Saint Justin († 165)




Saint Justin
Philosophe et martyr († 165)

Saint Justin. Philosophe et martyr († 165)


Saint Justin de Naplouse, également connu comme Justin le Martyr ou Justin le Philosophe, apologète et martyr chrétien, né à Flavia Neapolis, (actuelle Naplouse en Cisjordanie) entre 100 et 114, mort à Rome entre 162 et 168.

C'est un saint chrétien fêté le 1er juin.

 

Biographie

image illustrative de l’article Justin de Naplouse
Justin, Les Vrais Pourtraits et Vies Hommes Illustres, 1584


Il prétendait être samaritain mais son père et son grand-père étaient sans doute grecs ou romains, il a été élevé dans le paganisme et a bénéficié d'une éducation assez complète.

Il étudia notamment la philosophie auprès de plusieurs écoles (les platoniciens l'ont profondément marqué) avant de se convertir au christianisme à Éphèse vers 130 et de vouer le reste de sa vie à son enseignement.

Cependant il ne renonça pas à la philosophie mais, au contraire, chercha à prouver que les philosophes grecs l'ont conduit au Christ.

Tour à tour, il s'attacha aux enseignements des stoïciens, des péripatéticiens, des pythagoriciens et des disciples dePlaton.

Il a abondamment voyagé avant de s'installer à Rome lors de son second passage dans cette ville où il ouvrit une école enseignant la foi chrétienne, insistant toujours sur ses fondements rationnels.

Cette approche assez neuve suscita de nombreuses controverses avec ses confrères comme avec des philosophes, notamment Crescence le Cynique.

Les disciples connus de Justin sont Evelpiste de Cappadoce, un esclave de la maison impériale Hierax de Phrygie, Chariton et sa sœur CharitoPéonLibérien et Tatien le Syrien.

Il souffrit le martyre (fouet et décapitation) avec 6 de ses compagnons à Rome pour avoir refusé de sacrifier aux dieux à l'époque où Rusticus, ami de Marc-Aurèle, était le préfet de la ville (entre 162 et 168).

 

Doctrine

Dans l'introduction de son Dialogue, Justin ancre sa foi chrétienne dans une perspective platonicienne de la vérité, où le christianisme constitue l'aboutissement de la connaissance de l'être divin.

Mais cette connaissance ne peut pas tenir d'une contemplation passive : elle se découvre dans la pratique de la « justice ».

Dans son Apologie, Justin éclaire cette pratique liée à la foi en soulignant particulièrement cinq vertus propres au christianisme : l'amour des ennemis, la patience, la chasteté, le respect de la vérité, et le courage face à la mort.

Le caractère indissoluble qui rattache l'expérience vécue de la Charité à la connaissance du divin constitue pour Justin la « marque » essentielle de sa religion.

Selon lui, la morale et l'amour dont témoignent les chrétiens dans leur mode de vie est la preuve que ceux-ci détiennent la "vérité".

Leur doctrine serait l'accomplissement de la destinée philosophique, qui consiste pour Justin dans la "quête de Dieu".

Pour Justin, Platon représente le « pont spirituel » par lequel l'intelligence peut accéder à la vérité des prophètes de l'Ancien Testament.

Il s'agit donc de voir en Dieu la plénitude de l'Être unique et suprême que la philosophie recherchait en termes de Logos.

Toute l'histoire de l'esprit, toute l'entreprise de sa quête trouverait ainsi sa finalité dans le Christ, logos incarné définitivement pour éclairer la conscience de l'homme (cf. prologue de l'évangile johannique).

Le Christ est lui-même la Raison divine, dont la création jaillit, et qui s'incarne pour enseigner la vérité aux hommes.

Après l'avoir défini comme le « législateur nouveau », voilà comment Justin explique sa crucifixion : les vrais philosophes sont toujours persécutés !

On voit donc dans quel étroit rapport à la vérité Justin insère la philosophie.

Dans sa perspective, l'objet de quête du philosophe est la vérité une et suprême, et la mission du philosophe est de servir cette vérité.

Ce service n'est pas sans impliquer une lutte avec le monde (au sens chrétien), puisque le gouvernement romain persécute les chrétiens pour leur foi.

