencar, révolutionnaire de 1817, que le père d’Ibiapina avait combattu, se porta au secours de la famille, grâce à quoi Ibiapina put quelque temps après revenir à Recife avec ses frères, et y reprendre ses études au séminaire d’Olinda, qui avait encore ses quartiers dans le couvent des bénédictins (ou monastère Saint-Benoît, en port. mosteiro de São Bento).

Carrière universitaire

 

 Le couvent des bénédictins à Olinda (aujourd’hui dans la banlieue nord de Recife), qui hébergea l’école de droit d'Olinda pendant près de 25 ans. Ibiapina y fit ses études, avant d'y enseigner le droit naturel durant quelques mois

Par Prefeitura de Olinda — Flickr: Mosteiro de São Bento, CC BY 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=25480773 

 

Après la fondation de l’école de droit d’Olinda en , Ibiapina résolut de s’y inscrire et acheva ses études avec la première promotion de licenciés en sciences sociales et juridiques sortis diplômés d’Olinda, en 1832. L’année suivante, ayant été nommé chargé de cours dans la même faculté, il prêta serment le et commença à enseigner le droit naturel ; il aura pour étudiant, entre autres, Zacarias de Góis e Vasconcelos et João Maurício Wanderley, futur baron de Cotegipe.

En plein exercice de ce professorat, il reçut l’avis qu’il avait été élu député général (c’est-à-dire national) pour sa province natale du Ceará, ayant en effet obtenu le plus grand nombre de voix en vue de la législature de 1834-1837 ; c’était l’époque du gouvernement de Diogo Antônio Feijó (pt), sous la Régence, quand les libéraux modérés, auxquels Ibiapina s’était joint dans sa province, dominaient à la suite de l’abdication de Pierre Ier, le . À la fin de cette même année encore, il sera nommé, par Lettre impériale du , juge dans l’arrondissement judiciaire récemment créé de Campo Maior (autour de la ville de Quixeramobim, dans le centre de la province du Ceará). Il sollicita alors sa démission, ce qui lui fut accordé par décret de la Régence du .

Il connut ensuite une désillusion sentimentale, lorsque, revenu dans sa province d’origine dans l’intention d’épouser sa fiancée Carolina Clarence de Alencar, fille de Tristão Gonçalves de Alencar Araripe, le chef confédéré de 1824, il dut constater que sa promise s’était enfuie pour se marier avec un sien cousin. Ibiapina résolut de voyager sur-le-champ, plus tôt que prévu, pour Rio de Janeiro afin d’y assumer le rôle de député de la 3e législature de l’Assemblée générale de l’Empire, dont les travaux ne commenceront que le .

Carrière dans la magistrature et activité politique

Clôturée la session législative de l’année 1834, Ibiapina retourna dans le Ceará remplir pour une durée de trois mois (de fin 1834 à , c’est-à-dire un an après sa nomination) la charge de juge d’arrondissement de Quixeramobim. Après sa visite au père Martiniano de Alencar, alors président de province, Ibiapina sera désigné pour remplir également la fonction de chef de la police dans la même circonscription. L’arrondissement (comarque) de Quixeramobim s’étendait sur une grande partie du territoire de la province.

Sa probité dans l’exercice de ses fonctions le mettra bientôt en conflit avec l’exécutif provincial et avec les potentats locaux. Il regagna cependant la capitale, et ce n’est qu’à la fin de la session législative de 1835 qu’il se démettra de toute fonction dans la magistrature. Au cours de cette deuxième année de son mandat de député, il présenta un projet tendant à réduire la masse monétaire en circulation à l’effet de restabiliser l’économie, et allait adopter progressivement une attitude d’opposition. Son action remarquée au parlement, où il œuvra aussi en faveur des pauvres, lui valut d’être pressenti pour la présidence d’une province ou pour le portefeuille ministériel de la Justice, toutefois, déçu par la vie publique, Ibiapina déclina toutes ces offres.

Années d’avocat

Son mandat de député arrivé à son terme, sa carrière de magistrat abandonnée, et frustrés ses projets de mariage, Ibiapina s’en alla vivre à Recife, où il résolut de se vouer désormais à la fonction d’avocat ; tenant office Praça do Carmo, il plaida aussi bien dans la capitale de province que dans l’intérieur du Pernambouc. Auparavant déjà, il s’était illustré comme avocat pendant deux ans dans la Paraïba, et y jouissait d’un grand prestige et d’une grande popularité, en particulier à la suite de sa célèbre plaidoirie dans un retentissante affaire de crime passionnel, plaidoirie qui fut largement diffusée et commentée dans les journaux et revues de l’époque. Il poursuivit son activité professionnelle à Recife tout au long de la décennie 1840, ce qui lui permit de consolider sa réputation intellectuelle et morale. En 1850 cependant, il perdit un procès ; après avoir restitué ses honoraires à son client et s’être dessaisi de sa bibliothèque de droit, il renonça au métier d’avocat.

Prêtrise

Il mena ensuite une vie retirée dans une maison de campagne de sa propriété, jusqu’à ce que, en 1853, à l’âge de 47 ans, il se déterminât pour le sacerdoce. Le , il exposa donc à l’évêque d’Olinda, monseigneur João Perdigão, son désir d’être ordonné prêtre, à une condition toutefois : qu’il n’eût pas à se soumettre à des examens. L’évêque repoussa tout d’abord la proposition, mais une semaine plus tard, grâce à l’intercession d’amis, Ibiapina fut autorisé à prendre les ordres mineurs, et le lendemain était déjà fait sous-diacre, le tout se déroulant en cérémonie privée. Le dimanche , il se vit conférer le presbytérat, et put célébrer sa première messe le 29, à l’église Madre de Deus. Il modifia alors son nom civil, en troquant son patronyme Pereira pour le nom de Maria, et se faisant appeler dorénavant Padre José Antônio de Maria Ibiapina.

