Sainte Agnès Cao Guiying

 

Sainte Agnès Cao Guiying

 

Agnes Tsao Kouying.jpg

Agnès Cao Guiying dans sa cage, sans nourriture ni eau

 

 

 

Agnès Cao Guiying ou Agnes Tsao Kou Ying, née le 28 avril 1821, morte le 1er mars 1856, est une jeune chrétienne laïque chinoise de la dynastie Qing, martyrisée pour avoir prêché l'Évangile au Guangxi.

Reconnue martyre, elle est canonisée le 1er octobre 2000 par le pape Jean-Paul II.

Sa fête est le 1er mars, propre, ou le 28 septembre, avec les autres martyrs de Chine.

Biographie

Agnès Cao Guiying naît dans le petit village de Wujiazhai, dans la province du Guizhou, en 1821.

Sa famille est une famille catholique, originaire de la province du Sichuan.

Après la mort de ses parents, elle quitte sa ville natale pour travailler dans la ville de Xingyi.

Elle y rencontre une femme catholique qui la laisse vivre avec elle.

Peu après, Mgr Bai en visite à Xingyi découvre qu'elle est sans famille.

Il l'emmène à la paroisse locale pour y apprendre davantage sur le christianisme. L'évêque trouve qu'elle est intelligente et qu'elle apprend vite.

À 18 ans, elle épouse un jeune fermier de la région, mais son beau-frère et sa belle-sœur la traitent comme une étrangère parce qu'elle est chrétienne et ne la considèrent pas comme faisant partie de la famille.

Ils lui donnent très peu de nourriture.

Quand son mari meurt martyr deux ans plus tard, sa situation s'aggrave encore, elle est chassée de la maison.

Pour subvenir à ses besoins, elle doit exécuter de petits travaux.

Puis une veuve catholique pieuse l'invite à habiter chez elle.

Elle connaît et comprend les Écritures et les enseignements de l'Église.

Chaque fois qu'un prêtre leur rend visite, cette veuve se confesse et reçoit l'eucharistie.

Avec un tel exemple devant elle, Agnès progresse en spiritualité.

Lors d'une visite du P. Auguste Chapdelaine, il découvre à quel point Agnès connaît bien la religion.

Il lui demande de s'installer dans la province du Guangxi pour y effectuer un travail missionnaire, notamment pour enseigner la religion catholique aux quelque 30 à 40 familles catholiques qui y vivent à l'époque.

Elle se rend en 1852 dans la ville de Baijiazhai dans le comté de Xilin, et en fait son quartier général de prédication.

Partant de là, elle enseigne la religion catholique à travers le Guangxi.

Elle enseigne également la cuisine, l'économie domestique et, à ses moments libres, elle aide à garder les enfants.

En 1856, alors qu'elle intervient à Yaoshan, dans le Guangxi, près de Guilin, le gouvernement local décide de prendre des mesures contre les chrétiens vivant dans la région.

Agnès est arrêtée avec de nombreux autres catholiques qui sont rapidement libérés.

Seuls Agnès et le P. Chapdelaine doivent rester en prison.

Le père Chapdelaine meurt peu après.

Le magistrat du comté essaye de persuader Agnès de renier sa foi et lui promet que si elle le faisait, elle sera libérée.

Agnès reste insensible à cette proposition.

Ensuite le magistrat menace de la torturer mais elle ne montre aucune frayeur.

Finalement, le magistrat décide de la condamner à mort, par le supplice de la cage.

Il la fait enfermer dans une cage si étroite qu'elle ne peut que se tenir debout. Elle n'a ni eau ni nourriture.

Elle y prie à plusieurs reprises : « Mon Dieu, aie pitié de moi ; Jésus sauve-moi ! ».

Elle meurt au bout de trois jours, de faim ou fusillée, le 1er mars 1856.

Reconnaissance

Canonisation

Agnès Cao Guiying est reconnue martyre et vénérable le 2 juillet 1899. Le pape Léon XIII la proclame « bienheureuse » le 27 mai 1900.

Le pape Jean-Paul II la canonise comme martyre et sainte le 1er octobre 2000, en même temps que les autres martyrs de Chine.

Elle est fêtée localement le 1er mars, jour anniversaire de sa mort, ou le 28 septembre, avec le groupe des martyrs de Chine.

Autres hommages

Une église catholique lui est dédiée à Markham, dans l'Ontario, au Canada.

En 2015, elle est du petit nombre de Chinoises martyres canonisées.

Source :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Agn%C3%A8s_Cao_Guiying

 

Eduard Profittlich

 

Eduard Profittlich

 

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Eduard Gottlieb Profittlich, né le 11 septembre 1890 à Birresdorf près de Coblence (province de Rhénanie) et mort le 22 février 1942 à Kirov (URSS) est un prêtre jésuite allemand.

Administrateur apostolique d'Estonie en 1931 il est ordonné évêque en 1936 avec le titre d'archevêque.

Condamné pour activité antisoviétique il meurt en prison en 1942.

Il est considéré comme martyr de la foi.

Biographie

Eduard Profittlich naît dans une famille paysanne, huitième de dix enfants, et fait ses études secondaires à Linz, puis au séminaire de Trèves qu'il quitte pour entrer en 1913 dans la Compagnie de Jésus et fait son noviciat à Heerenberg (Pays-Bas), où les jésuites allemands se sont installés à la suite de leur expulsion provoquée par la politique du Kulturkampf de Bismarck.

Son frère aîné Peter (1878-1915) part alors comme missionnaire au Brésil. Eduard, lui, poursuit ses études en exil, au scolasticat de Fauquemont (Pays-Bas).

Durant la Première Guerre mondiale il sert comme infirmier de 1916 à 1918 dans l'armée impériale, après avoir reçu ses ordres mineurs.

Il est ordonné prêtre le 27 août 1922 et entre au nouvel institut pontifical oriental, fondé en 1917 par Benoît XV, avec l'intention de se préparer au travail missionnaire clandestin en Russie.

On l'envoie faire des études à Cracovie également.

Il devient docteur en philosophie (1923) et en théologie (1924) de l'université de Cracovie.

Il est envoyé comme missionnaire jésuite en Pologne en 1924 et retourne en Allemagne l'année suivante.

Il est prêtre de paroisse à Hambourg.

En 1930, il est envoyé à Tallinn en Estonie, après avoir prononcé ses vœux perpétuels, comme curé de la paroisse Saint-Pierre-et-Saint-Paul.

Il est nommé l'année suivante administrateur apostolique de l'Estonie qui compte une petite minorité de catholiques d'origine polonaise ou allemande de la Baltique.

Il est nommé le 27 novembre 1936 archevêque titulaire d'Hadrianopolis, après un accord entre le Saint-Siège et la république estonienne et consacré un mois plus tard.

Il a obtenu la nationalité estonienne en 1935. Il y a alors une dizaine de prêtres catholiques et des religieuses polonaises ou tchèques.

Il demeure avec ses fidèles lorsque l'Estonie est absorbée par l'URSS en juin 1940 à la suite du pacte germano-soviétique, refusant d'être rapatrié en Allemagne ce pour quoi il avait droit en tant qu'Allemand.

La répression s'abat sur les chrétiens de différentes confessions. Soixante mille Estoniens sont déportés ou emprisonnés.

Il fait trois fois des démarches auprès de l'ambassade allemande de Tallinn pour obtenir des visas de sortie à certains prêtres et religieuses catholiques et à des Allemands de la Baltique incarcérés par les Soviétiques.

