Tableau peint par Paul Delaroche en 1844. Château de Versailles
Par Paul Delaroche — chateauversailles.fr, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=1057112
Bartolomeo Alberto (en religion Mauro) Cappellari, né à Bellune (en italien Belluno), ville du nord de la république de Venise, le et décédé à Rome le , est un moine, prêtre et abbé camaldule qui fut le 254e pape de l'Église catholique sous le nom de Grégoire XVI (en latin Gregorius XVI, en italien Gregorio XVI), successeur de Pie VIII.
Élu le , il fut sacré et intronisé le 6 du même mois. Défenseur résolu de la doctrine traditionnelle face aux idées nouvelles, il s’employa également à préserver les États pontificaux contre les assauts des mouvements patriotiques italiens. Son pontificat fut marqué par un renouveau de l’engagement missionnaire outre-mer. Il demeure enfin le dernier pape à mourir en tant que souverain des États pontificaux, ceux-ci ayant été annexés en 1870 lors de la prise de Rome, sous le pontificat de son successeur.
Biographie
Bartolomeo Alberto Cappellari, futur Grégoire XVI, naquit le à Mussoi, devenu actuellement un faubourg de Belluno,
dans la maison de campagne de sa famille. Ses parents, Giovanni
Battista Cappellari et Giulia (née Cesa), appartenaient tous deux à la
petite noblesse et étaient enfants de notaires d'une famille originaire de Pesariis.
À Mussoi, petit village de la haute Vénétie, existe toujours la maison de campagne de ses parents. Il se découvre une vocation religieuse à l’âge de 18 ans et entre, en 1783, au monastère camaldule de saint Michel de Murano. En 1786, il prononce ses vœux monastiques et prend le nom de 'Frère Maur' (Fra Mauro, d'après un célèbre moine camaldule et cartographe du XVe siècle). Il reçoit l’année suivante l'ordination diaconale et sacerdotale. Se consacrant à l’étude de la philosophie et de la théologie, il s’occupe également de l’instruction des novices.
Envoyé à Rome en 1795, il réside au monastère Saint-Grégoire (San Gregorio), et en devient l’abbé en 1805.
C'est pendant cette période, ébranlée par la Révolution française, qu’il publie son ouvrage, Le Triomphe de la sainte Église, dans lequel il défend l'idée de l’infaillibilité pontificale contre les jansénistes italiens, et la souveraineté du pape sur les États pontificaux. Il s’oppose aussi aux efforts maçonniques visant à contrer l’influence de l’Église, et dénonce un complot pour affaiblir la papauté.
Devenant autrichienne puis française, la république de Venise disparaît dans la tourmente des guerres révolutionnaires, à l'instar des États pontificaux. L’exil du pape Pie VII à Savone, en 1808, interrompt séjour romain de Cappellari, qui quitte Rome et retourne à Murano puis, en 1813, s'installe à Padoue. Le retour triomphal de Pie VII à Rome, en 1814, lui permet de réintégrer le monastère Saint-Grégoire.
Il refuse à deux reprises une nomination épiscopale. Cependant, le , le pape Léon XII le crée cardinal in pectore de San Callisto, création qu'il publie le , et lui confie la charge de Préfet de la Congrégation de la Propagation de la Foi. À ce titre, il négocie en 1827 avec succès un concordat avec le roi calviniste Guillaume Ier des Pays-Bas,
régissant les relations entre son royaume et l'Église catholique,
principalement présente dans les provinces du Sud, la future Belgique qui accède à l'indépendance en 1830.
La situation de l’Église d’Arménie s’améliore également, grâce à la signature d’un accord similaire conclu entre le Saint-Siège et l’Empire ottoman.
Pontificat conservateur
Au début de 1831, à la suite du décès du pape Pie VIII et au terme d'un conclave de 74 jours, le cardinal Bartolomeo Cappellari est élu pape. Âgé de 65 ans, il prend le nom de Grégoire XVI et régnera 15 ans.
Élu pape le , le moine et cardinal n'est cependant pas évêque:
c'est le dernier cas d'élection pontificale d'un ecclésiastique qui n'a
pas la dignité épiscopale. Il fut consacré évêque de Rome le , dans la basilique patriarcale du Vatican, par le cardinal Pacca, évêque d'Ostie et de Velletri, doyen du Sacré-Collège des cardinaux, assistés de deux autres cardinaux-évêques, Pierfrancesco Galleffi et Tommaso Arezzo. Il fut intronisé le même jour par le cardinal Albani.
Esprit de la Restauration
1 Scudo en argent à l'effigie de Grégoire XVI, 1834
Par cgb — http://www.cgb.fr/vatican-et-etats-pontificaux-1-scudo-gregoire-xvi-naissance-de-jesus-an-iv-1834-rome-r,fwo_256622,a.html, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=30215055
En 1831, l'année suivant la révolution française dite des Trois Glorieuses et l'avènement du libéral Louis-Philippe Ier en tant que roi des Français, Grégoire XVI reçoit à Rome les rédacteurs du quotidien français l'Avenir : Félicité de Lamennais, Henri Lacordaire et Charles de Montalembert, les « pèlerins de la liberté » mais il condamne, le , leurs thèses du catholicisme libéral, par l’encyclique Mirari vos, dans laquelle il précise que :
« On entend retentir les académies et les universités
d’opinions nouvelles et monstrueuses ; ce n’est plus en secret ni
sourdement qu’elles attaquent la foi catholique ; c’est une guerre
horrible et impie qu’elles lui déclarent publiquement et à découvert.
Or, dès que les leçons et les examens des maîtres pervertissent ainsi la
jeunesse, les désastres de la religion prennent un accroissement
immense, et la plus effrayante immoralité gagne et s’étend. Aussi, une
fois rejetés les liens sacrés de la religion, qui seuls conservent les
royaumes et maintiennent la force et la vigueur de l’autorité, on voit
l’ordre public disparaître, l’autorité malade, et toute puissance
légitime menacée d’une révolution toujours plus prochaine. (…)
Le but de vos efforts, et l’objet de votre vigilance
continuelle, doit donc être de garder le dépôt de la foi au milieu de
cette vaste conspiration d’hommes impies que nous voyons, avec la plus
vive douleur, formée pour la dissiper et la perdre. Que tous s’en
souviennent : le jugement sur la saine doctrine dont on doit nourrir le
peuple, le gouvernement et l’administration de l’Église entière,
appartiennent au Pontife romain, "à qui a été confié, par Notre-Seigneur
Jésus-Christ", comme l’ont si clairement déclaré les Pères du concile
de Florence, "le plein pouvoir de paître, de régir et de gouverner
l’Église universelle" » (…)
Nous frémissons, vénérables frères, en considérant de quels
monstres de doctrines, ou plutôt de quels prodiges d’erreurs nous sommes
accablés ; erreurs disséminées au loin et de tous côtés par une
multitude immense de livres, de brochures, et d’autres écrits, petits il
est vrai en volume, mais énormes en perversité, d’où sort la
malédiction qui couvre la face de la terre et fait couler nos larmes. Il
est cependant -ô douleur !- des hommes emportés par un tel excès
d’impudence, qu’ils ne craignent pas de soutenir opiniâtrement que le
déluge d’erreurs qui découle de là est assez abondamment compensé par la
publication de quelque livre imprimé pour défendre, au milieu de cet
amas d’iniquités, la vérité et la religion. Mais c’est un crime,
assurément, et un crime réprouvé par toute espèce de droit, de commettre
de dessein prémédité, un mal certain et très grand, dans l’espérance
que peut-être il en résultera quelque bien ; et quel homme sensé osera
jamais dire qu’il est permis de répandre des poisons, de les vendre
publiquement, de les colporter, bien plus, de les prendre avec avidité,
sous prétexte qu’il existe quelque remède qui a parfois arraché à la
mort ceux qui s’en sont servis ?! »
Un nouveau texte, Singulari nos, critique, deux ans plus tard, les idées libérales de Lamennais.
Opposition au modernisme
Cette opposition de principe au modernisme s’illustre également en Allemagne, avec la publication de la lettre apostolique Dum acerbissima, le .
Grégoire XVI refusa la construction du chemin de fer dans les États pontificaux,
car il craignait que la promiscuité des contacts et la facilité des
échanges n’accélèrent la pénétration des idées révolutionnaires venues
des pays limitrophes.
Autoritarisme politique
Le pape Grégoire XVI menant une procession du Corpus Christi au Vatican de Ferdinando Cavalleri (1840)
Par Ferdinando Cavalleri — https://soliloquioincompagnia.wordpress.com/category/citta/sotterraneo/, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=46035887
Dès son élection, Grégoire XVI doit faire face à de graves problèmes politiques. Son secrétaire d’État, le cardinal Bernetti, ne parvient pas à étouffer l’insurrection libérale qui éclate dans les États de l’Église, et est remplacé par le cardinal Lambruschini,
plus autoritaire. La souveraineté temporelle du pape sur les régions
qui entourent Rome est d’ailleurs remise en cause par les "patriotes révolutionnaires".
Le souverain pontife se décide alors à demander l’aide autrichienne.
Après une répression violente, l’ordre est rétabli au début du mois d’.
Cependant, les puissances européennes décident d’une réforme de l’administration des États de l’Église, qui
se traduit par une simplification des institutions judiciaires.
Grégoire XVI
refuse de démocratiser l’élection des conseils ayant autorité sur le
gouvernement des communes et des États ; il s’oppose également à la
création d’un conseil d’élus laïcs, dont le pouvoir rivaliserait avec
celui du Sacré Collège
placé directement sous son autorité. Ces réformes décisives
n’interviendront que quelques années plus tard, avec le pontificat de
son successeur Pie IX.
Les troubles reprennent à Césène, puis à Bologne. Une nouvelle intervention des Autrichiens en Romagne
est donc nécessaire. L’année suivante, quelques détachements français
occupent également les États de l’Église, jusqu’au départ définitif des
Autrichiens en 1838.