L’évêque le nomma Vicaire général de l’évêché et professeur d’éloquence sacrée au séminaire d’Olinda. Cependant, Ibiapina, qui n’attachait guère de prix à ces titres et fonctions, préféra bientôt y renoncer pour se consacrer tout entier au projet missionnaire qu’il nourrissait et qui consisterait à parcourir les campagnes, à y prêcher et enseigner, mais aussi à aider concrètement les populations délaissées des sertões nordestins.

Pérégrinations et prédication

 

 Le Nordeste brésilien, composé de ses neuf provinces (qui deviendront des États fédérés après la proclamation de la république). Les cinq provinces parcourues par Ibiapina sont le Pernambouc (de forme oblongue et sinueuse, en gris bleu sur la carte, portant le no 6), la Paraïba (en jaune, no 5), le Ceará (en vert, no 3), le Rio Grande do Norte (en gris sombre, no 4) et le Piauí (en rouge, no 2)

Par Raphael Lorenzeto de Abreu — Travail personnel, CC BY 2.5, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=736064

 

Aussi, affecté par la misère dans le Nordeste et par l’état de déréliction de ses populations, Ibiapina entreprit-il une série de missions dans la région, lesquelles, se prolongeant sur environ douze jours et visant chacune une ville ou bourgade particulière, s’attachaient aussi bien aux aspects matériels que spirituels. Le prédicateur s’efforçait de rassembler la population autour de lui, dans le but de faire construire des hôpitaux, des maisons de charité (en port. Casa de Caridade), des cimetières, des églises, et des retenues d’eau pour l’irrigation. Ainsi, sa présence est-elle attestée une première fois dans la Paraïba en 1856, année où éclata dans cette province une épidémie de choléra ; Ibiapina y aménagea un cimetière pour les victimes de la maladie, et lui donna le nom de Soledade (« Solitude »), site autour duquel se formera plus tard le noyau de peuplement appelé à devenir l’actuelle ville homonyme. Toutefois, il ne commença son activité missionnaire de manière effective et pleinement qu’à partir de 1860 ; c’est en effet dans la décennie 1860 qu’Ibiapina se mit à parcourur les chemins en compagnie du père Hermenegildo Herculano Vieira da Costa (mieux connu sous le nom de frei Herculano), prédicateur itinérant et grand bâtisseur d’églises, de cimetières et de croix de mission.

Le passage d’Ibiapina par le Rio Grande do Norte en 1860, au cours duquel il fonda une maison de charité à Santa Luzia de Mossoró, a été documenté par l’historien Luís da Câmara Cascudo. Francisco de Araújo Lima, président de la province de la Paraíba en 1862, c’est-à-dire au moment où fit irruption dans la province la deuxième épidémie de choléra, fera mention, dans son allocution devant l’assemblée, de l’action d’Ibiapina, indiquant que celui-ci avait dirigé la construction d’une maison de charité en faveur des cholériques, dans la ville d’Areia et dans le bourg (vila) d’Alagoa Nova. Il y a lieu de souligner qu’il ne s’agissait pas là encore de ces grandes maisons de charité qu’il devait plus tard fonder en grand nombre afin d’y recueillir et éduquer plus particulièrement les enfants pauvres, et qui seront dans certains cas d’imposants ensembles de bâtiments, mélanges de refuge, d’orphelinat, d’école professionnelle, d’atelier et de centre culturel ; les institutions qu’il créa étaient, pour l’heure, des hôpitaux de secours, destiné à faire face aux nombreuses victimes de l’épidémie, même s’il est vrai que ces mêmes bâtiments à Areia et Alagoa Nova furent par la suite remaniés en maisons de charité desdites localités. Toutes ces constructions furent du reste réalisées dans de courts laps de temps, grâce à la multitude de personnes et à la grande quantité de ressources que la parole d’Ibiapina était capable de mobiliser : la maison de charité de Barbalha (sud du Ceará) mit un mois à se construire ; dans la localité de Caldas (Ceará), un barrage fut construit en une semaine ; et à Goianinha (Rio Grande do Norte), avec l’aide d’une masse de 12 000 personnes, il ne lui fallut pas plus de 18 journées pour ériger une chapelle. Il déploya une égale activité de bâtisseur dans les cinq principales provinces desservies par ses missions, c’est-à-dire la Paraíba, le Ceará, le Piauí, le Rio Grande do Norte et le Pernambouc.

Fin , il atteignit Fortaleza, et y tint sa première prédication dans le Ceará. À Sobral notamment, dans sa terre natale, il fondera le une maison de charité, inaugurée fin novembre, et agrandie plus tard, en 1864, d’une salle de cours et d’un étage aménagé en hôpital.

En , Ibiapina se rendit en bateau à Olinda et à Recife, où cependant il ne s’attardera guère, préférant partir une nouvelle fois pour la Paraíba, où il prêcha et fonda plusieurs maisons de charité.

Ensuite, il repartit pour le Ceará, pour y prêcher dans plusieurs villes et villages, puis fit une incursion dans le Rio Grande do Norte et dans le Pernambouc, où il fit commencer la construction de l’église paroissiale (igreja matriz) de Flores, la laissant presque achevée avant de poursuivre son périple en direction d’Areia (dans la Paraíba), où il mena à nouveau une mission de prédication tout en annonçant l’inauguration prochaine de la maison de charité de Santa Fé, sur les terres appartenant au major Antônio José da Cunha et à sa femme Cândida, dans l’actuelle commune de Solânea. Cette maison de charité fut effectivement inaugurée le et sera appelée à devenir le centre de rayonnement de son œuvre, à telle enseigne qu’il la choisira pour sa demeure et qu’il y habitera jusqu’à la fin de ses jours.

De Santa Fé, cette même année encore, il partit accomplir des missions dans le sertão de la Paraíba, fondant des maisons de charité à Pocinhos et à Pombas (dans l’actuelle municipalité de Parari), alors situés dans les communes de Campina Grande et de São João do Cariri. Il prêchait dans son style vigoureux coutumier et, se plaçant à la tête de la multitude de ceux qui étaient prêts à l’aider, dirigeait personnellement les travaux de réparation et d’amélioration, ou les chantiers de bâtiments neufs, revenant de temps à autre sur les lieux par la suite pour effectuer des vérifications et remettre en état ses réalisations antérieures.