Il est arrêté par huit agents du NKVD le 27 juin 1941 à deux heures du matin (avant l'invasion de l'Estonie par la Wehrmacht et après la déclaration de guerre de l'Allemagne à l'URSS) et transféré à la prison N°1 de Kirov où il est emprisonné dans l'attente de son procès qui le condamne à mort pour activités anti-soviétiques et espionnage.

Il meurt en prison le 22 février 1942 avant que la sentence ne soit exécutée. Il a été réhabilité en 1990.

Sa cause de béatification est ouverte à Saint-Pétersbourg depuis 2003.

Une plaque rappelle sa mémoire à la petite cathédrale catholique Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Tallinn.

Source :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Eduard_Profittlich

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jean Pozzobon

 

Jean Pozzobon

 

 Image illustrative de l’article Jean Pozzobon

 

 

Jean Pozzobon (en portugais : João Luiz Pozzobon), né à São João do Polêsine (Brésil), le 12 décembre 1904 et décédé le 27 juin 1985 à Santa Maria (Brésil), était un diacre permanent catholique et l’initiateur de la Campagne de la Mère Pèlerine de Schoenstatt, aujourd’hui présente dans plus de 100 pays dans le monde.

Son procès de béatification est en cours.

Biographie

Enfance

Fils d’immigrants italiens établis au sud du Brésil, Jean Pozzobon est né dans une modeste famille paysanne, qui priait le rosaire tous les soirs.

Troisième de neuf enfants, à 10 ans il dit à son père qu’il veut être prêtre.

Il est envoyé pour cela à la ville de Vale Vêneto, où il y avait un séminaire des Pères Pallotins.

Il y étudie pendant environ dix mois, puis revient chez lui, à cause de son fragile état de santé physique.

À 14 ans, il commence à avoir de graves problèmes de vue, de sorte qu’il ne peut pas poursuivre ses études. Pour cette même raison, il n’est pas jugé apte au service militaire.

Des années plus tard, Jean disait, sur sa santé : « Dieu, dans son infinie bonté, ne m’a pas jugé incapable.

Il m’a utilisé tel quel je suis et m’a confié à sa Mère pour la Campagne du Saint Rosaire. Personne n’est incapable au service de Dieu ».

 Mari et père

Il se marie à l’âge de 23 ans et a deux enfants, mais devient veuf à 28 ans.

Il avait déménagé à la ville de Santa Maria pendant la maladie de son épouse.

C'est dans cette ville qu'à 32 ans, avec deux enfants en bas âge, il fonde un nouveau ménage, en se mariant avec Victoria Filipetto, avec qui il a cinq autres enfants.

Paysan, il décide d’ouvrir un petit magasin devant sa maison à Santa Maria.

Il est très respecté par les gens de son village, surtout grâce à son honnêteté.

Il disait : « Je pourrais être un homme riche, mais je n’applique que la marge de profit légitime ; tu ne peux pas t’approprier ce qui appartient à autrui ».

Cela contrariait la pratique d’autres commerçants à l’époque, qui vendaient des biens pour le double du prix qu’ils étaient achetés.

Premiers contacts avec Schoenstatt

C'est en 1947 que sa vie croise le chemin du Mouvement de Schoenstatt.

Il commence son cheminement de formation spirituelle avec les Sœurs de Marie de Schoenstatt et le Père Celestino Trevisan.

Il participe à la bénédiction de la première pierre du Sanctuaire de Schoenstatt à Santa Maria.

À cette cérémonie est présent le P. Joseph Kentenich, fondateur de Schoenstatt.

Ce fait lui marquera à jamais : « Je me sentais comme un petit élève du Père Kentenich », dit Pozzobon plus tard. « Dès que j’avais douze ans je sentais un vide, un manque que je ne comprenais pas. Mais dès ce moment-là, j’ai découvert que ce manque était de Dieu et de sa Mère. »

Jean scelle son Alliance d’Amour avec Marie le 11 avril 1948, jour de la bénédiction et inauguration du Sanctuaire à Santa Maria.

 Les débuts de la Campagne de la Mère Pèlerine

En 1950, le Pape Pie XII convoque une Année sainte pour l’Église. Le 1er novembre de cette même année verrait la proclamation du dogme de l’Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie.

 

L'icône de la Mère Pèlerine transportée par Pozzobon

 

En septembre, Jean assiste, avec une centaine d’hommes, à une série d’exercices spirituels que le Père Celestino Trevisan donné avec Sœur Teresinha Gobbo.

Ils y discutent de l’importance de la prière du Rosaire et comment stimuler une croisade de prière dans la famille.

Le 10 septembre, une réplique de l’icône de la Mater Ter Admirabilis, présente dans le Sanctuaire de Schoenstatt, est bénie et confiée à Jean Pozzobon pour qu’il aille prier le Rosaire avec l’image dans les familles.

« À ce moment-là, j’ai compris que la bonté et la miséricorde de Dieu et de la Vierge Mère et Reine m’avaient confié une grande mission évangélisatrice : la campagne du Saint Rosaire. »

Il est convaincu que « quand quelque chose est de Dieu, un homme seul peut faire bouger le monde. J’ai dit à la Sainte Vierge : “j’ai sept enfants et une épouse, et je dois rendre compte à Dieu de mes enfants et de mon épouse. Mais s’il est de la volonté de Dieu et de la Vôtre, un seul homme peut déplacer des montagnes.” Mais tout allait bien. Les premières années, j’ai dédié à la Mère et Reine deux heures par jour de mon temps. Quand les enfants étaient déjà plus grands et pouvaient travailler dans le magasin, j'en suis venu à me dédier intégralement à la Campagne. Si Dieu veut que quelqu’un réalise une mission, Il concédera aussi le temps pour se dédier à sa famille ».

Les demandes pour recevoir la visite de l’icône de la Mère pèlerine augmentent. Jean Pozzobon reste le matin dans son magasin et, les commandes livrées, il laisse le comptoir à son épouse ou à ses enfants pour passer l’après-midi à rendre visite aux familles pour prier le rosaire.

Ensuite, il commence à visiter aussi les écoles, hôpitaux et même les prisons de la région. Et cela toujours à pied, en portant l’image sur son dos, pesant quelque onze kilos.

 

 

Pozzobon visite une famille de paysans

 

Jean Pozzobon organise aussi des « missions » dans les villages : il apporte l’icône dans les villages et les familles se rassemblent pour prier le rosaire ; puis, il leur prêche l’évangile, parle de conversion et se renseigne sur l’état matériel et spirituel des familles. Alors, il prend congé du village et, revenant quelques jours plus tard, il apporte de l’aide matérielle et aussi un prêtre, pour célébrer la messe, confesser, marier les couples et baptiser les enfants.

Les fruits commencent à apparaître. Beaucoup de familles retournent à l’Église ; des pèlerinages au Sanctuaire de Schoenstatt s'organisent ; l'adoration eucharistique est établie dans plusieurs paroisses ; des paysans bâtissent des chapelles dans les villages4.

 

Développement de la Campagne

Avec le temps, Jean n’arrive plus tout seul à faire les visites avec la Vierge ; alors, les Sœurs de Marie de Schoenstatt font des copies de l’image pèlerine, mais dans une taille plus petite, pour rendre plus facile son transport par des responsables, qui parcourent trente familles avec elles.

 

 

L'icône plus petit de la Mère Pèlerine de Schoenstatt utilisé aujourd'hui

 

Le 30 décembre 1972, il est ordonné diacre par Monseigneur Éric Ferrari. Le Diacre Jean Pozzobon est dès lors mis à des rudes épreuves. Au début, son travail n’est pas compris et il est souvent critiqué. Mais il reste dans l'obéissance à son évêque et au curé de sa paroisse.