Voilà comment Justin exhorte les romains dans sa « mission » : « Ne vous laissez pas intimider par la force brutale des préjugés et de la superstition, ne cédez pas à la pression de la foule ignorante, ne rendez pas votre sentence poussée par une précipitation irraisonnable et influencée par de vieilles et méchantes calomnies ! Vous pouvez nous tuer, vous ne pouvez pas nous porter dommage. » (Apologie I, 2, 1)'

 

Justin et les Juifs

Dans son Dialogue avec Tryphon le Juif (133; 3), Justin révèle sa pensée sur les Juifs :

À Tryphon : « mais maintenant encore, en vérité, votre main est levée pour le mal ; car, après avoir tué le Christ, vous n’en avez pas même le repentir ; vous nous haïssez, nous qui par lui croyons au Dieu et Père de l’univers, vous nous mettez à mort chaque fois que vous en obtenez le pouvoir ; sans cesse vous blasphémez contre lui et ses disciples, et cependant tous nous prions pour vous et tous les hommes sans exception comme notre Christ et Seigneur nous a appris à le faire lorsqu’il nous a ordonné de « prier même pour nos ennemis, d’aimer ceux qui nous haïssent et de bénir ceux qui maudissent » (Mt 5, 44). »

Cette citation est très informative, en effet elle permet de voir la vision de Justin sur les Juifs, cette vision est la vision des premiers chrétiens envers les juifs, en effet ont peut voir l'opposition entre juif et chrétiens dés le début du christianisme on retrouve cette vision dans le récit du martyre de Polycarpe de Smyrne :

«« Polycarpe a avoué qu’il est chrétien ! » La déclaration du héraut mit en fureur toute la foule des païens et des Juifs qui résidaient à Smyrne.
Les cris éclatèrent : « C’est lui, le maître de l’Asie, le père des chrétiens, le fossoyeur de nos dieux, c’est lui qui incite les foules à ne plus sacrifier ni adorer ! »

Au milieu de leurs hurlements, ils demandaient à l’asiarque Philippe de lâcher un lion sur Polycarpe.

Mais il objecta qu’il n’en avait plus le droit, parce que les combats de fauves étaient clos.

Alors d’une seule voix, ils réclamèrent que Polycarpe pérît par le feu. Il fallait en effet que s’accomplît la vision qui lui avait montré son oreiller en flammes, tandis qu’il priait, et qui lui avait arraché devant ses amis ce mot prophétique : « Il faut que je sois brûlé vif ».

Les événements se précipitèrent. En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, la foule se rua dans les ateliers et dans les bains pour ramasser du bois et des fagots. 

Les Juifs s’acquittaient de la besogne avec leur zèle habituel. 

Quand le bûcher fut prêt, le martyr retira lui-même tous ses vêtements, il détacha sa ceinture, puis commença à se déchausser, geste dont les fidèles le dispensaient toujours : dans l’impatience où ils étaient de toucher son corps, tous se précipitaient pour l’aider.

Bien avant son martyre, la sainteté de sa conduite inspirait cette unanime révérence.»(Récit du martyre de saint Polycarpe).

Cette vision en soit est historique, en effet les premiers Chrétiens furent souvent martyrisés, ou mal traité dans la société Romaine ou dans la société Juive.

Les exemples de Martyrs sont nombreux, ont peut citer Étienne ou encore les Martyrs de Lyon.

Mais il apparait chez les premiers Chrétiens cette idée que les Juifs en globalité sont responsables de la mort du christ, donc de Dieu, ainsi ils sont un peuple déicide.

Il faut bien entendu enlever toute interprétation antisémite chez le premiers chrétiens, en effet il faut se plonger dans le contexte de l'époque ou les dirigeants religieux Juifs maltraitent les premiers chrétiens, de même qu'ils ont condamnés à mort le Christ, tout en manipulant le peuple Juif, qui par ignorance suit ses chefs.

C'est la vision défendu par le catéchisme du concile de Trente qui précise (1re partie, chapitre 5, § 3) :

« Nous devons donc regarder comme coupables de cette horrible faute, ceux qui continuent à retomber dans leurs péchés. Puisque ce sont nos crimes qui ont fait subir à Notre-Seigneur Jésus-Christ le supplice de la Croix, à coup sûr, ceux qui se plongent dans les désordres et dans le mal crucifient de nouveau dans leur cœur, autant qu’il est en eux, le Fils de Dieu par leurs péchés, et Le couvrent de confusion. Et il faut le reconnaître, notre crime à nous dans ce cas est plus grand que celui des Juifs. Car eux, au témoignage de l’Apôtre, s’ils avaient connu le Roi de gloire, ils ne L’auraient jamais crucifié. Nous, au contraire, nous faisons profession de Le connaître. Et lorsque nous Le renions par nos actes, nous portons en quelque sorte sur Lui nos mains déicides. »