En 1868, après avoir doté Barbalha d’une église, d’un cimetière et d’un puits à l’usage du peuple, Ibiapina gagna Crato, dans le Ceará, et y fonda une maison de charité. L’année suivante, de retour à Barbalha, il y réalisa plusieurs constructions : une maison de charité en ville, une chapelle et une retenue d’eau à Caldas, une chapelle à Goianinha, et d’autres travaux à Porteiras. Toujours la même année, il fit édifier, dans le Ceará, une maison de charité à Milagres (qui comprenait aussi des annexes servant d’hôpital et d’asile pour invalides), des églises dans les localités de São Bento et de Brejo do Cuité, et un barrage dans la Serra da Mãozinha.

Dans le Pernambouc, Ibiapina avait construit sa première maison de charité en 1860, à Gravatá de Jaburu, et en commencera une autre en 1868 à Bezerros. De à , il accomplit une nouvelle série de missions et de fondations de maisons de charité, surtout dans la Paraíba. Par la suite, ce ne sera pas avant fin , lorsqu’il fut appelé par la situation difficile de la maison de charité de Baixa Verde (actuelle Triunfo, dans le Pernambouc), qu’il se disposera à entamer un nouveau périple apostolique dans les sertões ; en dépit de ses problèmes de santé (en particulier de ses fréquentes crises d’asthme), il poursuivit alors son œuvre et partit prêcher dans d’innombrables villages avant de parvenir à Baixa Verde, puis de là regagner Santa Fé, choisi par lui comme lieu de sa retraite depuis 1873.

Quoique frappé d’une congestion cérébrale le , Ibiapina se remit en route le de l’année suivante. Son état s’aggravant, il dut, le quatrième jour, à Cajazeiras, interrompre son voyage et se reposer sur place pendant deux mois. Il réintégra finalement son logis à Santa Fé en avril, au terme d’une pénible marche d’un mois ; ce sera son ultime périple. Son état s’étant détérioré encore jusqu’à le rendre paralysé des deux jambes, il fut condamné à la chaise roulante, mais continuera néanmoins à écrire, à prodiguer ses conseils et à veiller sur ses maisons de charité. En 1878, afin de sauver ses protégés et ceux qui avait cherché refuge dans ses maisons de charité, Ibiapina désigna officiellement, par une déclaration dûment enregistrée par un notaire, un mendiant pour chacune de ses maisons de charité, avec mission de recueillir les donations qui seraient faites au bénéfice de ces institutions.

Ibiapina mourut dans sa résidence près de la maison de charité de Santa Fé, le .

Signification de la figure et de l’œuvre d’Ibiapina



L’œuvre missionnaire d’Ibiapina se réalisait moins par le discours que par l’action pratique et concrète vis-à-vis des populations qu’il se proposait d’évangéliser ; ce faisant, il eut égard à toutes les particularités de la culture locale, laquelle s’incarnait notamment dans les formes spécifiques de vie religieuse des beatos (religieux laïcs) du sertão nordestin. Le zèle apostolique d’Ibiapina laissa des traces significatives dans les terres intérieures du Nordeste brésilien, non seulement dans l’organisation ultérieure de l’Église, mais surtout dans la vie des petites communautés de cette région.

S’il est aisé d’imaginer les espérances et le sentiment de valorisation que suscitèrent dans les classes populaires les réalisations d’Ibiapina, l’on peut supposer aussi que cette activité itinérante ait pu, en raison de son autonomie et de ce qu’elle se déroulait relativement en dehors des cadres institutionnels, provoquer incompréhensions, jalousies et oppositions. De cette hostilité atteste sans doute le fait que le , monseigneur Luís Antônio dos Santos donna ordre de fermer l’église Saint-Vincent, à Crato, au motif que quelques laïcs auraient, pour suppléer le vicaire absent, présidé aux neuvaines dans la chapelle, avec accompagnement de musique et de cantiques.

Ibiapina a pu jouer, au moins indirectement, un certain rôle dans les révoltes dites de Quebra-Quilos, survenues dans le Nordeste en 1874-1875. La presque totalité des villages appelés à participer à cette rébellion diffuse avaient auparavant été desservis par les missions d’Ibiapina. Le père Calixto Correia de Nóbrega, curé de Campina Grande, dans la Paraíba, qui tentait de convaincre ses paroissiens des méfaits de la franc-maçonnerie, sollicita l’assistance du père Ibiapina, lequel, arrivé dans la ville début , c’est-à-dire moins d’un an avant le déclenchement des premières révoltes, et inaugurant sa mission le lendemain, prêcha que les habitants de Campina Grande ne devaient pas obéir aux autorités municipales, en tant qu’elles avaient été nommées par un gouvernement maçonnique. Ibiapina ajouta que « ce serait la même chose de tuer un franc-maçon ou des chiens damnés ». À Fagundes, selon un témoignage, Ibiapina prêcha « depuis la chaire que le fils ne devait pas obéir au père s’il était franc-maçon […] et que l’épouse pouvait quitter son mari… [et] que les gens ne devaient pas obéir au gouvernement ».

Nertan Macedo, journaliste-chercheur spécialisé en histoire du sertão cearense, formule l’hypothèse que le futur prédicateur itinérant laïc Antônio Conselheiro et futur fondateur de la communauté millénariste de Canudos, eut l’occasion d’assister aux prédications d’Ibiapina dans la région d’Ipú, dans le Ceará, alors qu’il y vivait, et qu’en ce cas il fut à coup sûr fortement influencé par le missionnaire. Pour étayer sa thèse, Macedo affirme que l’adresse « Meu Pai » (Mon Père) et la salutation « Louvado seja N. S. Jesus Cristo » (Loué soit Notre Seigneur Jésus-Christ) adoptées par Conselheiro et ses adeptes avaient été copiées de la pratique ibiapinienne.