« Parfois, délaissé, je me demandais : Que suis-je en train de faire ? Je renonce à ce qui m’est le plus cher, loin de ma famille, seul dans ce chemin. Alors je me rendais compte : j'apporte la Mère de Dieu. Le monde a besoin d’héroïsme. Et cela me redonnait la force et le courage. »

Son engagement envers les plus pauvres

Vers 1955, Jean fonde le « Noble Village de la Charité », où il bâtit des maisons gratuites pour les pauvres qui vivaient avec ses familles dans les rues : « Là, j’ai compris le sens de la “Via Crucis”, la détresse du Christ que nous ne pouvons qu’imaginer. Les souffrances de nos frères causées par ceux qui ne font aucun effort en se sacrifier pour l’autre. Je fais confiance en la Providence. Je n’ai jamais été un homme riche, mais je sais que Dieu ne délaisse pas ceux qui servent à son prochain. J’ai reçu un petit montant d’argent qui a rendu possible l’achat d’un lot de terres et le matériel de construction nécessaire. Des gens généreuses y ont contribué, on a mis les mains à l’œuvre et dans peu de temps les premières maisonnettes ont été bâties. »

Par la suite, Pozzobon et un groupe de bénévoles ont passé à distribuer des vêtements, de la nourriture et à éduquer les gens du Village de la Charité au travail. Ils ont aussi planté des arbres fruitiers et des fleurs. Son objectif était d’aider les pauvres à conquérir sa dignité, le respect de l'être humain avec ses valeurs.

« Je voudrais changer ce monde tellement dominé par le matérialisme. Apporter Jésus, apporter son message, et que tous devenaient bons et s’aimaient les uns envers les autres. Je sentais beaucoup de force et de joie, et je me mettais à la disposition de la Maman d'accepter tous les sacrifices qu'elle m'envoyait. Par amour auprès de cette sainte image, j’ai eu deux mille différents lits dans l'obscurité de la nuit, entre les lis des champs et les bois. Elle m'a toujours accompagné, dans de longues marches, en traversant les vallées et les fleuves, quand je m’asseyais au bord du chemin je lui disait : 'Maman, je n'en peux plus !'. Quand je passais par des humiliations et de dures épreuves, elle m'accompagnait toujours. Avec seulement mes forces je ne pourrais jamais accomplir tout cela. »

 

Décès de Pozzobon et continuation de son œuvre

 

Le Pape Jean Paul II bénit l'icône pèlerin de Jean Pozzobon, en 1984

 

Le 15 juin 1985, Jean offre sa vie dans le Sanctuaire pour l’épanouissement de la Campagne du Rosaire. Dans la matinée du 27 juin 1985, le Diacre Jean Pozzobon est heurté par un camion au milieu d’un épais brouillard, sur son chemin vers le Sanctuaire de Notre Dame de Schoenstatt pour assister à la messe, comme il le faisait quotidiennement.

La Campagne de la Mère Pèlerine, selon le vœu de Pozzobon, continue à s’épanouir. Elle est aujourd’hui présente dans plus de 100 pays dans le monde, dans les six continents. En effet, même dans l’Antarctique il y a une image de la Vierge de Schoenstatt, dans une station de recherche scientifique.

Jean Pozzobon a parcouru plus de 140 000 kilomètres avec l'image de la Mère Pèlerine de Schoenstatt dans ses presque 40 ans d’apostolat.

Des données récentes du secrétariat de la Campagne au Brésil indiquent qu’aujourd’hui seulement dans ce pays il y a presque deux millions et demi de familles qui reçoivent l’image pèlerine de la Mère Trois fois Admirable.

 

Procès de béatification

Son procès de béatification a été ouvert en 1994 dans le diocèse de Santa Maria. En mai 2009 la phase diocésaine en a été achevée et le dossier envoyé à la Congrégation pour les causes des saints à Rome.

Sa phase romaine a débuté le 3 juin 2009, juste une semaine après l'arrivée des plus de 10800 documents instruisant la cause, ce qui a surpris ses postulateurs, qui s'attendaient à un délai beaucoup plus long, entre trois mois et une année, pour la réception de la cause au Vatican. Dès lors, Jean Pozzobon peut être appelé « Serviteur de Dieu ».

Le quartier Diácono João Luiz Pozzobon porte son nom, dans la municipalité de Santa Maria (Rio Grande do Sul).

Source :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Pozzobon

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sara Alvarado Pontón

 

Sara Alvarado Pontón

 

MADRE MARIA SARA ALVARADO PONTON - YouTube 

Source photo : https://www.youtube.com/watch?v=IPIjoSfiUaE

 

 

 

María Sara Alvarado Pontón, née à Bogota le 12 septembre 1902, morte le 28 mars 1980, est une religieuse, fondatrice des sœurs « dominicaines filles de Notre-Dame de Nazareth ».

Biographie

Treizième enfant de Dámaso Alvarado et Felisa Pontón, dès l’enfance la maladie (rhumatisme) la tient éloignée des amusements de son âge.

Sa première communion lui laisse un souvenir inoubliable ; elle ressent alors un appel à la sainteté.

Les plaisirs du monde l’attirent aussi.

Sa santé ne lui permettant pas de devenir missionnaire, elle fait divers essais de vie religieuse, active ou contemplative, qui aboutissent à des échecs.

Elle sent qu’elle est appelée à quelque chose de spécial.

Elle prie beaucoup.

Elle crée une œuvre des servantes, pour les personnes les plus marginalisées.

Beaucoup des personnes accueillies sont des campagnardes sans instruction, exploitées, humiliées et maltraitées par leurs patrons, parfois elles arrivent sur le trottoir, en danger physique et spirituel.

Le 11 février 1938, Sara quitte définitivement la maison de ses parents, elle s’installe aux environs de Bogotá, dans une ferme nommée San Gregorio, où les filles peuvent loger et recevoir les attentions dont elles ont besoin.

En prière devant le Saint Sacrement du 4 au 6 mars 1938, la fondatrice écrit son projet pour l’œuvre des servantes qui aura comme but « la plus grande gloire de Dieu et le bien du prochain ».

La date retenue par l'historiographie pour la fondation est le 25 mars 1938.

Le nouvel ordre prend le nom de « Dominicas Hijas de Nuestra Señora de Nazareth », les « dominicaines filles de Notre-Dame de Nazareth ».

La situation des filles demande une solution rapide : un asile pour celles qui sont vieilles et malades, éducation et instruction scolaire et religieuse pour toutes.

« Notre vie sera simple et commune, à l’imitation de Jésus, Marie et Joseph à Nazareth. Vie cachée de prière et de travail, nous emploierons ces deux moyens pour l’apostolat ; dans notre façon d’être nous observerons une dignité aimable, une douceur et une humilité qui inspire confiance... nous exercerons la charité avec toutes... comme des esclaves de la Sainte Vierge, nous aurons comme devoir sacré l’accomplissement de ses paroles, en étant comme elle profondément et sincèrement humbles. »

À partir de 1940, l’œuvre Nazareth est soutenue par le frère Enrique Alberto Higuera Barrera, dominicain, qui par la suite sera réputé cofondateur de la congrégation.

Le 9 novembre 1948, après une grave crise dans l’œuvre, Notre Dame de Chiquinquirá, patronne de la Colombie, est couronnée généralissime, reine et maîtresse de cette œuvre.

En janvier 1964 l’œuvre est approuvée comme congrégation de droit diocésain, le 15 avril elle est déclarée agrégée à l’Ordre, et les sœurs revêtent l’habit blanc et noir. En septembre 1975, la congrégation est approuvée par le pape.

En 1980 la Mère Sarita meurt en réputation de sainteté.

Sa cause de béatification est en cours.

L'Église lui a donné en 2001 le titre de Servante de Dieu.