Reprit dans le Catéchisme de l’Église catholique promulgué en 1992 :

« En tenant compte de la complexité historique du procès de Jésus manifestée dans les récits évangéliques, et quel que puisse être le péché personnel des acteurs du procès (Judas, le Sanhédrin, Pilate) que seul Dieu connaît, on ne peut en attribuer la responsabilité à l'ensemble des Juifs de Jérusalem, malgré les cris d'une foule manipulée et les reproches globaux contenus dans les appels à la conversion après la Pentecôte. Jésus Lui-même en pardonnant sur la Croix et Pierre à sa suite ont fait droit "à l'ignorance" (Ac 3:17) des Juifs de Jérusalem et même de leurs chefs.»(n 597).

Malheureusement souvent mal interprété cette vision donna lieu à la naissance de l'antisémitisme.

Saint Justin le Martyr, ou Saint Justin le Philosophe (ou encore Justin de Naplouse) est un apologiste et martyr chrétien du IIe siècle.

Né à Flavia Neapolis, (actuelle Naplouse, en Cisjordanie) entre 100 et 114, mort à Rome entre 162 et 168.

Il est fêté le 1er juin.

Justin naquit dans les premières années du IIeme siècle, en Palestine, à Flavia Neapolis, aujourd'hui Naplouse, l'ancienne Sichem, près de Samarie. 

Son père, Priscos, et son grand-père, Baccheios, étaient Grecs d'origine et païens. Lui-même fut élevé dans le paganisme.

Il fut en effet un vrai philosophe, de tendances et de goûts comme de profession et de costume ; un philosophe qui, d'abord païen, se convertit au christianisme, mais qui, après sa conversion et jusqu'à son martyre, resta philosophe.

Grand travailleur, d'esprit ouvert et curieux, le jeune Justin se passionna pour la philosophie.

Il raconte, dans le Dialogue avec Tryphon, comment il suivit successivement les leçons de plusieurs maîtres, appartenant aux écoles les plus diverses.

Il fut séduit surtout par l'enseignement des platoniciens ; mais, là encore, il ne trouvait pas toute la vérité qu'il cherchait.

Entre temps, il eut l'occasion d'assister à des scènes de martyre ; il fut très ému par ce spectacle et très frappé de l'héroïsme des chrétiens.

Un jour, il rencontra un vieillard, qui lui vanta et lui expliqua la religion du Christ.

Le jeune philosophe se mit à lire et à étudier les livres sacrés du christianisme, qui produisirent sur lui une grande impression.

Enfin, vers 130, étant à Éphèse, il se convertit. Il avait alors environ trente ans.

Devenu chrétien, et chrétien très ardent, il ne renonça pas pour cela à la philosophie, ni au costume et à la vie nomade des philosophes.

Il parcourut le monde, à la façon des sophistes de cette époque, prêchant sa foi, la doctrine du Christ, la présentant comme la seule conforme à la raison.

Il finit par arriver à Rome, où il fit un premier séjour, sur lequel nous sommes mal renseignés.

Il y revint un peu plus tard, et, cette fois, s'y fixa.

Là, quoique simple laïque, il avait groupé autour de lui comme une école de disciples volontaires.

Son enseignement ne fut pas du goût de tous ses "confrères" philosophes.

On lui chercha querelle à ce propos : il eut à soutenir de très vives polémiques, souvent d'un tour personnel, contre plusieurs philosophes, surtout contre Crescens le Cynique.

Apôtre batailleur, champion hardi du christianisme, auteur fécond, Justin avait composé une dizaine d'ouvrages : des livres de controverse, des apologies, un grand traité contre les hérétiques.

La plupart de ces ouvrages sont perdus, et connus seulement par quelques fragments ou par divers témoignages.

Crescens, à bout d'arguments, l'avait plus d'une fois menacé de le dénoncer comme chrétien.

Justin lui-même déclare, dans sa seconde Apologie, qu'il s'attend à ce dénouement de leurs polémiques.

On a supposé que Crescens avait tenu parole ; mais nous n'en avons pas la preuve.

Les Actes du martyre qui relatent sa mort (et sont considérés comme authentiques) disent seulement que, pendant une persécution, on arrêta Justin avec six autres chrétiens sous la préfecture de Junius Rusticus, c'est-à-dire entre 163 et 167.

La mémoire de St Justin et de ses compagnons de martyre (Chariton, Kharitô, Evelpiste, Hiérax, Péon et Valérien) est fêtée le 1er juin.

En savoir plus :






Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire