Natif
de la ville de Lampsaque (Hellespont), Saint Maxime grandit dans la
piété, avec une dévotion fervente pour la Sainte Mère de Dieu, en
visitant fréquemment les moines de la région.
Vers l'âge de 17 ans, Il revêtit l'habit monastique et devint le disciple d'un moine du mont Ganos (Thrace).
Son
ancien étant bientôt décédé, Maxime partit à la recherche d'un nouveau
père spirituel, il séjourna quelque temps auprès des ascètes du mont
Papikion, puis se rendit en pèlerinage à Constantinople.
Grandement
apprécié par le Saint Patriarche Athanase (v. le 28 octobre), il
commença à simuler la folie pour dissimuler ses vertus au monde.
Il restait tout le jour près de l'église des Blachernes, exposé à la
dérision publique, et passait ses nuits en prière accompagnée de larmes
devant la Toute Sainte.
De là il partit pour le Mont Athos et devint moine à la Grande-Laure de Saint Athanase.
Dans
une soumission totale et une parfaite obéissance, il imitait les vertus
des Saints qui avaient illustré ces lieux. Privé de tout confort et
même de cellule, il chantait dans l'église sans divertir son
intelligence de la prière intérieure, les yeux continuellement arrosés
de larmes.
Un jour, la Mère de Dieu l'invita en songe à monter au sommet de
l'Athos pour y recevoir, comme Moïse, les tables de la Loi spirituelle.
Il y persévéra seul dans la prière pendant trois jours et trois nuits, résistant aux assauts répétés des démons.
Finalement, la Mère de Dieu lui apparut entourée de la cour céleste et tout étincelante de gloire divine.
Elle
le réconforta avec un pain miraculeux, lui donna le pouvoir contre les
démons et lui ordonna de vivre désormais en solitaire sur les pentes de
l'Athos, afin de devenir un luminaire pour le salut d'un grand nombre
d'âmes.
Une
fois la Toute Sainte disparue, le Saint resta encore trois jours à
jouir comme au Paradis de la lumière et du parfum qu'elle avait laissés ;
puis il redescendit, plein de joie, et rapporta sa vision à un ancien.
Mais celui-ci, manquant de discernement spirituel, l'accusa d'avoir été le jouet de l'illusion.
Au
lieu de chercher à se justifier, l'humble Maxime prit ces paroles comme
un signe de Dieu et décida de paraître dès lors aux yeux de tous comme
un fou et un illusionné.
Dépourvu des choses les plus nécessaires, il allait pieds nus, exposé aux brûlures du soleil et aux rigueurs du froid.
Il vivait tel un ange du désert et construisait de lieu en lieu une
cabane primitive en branchages, qu'il brûlait sitôt construite, d'où son
nom de kavsokalybe («brûleur de cabane»).
Désirant
s'exposer à la risée du monde pour l'amour du Christ, il était pourtant
connu de ceux qui, en ce temps, brillaient sur l'Athos par leur vertu
et leur science spirituelle (les Hésychastes).
C'est
ainsi que Saint Grégoire le Sinaite, le grand maître de la prière du
cœur et le restaurateur de la vie hésychaste (mémoire le 12 avril),
ayant entendu parler de la conduite de Saint Maxime, partit à sa
recherche, comme un chasseur en quête d'un gibier de choix, et, l'ayant
enfin débusqué, il le pressa, au nom de la charité du Christ et pour son
édification spirituelle, de lui raconter sa vie.
Malgré ses réticences, Maxime lui raconta les merveilles que Dieu avait accomplies en lui depuis sa jeunesse.
Maxime
lui raconta alors que, tout jeune encore, un jour qu'il priait avec
larmes devant l'Icône de la Mère de Dieu, en lui demandant d'obtenir la
grâce de la prière, et se penchait pour la vénérer, une chaleur douce
comme la rosée remplit soudain sa poitrine et son cœur en produisant une
abondante componction, et que, depuis, son intelligence,
inébranlablement installée dans son cœur, n'avait pas cessé d'invoquer
avec une douceur indicible le Nom de Jésus et celui de la Mère de Dieu.
- « En disant la prière, t'arrive-t-il d'être emporté en extase ? » reprit Grégoire.
-
« C'est bien pour cela que j'ai couru vers le désert et que j'ai désiré
la solitude, afin de trouver en abondance les fruits de la prière,
c'est-à-dire le pur amour de Dieu et le ravissement de l'intelligence
vers le Seigneur ».