Source :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Sara_Alvarado_Pont%C3%B3n

 

Henri Planchat

 

Henri Planchat

 

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Matthieu Henri Planchat, né le 8 novembre 1823 à La Roche-sur-Yon et mort fusillé le 26 mai 1871 (à 47 ans) à Paris, est un prêtre catholique français, religieux de Saint Vincent de Paul.

Son procès en béatification a été ouvert en 1897.

Biographie

Henri Planchat naît dans une famille très pieuse, dont le père est magistrat.

Celui-ci est ensuite envoyé en poste à Chartres, puis à Lille.

Henri Planchat poursuit à partir de 1837 ses études au collège Stanislas de Paris où il reste trois ans, puis les poursuit au collège de l'abbé Poiloup à Vaugirard, alors quartier périphérique en dehors de Paris.

C'est ici qu'il fait la connaissance des conférences de Saint Vincent de Paul et qu'il découvre sa vocation.

Il s'occupe des pauvres et de la bibliothèque de la paroisse, anime le patronage des frères de Saint Vincent de Paul.

Il fait ses études de droit, comme le voulait sa famille, mais à peine son diplôme d'avocat en poche, il entre au séminaire d'Issy-les-Moulineaux.

Il est ordonné prêtre le 21 décembre 1850.

Il se présente trois jours plus tard devant Jean-Léon Le Prévost, encore fonctionnaire aux cultes et président de la conférence de Saint Vincent de Paul de la paroisse Saint-Sulpice.

Il est accueilli en tant que premier prêtre au sein de la nouvelle congrégation des religieux de Saint Vincent de Paul qui ne comptait jusqu'alors que des frères.

Dès lors, il se dévoue aux populations laborieuses de Grenelle et de Vaugirard qui se sont souvent éloignées de l'Église et se montrent parfois hostiles aux prêtres.

Il devient « chasseur d'âmes ».

Épuisé, il doit partir se reposer en Italie quelques mois et il est de retour en avril 1853.

Il se concentre sur l'apostolat et la formation des garçons du patronage en continuant à visiter les malades et assister les pauvres.

Son zèle provoque la susceptibilité du curé de la paroisse de Grenelle.

Ses supérieurs pour calmer les choses l'envoient deux ans à Arras assister l'abbé Halluin qui dirige un orphelinat avec des ateliers d'apprentissage.

À partir de 1863, Henri Planchat dirige le patronage Sainte-Anne, rue de la Roquette, qui est ensuite transféré rue des Bois avec un verger.

Ce sont tous les ans près de cinq cents jeunes garçons et apprentis qui y sont formés et reçoivent les sacrements de communion et de confession. Mais le P. Planchat étend son champ d'apostolat à d'autres quartiers populaires de Paris.

Lorsque la guerre de 1870 éclate, il porte aussi assistance aux soldats.

Il déclare à un confrère : « toutes mes relations avec les pauvres, qu'il s'agisse de détresses temporelles ou de misères spirituelles, m'obligent pour chacune à recourir au cœur de Notre-Seigneur Jésus-Christ pour en obtenir le conseil, la parole qui console, l'inspiration pour les entremises charitables, enfin toutes les assistances qui répondent au besoin du moment. »

Cependant les révoltés de la Commune de Paris ne peuvent que remarquer ce prêtre dont les œuvres sociales démentent la position du socialisme utopique prôné par les communards et qui s'attache à la doctrine chrétienne la plus éloignée de toute compromission.

Il est arrêté le 6 avril 1871 et fusillé le 26 mai suivant à Belleville avec d'autres victimes.

Ses restes reposent à la chapelle des reliques de l'église Notre-Dame-de-la-Salette de Paris.

 

Postérité

Plaque rue Planchat à Paris.jpg

 

La rue Planchat dans le 20e arrondissement de Paris.

Source :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Planchat

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pie VII

 

Pie VII

 

Pie VII

 

Luigi Barnaba Chiaramonti (en religion Gregorio), né le 14 août 1742 à Cesena (Romagne) et mort le 20 août 1823 à Rome, était un moine bénédictin, élu pape le 14 mars 1800. Il prit le nom de Pie VII (en latin Pius VII, en italien Pio VII).

Avant-dernier enfant du comte Scipione Chiaramonti (1698-1750) et de Giovanna Coronata Ghini (1713-1777), fille du marquis Barnaba Eufrasio Ghini, femme profondément religieuse qui terminera sa vie au Carmel de Fano et que son fils prendra toute sa vie comme modèle, particulièrement aux moments les plus douloureux de son pontificat, il appartient à une famille de vieille noblesse d'origine française, sans doute celle de Clermont-Tonnerre amie des Braschi (famille dont est issu Pie VI). Sa famille est noble, mais assez pauvre.

Comme ses frères, il fréquente d'abord le Colegio dei Nobili de Ravenne, mais à sa demande, il entre à l'âge de 14 ans, le 2 octobre 1756, à l'abbaye bénédictine de Santa-Maria del Monte, à Cesena où il est admis comme novice sous la direction de dom Gregorio Caldarera.

Deux ans plus tard (20 août 1758), il prend l'habit sous le nom de dom Gregorio. Jusqu'en 1763, il étudie à l'Abbazia di Santa Giustina de Padoue où il est suspecté de jansénisme par l'Inquisition vénitienne.

Ses brillantes qualités intellectuelles conduisent ses supérieurs à l'envoyer ensuite au Collège Pontifical Sant' Anselmo, à Rome, annexé à la résidence urbaine de l'abbaye Saint-Paul-hors-les-Murs, c'est-à-dire à la basilique Sainte-Marie-du-Trastevere, qui était réservé aux étudiants les plus doués de la Congrégation bénédictine de Cassino.

Le 21 septembre 1765, il est ordonné prêtre et peu après, reçoit son doctorat de théologie. Il enseigne, à partir de 1766, à l'abbaye San-Giovanni de Parme, duché ouvert aux idées nouvelles.

Amoureux de la culture et soucieux de donner un enseignement moderne, proche des réalités sociales et scientifiques de son temps, il souscrit à l'Encyclopédie de Diderot et se montre curieux des idées de Locke et Condillac, alors précepteur du prince héritier et dont il traduit l’Essai sur l'origine des connaissances humaines.

En 1772 lui est attribué le grade académique de « lecteur », par lequel sa congrégation l'habilite à l'enseignement de la théologie et du droit canonique.

Entre 1772 et 1781, il retourne au collège Sant' Anselmo, cette fois en tant que professeur de théologie et bibliothécaire.

Il est ensuite nommé abbé titulaire du monastère dont il avait été oblat dans son enfance.

Le jeune moine Chiaramonti ressent le besoin d'un profond renouveau pour son Ordre, en particulier dans le domaine de la formation.

Il souhaite, d'une part, le retour à l'inspiration originelle de la vie monastique et, de l'autre, une modernisation des programmes d'enseignement, de façon à conduire les jeunes moines à un contact plus direct avec les réalités concrètes et actuelles.

En 1773, il devient confesseur du Pape Pie VI qui le tient en haute estime et en 1782, ce dernier le nomme prieur de l'abbaye romaine de Saint-Paul-hors-les-Murs où il semble avoir été accueilli comme un intrus par les autres moines jaloux de sa promotion et qui, semble-t-il, tenteront même de l'empoisonner. Dans son précis historique sur Pie VII, Jean Cohen rapporte :

"On prétendit qu'ils tentèrent d'empoisonner leur rival par une tasse de chocolat. Chiaramonti, l'ayant goûtée, ne put l'achever tant elle lui parut d'une saveur désagréable. Un frère lai, spécialement attaché à son service, la but, et saisi tout à coup des plus violentes douleurs, il ne survécut que 24 heures à ce fatal repas"

Expérience pastorale

On peut douter de l'authenticité de l'anecdote qui précède. Il est sûr, en revanche, que la promotion de Chiaramonti à Saint-Paul-Hors-Les Murs n'est pas accueillie avec ferveur par les autres religieux.