Indépendance de l'Église et difficultés diplomatiques
Les armoiries de Grégoire XVI au fronton de l'église San Rocco à Rome, Italie
Par Jebulon — Travail personnel, CC0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=30455769
Le développement des mouvements libéraux, dans l’Europe issue du Congrès de Vienne, et les révolutions de 1830 contraignent bientôt le Saint Siège à prendre position. Grégoire XVI publie en l’encyclique Sollicitudo ecclesiarum, dans laquelle il réaffirme l’indépendance de l’Église, et son refus de s’immiscer dans les affaires dynastiques.
Sous son pontificat, Grégoire XVI choisit de lutter dans les différents États européens afin de préserver les prérogatives de l’Église catholique :
en 1831, Grégoire XVI condamne le soulèvement de la Pologne lors de l'Insurrection de Novembre. Lamennais
considérant que le Pape voulait défendre davantage les rois que le
peuple, s'oppose au pape et s'indigne contre cette décision. Le pape
répond en condamnant en 1832 par l'encyclique Mirari vos les idées de Lamennais exprimées dans son journal L'Avenir ;
en 1832, il conclut les prêts des Rothschild au Saint-Siège ;
en Belgique, en 1833 : il donne, par son bref du , l'autorisation aux évêques de créer l'« université catholique de Belgique » (« Universitas Catholica Belgii »), appelée couramment « université catholique de Malines », qui sera inaugurée à Malines le , puis transférée à Louvain en 1835, où elle prend le nom d'université catholique de Louvain, après la suppression de l'université d'État de Louvain. Le premier recteur de l'Université catholique de Belgique, Monseigneur de Ram, veut, dans l'esprit de la reconquête catholique instaurée par Grégoire XVI, en faire un rempart qui puisse s'opposer « aux ennemis de la religion » et faire obstacle « au progrès de ces funestes doctrines qui depuis un demi-siècle ont ébranlé les bases de la société » ;
il offrit en 1840 au baron Joseph van der Linden d'Hooghvorst les reliques de Saint-Florius qui deviendra le saint protecteur de Limal. Et, en 1845, au comte Ferdinand de Meeûs, celles de Saint-Eusébien. Les deux martyrs reposaient dans les catacombes de Rome ;
au Portugal,
où se met en place une législation anticléricale, le siège de la
nonciature à Lisbonne est bientôt supprimé. À partir de 1841, cependant,
les relations entre le Saint Siège et le gouvernement de la reine Marie II s’apaisent, sous la pression populaire ;
en Espagne, la régence de la reine Marie-Christine est marquée par la suppression des ordres religieux, en 1835, tandis que vingt-deux diocèses sont laissés sans évêques ;
en Allemagne,
le problème des mariages mixtes est la cause de heurts fréquents entre
l’Église catholique et les gouvernements. Ceci est la cause de
l’arrestation de l’archevêque de Cologne, Droste zu Vischering, par les autorités prussiennes en 1837 ;
vis-à-vis de la France du roi Louis-Philippe, il reçoit solennellement, malgré les pressions du gouvernement français, le duc de Bordeaux, neveu et héritier du prétendant légitimiste au trône de France, en exil, le ;
en 1845, il proteste en vain contre la situation de l’Église catholique dans l’Empire russe.
Relance de l'engagement missionnaire
Copie du portrait du pape Grégoire XVI par Gaspare Mattioli
Par D’après Gaspare Mattioli — [1][2], Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=135574742
Un important effort missionnaire est constaté sous le pontificat de Grégoire XVI. Par le bref apostolique Multa praeclare, le pape libère les territoires missionnaires du contrôle du 'Padroado' portugais. Par la 'Propaganda Fide', dicastère romain pour l'évangélisation, il relance le travail missionnaire à partir de 1840.
Des missionnaires sont envoyés auprès des Indiens d’Amérique du Nord, tandis que de nouveaux diocèses sont créés aux États-Unis. Sur le continent asiatique, la Chine et l’Inde mobilisent l’effort des congrégations religieuses. En Océanie, la prise de possession des archipels polynésiens par les puissances européennes favorise l’élan missionnaire. Le continent africain, notamment l’Abyssinie, est également l’objet de l’intérêt du souverain pontife.
Affaire Montel
Cette volonté de reconquête catholique s'accompagne de décisions arbitraires voire antisémites : ainsi, en 1840, dans l'Affaire Montel, le pape cautionne d'abord l'enlèvement d'une nouvelle-née juive qui aurait été baptisée à sa naissance en Italie, à l'insu de ses parents français, par une femme de chambre de Fiumicino.
Si le pape accepte finalement de la libérer, c'est pour la
remettre à la France en la personne d'un diplomate français, (et non à
« ses parents infidèles », bien que citoyens français), et exiger du gouvernement du roi Louis-Philippe que l'enfant soit élevée dans la religion catholique.
Il suggère au diplomate que la famille Montel pourrait y consentir
comme « à tout ce qu'on voudrait » contre quelque argent « qui (est)
tout puissant auprès des Juifs ».
Apparitions mariales
La Médaille miraculeuse, promue par Catherine Labouré, à l'origine de la conversion d'Alphonse Ratisbonne
Par Xhienne — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=2169454
Sous son pontificat, la Vierge Marie serait apparue deux fois en France. D'abord en 1830 à Catherine Labouré, novice des sœurs de la Charité et propagatrice de la médaille miraculeuse.
Elle serait aussi apparue à Rome à Alphonse Ratisbonne, de naissance juive, dont la conversion causa un grand émoi en Europe.
Rejet de l’esclavage
Grégoire XVI est l'un des papes qui demandera avec force l’abolition de l’esclavage. (Constitution In supremo apostolatus fastigio du , voir Denzinguer 2745).
« Nous avertissons tous les fidèles chrétiens, de toute
condition, et Nous les conjurons instamment dans le Seigneur : que
personne désormais n'ait l’audace de tourmenter injustement des Indiens,
des Nègres et d'autres hommes de cette sorte, de les dépouiller de
leurs biens ou de les réduire en esclavage, ou d’en aider ou d'en
soutenir d’autres qui commettent de tels actes à leur égard, ou de
pratiquer ce trafic inhumain par lequel des Nègres, qui ont été réduits
en esclavage d’une manière ou d'une autre, comme s’ils n'étaient pas des
hommes mais de purs et simples animaux, sont achetés et vendus sans
aucune distinction, en opposition aux commandements de la justice et de
l’humanité, et condamnés parfois à endurer les travaux les plus durs… »
Fin de pontificat
Peu populaire auprès de ses sujets, Grégoire XVI entreprend en un voyage dans les États pontificaux. Sa politique engendre cependant des émeutes en Romagne et en Ombrie en 1843, puis dans la ville de Rimini en septembre 1845.
Il meurt à la suite d'une crise d’érésipèle, à Rome, le à l'âge de 80 ans.
Succession apostolique
Grégoire XVI a ordonné les évêques suivants :
Cardinal Lodovico Altieri (1836)
Patriarche Antonio Maria Traversi (de) (1836)
Cardinal Karl August von Reisach (1836)
Cardinal Castruccio Castracane degli Antelminelli (1844)
Portrait peint par Clemente Alberi vers 1830. Pinacothèque civique de Forlì
Par Clemente Alberi — bbcc.ibc.regione.emilia-romagna.it: Information : Pic, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=94923019
Francesco Saverio Castiglioni, né le à Cingoli (États pontificaux) et mort le à Rome (États pontificaux), est le 253e pape de l'Église catholique, élu le sous le nom de Pie VIII (en latin Pius VIII, en italien Pio VIII). Il meurt un an et sept mois après son élection, faisant de son pontificat le plus court du XIXe siècle.
Biographie
Né le 20 novembre 1761 à Cingoli
dans une famille noble, Francesco Saverio Castiglioni est le troisième
des huit enfants du comte Ottavio Castiglioni et de son épouse la
comtesse Sanzia Ghislieri.
Il effectue ses études au collège des jésuites d'Osimo. Puis, se destinant à la prêtrise, il poursuit une formation en droit canon à Bologne et enfin à Rome. Il prête alors son concours à l’un de ses maîtres, Devoti, qui travaille à cette époque à la constitution d'une compilation de textes juridiques. Il est ordonné prêtre le .
Lorsque Devoti devient évêque d’Anagni,
Francesco Castiglioni reste alors dans l'entourage du nouveau prélat,
présidant le chapitre cathédral du diocèse. Il occupe ensuite la même
charge dans l'évêché de Cingoli dirigé à cette époque par Monseigneur Severoli.
L’ensemble de la péninsule italienne entre sous la domination française. En 1800, le pape Pie VII nomme Francesco Castiglioni évêque de Montaldo. Ayant refusé de prêter serment à Napoléon Ier, roi d'Italie, le prélat est exilé à Mantoue puis est contraint finalement de rejoindre la France.
En 1816, il est nommé évêque de Césène et est créé cardinal-prêtre de Santa Maria in Traspontina par Pie VII. À partir de 1821, il devient cardinal-évêque de Frascati, grand pénitencier et préfet de la congrégation de l'Index.
Pape de l'Église catholique
Pie VIII porté dans la Basilique Saint-Pierre à Rome
Horace Vernet, 1829, château de Versailles
Par Horace Vernet — collections.chateauversailles.fr : Galerie : Information : Pic, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=95656186
Après avoir été vainement candidat lors du conclave de 1823, qui voit l'élection de Léon XII, Castiglioni, âgé de 67 ans, devient pape le , après le décès de ce dernier. Il prend le nom de Pie VIII à son couronnement le . Chateaubriand, alors ambassadeur de France, évoque longuement ce conclave dans les Mémoires d'outre-tombe, et Stendhal relate son élection dans ses chroniques de Promenades dans Rome.
Illustration de Pie VIII
Par Alexis-François Artaud de Montor — https://archive.org/details/thelivesandtimes09artauoft, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=52391860
Le , il publie l'encyclique Traditi humilitati, qui annonce le programme de son pontificat.