- « Que fait alors l'intelligence? Continue-t-elle à prononcer la prière dans le cœur ? »
-
« En aucun cas, répondit le Saint. Lorsque le SaintEsprit visite
l'homme de prière, alors cesse la prière, car l'intelligence, tout
absorbée par l'Esprit de Dieu, cesse alors d'agir selon ses activités
propres. Elle se laisse conduire là où le veut l'Esprit, dans le ciel
immatériel de la lumière divine, ou en d'autres contemplations, ou
encore dans un inexprimable entretien avec Dieu. De même, en effet, que
la cire, dure de sa nature, fond, brûle et devient tout feu et toute
lumière quand on la met au contact du feu, tout en restant une matière
distincte du feu; de même pour l'intellect (noûs), tant qu'il reste dans
sa nature isolée, il conçoit seulement ce qui est lié à sa nature et se
trouve sous sa puissance, mais lorsque le feu divin, le Saint-Esprit,
l'approche, alors, emporté par la puissance de l'Esprit, il brûle du feu
de la Divinité, dissout toute pensée et tout concept, et absorbé par la
lumière de Dieu, il devient tout entier lumière divine et radieuse ».- « Quels sont donc les signes de l'illusion et ceux de la Grâce ? » demanda encore Grégoire.
-
« Les signes de l'illusion du diable sont le trouble de l'esprit, la
dureté du cœur, la crainte, l'agitation des pensées, les imaginations et
les visions terrifiantes de lumière et de feu visibles, la vanité et la
colère. Mais lorsque l'Esprit Saint s'approche de notre esprit, Il le
rassemble dans l'unité, le rend sage, humble, mesuré. Il lui inspire la
pensée de la mort et du Jugement, et lui fait verser des larmes de
componction à la pensée de la miséricorde du Seigneur. Il élève
l'intelligence dans des contemplations élevées et l'illumine en la
plongeant dans la lumière divine. Il donne la paix au cœur et fait grâce
à toutes ses facultés d'une joie et d'une allégresse indicibles. Comme
l'enseigne l'Apôtre, les "fruits de l'Esprit sont la joie, la paix, la
patience, la douceur, la charité, la compassion, l'humilité " (Gal.
5:22) ».
Plein
d'admiration en entendant ces paroles, Saint Grégoire ne regardait plus
Maxime comme un homme, mais plutôt comme un ange terrestre.
Il
le supplia de cesser sa vie errante et sa folie simulée, pour
s'installer en un lieu fixe et éclairer le monde de la lumière de son
expérience.
Saint
Maxime fit obéissance et s'installa dans une cabane en branchages, sans
toutefois garder avec lui, même le nécessaire pour vivre.
Ainsi
abandonné à la Providence, il recevait du ciel régulièrement un pain
chaud pour se nourrir et buvait de l'eau de mer qu'il adoucissait par sa
prière.
A
plusieurs reprises des moines le virent élevé dans les airs pendant sa
prière ou tout entouré d'une lumière si éclatante qu'ils crurent que sa
cellule avait pris feu.
La prière permanente, qui jaillissait comme un feu de son cœur,
repoussait tous les assauts des démons et délivrait de nombreux possédés
qu'on lui amenait.
Dieu
lui avait fait grâce d'un extraordinaire don de prophétie, par lequel
il corrigeait les pécheurs en révélant les secrets de leur cœur,
dévoilait les hérétiques venus pour le tromper et prévoyait les
événements.
C'est
ainsi qu'il prédit aux deux coempereurs Jean VI Cantacuzène (l347-1354)
et Jean V Paléologue (1391-1391), venus lui rendre visite, la guerre
civile qui devait bientôt les diviser (l347- 1352), et qu'il annonça sa
mort prochaine († 1363) au Patriarche Saint Calliste ler (mémoire le 20 juin).
Il
y avait, au-dessus de sa cabane, une grotte, dans laquelle il passa
ensuite plus de quatorze ans ; puis de là, il alla s'installer à peu de
distance de Lavra, dans une petite cellule qu'il légua à son disciple et
biographe Saint Niphon (mémoire le 14 juin).
Saint
Maxime remit en paix son âme au Seigneur vers 1365, à l'âge de 95 ans.
Tous les moines de l'Athos, ermites et cénobites, le pleurèrent comme
leur père et maître, et le vénérèrent aussitôt comme un Saint.
Originaire d'Arta dans le Péloponnèse grec, il partit, jeune adolescent, à Florence faire ses études classiques.
Il suivit avec enthousiasme le dominicain Savonarole dans son mouvement
de rénovation religieuse et spirituelle qui se termina tragiquement.
Saint
Maxime, une fois ses études terminées, se rendit sur la Sainte Montagne
de l'Athos, au monastère de Vatopedi, dans l'étude et la méditation.
Appelé
par le prince russe, Basile Ivanovitch, il vient en Russie pour
traduire en slavon le psautier et d'autres livres liturgiques dont la
traduction du grec était très imparfaite.
Après avoir effectué ce travail, on l'obligea à rester pour continuer d'autres traductions.
Mais, accusé par certains de se mêler de ce qui ne le regardait pas, il
fut condamné pour hérésie et relégué au monastère de Volokolamsk.
On
lui reprochait notamment de défendre la primauté du siège de
Constantinople contre les prétentions de Moscou de s'y substituer comme
"troisième Rome".
Il fut condamné aux fers dans le monastère de Tver.
Ce qui ne l'empêchait pas d'avoir une importante correspondance et d'écrire encore des traités de théologie.
Sur la fin de sa vie, il fut envoyé au monastère de la Trinité saint Serge, près de Moscou, où il eut une plus grande liberté.
Il continua sa production littéraire jusqu'à l'épuisement de ses forces à 86 ans.
Il s'opposa à l'infiltration de l'humanisme occidental, transmit au
peuple russe les trésors spirituels de Byzance et c'est à ce titre qu'il
est surnommé "l'illuminateur de la Russie."
Maxime le Confesseur dit parfois Maxime de Chrysopolis (580-662) est un moine et théologien byzantin.
Il est reconnu saint et Père de l'Église chrétienne « indivise », célébré le 21 janvier par les orthodoxes, et inscrit au Martyrologe catholique à la date du 13 août (au jour de sa mort).
Il
est, parmi les Pères de l'Église, celui qui a le plus approfondi les
questions de la présence de Dieu dans la nature, des relations intimes
de tous les êtres créés à Dieu, de la façon dont l'homme peut entrer en
relation avec les créatures et à travers elles avec Dieu, et du rôle de
médiation que l'homme est appelé à exercer au sein de la création. À partir de la doctrine du salut,
il a notamment développé l'idée d’une synergie entre la grâce divine et
la liberté humaine qui peuvent se rejoindre à travers les deux
volontés, humaines et divines (dyothélisme).
Il est appelé « le Confesseur » en tant que confesseur de la foi, par les souffrances qu’il a subies de la part des partisans du monothélisme, qui sans l'amener à la mort (en martyr), lui ont coupé la langue et la main droite, avec lesquelles il défendait l'orthodoxie de la foi chrétienne en paroles et en écrits.
Éléments biographiques
Icône de Saint Maxime le confesseur
Maxime le Confesseur avec Jean de Damas et Shota Rustaveli au centre, fresque géorgienne du monastère de la Croix, Jérusalem
Né en 580, Maxime aurait été, à trente ans, Premier Secrétaire à la cour de l'empereur Héraclius. Il serait devenu moine en 613, au monastère de Chrysopolis. À la suite de l'invasion du Proche-Orient et de l'Égypte par les Perses sassanides, il se réfugia à Carthage en 626.
En 633, à la demande de l'empereur Héraclius qui cherchait, face à la menace des Perses, à se concilier les populations de Syrie et d'Égypte, majoritairement ralliées au monophysisme, le patriarche de Constantinople Serge rédigea un Pacte d'union, compromis possible avec le duophysisme (double nature du Christ) proclamé au concile de Chalcédoine, en précisant qu’il n’y avait en Jésus qu’une seule volonté (θέλημα) et une seule énergie (ἐνέργεια), d’où les termes monothélisme et monoénergisme.
Maxime
s'impliqua dès lors totalement dans le combat contre ce qu'il
considérait, de son point de vue orthodoxe, comme une nouvelle hérésie, à
Constantinople, en Afrique et à Rome, en défendant l'orthodoxie du concile de Chalcédoine. En 645, il parvient au cours d'un débat, à Carthage, à faire revenir le successeur de Serge, Pyrrhus, vers l'orthodoxie.
Maxime séjourna à Rome jusqu'en 653. Par la suite, les variations doctrinales des empereurs byzantins tournèrent en sa défaveur. En 653, il fut arrêté par Constant II en même temps que le pape Martin. Cet incident fut une étape importante de la séparation des Églises d'Orient et d'Occident.