Pie VI en est conscient et, pour le protéger tout en lui confiant malgré tout de hautes responsabilités, il lui attribue l'évêché de Tivoli, en la cathédrale San Lorenzo le 16 décembre 1782.

Trois ans plus tard, alors qu'il n'a que 42 ans, il est créé cardinal lors du consistoire du 14 février 1785 et reçoit le chapeau de cardinal le 27 juin.

Il devient évêque-cardinal d'Imola et le restera curieusement jusqu'au 8 mars 1816 malgré son accession au Trône de Pierre en 1800.

En juin 1796, son diocèse est envahi par les troupes françaises d'Augereau. Rappelé à Rome en 1797, il se range dans le camp des modérés et soutient, au grand dam des conservateurs, l'établissement des négociations menant au traité de Tolentino.

Dans une lettre adressée aux habitants de son diocèse, il leur demande de se soumettre, « dans les circonstances actuelles de changement de gouvernement (…) à l'autorité du victorieux général en chef de l'armée française. » Dans son homélie de Noël 1797, il affirme même :

« Oui ! mes chers frères, soyez de bon chrétiens, et vous serez d'excellents démocrates. La forme du gouvernement démocratique adoptée chez nous n'est point en opposition avec les maximes que je viens de vous exposer. Elle ne répugne pas à l'Évangile. Elle exige, au contraire, ces vertus sublimes qui ne s'acquièrent qu'à l'école de Jésus-Christ. Si vous les pratiquez sérieusement, elles seront le gage de votre bonheur, de votre gloire et de la splendeur de notre République. La seule indépendance que donnait aux anciens la forme de gouvernement dont ils jouissaient les avait ornés d'une foule de vertus. Républicains et, de plus, chrétiens, quels modèles de sainteté ne doivent pas être les citoyens d'Imola !» »

Il intercède d'ailleurs personnellement auprès du général Augereau pour le convaincre d'épargner les habitants de Lugo qui ne s'étaient guère montrés sensibles à ses conseils pacifiques. Cette politique modérée évitera bien des malheurs au diocèse d'Imola, mais n'empêchera pas le reste de l'Église de continuer à vivre des moments dramatiques.

À la nouvelle de l'assassinat du général Duphot, le Directoire ordonne le 11 janvier 1798 l'occupation de Rome. Gaspard Monge part le 6 février pour Rome.

La Révolution éclate dans la ville le 15 février. La "République romaine" est proclamée par le peuple réuni au Campo Vaccino (ancien forum).

Le pape Pie VI est contraint par la république française de renoncer à son pouvoir temporel et de se contenter de son pouvoir spirituel. On l'oblige à quitter Rome sous deux jours.

Pie VI quitte le Quirinal dans la nuit du 19 au 20 février 1798. Après le renvoi de Masséna, Gaspard Monge fait toutes les nominations (sauf les finances).

Réfugié à Sienne puis à la chartreuse de Florence (en juin 1798), Pie VI est en quelque sorte rattrapé par les troupes françaises et fait prisonnier.

Il est successivement emmené à Bologne, Parme, Turin, puis Briançon, Grenoble et enfin Valence (France) .

Malgré les bouleversements que connaissait alors la France, le pape octogénaire reçoit de nombreuses et touchantes marques de respect, de compassion et de communion dans la foi de la part des petites gens, tout au long de sa route, entre Briançon et Valence.

Le poète Paul Claudel le surnommera le père commun des fidèles.

Celui que l'on surnommait il Papa bello, imposant et séduisant, affable et cultivé, finit tristement son règne, presque impotent.

C'est à Valence qu'il est incarcéré par la Révolution française, et qu'il meurt, épuisé, le 29 août 1799 à l'âge de 82 ans.

Les États pontificaux, symbole du pouvoir temporel du pape, institution qui durait depuis plus de mille ans (donation de Pépin) sont remplacés par la République romaine, sous la pression des révolutionnaires français avant d'être annexés par Napoléon Ier dont le fils portera le titre de « roi de Rome ».

Pontificat

Un pape qui ne voulait pas être pape. Le conclave.

Dans cette situation où Rome était occupée par les troupes françaises et où le pape ne disposait plus de son pouvoir temporel, les cardinaux se trouvaient dans une position très particulière.

Ils furent obligés de tenir le conclave à Venise et ce fut le dernier jusqu'à nos jours à se tenir hors de Rome.

Ils répondaient ainsi à deux ordonnances de Pie VI (17 janvier 1797 et 13 novembre 1798) à propos des mesures à prendre en cas d’urgence.

Craignant que la papauté ne soit abolie, il y stipulait que le conclave devait être convoqué par le doyen du Collège des cardinaux et se tenir dans la ville qui comptait, au sein de sa population, le plus grand nombre de cardinaux.

C’est le monastère bénédictin de San Giorgio (situé sur l’île de San Giorgio Maggiore) qui fut choisi.

La ville de Venise, ainsi que d’autres villes du Nord de l’Italie, étaient sous la domination de l'Empereur François Ier d’Autriche qui accepta de prendre à sa charge les frais du conclave.

Chiaramonti faillit ne pas y participer : comme il avait dépensé tous ses revenus à soulager les pauvres de son diocèse, il n'avait pas de quoi payer le voyage et c'est l'un de ses amis qui dut lui prêter mille écus.

Bien que le conclave ait débuté le 30 novembre 1799 les cardinaux ne parvinrent pas à se déterminer entre les trois candidats favoris jusqu’au mois de mars 1800.

Trente-quatre cardinaux étaient présents depuis le début (le nombre le plus faible entre 1513 et nos jours).

Un trente-cinquième allait bientôt se joindre à eux : Franziskus von Paula Herzan von Harras qui était aussi le représentant de l’empereur d’Autriche et qui allait par deux fois utiliser son droit de veto.

Ercole Consalvi avait été choisi à l’unanimité comme secrétaire du Conclave. Il allait devenir un personnage très influent pour l’élection du nouveau pape.

Carlo Bellisomi était le grand favori et bénéficiait de nombreux soutiens, mais les cardinaux autrichiens lui préféraient Mattei et utilisèrent leur droit de véto.

Le conclave porta alors son dévolu sur un troisième candidat possible : le cardinal Hyacinthe Sigismond Gerdil mais il fut lui aussi victime du véto de l’Autriche.

Alors que le Conclave entrait dans son troisième mois, le cardinal Maury, neutre depuis le début, suggéra le nom de Chiaramonti qui fit savoir qu’il n’était absolument pas candidat (et qui fit à nouveau appel à son ami, cette fois pour pourvoir à ses frais de nourriture et d'hébergement).

C’est sur l’insistance d’Ercole Consalvi qu’il finit par accepter et qu’il fut élu le 14 mars 1800 après 104 jours de conclave et 227 jours après la mort de Pie VI (le plus long siège vacant entre 1415 et nos jours).

Il prit le nom de Pie VII en hommage à son prédécesseur, surnommé le « pape martyr ».

Immédiatement après son retour à Rome, il nomma Consalvi cardinal et pro-secrétaire d'État (11 août 1800).

Pendant 23 ans, malgré tous les revers, Consalvi restera fidèle à celui qu’il avait fait élire et c’est à lui que Pie VII rendra son dernier souffle le 20 août 1823.

L’Autriche prit acte de l’élection sans aucun enthousiasme (puisque son candidat n'avait finalement pas été élu) et refusa que le nouveau pape soit couronné dans la basilique Saint-Marc de Venise.

En conséquence, le pape déclina l'invitation de l'empereur François Ier et refusa de se rendre à Vienne. Il sera couronné le 21 mars 1800 dans une petite chapelle attenante au monastère de San Giorgio.

Comme les trésors papaux étaient restés à Rome, ce furent des femmes nobles de Venise qui réalisèrent une tiare de papier-mâché qu’elles décorèrent avec leurs propres bijoux et qui servit pour le couronnement.

La restauration des États pontificaux

À la bataille de Marengo, le 14 juin 1800, la France arrache le Nord de l’Italie à l’Autriche. Le nouveau pape se trouve donc soudain sous domination française.

Ce n'est pas un inconnu pour Napoléon qui avait qualifié son discours de Noël 1797 à Imola de « jacobin ».

Bonaparte décide de reconnaître le nouveau pape et de restaurer les États Pontificaux dans les limites du traité de Tolentino.

Le nouveau pape embarque donc pour Rome où la population l’accueille chaleureusement le 3 juillet 1800.

Craignant de nouvelles invasions, il décrète que les États Pontificaux resteront neutres aussi bien vis-à-vis de l’Italie napoléonienne dans le Nord que du Royaume de Naples dans le Sud.

En entrant à Rome, Pie VII trouve sa capitale profondément déstabilisée par les guerres révolutionnaires.

Il demande donc au cardinal Consalvi, son secrétaire d'État, de s'atteler à leur restauration. Il s'entoure de prélats réformateurs et commence par amnistier les partisans des Français.

Il forme quatre congrégations cardinalices pour examiner la réforme de l'État.

Leurs travaux sont synthétisés dans la bulle Post diuturnas du 30 octobre 1800 : les institutions de Pie VI sont remises en place mais réformées.

Ainsi, des fonctionnaires laïques font leur entrée dans l'administration pontificale, en particulier à l'annone ou dans l'armée.

Un bref établit la liberté du commerce pour les denrées alimentaires. Une réforme monétaire tente, en 1801, de limiter l'inflation.

Elle est suivie par une réforme fiscale, qui fond 32 impôts et taxes en une taille personnelle et réelle, la dativa.

Pie VII fait assécher les Marais Pontins pour rendre de nouvelles terres à l'agriculture et fait établir des filatures de laine et de coton pour y donner du travail aux indigents.

Ces réformes se heurtent à la résistance du Sacré Collège et des évêques.

Malgré la création de la garde noble, la noblesse romaine reste insatisfaite. Lorsque Consalvi doit quitter son poste en 1806 (c'est lui-même qui, persuadé d'être devenu un obstacle aux négociations avec la France, convaincra Pie VII de le destituer), sa politique hardie a été oubliée.

Le 15 juillet, la France reconnaît officiellement le catholicisme comme la religion de la majorité de ses citoyens (mais non comme une religion d’État).

Par le concordat de 1801, l’Église reçoit un statut de liberté lié à la Constitution Gallicane du clergé.

Le Concordat reconnaîtra aussi les États de l’Église et restituera ce qui avait été confisqué ou vendu pendant leur occupation.

À cette occasion, en 1801, le souverain pontife, à la demande du chef de l'État, dépose l'ensemble de l'épiscopat français : évêques élus en vertu de la Constitution civile du clergé : c'est la fin des principes de l'Église gallicane, et la reconnaissance, implicite, de la primauté de juridiction du pape.

Certains évêques et prêtres réfractaires, d'esprit gallican, refusent de se soumettre et fondent la Petite Église.

En 1803, la Restauration des États Pontificaux sera officialisée par le traité de Lunéville.

Face à Napoléon

Le pape ratifie le Concordat par une bulle du 14 août 1801, nomme cinq cardinaux français, écrit aux titulaires des évêchés français de se démettre de leurs sièges, envoie comme légat a latere le cardinal Giovanni Battista Caprara chargé de rétablir le culte en France, et obtient, par ordre du premier consul, la restitution de Bénévent et de Pontecorvo.

En acceptant de ratifier, le 15 août 1801, le Concordat conclu entre Rome et le gouvernement français, le pape Pie VII s’engage dans la voie d’une normalisation relative des relations entre le Saint-Siège et la première République française. Néanmoins, la promulgation unilatérale des 77 Articles Organiques, le 18 avril 1802, tend à faire de l’Église de France une Église nationale, aussi peu dépendante de Rome que possible, et soumise au pouvoir civil. Ces articles stipulent notamment que « les papes ne peuvent déposer les souverains ni délier leurs sujets de leur obligation de fidélité, que les décisions des conciles œcuméniques priment sur les décisions pontificales, que le pape doit respecter les pratiques nationales, qu’il ne dispose enfin d’aucune infaillibilité. » Ainsi le gallicanisme est-il en partie restauré mais le Saint Père ne peut accepter la subordination de l’Église de France à l’État. Le ministre des Cultes doit donner son accord à la publication des bulles et des conciles.

La réunion des synodes diocésains et la création de séminaires sont également soumises à son aval.

Enfin le clergé devient un corps de fonctionnaires, les prêtres des desservants de leur paroisse salariés par l’État.

C’est pour tenter d’obtenir l’abrogation des Articles Organiques qu’il accepte, contre l'avis de la Curie, de venir sacrer Napoléon Bonaparte empereur des Français à Notre-Dame de Paris le 2 décembre 1804, mais il rentre à Rome sans avoir obtenu gain de cause.

Les relations entre l’Église et le Premier Empire se détériorent brutalement après le refus du pape de prononcer le divorce entre Jérôme Bonaparte et Elizabeth Patterson en 1805.

L’Empereur reprend sa politique expansionniste, prend le contrôle d’Ancone, de Pontecorvo, de Bénévent et de Naples après la Bataille d’Austerlitz, faisant de son frère Joseph Bonaparte le nouveau monarque de la région.

L'hostilité monte d'un cran entre les deux puissants souverains. L’Empereur veut inclure les États pontificaux dans son système continental dirigé contre l’Angleterre : « Votre Sainteté est souveraine de Rome, mais j’en suis l’Empereur; tous mes ennemis doivent être les siens », écrit-il au pape le 13 février 1806. Mais le Souverain Pontife refuse d’adhérer au Blocus Continental, considérant que sa charge de pasteur universel lui impose la neutralité. La répression impériale ne se fait pas attendre et va crescendo : les États de l’Église sont bientôt réduits au Patrimoine de Saint Pierre (1806-1808) ; Pie VII est forcé de démettre le cardinal Ercole Consalvi de ses fonctions de secrétaire d’État, Rome est occupée militairement (2 février 1808) ; les États pontificaux sont annexés à l’Empire (17 mai 1809); Pie VII répond, le 10 juin 1809, par une bulle d’excommunication Quum memoranda où il fustige les « voleurs du patrimoine de Pierre, usurpateurs, fauteurs, conseillants, exécutants », ce qui lui attire de nouvelles rigueurs.

Dans la nuit du 5 au 6 juillet, le général Etienne Radet, aidé d’un millier d’hommes, gendarmes, conscrits ou soldats de la garde civique de Rome, fait appliquer des échelles au palais du Quirinal, où le pape se tenait enfermé.

Les fenêtres et les portes intérieures ayant été forcées, il arrive, suivi de ses hommes jusqu’à la pièce qui précède immédiatement la chambre à coucher du pape. Celle-ci lui est ouverte par ordre de Sa Sainteté, qui s’était levée au bruit et revêtue à la hâte de ses habits de ville.