Celle-ci est complétée le par la bulle pontificale Litteris altero, dans laquelle il condamne les sociétés secrètes. Le pape y précise également que lors de la cérémonie du mariage,
la bénédiction de l'Église ne sera donnée qu’en ayant connaissance
d’une promesse effectuée au préalable par les futurs époux d'élever
leurs enfants dans la religion catholique. Dans les mois qui suivent, ce nouveau point de règlement ecclésiastique devient une source de conflit dans le royaume de Prusse, protestant, entre les évêques et le gouvernement.
Dans le bref apostolique du 15 mai 1829, Pie VIII crée le diocèse de Mobile, qui couvre alors l'Alabama et la Floride. Le 11 août, il crée le diocèse de Charlottetown en le séparant de l'archidiocèse de Québec. Le 4 septembre, dans un troisième bref apostolique, Pie VIII sépare le Cap-Breton de l’archidiocèse de Québec en l'incorporant à celui du vicaire apostolique de la Nouvelle-Écosse.
Portrait du pape Pie VIII, par Ferdinando Cavalleri (1829)
Par Ferdinando Cavalleri — www.papalartifacts.com, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=14709788
Comme son prédécesseur Léon XII, Pie VIII condamne le libéralisme car cette idéologie conçoit la liberté comme le droit de faire tout ce qu'on veut, et la voit comme le fondement de toute action. Or cette vision s'oppose à la doctrine catholique
selon laquelle le fondement de toute action doit être la recherche de
ce qui est juste. La liberté, si elle est aussi conçue comme
l'expression du libre arbitre, ne peut se concevoir dans l'exercice de
n'importe quelle volonté de l'Homme mais seulement dans l'exercice du
Bien.
Il doit également faire face à l'agitation européenne qui prépare les révolutions de 1830 :
ce sont tout d'abord les troubles de Pologne et de Belgique ;
dans les États pontificaux, il doit faire face aux tentatives d'insurrection engagées par les carbonari ;
en France, Charles X, remplacé par Louis-Philippe d'Orléans : en dépit du libéralisme du nouveau gouvernement, Pie VIII préconise aux Français de se rallier au nouveau souverain ;
au Royaume-Uni, il encourage les catholiques à profiter de leur émancipation (Roman Catholic Relief Act) en participant à la vie politique.
De santé fragile tout au long de son pontificat, Pie VIII meurt dans le palais du Quirinal, à Rome, le , à l'âge de 69 ans.
Tombeau du pape Pie VIII par le sculpteur Tenerani (1853-1866), Saint-Pierre de Rome
Par Torvindus — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=1210616
Apparitions mariales
La Médaille miraculeuse, promue par Catherine Labouré, à l'origine de la conversion d'Alphonse Ratisbonne
Par Xhienne — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=2169454
Sous son pontificat, la Vierge Marie serait apparue le 18 juillet 1830 à Catherine Labouré, novice des sœurs de la Charité et propagatrice de la médaille miraculeuse.
Le pape Léon XIV lors d’une audience au sein du palais apostolique, en octobre 2025
Par Lula Oficial — https://www.flickr.com/photos/157736962@N05/54851452841/, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=176987037
Robert Francis Prevost (prononcé /ˈrɒbərtˈfrænsɪs 'priːvoʊst/ en anglais américain), né le à Chicago (Illinois, États-Unis), est un prélat catholique américain naturalisé péruvien, élu pape le sous le nom de Léon XIV (en latin : Leo Decimus Quartus, en italien : Leone Quattordicesimo, en anglais : Leo the Fourteenth, en espagnol : León Catorce). En qualité d'évêque de Rome, il est le 267e pape de l'Église catholique ainsi que le chef d'État du Vatican.
Premier souverain pontife né après-guerre et originaire des États-Unis, il est également le premier pape issu de l'ordre de Saint-Augustin. Missionnaire au Pérou entre 1985 et 1998, il exerce ensuite des responsabilités à la maison-mère de son ordre à Rome de 2001 à 2013, puis est nommé évêque du diocèse péruvien de Chiclayo. Ayant pris la nationalité péruvienne en 2015, cela fait de lui le premier pape péruvien.
Le , il est nommé par le pape François pour succéder au cardinal Ouellet à la tête du Dicastère pour les évêques, l’un des postes les plus stratégiques de la Curie romaine, responsable de la nomination des évêques dans le monde entier. Il prend officiellement ses fonctions le . Le de la même année, lors du consistoire présidé par François, il est créé cardinal-diacre. Deux ans plus tard, à la suite de la mort du pape François en puis du conclave, il est élu au trône de Pierre le .
Contexte familial et ascendance
Famille
Robert Francis Prevost est né le au Mercy Hospital (en) de Chicago, dans l'Illinois, de Louis Marius Prevost, né le à Chicago et mort le à Homewood, et de Mildred Agnes Martinez, née le à Chicago et morte le à Chicago Heights. Ses parents se sont mariés le en la cathédrale du Saint-Nom de Chicago.
Son père, d'ascendance italienne et française, est un vétéran de la Seconde Guerre mondiale ayant commandé une barge de débarquement pour l'infanterie, lors du débarquement de Normandie et du débarquement de Provence, et qui terminera sa carrière au sein de l'US Navy avec le grade de lieutenant. Il devient plus tard surintendant (en) du district scolaire Brookwood 167 (en) à Glenwood dans l'Illinois. Sa mère, bibliothécaire engagée dans la vie paroissiale, est une femme métisse d'ascendance créole louisianaise, et dont deux des sœurs étaient religieuses. Elle est diplômée de l'université DePaul avec une licence en sciences de l'information et des bibliothèques obtenue en 1947.
Généalogie
Son grand-père paternel, Salvatore Giovanni Gaetano Riggitano, alias John R. Prevost, né le à Milazzo, en Sicile, et mort le à Détroit, dans le Michigan, était professeur de langues romanes au conservatoire de Quincy puis au Kimball Hall de Chicago. Sa grand-mère paternelle, Suzanne Louise Marie Fontaine, née le au Havre et morte le à Détroit, est une Française d'origine normande, arrivée aux États-Unis en 1915 à bord du transatlantique La Touraine et qui était infirmière. Elle était née de l'union d'un couple de pâtissiers nommés Ernest Auguste Fontaine, né le à Saint-Pierre-sur-Dives, dans le Calvados, et Jeanne Eugénie Prévost, née le à Paris, mais issue d'une famille du pays de Caux en Seine-Maritime. Les grands-parents du pape prirent le nom de la mère de Suzanne lorsqu'ils déclarèrent leurs deux fils. Léon XIV, alors cardinal, a évoqué ses racines normandes avec Dominique Lebrun, archevêque de Rouen.
Son grand-père maternel, Joseph Nerval Martinez, né le à La Nouvelle-Orléans, en Louisiane, et mort le à Chicago, est un fabricant de cigares probablement né en Haïti et francophone. Sa grand-mère maternelle, Louise Baquié, née le à La Nouvelle-Orléans et morte le à Des Plaines, est une créole métisse de Louisiane, fille d'un cordonnier et petite-fille d'Aristide Bacquié, né en Guadeloupe en 1811. Tous deux étaient issus de familles de gens de couleur — dits mulâtres — avec des ancêtres colons européens et esclaves noirs (ou affranchis). Léon XIV est ainsi le premier pape ayant une ascendance africaine subsaharienne et le premier pape avec une ascendance africaine depuis le Ve siècle. Par sa grand-mère maternelle, Léon XIV descend également de familles françaises aux origines varoise, béarnaise et marseillaise.
Selon Pierre Gendreau-Hétu, chercheur associé au Programme de recherche en démographie historique de l'Université de Montréal, et Luc Baronian, professeur de linguistique à l'Université du Québec à Chicoutimi, le pape a des origines québécoises du côté maternel : il serait le descendant de Pierre Boucher, fondateur de la ville de Boucherville dans la région de Montérégie et premier colon de la Nouvelle-France anobli par le roi Louis XIV.
Formation
Jeunesse et scolarité
Maison d'enfance du pape Léon XIV à Dolton, dans l'Illinois
Par Michael Howie, Attribution, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=164955778
Sainte-Marie-de-l'Assomption
Par Lori Strock Photography — I commissioned a professional photographer to take this picture., CC BY 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=165784644
Surnommé Bob ou Rob durant son enfance et ensuite par ses amis à l'âge adulte, Robert Francis Prevost grandit dans le village de Dolton, dans la banlieue limitrophe sud de Chicago, avec ses deux frères aînés, Louis Martín et John Joseph, respectivement vétéran de la marine résidant en Floride et directeur d'école à la retraite demeurant à Chicago.
Il vit alors dans la paroisse Sainte-Marie-de-l'Assomption, à Riverdale, où, à partir de l'âge de 5 ans, il va à l'école, chante dans la chorale et sert comme enfant de chœur. Robert Francis Prevost aspire à la prêtrise dès son plus jeune âge, et joue la messe à la maison avec ses frères, sur une table à repasser avec des bonbons en guise d'hostie.
De 1969 à 1973, il fréquente le lycée du Séminaire Saint-Augustin, un petit séminaire situé sur le canton de Laketown entre Holland et Saugatuck, dans le Michigan.
Il y obtient une récompense pour l'excellence de ses résultats et
apparaît régulièrement sur le tableau d'honneur. Il est rédacteur en
chef de l'annuaire et secrétaire du conseil étudiant ainsi que membre de
la National Honor Society. Il participe également à des discours et à des débats et fait partie des équipes de tennis et de bowling du lycée. Il termine en 1973 ses études secondaires au petit séminaire augustin de la paroisse Sainte-Marie-de-l'Assomption.