Il a été suggéré qu’Ibiapina, dès ces temps reculés, avait fait siennes un certain nombre de pratiques qui préfigurent certaines positions en faveur des pauvres prises par l’Église catholique à partir de Vatican II, et qui postérieurement seraient à l’origine de la théologie de la libération. Les mêmes postulent que Conselheiro et Padre Cícero s’inspirèrent du style de vie d’Ibiapina et qu’ils tendirent d’une façon ou d’une autre à adopter sa façon de prêcher et d’agir et que, à l’instar d’Ibiapina, ils eurent à subir les pressions de la part de l’Église en raison de leurs manières singulières, jusqu’à un certain point indépendantes, de prêcher et de revivifier la religiosité chrétienne.

L’historien Eduardo Hoornaert pour sa part s’est plu à insister sur les substrats indigènes de l’aire géographique desservie par les missions d’Ibiapina, ainsi que sur la brasilité régionale que ces missions manifestaient — en opposition au profil institutionnel romanisé, de vieille inspiration tridentine, de la hiérarchie catholique de l’époque —, mettant en lumière en particulier : la lutte contre la faim et la maladie au moyen de la construction d’abris, d’écoles, de retenues d’eau, de cimetières, d’hôpitaux, et l’accent mis sur le travail et la dignité de tous, la protection des femmes et des orphelins, la lutte contre la désintégration socio-politique des zones sertanejas, la revalorisation de l’héritage indigène etc. Il enseigna les techniques agraires aux populations du sertão et défendait les droits des travailleurs ruraux.

Gilberto Freyre, dans l’introduction qu’il rédigea pour la deuxième édition de son Sobrados e Mucambos, 14 met en relief certains aspects de l’œuvre et de la personnalité d’Ibiapina, que l’auteur dit considérer comme « peut-être la figure majeure de l’Église au Brésil, du point de vue du catholicisme ou du christianisme social ». Ainsi y a-t-il lieu de relever, au-delà de son culte marial et d’autres caractéristiques de la dévotion traditionnelle, son sens écologico-sertanejo et sa conscience d’une identité régionale, son maternalisme, la relative démocratie ou égalitarisme des maisons de charité, contrastant avec l’autoritarisme dominant, sa conception pédagogique à la fois intellectuelle et pratique (instruction domestique, agricole et artisanale), son activité en faveur des pauvres tout en évitant de heurter de front l’incompréhension des évêques et des potentats locaux, sa perception aiguë de la désintégration du système seigneurial, son anti-esclavagisme (dans les maisons de charité en effet, il n’y avait que des travailleurs libres y compris les pensionnaires qui étaient tenus d’accomplir les mêmes tâches que les autres), sa confiance dans les femmes et dans leurs possibilités d’élévation, ses convictions politiques libérales etc.

Parmi les constructions érigées par Ibiapina subsistent encore les maisons de charité de Santa Fé, de Pocinhos, de Cachoeira et de Parari, et les barrages de Santa Luzia et de Princesa Isabel.

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jos%C3%A9_Ant%C3%B4nio_Maria_Ibiapina 


 

Giampietro di Sesto San Giovanni (Clemente Recalcati)

 Giampietro di Sesto San Giovanni (Clemente Recalcati)

 

 

Source image : https://www.santiebeati.it/dettaglio/97004 

  

Clemente Recalcati, originaire de Sesto San Giovanni, entra chez les frères capucins sous le nom de Père Giampietro et pria intensément la Vierge Marie pour obtenir la grâce de partir en mission. 

Affecté au Maranhão, dans le nord-est du Brésil, il se consacra aux missions populaires et à l'évangélisation itinérante, avant de recevoir des affectations plus sédentaires. 

En 1901, après le massacre d'Alto Alegre, où quatre de ses frères périrent également, il dut remplacer le supérieur de la communauté capucine. Il réussit à relancer la mission et fonda les Sœurs Missionnaires Capucines de Saint François d'Assise, ainsi qu'une école. 

Il mourut d'une grave maladie le 5 décembre 1913. 

La dépouille du Père Giampietro Recalcati est vénérée dans la chapelle de la maison générale des Sœurs Missionnaires Capucines de Saint François d'Assise à Fortaleza. 

Le pape François l'a déclaré vénérable le 21 mai 2022.

Source : https://www.santiebeati.it/dettaglio/97004 





 

Maria degli Angeli di Santa Teresa (Dináh Amorim)

 Maria degli Angeli di Santa Teresa (Dináh Amorim)

 

La Vénérable Servante de Dieu Maria degli Angeli de Sainte Thérèse (née Dináh Amorim) est née le 8 août 1917 à Claudio (Minas Gerais, Brésil), au sein d'une famille profondément chrétienne. 

En 1934, elle devint institutrice à l'Instituto Claudiense, fondé par son beau-frère. 

En 1938, suivant l'exemple de ses sœurs aînées, elle entra dans la Congrégation des Religieuses des Écoles Pieuses à Belo Horizonte. 

Le 7 janvier 1942, elle prononça ses vœux temporaires et fut peu après envoyée au Colegio de Santos Dumont, où elle enseigna les mathématiques, la géographie, le portugais et la musique. 

Elle était également responsable du catéchisme dans la paroisse. 

En 1944, elle fut transférée à Oliveira, où elle poursuivit sa mission à l'école et dans la paroisse. 

Le 1er mars 1945, il prononça ses vœux perpétuels, poursuivant ses activités d'enseignement à Oliveira, dispensant le catéchisme aux enfants pauvres et exerçant son apostolat dans la prison de la ville.

En 1965, en raison de problèmes de santé liés à un cancer, elle fut transférée à la communauté de San José à Belo Horizonte, où elle poursuivit son apostolat dans les faubourgs nord de la ville, dépourvus d'eau courante, de gaz, d'électricité, de routes, et même d'infrastructures médicales et d'écoles. 
Une fois rétablie, elle décida, avec deux autres religieuses, de s'installer définitivement dans ce quartier et de se consacrer à l'apostolat de l'éducation : cours d'alphabétisation pour adultes, école primaire pour enfants, pastorale d'évangélisation et de sacrements, et accompagnement pastoral des malades. 
 
En 1981, elle fut transférée à Rio de Janeiro, où elle mena un travail intense dans les favelas, notamment l'évangélisation, la promotion culturelle, les cours d'alphabétisation, les cercles bibliques et le ministère sacramentel et liturgique. 
 
En 1986, elle subit une intervention chirurgicale à San Lucas de Belo Horizonte. Après une longue et difficile convalescence et une chimiothérapie, son état s'améliora légèrement. Elle reprit son œuvre apostolique dans les favelas de Rio de Janeiro.
 
Après une dégradation soudaine de sa santé, elle s'est éteinte le 1er septembre 1988 à Rio de Janeiro, au Brésil. 
 







 

Maria Conchita Farani (Antoinette de saint Michel archange)

 Maria Conchita Farani 

(Antoinette de saint Michel archange) 

 (29 Juin 1906 - 7 Mai 1963)

 


 

 

Les sœurs passionistes de Saint Paul de la Croix sont une congrégation religieuse féminine enseignante et hospitalière de droit pontifical.  

Une sœur de la congrégation, Maria Conchita Farani (1906-1963) en religion Antoinette de saint Michel archange, est reconnu vénérable le . 

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/S%C5%93urs_passionistes_de_Saint_Paul_de_la_Croix 

 

 

 

 

Martin de Porres Ward

 Martin de Porres Ward

 

 

 

Martin Maria de Porres Ward, O.F.M. Conv. (né Matthias DeWitte Ward ; 20 mars 1918 – 22 juin 1999) était un prêtre catholique afro-américain et frère franciscain qui a œuvré comme missionnaire au Brésil pendant plus de quarante ans.

Il fut le premier Afro-Américain à rejoindre les Frères Mineurs Conventuels. Ward a été proposé comme candidat à la canonisation par le diocèse de São João del Rei.

En reconnaissance de cela, il porte désormais le titre de Serviteur de Dieu. 

Biographie 

Matthias DeWitte Ward est né en 1918 dans le quartier de Charlestown à Boston, dans le Massachusetts, de William Henry Ward et Clara Irby, un couple mixte. 

Élevé dans la foi méthodiste avec ses douze frères et sœurs, Ward déménagea plus tard avec sa famille à Washington, D.C., où il fréquenta le lycée Dunbar, dont il sortit diplômé en 1939. 

Durant ses années de lycée, il commença à fréquenter l'église catholique Saint-Augustin, qui était le centre de la communauté catholique noire de la ville. 

Il se convertit au catholicisme à l'âge de 17 ans, le 6 mai 1937, et fut confirmé à la cathédrale Saint-Matthieu-l'Apôtre le 30 mai 1940. 

Se sentant appelé par la religion, il entra au séminaire des Pères salvatoriens en 1942.

Ward quitta le séminaire en raison d'une maladie pulmonaire et s'installa à Brooklyn, New York, où il fit ensuite une demande d'admission chez les Frères Mineurs Conventuels. 

La plupart des séminaires aux États-Unis étaient alors interdits aux hommes noirs en raison du racisme, mais Ward fut admis chez les Conventuels en juin 1945 avec l'assurance qu'il existait des postes appropriés pour un prêtre noir au sein de l'ordre. 

Il fut le premier Afro-Américain à rejoindre cet ordre.

Lors de son entrée au noviciat, Ward prit le nom religieux de Martin Maria de Porres, en hommage au célèbre frère dominicain péruvien noir Martin de Porres et à la Vierge Marie. 

Ward obtint son diplôme de philosophie en 1949 au séminaire St. Anthony-on-Hudson de Rensselaer, dans l'État de New York, et y poursuivit ses études de théologie en 1950. 

Il fut ordonné prêtre le 4 juin 1955 à la cathédrale de l'Immaculée-Conception d'Albany, dans l'État de New York, par William Scully, évêque d'Albany. 

Bien que certains membres de sa famille l'aient rejeté en raison de sa conversion au catholicisme, deux de ses sœurs assistèrent à son ordination. Plus tard, il baptisa son père sur son lit de mort.

Après son ordination, Ward s'est porté volontaire pour les missions des frères au Brésil, une pratique courante chez les prêtres catholiques afro-américains de l'époque. 

La plupart des évêques catholiques des États-Unis refusaient d'autoriser les prêtres noirs à exercer leur ministère dans leurs diocèses en raison de leur couleur de peau. 

La plupart des premiers prêtres afro-américains étaient ordonnés pour des communautés religieuses et orientés vers le travail à l'étranger. 

Ward arriva à Andrelândia en 1956 et travailla à l'école de São Boaventura. 

Il apprit rapidement le portugais et devint enseignant en Amérique du Sud, où il exerça également les fonctions de curé, d'aumônier et de directeur des vocations. 

Il travailla ensuite à Rio de Janeiro, au Rio Grande do Sul et à Goiás.

Le travail de Ward fut remarqué par ses confrères prêtres noirs aux États-Unis, et le père George Clements l'inclut dans son ouvrage de 1975 sur le clergé catholique afro-américain, « Black Catholic Men of God ».

En 1985, Ward fut transféré de Goiatuba à Andrelândia, où il exerça les fonctions de directeur spirituel et d'enseignant dans un séminaire local. 

Il était connu pour divertir ses confrères et ses élèves grâce à son humour incisif et à son talent de conteur. 

Il partageait souvent son parcours vocationnel, ses problèmes de santé et son combat contre le racisme anti-Noir. 

En 1995, Ward reçut le titre honorifique de « Citoyen d'Andrelândia » pour son engagement dans la région.

Le 20 juin 1999, Ward fut victime d'un infarctus pendant la messe, mais poursuivit la liturgie. 

Il subit un second infarctus le lendemain, alors qu'il se rendait à Rio de Janeiro, et décéda le 22 juin.

Cause de canonisation 

La dévotion spirituelle envers Ward s'intensifia au Brésil après sa mort, notamment à Andrelândia où il avait longtemps exercé son ministère. 

Sa tombe, située dans l'ancien séminaire São Francisco de Assis de cette ville, est devenue un lieu de pèlerinage et le site de deux miracles présumés (en 2022).