Il soupait ; deux plats de poisson composaient tout le service. Après l’avoir écouté, le pape ne lui répond que par ces mots : « Monsieur, un souverain qui n’a besoin pour vivre que d’un écu par jour n’est pas un homme qu’on intimide aisément. » Radet réitère sa demande et le pape lui rétorque ces mots restés célèbres : « Non possiamo. Non dobbiamo. Non vogliamo » (Nous ne le pouvons pas. Nous ne le devons pas. Nous ne le voulons pas).

Sur son refus formel de renoncer à la souveraineté temporelle des États de l’Église, le général Radet l’enlève du Quirinal avec le cardinal Bartolomeo Pacca, son secrétaire d'État, le fait monter dans un carrosse escorté par des gendarmes et le conduit prisonnier à la chartreuse de Florence, puis à Alexandrie et à Grenoble. Amené ensuite à Savone, le pape y sera gardé comme un véritable prisonnier d’État jusqu’en juin 1812.

Son geôlier, Antoine Brignole-Sale préfêt de Montenotte, aristocrate génois d'une grande famille à laquelle le souverain pontife marquera beaucoup d'attention, s'acquitte de sa tâche en obtenant tant les éloges de l'empereur que l'amitié du pape qui le surnomme alors "mon bon geôlier".

Pie VII lui rendra visite après la fin de l'épopée napoléonienne dans sa somptueuse villa Brignole-Sale de Voltri.

Ne voulant pas devenir un simple haut fonctionnaire de l’État français, il refuse de toucher les 2 millions de revenus que lui assure le décret par lequel Rome était annexée à l’Empire, proteste de nouveau contre la conduite de Napoléon et refuse constamment de donner l’institution canonique aux évêques nommés par l'Empereur.

Avant de quitter le Quirinal, il avait ordonné de détruire son anneau du pêcheur afin qu'aucun usurpateur ne pût s'en servir à son insu.

Ce sera l'unique occasion en 2000 ans où l'anneau du Pêcheur sera détruit du vivant d'un pape encore régnant.

Sur ces entrefaites, l’Empereur, ayant appelé à Paris treize cardinaux pour assister à son mariage avec Marie-Louise d'Autriche et ayant éprouvé un refus, il signe l’ordre de leur exil et leur assigne des résidences séparées. Profondément irrité de ne rien obtenir du pape pour les affaires ecclésiastiques, il se résout à se passer de lui en convoquant à Paris un concile national (1811), interdit à Pie VII de communiquer avec les évêques de l’Empire, le menace d’une déposition et lui envoie à Savone, pour lui arracher une adhésion aux actes de ce concile, une députation d’évêques, qu’il reçoit avec une grande sévérité et qui ne peut rien obtenir de lui.

En 1812, avant de partir pour sa funeste campagne de Russie, Napoléon fait transférer secrètement Pie VII à Fontainebleau. Le 12 juin 1812 le docteur Balthazard Claraz sauve la vie du pape Pie VII, alors que, malade et épuisé, il venait de recevoir l'extrême-onction à l'hospice du col du Mont-Cenis lors de son transfert de Savone à Fontainebleau.

Le 20 juin 1812, le pape Pie VII arrive au château de Fontainebleau. Le docteur Claraz assistera le Saint-Père pendant les deux premiers mois de sa captivité, en tant que médecin chirurgien.

Le souverain pontife y restera enfermé pendant les dix-neuf mois qu'y durera sa déportation. Du 20 juin 1812 au 23 janvier 1814, le Saint-Père n'est jamais sorti de son appartement. Pendant ces longs mois, Pie VII appelle Napoléon « mon cher fils », et il ajoute : « un fils un peu têtu, mais un fils quand même », ce qui déconcerte totalement l'Empereur.

Vaincu par l’opiniâtreté de l’Empereur et par l’obsession de certains cardinaux, le malheureux pontife consent à signer, le 25 janvier 1813, un nouveau concordat, par lequel il abdique sa souveraineté temporelle, une partie de son autorité spirituelle, et consent à venir résider en France (Napoléon avait prévu d'installer la résidence du pape dans l'île de la Cité, à Paris).

Toutefois, à l’instigation de Consalvi et de Pacca, il se rétracte peu de temps après, le 24 mars 1813, et est de nouveau traité en prisonnier d’État.

Napoléon entreprend alors des contacts directs avec son prisonnier, alternant flatteries et menaces. Pour toute réponse, le pontife, qui a cerné son jeu, lui répond « Commediante ! Tragediante » (« Comédien ! Tragédien ! »).

Le 19 janvier 1814, Napoléon, qui accumule les défaites militaires, est contraint de restituer ses États au pape.

Le 23 janvier, Pie VII quitte Fontainebleau et les cardinaux sont disséminés dans différentes villes de France.

Après un bref séjour à Savone, puis à Bologne, il rentre triomphalement à Rome le 24 mai 1814 et s’empresse de rétablir son ami Ercole Consalvi dans les fonctions de secrétaire d’État qu’il avait dû abandonner en 1806 sous la pression de Napoléon.

Son retour au Vatican a lieu le 24 mai 1814.

Cependant, il lui faudra encore une fois quitter la ville, pour se réfugier à Viterbe puis à Gênes, lorsque Murat, roi de Naples, envahira les États pontificaux pendant la campagne des Cent-Jours.

Pie VII retournera définitivement dans son palais du Quirinal le 22 juin 1815.

Il sera le dernier Pape avant Jean-Paul II à fouler le sol français.

Les dernières années

Avec l'aide de son secrétaire d'État, le pape renoue des relations diplomatiques avec tous les souverains d'Europe et enseigne personnellement le pardon. Comme l’écrit l’historien Marc Nadaux :

« Différents souverains rendent bientôt visite au pape de Rome : l’empereur d’Autriche en 1819, le roi de Naples en 1821, le roi de Prusse en 1822. Ceci confère à Pie VII le statut d’interlocuteur auprès des puissances européennes de la restauration. Le souverain pontife dans sa grande mansuétude accorde même l’hospitalité à la famille Bonaparte, à « Madame Mère », mère de l’Empereur en exil, à ses frères Lucien et Louis ainsi qu’à son oncle, le cardinal Fesch. Il intervient d’ailleurs auprès des autorités anglaises afin que les conditions de captivité de Napoléon soient plus clémentes. Pie VII lui envoie bientôt un aumônier, l’abbé Vignali. »

La dernière phrase de sa lettre au gouvernement anglais dont il sollicite la clémence mérite d'être citée : "Il ne peut plus être un danger pour personne. Nous ne voudrions pas qu'il devienne une source de remords"

Le 6 octobre 1822, une bulle papale restaure 30 diocèses en France. C'est après de longues tractations avec le gouvernement de Louis XVIII que Pie VII accepte de restaurer 30 des diocèses supprimés lors de la Constitution civile du clergé pendant la Révolution française.

D'un point de vue politique, au cours des années 1815 à 1823, Pie VII restera fidèle aux réformes libérales d'inspiration française qu'il avait lancées dans les années 1800 à 1809.

Il abolit les privilèges de la noblesse dans les cités pontificales, promulgue un nouveau code civil et pénal, réorganise l'éducation et assainit les finances.

Parallèlement, il conclut des concordats avec la France, la Bavière et la Sardaigne (1817), la Prusse (1821), le Hanovre (1823).

Action théologique et doctrinale

Très occupé par les questions politiques d'une époque agitée, Pie VII n'a pas opéré de grandes réformes doctrinales et n'a pas eu un poids théologique considérable dans l'Histoire de l'Église bien qu'il soit le premier à ratifier une forme de séparation entre l'Église et l'État qui est sans doute la plus importante rupture, depuis Constantin, dans l'histoire du catholicisme.