Université
Robert Francis Prevost obtient en 1977 un Bachelor of Science (BS) en mathématiques à l'université Villanova, un collège augustin près de Philadelphie. Il rejoint les Augustins le , prononce ses premiers vœux le et fait profession solennelle le . L'année suivante, il obtient une maîtrise en théologie à la Catholic Theological Union (CTU) de Chicago. Il enseigne ensuite la physique et les mathématiques à la St Rita of Cascia High School de Chicago pendant ses études. Il obtient une licence en droit canonique en 1984, suivie d'un doctorat en droit canonique en 1987, tous deux de l'université pontificale Saint-Thomas-d'Aquin à Rome. Sa thèse de doctorat est une étude du rôle du prieur local dans l'ordre de Saint-Augustin. En 2014, l'université Villanova lui décerne un doctorat honorifique en sciences humaines.
Prêtre
Mission au Pérou
Le noviciat de Robert Francis Prevost en tant qu'augustin a eu lieu dans l'église de l'Immaculée Conception de Saint-Louis, dans le Missouri
Par Parker Botanical — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=21393833
Robert Francis Prevost est ordonné prêtre dans l'ordre de Saint-Augustin le à Rome par Jean Jadot. Sa licence en droit canonique obtenue, il est envoyé en mission avec les Augustins au Pérou et devient chancelier de la prélature territoriale de Chulucanas jusqu'en 1986.
Lors de cette première expérience au Pérou, il rencontre Gustavo Gutiérrez, qui est l'un des fondateurs de la théologie de la libération,
courant associant pastorale catholique et volonté d'émanciper les plus
pauvres. Bien que Prevost n'adhère alors pas entièrement à cette
doctrine, il en tire un intérêt marqué pour les questions sociales et
économiques.
En 1987, il est rappelé aux États-Unis comme promoteur des
vocations et directeur des missions pour la province augustine de
Chicago. Il retourne en 1988 au Pérou, passant les dix années suivantes à diriger le séminaire des Augustins de Trujillo et à enseigner le droit canonique au séminaire diocésain, où il est également préfet des études. Il est juge au tribunal ecclésiastique régional et membre du Collège des consulteurs de Trujillo. Il exerce un ministère paroissial à la périphérie pauvre de la ville.
Responsabilités dans l'ordre de Saint-Augustin
Durée : 51 secondes.0:51Robert
Francis Prevost, prieur général de l'ordre de Saint-Augustin en 2012,
invite les jeunes à participer au rassemblement international de la
jeunesse augustine de 2013.
En 1998, Robert Francis Prevost est élu supérieur provincial de la province augustine Notre-Dame-du-Bon-Conseil, qui couvre le Midwest américain, et retourne donc à Chicago pour prendre ce poste le .
En 2001, Robert Francis Prevost est élu prieur général des Augustins pour un mandat de six ans, renouvelé en 2007. Son élection en vingt minutes est l'une des plus rapides de l'histoire de l'Ordre.
En outre, dans la biographie qu'il consacre au futur pape, le
journaliste Samuel Pruvot note qu'il est alors exceptionnellement jeune (46 ans) pour prendre la tête d'une congrégation religieuse de pareille ampleur. Durant ses deux mandats, il entreprend un tour des communautés de l'Ordre dans une cinquantaine de pays.
De 2013 à 2014, Robert Francis Prevost est directeur des études
du prieuré Saint-Augustin de Chicago, ainsi que premier conseiller et vicaire provincial.
Évêque
Diocèse de Chiclayo
Robert Francis Prevost au cours d'un entretien avec La Industria en 2018
Par Diario La Industria - Chiclayo — https://www.youtube.com/watch?v=XMQaSS8h-HQ, CC BY 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=164958286
Cathédrale Sainte-Marie de Chiclayo au Pérou, où Robert Francis Prevost a été évêque diocésain de 2015 à 2023
Par Marco Chuica Rodríguez — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=72992463
Le , le pape François le nomme administrateur apostolique du diocèse de Chiclayo et évêque titulaire de Sufar. Installé le , il reçoit la consécration épiscopale le suivant des mains du nonce apostolique au Pérou, James Patrick Green. Le , il est nommé évêque de Chiclayo. La même année, il acquiert la nationalité péruvienne en vertu du concordat entre le Saint-Siège et le Pérou qui oblige les évêques à être des citoyens péruviens. Le , il est nommé membre de la Congrégation pour le clergé.
Il prend pour devise épiscopale In Illo uno unum, expression tirée du commentaire sur le Psaume 127 d'Augustin d'Hippone où il est écrit : sed et nos multi in illo uno unum, que l'on traduit par « bien que nous soyons nombreux, nous sommes un dans le Christ ». Son blason intègre également le sceau de l'ordre de Saint-Augustin, dont il fut le supérieur général, ainsi qu'une fleur de lys représentant la Vierge Marie sous le titre d'« Immaculée Conception », patronne du diocèse de Chiclayo.
En 2018, Robert Francis Prevost est repéré par le pape François lors de sa visite au Pérou. Les deux hommes se retrouvent l'année suivante à Rome, où Robert Francis Prevost est invité à assister au chapitre général de son ordre. Du au , il est administrateur apostolique du diocèse de Callao (Pérou). Le , François le nomme membre du Dicastère pour les évêques.
Au sein de la Conférence épiscopale du Pérou, Robert Francis Prevost occupe les fonctions de second vice-président, siégeant au conseil permanent, de 2018 à 2023, et de président de la commission pour l'éducation et la culture de 2019 à 2023. Le , il est reçu en audience privée par le pape François, ce qui alimente les spéculations sur une nouvelle affectation, à Chicago ou à Rome.
Dicastère pour les évêques
Le , le pape François le nomme préfet du Dicastère pour les évêques et président de la Commission pontificale pour l'Amérique latine, avec le titre d'archevêque-évêque émérite de Chiclayo. Il remplace à ces fonctions le cardinal Marc Ouellet, atteint par la limite d'âge et visé par des plaintes pour agression sexuelle. Il prend ses fonctions le .
Cardinal
Création par le pape
Le cardinal Robert Francis Prevost lors du consistoire en 2023
Par Ricardo Perna (AIIC) — Consistório: D. Américo Aguiar recebeu o barrete e o anel cardinalício, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=164984566
Le , le pape François annonce son intention de le créer cardinal lors du consistoire du . À cette occasion, il reçoit le titre de cardinal-diacre de Santa Monica.
En tant que préfet, il joue un rôle essentiel dans l'évaluation et la
recommandation des candidats épiscopaux dans le monde entier, gagnant
ainsi une plus grande visibilité au sein de l'Église catholique.
Élévation et actions
Le , le pape François élève Robert Francis Prevost à l'ordre de cardinal-évêque et lui assigne le diocèse suburbicaire d'Albano.
Robert Francis Prevost est actif au sein du Conseil épiscopal
d'Amérique latine et des Caraïbes. Il participe à des réunions et
célèbre des messes à Aguadilla (Porto Rico) en .
Pape de l'Église catholique
Élection et premières célébrations
La première apparition du pape Léon XIV au balcon de la basilique lors de sa présentation à la foule place Saint-Pierre à la suite de son élection
Par INFOWeather1 — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=164960940
Le , Robert Francis Prevost est élu pape par le conclave après seulement quatre tours de vote, succédant à François et devenant ainsi le premier pontife américain et péruvien. 267e pape élu, il est considéré comme un outsider par rapport aux papabili plus en vue, ainsi qu'un proche du pape François et un candidat de compromis. Ses partisans ont soutenu qu'il représentait une « voie médiane digne ». Après avoir accepté son élection, il a embrassé les cardinaux en quittant la chapelle Sixtine.
Le cardinal Dominique Mamberti, protodiacre, a annoncé le Habemus papam depuis la loggia centrale de la basilique Saint-Pierre, proclamant le nom de Prevost et son nom de règne comme Léon XIV en référence au pape Léon XIII et à sa « doctrine sociale ». Léon est apparu avec l'étole rouge pontificale traditionnelle et la mosette, des vêtements que son prédécesseur le pape François n'avait pas portés lors de son élection en 2013. Il a ensuite prononcé son premier discours en italien et en espagnol, et a donné la bénédiction Urbi et orbi en latin.
Le Vatican décrit Léon XIV comme le premier pape issu de l'ordre de Saint-Augustin, et le deuxième pape du continent américain après son prédécesseur François ; il est également le premier pape nord-américain, le premier né aux États-Unis, le premier citoyen à la fois du Pérou et des États-Unis (par double nationalité), le premier issu d'un pays anglophone depuis Adrien IV au XIIe siècle. Polyglotte, il maîtrise l'anglais (sa langue maternelle), l'italien, l'espagnol, le portugais et le quechua qu'il a appris au Pérou. Il lit le latin, le français et l'allemand.
Le , il célèbre sa première messe dans la chapelle Sixtine avec les cardinaux. Dans sa première homélie, il déplore le recul de la foi au profit « d'autres certitudes comme la technologie, l'argent, le succès, le pouvoir, le plaisir ». Il s'engage également à être le « fidèle administrateur » de l'Église catholique afin qu'elle soit le « phare qui éclaire les nuits du monde ». Le Vatican annonce dans la même journée que la messe d'inauguration du pontificat du nouveau pape aura lieu le .
Le , lors d'une rencontre avec le collège des cardinaux, il explique le choix de son nom : « Il y a plusieurs raisons, principalement parce que le pape Léon XIII, avec l'encyclique historique Rerum novarum, a abordé la question sociale dans le contexte de la première grande révolution industrielle » avant d'ajouter : « Aujourd'hui l'Église offre à tous son héritage de doctrine sociale
pour répondre à une autre révolution industrielle et aux développements
de l'intelligence artificielle, qui posent de nouveaux défis pour la
défense de la dignité humaine, de la justice et du travail ». Le , il célèbre sa première messe depuis son élection dans la crypte de la basilique Saint-Pierre, puis mène le Regina cæli, une prière à la Vierge Marie, depuis la loggia de la basilique Saint-Pierre.
Durant cette dernière, il lance un plaidoyer pour que cessent les
nombreux conflits armés en cours et pour que des solutions durables
soient trouvées.