Les frères conventuels locaux entreprirent les démarches pour sa canonisation et obtinrent l'autorisation officielle de l'évêque José Eudes Campos do Nascimento de São João del Rei en juin 2020. 

Ils installèrent ensuite des portraits de Ward dans chacune de leurs paroisses et composèrent une prière pour sa canonisation, récitée lors de toutes leurs messes.

Ils gèrent également une page web pour diffuser son histoire et soutenir sa canonisation. La cause de sa canonisation est promue par la Curie de l'Ordre à Rome depuis l'été 2022.

Source : https://en.wikipedia.org/wiki/Martin_de_Porres_Ward

















 

Nemésio Bernardi

 Nemésio Bernardi

 

 

Source image : https://www.santiebeati.it/dettaglio/100898 

 

José Bernardi est né à Veranópolis, dans l'État du Rio Grande do Sul, au Brésil, le 9 mars 1927 et a été baptisé le 30 avril 1927 dans la paroisse São Luiz Gonzaga de Veranópolis. 

Le 23 janvier 1938, il est admis au séminaire séraphique de Veranópolis. 

Le 6 janvier 1944, il commence son noviciat à Flores da Cunha, dans le même État, et reçoit le nom de frère Nemesio. 

Un an plus tard, le 6 janvier 1945, il prononce ses vœux temporaires. 

Le 10 juillet 1949, il prononce ses vœux perpétuels.  

Il est décédé le 4 février 2016 à la Fraternité São Sebastião de Rio de Janeiro. 

Le 23 juin 2019, sa dépouille a été transférée à la basilique-sanctuaire des Frères capucins de São Sebastião à Rio de Janeiro. 

Sa cause de béatification et de canonisation a été introduite le 14 juillet 2022.

Source : https://www.santiebeati.it/dettaglio/100898





 

Paolino Maria Baldassari

 Paolino Maria Baldassari

 


Source : https://www.youtube.com/watch?v=KNMntgdHW6E


(Traducteur google)

Paolino Maria Baldassari OSM (Loiano, 2 avril 1926 – Rio Branco, 8 avril 2026) était un prêtre catholique italien établi au Brésil. 

Sa cause de béatification a été ouverte en 2022 et il est actuellement reconnu Serviteur de Dieu. 

 

Biographie 

Paolino était le fils d'un maçon et d'une agricultrice. Jeune homme, il travailla comme aide-maçon et rencontra des difficultés scolaires.

En 1937, il entra dans l'Ordre des Serviteurs de Marie.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Baldassari fut enrôlé dans l'armée italienne pour une unité chargée de protéger les lignes de télécommunications alliées sur le champ de bataille. 

Mais avant de partir au front, le jeune missionnaire décida de déserter pour terminer ses études au Brésil.

Ministère au Brésil 

Il arriva au Brésil en 1950 et prononça ses vœux solennels l'année suivante. 

Il étudia la théologie à l'Université pontificale catholique de São Paulo et fut ordonné prêtre le 22 décembre 1953 à São Paulo. 

Il exerça ensuite son ministère à Turvo, dans la province de Santa Catarina, puis arriva à Acre en 1955, où il mena des activités religieuses à Boca do Acre, Brasiléia et Sena Madureira. 

De 1968 jusqu'à sa mort, il se consacra au ministère paroissial à Sena Madureira.

 Il fut curé de la paroisse Notre-Dame de la Conception à Sena Madureira pendant près de 46 ans. 

Au fil des années, il se rendit également dans des villages indigènes et des communautés riveraines, pour y accomplir des missions religieuses.

 Il était communément appelé le « docteur de la forêt », car il avait acquis une connaissance approfondie des plantes médicinales et des savoirs traditionnels indigènes. 

Il a même publié le livre Forest Medicine – Source of Life, qui compile des remèdes naturels pour le traitement de plus de 150 maladies. 

Toujours vêtu de sa soutane et accompagné d'une valise contenant des feuilles et des onguents, il a effectué au fil des ans de nombreuses consultations, se rendant dans son église paroissiale. 

De plus, il a fait don d'un terrain, situé sur la route Manoel Urbano, pour l'établissement de la Fazenda da Esperança.

Son action s'étendait également à l'éducation ; il a contribué à la construction de plus de 40 écoles dans des zones reculées. 

Défenseur de la forêt et des causes sociales, il a soutenu la lutte des récolteurs de caoutchouc contre la déforestation et pour le droit à la terre.

Pour son combat contre les crimes perpétrés par des hommes de main à la solde des éleveurs contre les colons et les populations autochtones lors des conflits fonciers, le père Paolino a été nominé pour le prix Nobel de la paix en 1993.

En 2013 et 2014, il a été nominé pour la médaille Dom Hélder Câmara des droits de l'homme par le sénateur Anibal Diniz, et en 2015, il a reçu la médaille du cinquantième anniversaire du parquet de l'État d'Acre.

Décès 

Baldassari est décédé après 11 jours passés en soins intensifs à l'hôpital des urgences de Rio Branco (Huerb). 

Le curé de la paroisse a succombé à un arrêt cardiaque suivi d'une défaillance multiviscérale, vers 14 heures le 8 avril 2016.

Le corps du frère a été inhumé le 11 avril suivant, dans un tombeau construit dans l'église Notre-Dame de la Conception, à Sena Madureira.

Hommages posthumes 

Une crèche portant le nom du prêtre a été ouverte dans le quartier de Bairro da Pista à Sena Madureira.

En 2017, la municipalité de Sena Madureira a institué le 8 avril, date du décès du Père Paolino, comme jour férié municipal.

Elle a également créé la distinction Padre Paolino Maria Baldassari en 2021.

En 2023, un mémorial a été inauguré dans l'enceinte de la paroisse Nossa Senhora da Conceição, où sont exposés divers objets ayant appartenu au prêtre, tels que sa soutane, ses chaussures, la mallette dans laquelle il transportait des médicaments lors de ses visites, la table et le brancard sur lesquels il exerçait ses consultations médicales. 

À la fin de la même année, le gouvernement de l'État d'Acre a inauguré le pont Frei Paolino Baldassari sur le fleuve Iaco à Sena Madureira. 

Processus de béatification 

Les premières étapes du processus de béatification du Père Baldassari ont débuté en 2019 dans le diocèse de Rio Branco, sous l'égide du postulateur de l'Ordre des Serviteurs de Marie, le Frère Franco Azzali.

Après l'avis de non-lieu (nihil obstat) rendu par la Congrégation pour les Causes des Saints en 2022, l'enquête diocésaine officielle en vue de la béatification a été ouverte le 21 mai 2022.

Ainsi, si le père Paolino est déclaré bienheureux par l'Église catholique à l'avenir, il sera le premier curé de paroisse en Amazonie à recevoir ce titre.
Des rapports concernant un miracle attribué au Serviteur de Dieu Paolino Baldassari font l'objet d'une enquête.



















 

Laura Motta

 Laura Motta

 

 

Statue de sœur Laura Motta dans le parc Marimbeiro à Cambuquira, Minas Gerais
Por Jpmarques - Obra do próprio, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=149456437 
 
 
Laura Motta, ICM (Jardinópolis, 21 juin 1919 – São Paulo, 13 février 2014), également connue sous le nom de Sœur Laura, était une religieuse catholique brésilienne, membre de la congrégation des Sœurs de Sainte-Marcelline. 
 
Biographie 
Née le 21 juin 1919 à Jardinópolis, dans l'État de São Paulo, elle était la fille d'immigrants italiens, Luciano Motta et Brasília Motta. Le 1er janvier 1942, à l'âge de 22 ans, Laura entra dans les ordres et choisit la congrégation des Sœurs de Sainte-Marcelline. 
 
Elle prononça ses vœux perpétuels en janvier 1945. 
 
Laura s'est distinguée par son travail dans la ville de Cambuquira, dans l'État du Minas Gerais, où elle avait été envoyée en 1974. 
 
Cependant, elle avait déjà exercé son ministère dans d'autres villes du Minas Gerais, comme Belo Horizonte et Muriaé. 
 
Elle a également travaillé dans la ville de São Paulo sur des projets appartenant à sa congrégation, tels que l'école Santa Marcelina, l'internat et l'hôpital.

À Cambuquira, Sœur Laura a fait preuve de solidarité envers les familles dont un membre souffrait d'alcoolisme, se consacrant à la guérison des toxicomanes. 
 
Grâce à ses efforts, elle a réussi à implanter les Alcooliques Anonymes dans la ville. 
 
Elle a également fondé la « Maison de l'Amour Fraternel », destinée à accueillir les sans-abri et les toxicomanes. 
 
Cette nouvelle institution a débuté son action caritative le 1er mai 2005.
 
Pour les enfants, elle a créé le « Club des Petites Fleurs Heureuses », qui vise à promouvoir les loisirs et le divertissement. 
 
Au sein de sa paroisse, elle s'est investie comme catéchiste et ministre extraordinaire de la communion, ainsi que dans le développement du Renouveau charismatique catholique.
 
Sur le plan civil, Sœur Laura a reçu, en reconnaissance de son engagement, la Médaille d'Honneur du Mérite, par la résolution n° 90 du 23 avril 1980 ; elle a également été nommée Citoyenne d'honneur de Cambuquira, par la résolution n°. 
 
Elle a reçu la carte d'argent pour ses cinquante ans de vie religieuse, conformément à la résolution n° 253 du 22 avril 1994 et la carte d'argent par la résolution n° 305 du 21 août 1996.
 
Un jour, alors qu'on la qualifiait de sainte, elle répondit : « Je ne suis pas une sainte, mais je veux intercéder pour ceux qui souffrent d'alcoolisme. »

Laura Motta est décédée le 13 février 2014, à l'âge de 94 ans, dans la ville de São Paulo. 
 
Ses funérailles ont eu lieu à l'église principale de São Sebastião, à Cambuquira, et à la demande de la population, elle a également été enterrée dans la ville.
 
Béatification


Prière pour la béatification de sœur Laura, érigée au mémorial qui porte son nom à Cambuquira
Por Jpmarques - Obra do próprio, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=149456438 
 
Depuis sa mort, sa tombe, située dans le cimetière municipal de Cambuquira, est devenue un lieu de pèlerinage. 
 
Ses fidèles lui attribuent des miracles et recueillent des témoignages en faveur de sa béatification. Le diocèse de Campanha, qui a juridiction sur la paroisse de Cambuquira, étudie la possibilité d'engager la procédure.
 
Lors des célébrations du centenaire de la naissance de sœur Laura Motta, en 2019, la communauté du Tiers-Ordre du Carmel de Cambuquira a été nommée en son honneur.
 
Une statue religieuse a également été réalisée à cette fin à des fins touristiques.

Cimbres (Brésil), Notre-Dame des grâces

 Cimbres (Brésil), Notre-Dame des grâces

 

 

Notre-Dame des grâces

Par Judgefloro — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=40908813

 

Les apparitions mariales de Cimbres sont l'ensemble des manifestations mariales qui ont eu lieu en 1936 et 1937 dans le village de Cimbres, partie de la municipalité pernamboucain de Pesqueira.

Contexte

 

Site d'apparitions : Sítio da Guarda, Cimbres, Pesqueira. 08.3626°S 036.8116°W

 Par Alinevora — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=31429529 

 

Selon ce que l'on croit, la Vierge Marie serait apparue à deux voyantes, Maria da Luz (qui adoptera plus tard le nom d'Adélia à l'occasion de son entrée dans la vie religieuse), et Maria da Conceição, qui, à l'époque des faits, étaient des adolescentes pauvres et sans instruction. 

L'apparition s'est produite dans un inselberg exposé près de la maison familiale de la jeune fille, partiellement recouvert de buissons épineux et de mousse glissante, et à côté de ravins profonds, un endroit dangereux à atteindre à pied. 

Bien que le climat y soit semi-aride, après l'apparition, l'inselberg a commencé à couler de l'eau potable. Ces événements sont devenus célèbres pour la rigueur avec laquelle ils ont été constatés par le missionnaire allemand Père Joseph Kehrle, qui a été répondu par les filles analphabètes en latin et en allemand, ainsi que pour le contenu du message que la Vierge Marie aurait transmis aux voyants, les alertant sur la façon dont le Brésil serait mortellement puni par le communisme.