Lors de son procès à Constantinople, il fut exilé sur les rives de la mer Noire, en 655. Il refusa les offres de pardon et de réconciliation de l'empereur. Il fut convoqué de nouveau à Constantinople en 662, et jugé à nouveau par
les évêques et les sénateurs byzantins qui le condamnèrent à la torture
avec ses deux disciples, Anastase le Moine (fête le 22 juillet) et
Anastase l’Apocrisiaire (fête le 11 octobre). Comme ce dernier, « on lui arracha la langue, on lui coupa la main droite, pour s'assurer de son silence. Puis on l'exila en Lazique. Il y mourut, le 13 août 662, à plus de quatre-vingts ans, dans la sauvagerie des contreforts du Caucase… ».
Le monothélisme, auquel Maxime s'opposait fortement, fut finalement condamné par le troisième concile de Constantinople (6e concile œcuménique) en 680.
Œuvre
Mosaïque de Saint Maxime le Confesseur (Monastère Nea Moni de Chios)
L'œuvre de Maxime est considérable. On y trouve, entre autres, les Questions à Thalassios, les Centuries sur la Charité, la Mystagogie, des Lettres, les Ambigua à Jean (éclaircissements sur des passages ambigus des écrits de saint Grégoire de Nazianze et Denys l'Aréopagite), des Opuscules théologiques et polémiques, un Discours ascétique, un Commentaire du « Notre Père », peut-être la première biographie de Marie…
Ses principaux écrits ont été traduits en français (Centuries sur la Charité, Discours ascétique, Questions à Thalassios, Ambigua à Jean et à Thomas, Questions et difficultés, Commentaire du Notre Père, Opuscules théologiques et polémiques, Lettres, Mystagogie).
Du fait de la précision et de la difficulté des textes, certaines
traductions ne vont d'ailleurs pas sans soulever des problèmes ardus.
Ses écrits théologiques et spirituels sont influencés par les œuvres d'Évagre le Pontique, des Pères cappadociens, du Pseudo-Denys l'Aréopagite, de Cyrille d'Alexandrie et de Léonce de Jérusalem.
Son œuvre est aussi un apport original et essentiel sur la christologie dont Jean Damascène et Jean Scot Érigène se sont inspirés. Ce dernier, ayant traduit les Ambigua et les Quæstiones ad Thalassium a contribué à le faire connaître en Occident. Au sein de la Philocalie des Pères neptiques, compilée au XVIIIe siècle, il y tient tout un chapitre.
Éditions : CPG 7688-7721. La liste complète des éditions et des traductions françaises et étrangères a été établie par Jean-Claude Larchet, dans Maxime le Confesseur (580-662), Cerf, 2003.
Il aurait assisté au concile de Milan où sa position dans la hiérarchie témoigne de son influence.
"Saint
Maxime, Évêque de Turin (Italie). Il est cité en 398, alors que sa
ville, dotée d'une garnison et menacée par des bandes barbares en
déplacement vers les Alpes occidentales, servait de refuge à des
populations rurales en fuite.
Devant
une telle situation, Maxime, dont on connaît près de quatre-vingt-dix
homélies, encourageait à réagir à cette dégradation du sens civique et à
la désagrégation sociale.
L'évêque
n'hésitait pas à stigmatiser les fidèles profitant du malheur des
temps, rappelant avec force le lien profond existant entre devoir du
chrétien et devoir du citoyen.
Saint Maxime rappelait aussi que l'amour traditionnel de la patrie inclut le devoir fiscal.
L'analyse
historique et littéraire de ce grand personnage, a ajouté le Pape,
"montre la croissante prise de responsabilité de l'autorité
ecclésiastique dans un contexte où elle devait progressivement se
substituer à une autorité civile disparaissant...
Il
est évident que si les choses sont très différentes aujourd'hui... les
devoirs des croyants dans la société et envers leur pays demeurent
valides. La convergence des devoirs de l'honnête citoyen et ceux du bon
chrétien demeure des plus actuelles".
Il était prêtre à Totma, dans la région de Vologda en Russie.
Il se comporta bientôt comme un fol en Christ et ce pendant 45 ans.
Après
sa mort, sa mémoire fut oubliée, mais la tradition locale le vénéra et
après soixante ans d'un oubli partiel, son culte s'étendit à toute
l'Eglise russe.