Léon XIV lors de la messe d’inauguration de son pontificat, sur la place Saint-Pierre
Par U.S. Department of State — https://www.flickr.com/photos/9364837@N06/54527604179/, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=165600249
Le , Léon XIV
préside la messe d’inauguration de son pontificat en tant que nouveau
chef de l'Église catholique devant une foule de plus de 200 000 fidèles. 156 délégations internationales venues de 149 pays auxquels s’ajoutent les représentants de sept organisations internationales étaient également présents. Dans son homélie, le pape dénonce « un paradigme économique qui exploite les ressources de la Terre et marginalise les plus pauvres » et appelle à plus de justice sociale.
Nominations
Le , une semaine après son élection comme 267e pape,
il procède à sa première nomination épiscopale qui concerne un ancien
diocèse, dont il fut l'administrateur apostolique de 2020 à 2021, et
nomme Miguel Ángel Contreras Llajaruna comme nouvel évêque auxiliaire à Callao, au Pérou.
Le , Léon XIV nomme Baldassare Reina chancelier de l'Institut pontifical Jean-Paul II, en remplacement de Vincenzo Paglia, et désigne l'évêque d'Ajaccio, François Bustillo, comme son envoyé spécial aux cérémonies conclusives du 350e anniversaire des apparitions du Sacré-Cœur de Jésus à Paray-le-Monial, dont la date est fixée au 27 juin de la même année.
Le 24 mai 2025, Léon XIV désigne le cardinal Robert Sarah comme son envoyé spécial au sanctuaire de Sainte-Anne-d’Auray, pour y présider les célébrations liturgiques à l’occasion du 400e anniversaire des apparitions, dont la date est fixée aux 25 et 26 juillet suivants.
Curie
Le lendemain de son élection, Léon XIV fait savoir que les responsables de la Curie sont prolongés dans leurs fonctions jusqu’à nouvel ordre. Dans les jours qui suivent, le nouveau pape consulte et reçoit les chefs de dicastères et rend inopinément visite au dicastère pour les évêques dont il avait la charge les deux années précédant son élection. Le , il opère sa première nomination curiale en attribuant le poste de secrétaire du Dicastère pour les instituts de vie consacrée à une femme, Tiziana Merletti, en remplacement de Simona Brambilla, devenue préfète de ce même dicastère en . Le , il nomme Filippo Iannone à sa succession même, comme préfet au Dicastère pour les évêques. Lors de la traditionnelle présentation des voeux à la Curie, qui s'est tenue le , Léon XIV a insisté sur le rôle missionnaire que devait jouer cet organe gouvernemental de l'Église : « Nous
avons besoin d'une Curie romaine toujours plus missionnaire, dont les
institutions, les bureaux et les tâches soient conçus en tenant compte
des grands défis ecclésiaux, pastoraux et sociaux d'aujourd'hui, et non
pas uniquement pour assurer l'administration ordinaire ».
Plusieurs préfets à la tête des dicastères ayant atteint la limite
d'âge ou la fin de leur mandat quinquennal fin 2025, de nouvelles
nominations ou des prolongements exceptionnels de mission devraient
intervenir en 2026.
Consistoires
Le Léon XIV réunit son premier consistoire ordinaire public pour le vote de certaines causes de canonisations. Huit bienheureux sont officiellement approuvés dont deux jeunes laïcs italiens « incarnant une sainteté joyeuse, moderne et profondément enracinée dans la vie ordinaire » : Pier Giorgio Frassati et Carlo Acutis.
Le est annoncée la réunion du premier consistoire extraordinaire de Léon XIV, qui intervient huit mois après la réunion du conclave de son élection. Ce consistoire se tiendra à Rome les 7 et . Cette annonce précède de deux jours la publication officielle de la lettre apostolique sur le sacerdoce Una fedeltà che genera futuro, où le pape insiste sur la nécessité de la synodalité et du partage de la mission ecclésiale pour les prêtres. Cette volonté de collégialité, en rupture avec la posture verticale de son prédécesseur, François, avait été annoncée dès le début de son ministère pétrinien. Dans une « lettre de Noël » adressée aux cardinaux du monde entier, Léon XIV précise l'esprit de cette rencontre qui sera marquée par des « moments de communion et de fraternité ».
Quatre sujets avaient été travaillés en amont par les cardinaux : la
synodalité, la mission, la liturgie et la réforme de la Curie, mais
seuls les deux premiers sont retenus pour être discutés lors de la
réunion.
À la suite de ce premier consistoire, un autre est annoncé les 27 et 28 juin, avec une volonté d'organiser des consistoires de plusieurs jours chaque année.
Relations internationales
Relations avec l'Algérie
Le , le pape a reçu en audience Abdelmadjid Tebboune, président de la République algérienne. Cela faisait 26 années
qu'un chef d'État algérien ne s'était pas rendu au Vatican. Cette
visite intervient moins de trois mois après l’élection d'un pape augustin dont le maître à penser a été évêque d'Hippone, nom antique de l'actuelle Annaba dans le nord-est de l'Algérie. Dans son communiqué de presse, le Vatican informe que les échanges ont notamment porté sur « l’actuelle
situation géopolitique et l’importance du dialogue interreligieux et de
la collaboration culturelle dans la construction de la paix et de la
fraternité dans le monde ». Deux semaines avant cette audience, le Saint-Siège avait annoncé la nomination d'un évêque français au diocèse de Constantine-Hippone resté vacant pendant plus d'un an. « Cette
nomination dépasse la simple désignation d’un nouveau prélat : elle
revêt une portée hautement symbolique, tant pour l’histoire de l’Église
que pour le pontificat actuel » a souligné le quotidien Le Matin d'Algérie. Ce média rapporte par ailleurs que selon l'agence de presse spécialiste du Vatican, I-Media, une visite de Léon XIV en Algérie serait en préparation.
Plusieurs quotidiens algériens rappellent qu'en tant que prieur général
des Augustins, Robert Francis Prevost s'est déjà rendu en 2001 à Annaba
et Souk Ahras (anciennement Thagaste)
à l'occasion du premier colloque international sur saint Augustin et
que lors de son élévation à la dignité de cardinal-diacre de Santa Monica, en 2023, il a prononcé un vibrant hommage à Thagaste, berceau de saint Augustin et de sainte Monique.
Le , le Vatican officialise la visite du pape en Algérie comme première étape de son voyage en Afrique en avril 2026. Le chef de l'État algérien confirme de son côté que cette visite devrait « consolider les liens d’amitié, de confiance et d’entente » entre le Vatican et l'Algérie. Léon XIV sera le premier pape à se rendre dans ce pays musulman.
Relations avec l'Argentine
Le , Javier Milei est reçu par le pape Léon XIV au palais apostolique. Le président argentin rencontre par la suite le cardinal secrétaire d'État Pietro Parolin où les deux parties réaffirment « leur appréciation mutuelle des solides relations bilatérales et leur volonté de les renforcer davantage » tout en abordant « des
questions d'intérêt commun, notamment les tendances socio-économiques,
la lutte contre la pauvreté et l'engagement en faveur de la cohésion
sociale ».
Relations avec l'Australie
Le , Léon XIV reçoit également dans l'après-midi Anthony Albanese, premier ministre de l'Australie, avec qui « un
échange de vues a eu lieu sur la situation socio-politique du pays,
s'attardant en particulier sur les questions d'intérêt commun, y compris
la protection de l'environnement, le développement humain intégral et
la liberté religieuse » indique le Bureau de presse du Saint-Siège.
Relations avec la Colombie
Gustavo Petro salue Léon XIV lors de la messe d'inauguration de son pontificat
Par Juan Diego Cano / Fotografía oficial de la Presidencia de Colombia — https://www.flickr.com/photos/197399771@N06/54527445948/, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=165574772
Le , Léon XIV rencontre dans l'après-midi Gustavo Petro lors d'une audience privée au palais apostolique. Avec l'archevêque Paul Richard Gallagher, secrétaire pour les relations avec les États de la secrétairerie d'État et les organisations internationales, le président colombien et ce dernier ont souligné la « collaboration positive et durable entre l'Église et l'État en faveur des processus de paix et de réconciliation ».
Relations avec les États-Unis
Le , Léon XIV reçoit dans la matinée J. D. Vance avec qui « la satisfaction a été renouvelée pour les bonnes relations bilatérales » et où « l’attention
s’est portée sur la collaboration entre l’Église et l’État ainsi que
sur certaines questions d’une importance particulière pour la vie
ecclésiale et la liberté religieuse ».
Les deux hommes ont également abordé l'actualité internationale avec
l'espoir que le droit humanitaire et le droit international soient
respectés dans les zones de conflit.
Relations avec la France
Le , Emmanuel Macron s'entretient pour la première fois avec le pape Léon XIV. Par téléphone, le chef d'État français indique avoir « abordé
les efforts à mener pour faire taire les armes partout où les conflits
sévissent dans le monde, en particulier pour une paix solide et durable
en Ukraine et à Gaza » avec le nouveau pape.
Reçu par le pape en audience en août 2025, Laurent Ulrich, archevêque de Paris l'invite à visiter la capitale. D'après l'archevêque, cette invitation a suscité un « vif intérêt » du souverain pontife.
Relations avec l'Italie
Le , Giorgia Meloni renouvelle ses félicitations pour l'élection du pape Léon XIV, réitère son soutien à l'action du Saint-Siège pour mettre fin aux conflits et assure un engagement commun pour le développement éthique de l'intelligence artificielle. Le , le souverain pontife reçoit Sergio Mattarella, établissant ainsi la première rencontre officielle au Vatican entre le pape et le chef de l'État italien.
Relations avec le Royaume-Uni
En , Léon XIV accueille le roi Charles III et la reine Camilla en visite d'État au Vatican. À cette occasion, un office religieux est célébré dans la chapelle Sixtine du palais apostolique, durant lequel Charles III devient le premier monarque britannique à prier au côté d'un pape depuis la Réforme protestante.