Terreur sanglante du communisme

L'apparition s'est produite trente fois, à partir du . Voici l'un des nombreux dialogues intermédiés entre le père Kehrle, qui a écrit les questions en latin ou en allemand, et la réponse orale de la Vierge Marie, selon les deux filles, toutes deux encore analphabètes dans toutes les langues à l'époque.

Dites: qui êtes-vous et que voulez-vous ?

« Je suis la Mère de Grâce et je viens avertir le peuple que trois grands châtiments approchent. »

 Que faut-il faire pour détourner les punitions ?

« Pénitence et prière .»

Quelle est l'invocation de cette apparition ?

« Des grâces .»

 Que signifie le sang qui coule de vos mains ?

« Le sang qui inondera le Brésil. »

 Le communisme va-t-il pénétrer le Brésil ?

« Oui. »

 Partout au pays ?

« Oui. »

Aussi à la campagne ?

« Non. »

Les prêtres et les évêques vont-ils beaucoup souffrir ?

« Oui. »

Est-ce que ce sera comme en Espagne ?*

« Presque. »

 Quelles dévotions faut-il pratiquer pour conjurer ces maux ?

« Au cœur de Jésus et à mon cœur. »

Cette apparition est-elle la répétition de La Salette ?

« Oui. »

*Note: la guerre civile espagnole, entre monarchistes et communistes, a commencé le mois précédent, le 17 juillet 1936.

Interprétation

Le général brésilien Sérgio Avellar Coutinho se souvint que, l'année précédant l'apparition, le soulèvement communiste brésilien de 1935 avait déjà eu lieu. Un article de journal rappelle que le chef du théologien de la libération, l'archevêque Hélder Câmara, et l'educateur communiste Paulo Freire était de Recife, et le président communiste Lula de Garanhuns, de sorte qu'une apparition concernant le danger du communisme au Brésil a une forte raison de se produire à Pernambuco.

Propagation

À l'origine, la nouvelle de l'apparition était limitée à la région entourant la ville de Pesqueira, d'où venaient la plupart des pèlerins du sanctuaire qui s'y trouve dans les années 1930.

Le premier article sur l'apparition a été publié dans le périodique allemand Koenigsreuthes Jahrbuch en 1936.

Le message des apparitions a, dans les temps modernes, été diffusé dans tout le Brésil, principalement par Internet, à l'initiative de personnalités conservatrices/anticommunistes, telles que le père pernamboucain Paulo Ricardo, le philosophe Olavo de Carvalho (1947-2022), l'historienne Ana Lígia Lira, ainsi que la petite-nièce de sœur Adelia, l'actrice Cássia Kis, l'ingénieur Auta Maria Monteiro de Carvalho, à travers son livre O Encontro – Nossa Senhora e Irmã Adélia.

Reconnaissance ecclésiastique

Bien qu'elles aient d'abord été discréditées par les autorités ecclésiales du diocèse de Pesqueira, les apparitions ont progressivement été acceptées comme dignes de foi par l'Église, qui a reconnu, en 2021, le caractère surnaturel des événements survenus à Cimbres. Dans le même temps, le procès de béatification de l'une des voyantes, Sœur Amelia, a été initié, ce qui corrobore l'approbation par l'Église de la dévotion à la Vierge Marie sous la désignation de Notre-Dame de Grâce de Cimbres.

Histoire des manifestations mariales locales avant les apparitions

La région de Cimbres, théâtre des apparitions, a une histoire prolifique de dévotions mariales et d'événements surnaturels associés à la Vierge Marie. Étant à l'intérieur du territoire des Amérindiens Xucuru (en), l'implantation du village est étroitement liée à l'implantation des communautés indigènes du site à l'initiative des prêtres oratoriens, encore au début du XVIIe siècle.

En outre, la région a beaucoup souffert du cangaço, une source majeure de peur et une raison de beaucoup de prière parmi les habitants.

Une fois, des prêtres ont retiré une image de Notre-Dame du lieu de l'apparition et l'ont apportée en présence des prêtres du village, qui l'ont gardée pour eux. Selon les rapports de l'époque, quand ils se sont réveillés, les prêtres n'ont pas pu trouver l'image qui leur avait été apportée et ont commencé à la chercher, soupçonnant que quelqu'un l'avait volée. Après des recherches, ils l'ont trouvé dans le coffre exact où il avait été trouvé la veille, et l'ont de nouveau emporté avec eux.

Le lendemain, la statue avait de nouveau disparu, et cette fois les prêtres sont allés directement au coffre de la veille, où ils l'ont de nouveau trouvée. Convaincus que de tels événements avaient été divins dans leur origine, les pères oratoriens ont érigé une chapelle sur le lieu de rencontre de l'image, dont l'autel était au même endroit et à la même hauteur que le tronc sur lequel la statue apparaissait. La Vierge intronisée dans la chapelle est devenue connue sous le nom de Notre-Dame des Montagnes, étant donné la topographie accidentée du site de leur rencontre, étant la cible d'une dévotion particulière des indigènes Xukuru à ce jour, qui désignent sa Mère Tamain.

Tourisme

Le site des apparitions est aujourd'hui une destination touristique populaire.

Livres

  • O Diário do Silêncio - O Alerta da Virgem Maria Contra o Comunismo no Brasil: o Alerta da Virgem Maria Contra o Comunismo no Brasil. Ecclesiae. (ISBN 8584911049)
  • Eu sou a Graça - As Aparições de Nossa Senhora das Graças em Pernambuco. Ecclesiae. (ISBN 8584910344)
  • Aparições e milagres de Nossa Senhora em Cimbres: Entre a fé e as ciências. Novas Edições Acadêmicas. (ISBN 6139603056)
  • O inquisidor de Cimbres: A história do padre que recebia flores de Nossa Senhora. Apascentar. (ISBN 6599552528)
 

 

→ Les apparitions de la Vierge Marie dans le monde