Lors de son premier voyage apostolique, Léon XIV choisit la Turquie dans le cadre du 1700e anniversaire du premier concile de Nicée (325) pour une grande prière œcuménique à İznik. Il honore l’engagement du pape François qui devait s'y rendre en . Il est reçu le par le président Recep Tayyip Erdoğan. Léon XIV prononce un discours politique rappelant la protection des droits de la minorité chrétienne en Turquie mais aussi les valeurs de la tolérance envers les chrétiens et du dialogue interreligieux pour construire une « paix juste et durable ».
Outre la Turquie, Léon XIV se rend au Liban où il est reçu le par le président Joseph Aoun. Par la suite, il se rend près des décombres provoqués par l’explosion survenue en au port de Beyrouth pour s'y recueillir.
Convictions et prises de position
Nom de règne
Léon XIII : Robert Francis Prevost choisit le nom de règne Léon XIV en son honneur et en raison de son enseignement social et de ses écrits
Par Braun et Compagnie — Observador.pt: Info PicGetty Images: Info 1 Info 2, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=98282847
Robert Francis Prevost choisit comme nom de règne Léon XIV en l'honneur de Léon XIII (r. 1878-1903), dont l'encyclique Rerum novarum fonde la doctrine sociale de l'Église catholique et promeut les droits des travailleurs. Selon Matteo Bruni, directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, ce choix est « clairement
une référence à la vie des hommes et des femmes, à leur travail — même à
une époque marquée par l'intelligence artificielle ».
De la même façon, pour le cardinal chilien Fernando Chomalí, le choix de ce nom exprime la préoccupation de Léon XIV devant les mutations culturelles du monde liées à l'usage de l'intelligence artificielle et de la robotique. Fernando Chomalí note à ce sujet : « Il s'inspire de Léon XIII qui, au cœur de la révolution industrielle, rédige Rerum novarum, lançant un dialogue important entre l'Église et le monde moderne ». Léon XIV évoque lui-même ces nouveaux enjeux le 10 mai 2025 : « l'Église
offre à tous le trésor de sa doctrine sociale en réponse à une nouvelle
révolution industrielle et aux avancées de l'intelligence artificielle,
qui posent de nouveaux défis pour la défense de la dignité humaine, de
la justice et du travail ».
Politique de l'Église
Robert Francis Prevost est un fervent défenseur de la synodalité, l'un des héritages majeurs du pape François. Il estime que la participation et la coresponsabilité de tous les fidèles répondent à la polarisation au sein de l'Église. En , il déclare que la gouvernance épiscopale privilégie la foi plutôt que l'administration : la priorité est de « communiquer la beauté de la foi, la beauté et la joie de connaître Jésus ». Il affirme également que « l'Esprit saint pousse vers un renouveau » et que les fidèles sont « appelés à une nouvelle attitude » consistant à « écouter d'abord l'Esprit saint ». Abordant l'ordination des femmes en , Robert Francis Prevost déclare que la « longue tradition significative de l'Église » la rend impossible. Il exprime également ses réserves sur le diaconat féminin : « La "cléricalisation des femmes" ne résout pas nécessairement un problème, elle peut en créer un nouveau. ».
Interrogé à nouveau en mai 2025 sur cette question, il indique qu'elle
est étudiée par deux commissions mises en place à l'issue du synode sur la synodalité. Il approuve la présence de femmes à des postes de responsabilité, notamment au Dicastère pour les évêques.
Commentant les nominations par le pape François de trois femmes à ce
dicastère en 2023, il note que parfois leurs contributions ouvrent des
perspectives nouvelles.
Son premier message comme pape proclame la paix du Christ ressuscité « qui donne sa vie pour le troupeau de Dieu », apportant « une paix désarmée et désarmante ». Il poursuit ainsi la bénédiction kérygmatique de François : « Dieu prend soin de vous, Dieu vous aime, et le mal ne prévaudra pas ! ».
Ses thèmes sont la lumière du Christ, l'Église missionnaire par le
dialogue, la fidélité à l'Évangile, la synodalité, la paix et la
justice, la proximité des souffrants et la prière mariale. Il insiste
deux fois sur le refus de la peur et l'aide de Dieu pour « construire des ponts ». Sa devise est In illo Uno unum (« Dans l'Unique, nous sommes un »). Devant les cardinaux, il réaffirme son « engagement total » au concile Vatican II et souligne six points fondamentaux, dont la conversion missionnaire et la synodalité.
Pratiques liturgiques et cérémoniales
Paul VI avec sa férule présidant la clôture du concile Vatican II en 1965
Par Joop van Bilsen pour Anefo — http://proxy.handle.net/10648/aad15e40-d0b4-102d-bcf8-003048976d84, CC0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=114031997
Au Pérou, Robert Francis Prevost est décrit comme un « célébrant impeccable », portant des ornements « formels ». En , il déclare qu'« une liturgie belle fortifie la foi ». Après son élection, il porte la mosette et l'étole rouges, délaissées par le pape François, ainsi qu'une croix pectorale contenant des reliques d'Augustin d'Hippone, de Monique et de Thomas de Villeneuve. À l'occasion de la première messe qu'il donne en tant que souverain pontife le , il emploie la férule créée pour le pape Benoît XVI,
tandis que lors de sa messe d'intronisation, il utilise la férule créée
par le sculpteur Lello Scorzelli, régulièrement utilisée par ses
prédécesseurs Paul VI et Jean-Paul II.
Réseaux sociaux
Le ,
les réseaux sociaux officiels du pape sont réactivés, Léon XIV
poursuivant ainsi la ligne de ses prédécesseurs en matière de réseaux
sociaux, où il aura une présence active indique le Vatican. Présent sur X avec le compte nommé @Pontifex,
ce dernier existe également en neuf langues : anglais, espagnol,
portugais, italien, français, allemand, polonais, arabe et latin. Le
pape est également présent sur Instagram où il n'existe qu'un profil officiel qui est intitulé @Pontifex - Pope Leo XIV.
Politique et société
Dans la politique et la théologie de l'Église, Robert Francis Prevost est vu comme modéré ou centriste. En , La Repubblica le décrit comme une figure « cosmopolite et timide », « appréciée par conservateurs et progressistes ». Il s'oppose à l'avortement, à l'euthanasie et à la peine de mort. Il soutient les réfugiés vénézuéliens au Pérou. Il plaide pour une réponse forte au changement climatique et, lors de son élection, choisit des soutanes recyclées, en lien avec Laudato si'.
Sur les thématiques LGBT
À plusieurs reprises, Robert Francis Prevost relaie sur les réseaux sociaux des publications opposées à l'idéologie de genre et s'exprime comme évêque de Chiclayo contre son exposé dans les programmes scolaires péruviens, affirmant qu'elle promeut des « genres inexistants ». En 2012, sous le pontificat de Benoît XVI, il critique la sympathie de la culture populaire pour le « mode de vie homosexuel » ainsi que les familles homoparentales diverses et les adoptions homoparentales.
Par la suite, Robert Francis Prevost déclare lors d'une interview accordée à Catholic News Service en 2023 que, par rapport à ses déclarations de 2012, « bien des choses changent »
et qu'il est nécessaire que l'Église s'ouvre et accueille, mettant en
avant le message du pape François de ne pas laisser les personnes se
sentir exclues en raison de leurs décisions.
Robert Francis Prevost exprime des réserves quant à la « sympathie pour des croyances et des pratiques qui contredisent l'Évangile » et n'approuve ni ne rejette pleinement Fiducia supplicans, une déclaration doctrinale sur les bénédictions des personnes engagées dans des relations de même sexe. Il affirme que les conférences épiscopales nationales doivent « interpréter et appliquer ces directives dans leurs contextes locaux, étant donné les différences culturelles ».
Sur le vice-président américain J. D. Vance
Le , le cardinal Prevost réplique via le réseau social X à une déclaration du vice-président des États-Unis, J. D. Vance,
catholique, qui prétendait s'appuyer sur un concept chrétien afin de
hiérarchiser son amour, en priorisant sa famille et en plaçant le reste
du monde en dernier. Dans son message, Robert Francis Prevost affirme
ainsi : « J. D. Vance a tort : Jésus ne nous demande pas de hiérarchiser notre amour pour les autres ».
Lors de la conférence de l'ONU organisée par la France et l'Arabie saoudite du 28 au , le représentant du Vatican auprès de l'Organisation des Nations unies, l'archevêque Gabriele Caccia, a fait savoir que Léon XIV soutenait « la solution à deux États » qu'il considère comme « la seule voie viable et équitable vers une paix juste et durable ».
Sur l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022
Dès sa première messe dominicale en tant que pape, Léon XIV se démarque de son prédécesseur sur le dossier ukrainien. Fidèle à la position qu'il avait prise en tant qu'évêque lors du déclenchement du conflit, il demande pour l'Ukraine « une paix authentique, juste et durable » qui se différencie du « pacifisme total », mettant agresseur et agressé sur le même plan, dont semblait se réclamer le pape François. Le , le président ukrainien Volodymyr Zelensky annonce avoir invité par téléphone le pape Léon XIV en Ukraine et demande l'aide de ce dernier pour rapatrier les enfants ukrainiens enlevés en Russie pendant la guerre. Il le rencontre le , après la messe d'ouverture du pontificat. Le , il est reçu en privé par Léon XIV à sa résidence de Castel Gandolfo.
À la fin de l'audience générale
du mercredi 20 août 2025, le pape appelle, pour la fête de la
bienheureuse Marie Reine qui a lieu le vendredi 22, à une journée de
prière et de jeûne pour la paix dans le monde. Il cite en particulier la
Terre Sainte et l'Ukraine.
Le , il reçoit de nouveau le président Zelensky à Castel Gandolfo pour évoquer la guerre en Ukraine mais aussi la question des prisonniers de guerre et le sort des enfants ukrainiens emmenés en Russie.
Sur les médias
Le pape Léon XIV dans la salle Paul VI lors de sa première audience en tant que souverain pontife avec les médias (2025)
Par Edgar Beltrán, The Pillar — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=165186581
Dans un entretien de ,
Robert Francis Prevost souligne la nécessité de prudence et de
responsabilité dans l'usage des réseaux sociaux afin d'éviter de « nourrir les divisions et la controverse » et de « faire du tort à la communion de l'Église ». Cette position s'accorde avec sa discrétion et son habitude de s'exprimer « avec prudence et de manière réfléchie » que souligne Christopher White, correspondant au Vatican du National Catholic Reporter.
Le , lors de l'audience qu'il accorde à plus de 3 000 journalistes de la presse internationale dans la salle Paul VI du Vatican, Léon XIV demande en préambule la « libération des journalistes emprisonnés pour avoir cherché et raconté la vérité ». Il rappelle ensuite la nécessaire protection du « précieux bien de la liberté d'expression et de la presse » : « L'Église
reconnaît dans ces témoins — ceux qui relatent la guerre même au péril
de leur vie — le courage de ceux qui défendent la dignité, la justice et
le droit des peuples à être informés » ajoutant que « seuls les peuples informés peuvent faire des choix libres » et demandant de « choisir avec conscience et courage le chemin d'une communication de paix » et de ne « jamais céder à la médiocrité ». Il rappelle également la « responsabilité et [le] discernement » que nécessite le défi de l'intelligence artificielle, ajoutant qu'« une communication bruyante, musclée, n'est pas nécessaire » mais plutôt « une communication capable d'écoute et de recueil de la voix des faibles qui n'ont pas de voix ». Il appelle à « poursuivre
une communication différente, qui ne recherche pas le consensus à tout
prix, qui ne se pare pas de mots agressifs, qui n'épouse pas le modèle
de la compétition, qui ne sépare jamais la recherche de la vérité de
l'amour avec lequel nous devons humblement la rechercher ».
Controverses sur sa gestion d'affaires d'abus sexuels
Les critiques contre Robert Francis Prevost émanent notamment de l'association américaine Survivors Network of those Abused by Priests (SNAP) qui exprime dans un communiqué paru le jour même de son élection, ses « vives inquiétudes quant à sa gestion de cas d'abus sexuels ». L'association annonce avoir envoyé précédemment une requête dans ce sens au cardinal Pietro Parolin, secrétaire d'État, ainsi qu'une lettre au pape François. Le SNAP vise deux affaires distinctes : l'une à Chicago en 2000, alors que Robert Francis Prevost était supérieur provincial des Augustins dans cette ville, l'autre en 2007 dans le diocèse de Chiclayo au Pérou, dont il a été évêque entre 2014 et 2023.
L'affaire James Ray à Chicago
En , le Chicago Sun-Times révèle pour la première fois, sur la base d'archives rendues publiques en 2014 par l’Église catholique aux États-Unis,
que le prêtre James Ray est accusé d'avoir sexuellement agressé des
jeunes garçons entre 1990 et 1999. Sans mentionner Robert Francis
Prevost, le quotidien révèle également que James Ray a été autorisé à
s’installer dans un couvent des augustins proche d’un établissement
scolaire catholique, alors que des courriers échangés par des
responsables ecclésiaux assuraient qu'il n'y avait « pas d'école à proximité ». Le média catholique conservateur The Pillar (en)
reprend l'information en relevant que Robert Francis Prevost était
alors à la tête des augustins. Il estime qu'il n'y a pas eu de sa part
de violation du droit canon dans l'installation du prêtre à proximité d'une école, mais note que « des
déplacements de ce type ont été critiqués par les défenseurs des
victimes, alors qu'ils ne suscitaient autrefois que peu d'inquiétudes de
la part des responsables ecclésiaux ». Le média suggère que
Robert Francis Prevost, promis en 2021 à de hautes fonctions à Rome ou à
la tête d'un grand diocèse américain, fasse amende honorable à l'instar
du cardinal Blase Cupich, archevêque de Chicago, qui a reconnu que ce lieu était inapproprié. Selon le quotidien Libération,
les archives font allusion à une visite des lieux par des augustins en
compagnie de James Ray, mais rien n'indique que Robert Francis Prevost y
ait pris part. Il semble que son rôle en 2000 se soit cantonné à
autoriser l'hébergement du prêtre chez les augustins, mais pas
précisément à cet endroit que James Ray a par la suite quitté en 2002.
L'affaire de violences sexuelles dans le diocèse de Chiclayo
En , trois femmes du diocèse de Chiclayo,
issues de la même fratrie, rapportent à l'évêque Robert Francis Prevost
qu'elles ont été victimes d'agressions sexuelles de la part de deux
prêtres, dont l'un était proche de leur famille, ayant débuté en 2007
alors qu'elles étaient mineures. Le premier, atteint d'une maladie dégénérative, n'a plus aucun ministère. Le second est démis de ses fonctions et un rapport est envoyé en juillet au Dicastère pour la doctrine de la foi (DDF) selon les déclarations du diocèse.
En ,
la procédure judiciaire civile s'interrompt par manque de preuves et en
raison de la prescription des faits, ce dont le DDF est averti, qui
clôt à son tour l'affaire en juillet en se conformant à la décision de
la justice péruvienne. En décembre de la même année, l'une des plaignantes rend publiques ses accusations sur les réseaux sociaux
et dit avoir trouvé d'autres victimes. En juillet 2024, les trois sœurs
affirment à la presse que Robert Francis Prevost n'aurait pas ouvert de
procédure canonique « substantielle ou sérieuse » après leur signalement ajoutant en septembre que l'ancien évêque de Chiclayo aurait même à dessein négligé d'envoyer à Rome le dossier complet. Ces accusations sont relayées au Pérou par la chaîne conservatrice América Televisión, qui estime que « l’Église n’a pas enquêté en profondeur sur l’affaire ». Cette médiatisation conduit le diocèse de Chiclayo, dirigé par Guillermo Antonio Cornejo Monzón (de),
à souligner que Robert Francis Prevost a reçu personnellement les
victimes, les a encouragées à déposer plainte et a lancé une enquête
canonique confiée au DDF selon la procédure prévue par l’Église
catholique. Le SNAP relaie également en ces accusations en estimant dans une lettre adressée au pape François que « sous
la direction du cardinal Prevost, le diocèse de Chiclayo n’a pas
enquêté sur les allégations de violences [exprimées par les plaignantes]
et a déformé leur témoignage dans le rapport au Dicastère pour la
doctrine de la Foi, empêchant ainsi une évaluation précise de
l’affaire ».
Selon le journaliste d'investigation Pedro Salinas, spécialiste de l'organisation catholique proche de l'extrême droite péruvienne Sodalicio, dissoute en sur ordre du pape François,
ces accusations portées contre Robert Francis Prevost sont
fallacieuses : elles ont été propagées par Sodalicio en représailles
parce que le prélat avait personnellement dénoncé les dérives de cette
organisation auprès du pape François, et visaient à le discréditer comme
papabile à quelques jours du conclave. La chaîne espagnole La Sexta
se range à cet avis et rappelle que Robert Francis Prevost a
publiquement encouragé en 2019 les victimes de violences sexuelles
commises par des prêtres à déposer plainte et a affirmé que l’Église
catholique se devait de rejeter « les dissimulations et les secrets ». L'enquête journalistique menée en juin 2025 par le quotidien La Croix estime qu'en l'état actuel des connaissances « accuser
le futur Léon XIV d’avoir sciemment dissimulé des faits graves relève
[...] du mensonge : ni les dossiers examinés, ni les témoignages
disponibles ne permettent de conclure à une volonté de couvrir les
auteurs d’abus. »
Pastorale
Béatifications et canonisations
Le , le pape Léon XIV officialise la béatification prochaine de nombreuses figures, ou les érigeant au rang de vénérables. Plusieurs décrets concernent des martyrs de la guerre d'Espagne
(1936-1939), l'un, un diacre permanent brésilien, un autre reconnaît
les vertus héroïques d'une religieuse italienne, fille de la charité de
Saint Vincent de Paul. Un décret concerne 50 Français morts sous le nazisme en haine de la foi, entre 1944 et 1945, alors qu'ils soutenaient spirituellement des ouvriers du Service du travail obligatoire (STO).
Le , Léon XIV préside une messe sur la place Saint-Pierre à Rome pour la canonisation des jeunes bienheureux italiens Pier Giorgio Frassati (1901-1925) et Carlo Acutis (1991-2006). Dans son homélie, le pape explique que ces deux jeunes saints sont « une
invitation adressée à nous tous, surtout aux jeunes, à ne pas gâcher la
vie, mais à l’orienter vers le haut et à en faire un chef-d’œuvre ».
Le , Léon XIV canonise sept bienheureuses et bienheureux qui « ont maintenu allumée la lampe de la foi » et « sont devenus eux-mêmes des lampes capables de diffuser la lumière du Christ » : la religieuse italienne Vincente Marie Poloni, la religieuse vénézuélienne Carmen Rendiles Martínez, la missionnaire italienne Maria Troncatti, l'archevêque Ignace Choukrallah Maloyan, martyr du génocide arménien, le « docteur des pauvres » vénézuélien José Gregorio Hernández Cisneros, le catéchiste papou Peter To Rot et le militant catholique italien Bartolo Longo.
Proclamations au doctorat et au patronat
Le , en la fête de la Toussaint, Léon XIV proclame docteur de l'Église le cardinal anglais John Henry Newman (1801-1890), auparavant béatifié par Benoît XVI et canonisé par le pape François. À la même date et dans le cadre du jubilé du monde de l'éducation, il le proclame aussi « co-patron de la mission éducative de l'Église » aux côtés de saint Thomas d'Aquin, qui avait reçu ce titre de Léon XIII.
Dialogue œcuménique
Annoncé comme un évènement historique et symbolique majeur pour la
chrétienté tout entière, son premier déplacement à l'étranger s’inscrit
dans le cadre du 1700e anniversaire du premier concile de Nicée (325) pour une grande prière œcuménique à İznik en Turquie. Ce premier voyage apostolique, qui se déroule du au , doit être suivi d'un déplacement au Liban jusqu'au . Il est considéré comme une étape majeure du pontificat qui concrétise « son
engagement à poursuivre la mission de l’Église dans un esprit d’unité
et de fidélité au Christ, conformément à sa devise épiscopale « in Illo uno unum » (« dans l’unique Christ, nous sommes un ») » Le caractère œcuménique du voyage est marqué tant par son logo, le pont des Dardanelles, « allusion à la rencontre entre l'Asie et l'Europe » que par sa devise en anglais : One Lord, one faith, one baptism (Un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême). C'est dans le cadre de la préparation de ce voyage qu'il publie la lettre apostolique In unitate fidei où il appelle au rétablissement de l'unité entre les chrétiens. « Il
s'agit d'un défi théologique et, plus encore, d'un défi spirituel, qui
exige le repentir et la conversion de tous. C'est pourquoi nous avons
besoin d'un œcuménisme spirituel de prière, de louange et de culte,
comme cela s'est produit dans le Credo de Nicée Constantinople ».
Le , Léon XIV rencontre le roi Charles III, gouverneur suprême de l'Église d'Angleterre : ils prient ensemble pour la Création dans la chapelle Sixtine. Cette prière commune du chef de l'Église catholique et du chef de l'Église d'Angleterre constitue une première historique depuis le schisme anglican de 1534.
Dialogue interreligieux
Le Vatican annonce le que le voyage apostolique du pape en Turquie comprendra un « volet interreligieux » incluant une rencontre avec des représentants de l'Islam et une visite de la mosquée bleue d'Istambul.
Le , pour les 60 ans de la déclaration Nostra ætate sur les relations de l'Église catholique avec les religions non chrétiennes (dont le judaïsme), Léon XIV organise une rencontre intitulée « Marcher ensemble dans l'espérance » et une prière silencieuse pour la paix réunissant « des
dirigeants et représentants du judaïsme, de l’islam, de l’hindouisme,
du jaïnisme, du sikhisme, du bouddhisme, du zoroastrisme, du
confucianisme, du taoïsme, du shintoïsme et des religions
traditionnelles africaines ». Dans ses intentions de prière, le pape rappelle que « les religions ne doivent pas être utilisées comme des armes ou des murs », mais doivent être « vécues comme des ponts et une prophétie ».
Œuvres majeures
Exhortations apostoliques
Le publie sa première exhortation apostolique sur l'amour envers les pauvres intitulée Dilexi te, « Je t'ai aimé » (Ap 3,9). Dans la continuité de l'œuvre de son prédécesseur, François, il y « appelle à un changement de mentalité vis-à-vis des personnes marginalisées ». Léon XIV y affirme que l'engagement envers les pauvres n'est pas une conséquence de la foi chrétienne mais la foi elle-même : la charité
ne relève pas de la bienfaisance ou de l'obligation morale mais de la
révélation d'un Dieu incarné qui a choisi de vivre parmi les pauvres.
Lettres apostoliques
Le , il publie sa première lettre apostolique du sous forme de motu proprio : Coniuncta cura, au sujet des investissements financiers du Saint-Siège. Cette lettre apostolique en motu propio abroge un rescrit du pape François qui « octroyait la gestion exclusive des actifs du Saint-Siège à l’Institut pour les Œuvres de religion ». Léon revient sur cette décision sans justifier ce changement : il « établit » que l'Administration du patrimoine du siège apostolique s'appuie « généralement » sur cet Institut « de manière efficace », « à
moins que les organes compétents, tels qu'établis par les statuts du
Comité d'investissement, ne jugent plus efficace ou plus opportun
d'utiliser des intermédiaires financiers établis dans d'autres États ».
Le au soir, en ouverture du jubilé du monde de l'éducation, Léon XIV signe la lettre apostolique Disegnare nuove mappe di speranza (que l'on peut traduire par Dessiner de nouvelles cartes d’espérance), rappelant la grâce de la femme courbée
des Écritures, que Jésus redresse afin qu'elle ait un regard plus
ample. Par l'étude, les universitaires, étudiants, enseignants et
chercheurs élargissent leurs horizons et perspectives et ainsi s'élèvent
pour « pouvoir prolonger ce geste de Jésus ». Lors de la messe qui suit cette signature, le pape affirme dans son homélie : « Ce
que nous recevons en cherchant la vérité et en nous engageant dans
l'étude nous aide à découvrir que nous ne sommes pas des créatures
jetées par hasard dans le monde, mais que nous appartenons à quelqu'un
qui nous aime et qui a un projet d'amour sur notre vie ». La lettre apostolique est publiée le à l'occasion du 60e anniversaire de Gravissimum Educationis, déclaration sur l'éducation chrétienne produite lors de Vatican II. Reprenant le concept de Paul VI qui affirmait que l'éducation ne devait pas se réduire à « un entraînement fonctionnel ou à un instrument économique », Léon XIV proclame que sa valeur ne doit pas se mesurer uniquement à l'aune de l'efficacité mais à celle de « la dignité, la justice, la capacité à servir le bien commun ». Aux sept voies du Pacte éducatif mondial
de son prédécesseur le pape François, il ajoute trois priorités :
l'encouragement à la vie intérieure, la formation à l’utilisation du
digital et l’éducation à la paix (10.3).
Dans le cadre de la préparation de son premier voyage apostolique en Turquie et à l'approche du 1700e anniversaire du premier concile de Nicée, il fait publier, le , la lettre apostolique In unitate fidei. Il y exhorte les chrétiens à « redécouvrir le cœur de leur foi : Jésus-Christ » et les appelle à « un œcuménisme tourné vers l'avenir » (IUF, 12).
À l'occasion du centenaire de la fondation de l'Institut pontifical d'archéologie chrétienne, Léon XIV publie le une lettre apostolique sur l'importance de l'archéologie, discipline qu'il considère comme l'alliée de la théologie et l'un des outils les plus nobles pour éduquer à la mémoire.
Dans le cadre du 60e anniversaire des décrets conciliaires Optatam Totius et Presbyterorum Ordinis, le pape publie le la lettre apostolique Una fedeltà che genera futuro (en français : Une fidélité qui génère l'avenir). Ce document qui porte sur le sacerdoce confronté aux défis du XXIe siècle est présenté comme « une actualisation cohérente des enseignements conciliaires »
(§ 4) de Vatican II. Il aborde notamment les scandales des abus (§ 10),
la solitude des prêtres (§ 17), les tentations propres à la révolution
numérique (§ 24 et 25) et la baisse des vocations dans certaines
régions du monde, notamment en Europe (§ 28).
Ouvrages
Avant son accession au pontificat, Robert-Francis Prevost n'a pas
publié de textes, hormis sa thèse de doctorat en droit canonique Le rôle du prieur local dans l'ordre de Saint-Augustin. Toutefois, une compilation des homélies qu'il a prononcées antérieurement à son élection a été publiée en France par les Éditions Artège.
Robert-Francis Prevost, Faire l'expérience du Christ : Au cœur de la pensée et de la spiritualité du pape Léon XIV (textes inédits), Perpignan, Éditions Artège, , 140 p. (EAN 9791033617037)
Léon XIV, Cette paix qui vient de Dieu : paroles à l'Église et au monde [« E Pace Sia ! »] (traduction française), Paris, Groupe Bayard et Éditions Salvator, , 160 p. (ISBN 2706730269)
Loisirs
Robert Francis Prevost se décrit comme un « joueur de tennis amateur ». Quelques jours après son élection, il a reçu le champion de tennis italien Jannik Sinner.
Il est aussi un supporter de longue date des White Sox de Chicago de la Ligue majeure de baseball (LMB). Il était d'ailleurs présent au US Cellular Field (aujourd'hui Rate Field) à Chicago pour le premier match des World Series 2005. Il soutient également l'équipe sportive de l'université Villanova, en particulier l'équipe masculine de basket-ball des Wildcats.
Il joue régulièrement à des jeux de lettres comme Wordle et Words with Friends avec ses frères.
Taillé en 1,
d'azur à la fleur de lis d'argent ; en 2, d'argent, au cœur enflammé de
gueules et transpercé d'une flèche du même posée en barre la pointe en
bas, le tout posé sur un Évangile.
In illo uno unum « Nous sommes un en lui seul [le Christ] ».
Taillé en 1,
d'azur à la fleur de lis d'argent ; en 2, de blanc, au cœur enflammé de
gueules et transpercé d'une flèche du même posée en barre la pointe en
bas, le tout posé sur un Évangile fermé au naturel.
In illo uno unum « Nous sommes un en lui seul [le Christ] ».
Les emblèmes pontificaux de Léon XIV reprennent ceux qu'il avait choisis lors de sa consécration épiscopale :
le lys blanc, symbole de la pureté mariale, et le livre fermé (la
Bible) sur lequel repose un cœur transpercé d'une flèche qui évoque la
conversion de saint Augustin et qui « représente le désir irrépressible de Dieu, la quête intérieure et la conversion profonde ». Le fond blanc (ici couleur ivoire) peut être lu selon le Vatican « comme un symbole de sainteté et de pureté » ainsi que l'indique le blanc de la soutane papale. L'ivoire utilisé pourrait rappeler « la nuance chromatique employée pour certains vêtements sacerdotaux et ornements liturgiques ». Le chapeau cardinalice est remplacé par la mitre d'évêque et non la tiare papale, le blason comprenant désormais les clefs de saint Pierre « en référence au pouvoir de lier et de délier accordé par le Christ à l'apôtre et à ses successeurs ».
Le pape garde aussi sa devise d'évêque tirée d'un commentaire de saint Augustin sur le psaume 127 où il explique que « bien que les chrétiens soient multiples, dans l’unique Christ, ils sont un ». Elle constitue ainsi un appel à l'unité des chrétiens et au-delà de tous les hommes de la terre.
Distinctions
Décorations vaticanes (2025)
À la suite de son élection, Léon XIV est grand maître des ordres suivants :