Le 15 mai 1800, juste après son élection, il écrit l'encyclique Diu Satis qui en appelle à un retour aux valeurs de l'Évangile.

Dans le domaine liturgique, il a accordé en 1801 une indulgence apostolique aux louanges en réparation des blasphèmes, récitées par les catholiques lors de la bénédiction du Saint-Sacrement.

En 1814, la fête, le 15 septembre, de Notre-Dame des Douleurs a été transformée fête catholique universelle.

Dans son encyclique Ecclesiam a Jesu Christo, il condamne le 13 septembre 1821 la franc-maçonnerie ainsi que le mouvement du carbonarisme, une société secrète aux revendications libérales.

Pie VII a canonisé deux saints : Angèle Mérici (1807) Francis Caracciolo (1807) et béatifié Peregrino de Falerone (1821)

Il a réorganisé la Congrégation pour la Propagande de la Foi qui allait jouer aux 19ème et 20ème siècle un rôle crucial dans l'effort missionnaire de l'Église.

En 1822, il ordonne au Saint Office d'accorder son imprimatur aux œuvres de Canon Settele où les théories de Copernic sont présentées comme un acquis de la physique et non plus comme une hypothèse.

Il a aussi créé les premiers diocèses d'une nouvelle Nation : les États-Unis d'Amérique. Il crée en 1808 les diocèses de Boston, New York, Philadelphie et Bardstown. Il y a ajouté en 1821 les diocèses de Charleston et Richmond et en 1821 celui de Cincinnati.

Il sera le dernier pape à avoir sa résidence au palais du Quirinal. À partir de son successeur, Léon XII jusqu'à nos jours, les papes résideront au Vatican.

Action culturelle et pédagogique

Homme très cultivé, Pie VII s’est distingué par son souci permanent d’embellir Rome et de sauvegarder son passé.

En 1802, il fait commencer les fouilles archéologiques du port d’Ostie qui ont mis au jour un ensemble de ruines remarquables : voie d'accès bordée de tombeaux, rues, thermopolium, magasins, thermes, palestre, caserne des vigiles, théâtre, forum, basilique, curie, marchés, sanctuaires, temple capitolin. Il fait aussi entreprendre des fouilles sur le lac Trajan.

En 1807, il a fait entreprendre de grands travaux de soutènement, de construction de murs de briques et d’arcs-boutants pour sauver le Colisée de la ruine.

Il fit aménager les abords de l’arc de Constantin, fit construire la fontaine de Monte-Cavallo, fit aménager la place du Peuple (Piazza del Popolo) et fit élever l’obélisque du mont Pincius.

Sous le règne de Pie VII, Rome devint le lieu de rendez-vous d’artistes majeurs dont il soutint la création artistique. Il faut citer le vénitien Canova, le Danois Bertel Thorvaldsen (belle ouverture d’esprit puisque il était protestant), l’autrichien Führich et les Allemands Overbeck, Pforr, Schadow et Cornelius.

Pie VII a ajouté de nombreux manuscrits et de nombreux volumes imprimés à la Bibliothèque Vaticane, a fait rouvrir les collèges anglais, écossais et allemand et a fait ouvrir de nouvelles chaires au Collège romain.

Il a aussi fait construire de nouvelles salles au musée du Vatican et fait bâtir la partie qu’on nomme Braccio Nuovo, inaugurée en 1822 et qui est aussi nommée musée Chiaramonti en l’honneur de son instigateur. Il contient des statues romaines et des copies de statues grecques originales; le sol est parsemé de mosaïques.

Pour l'anecdote, c'est aussi Pie VII qui fit adopter le drapeau jaune et blanc qui continue à être celui du Vatican.

La restauration des jésuites

En 1773, la Compagnie de Jésus avait été supprimée par le pape Clément XIV par le bref Dominus ac redemptor du 21 juillet 1773, exécuté le 16 août. Il fut mis en œuvre dans tous les pays catholiques, mais certains pays, essentiellement la Russie ou la Pologne sous domination russe, ne le mirent pas en œuvre.

Le 7 mars 1801, le pape Pie VII publia le bref Catholicae fidei, approuvant l'existence de la Compagnie de Jésus en Russie et autorisant la Compagnie à élire un supérieur général pour la Russie. Ce fut la première étape vers la Restauration.

L'ordre fut restauré le 7 août 1814 par Pie VII par la bulle Sollicitudo omnium ecclesiarum.

Le 7 août 1814, le pape Pie VII célébra la messe dans l'église du Gesù à Rome, qui est dédiée à saint Ignace de Loyola, fondateur de la Compagnie de Jésus, et qui renferme son tombeau.

Par la suite il fit lire la bulle qui reconstituait l'ordre dans le monde entier.

En même temps, il nomma Tadeusz Brzozowski « supérieur général de la Compagnie de Jésus ».

Le combat contre l'esclavage

En 1814, le pape rentre à Rome et, avec l'aide du cardinal Consalvi, il renoue des relations diplomatiques avec l'ensemble des nations européennes. Il est même invité au Congrès de Vienne qui se tient en février 1815.

Il ne s'y rendra pas personnellement, mais il entretient une correspondance suivie avec les chefs d'État européens.

Une de ses préoccupations est l'abolition de l'esclavage.

Lui qui a vécu cinq années de privation de liberté et d'humiliations diverses est devenu particulièrement sensible à cette question.

Dans une lettre du 20 septembre 1814 au roi de France, il écrit :

"Pour bien se situer dans le sens des obligations morales, la conscience religieuse nous y pousse; c'est elle en effet qui condamne et réprouve ce commerce ignoble par lequel les Noirs, non comme des hommes, mais simplement comme des choses vivantes, sont pris, achetés, vendus et pressurés jusqu'à la mort par des travaux très durs pour une vie déjà misérable"

Dans la même lettre, il interdit :

"à tous les ecclésiastiques ou laïques d'oser soutenir comme permis ce commerce des Noirs, sous quelque prétexte ou couleur que ce soit."

Il écrit des lettres semblables aux rois d'Espagne, du Portugal et du Brésil pendant de longues années.

En 1823, par exemple, il écrit au roi du Portugal :

"Le pape regrette que ce commerce des noirs, qu'il croyait avoir cessé, soit encore exercé dans certaines régions et même de façon plus cruelle. Il implore et supplie le roi du Portugal qu'il mette en œuvre toute son autorité et sa sagesse pour extirper cette honte impie et abominable"

Ses successeurs immédiats ne porteront guère ce message et il faudra attendre Grégoire XVI pour que cette condamnation ferme soit de nouveau prononcée.

Disparition du pape

Affaibli par son grand âge, Pie VII se déplaçait de plus en plus difficilement. Dans la nuit du 6 au 7 juillet, 14 ans jour pour jour après son enlèvement par le général Radet, le pape qui avait été laissé seul malgré les recommandations de son ami Consalvi, voulut se lever de son fauteuil en s’appuyant sur son bureau, mais ses forces le trahirent et il tomba lourdement sur le sol de marbre, se fracturant le col du fémur de la jambe gauche.

Aussitôt, Louis XVIII lui fit envoyer un lit mécanique pour soulager sa souffrance. Mais le 19 août, son état s’aggrava et il ne prononça plus que des mots en latin à voix basse, signe qu’il était constamment en prières.

Le 20 août à cinq heures du matin, alors qu’il venait d’entrer dans sa 81e année, Pie VII rendit son dernier souffle à son fidèle Ercole Consalvi et son âme à Dieu après un règne de 23 ans, cinq mois et six jours.

On procéda immédiatement à l’embaumement du pape dont les entrailles furent portées à la basilique Sainte-Anastasie, l'Anneau du pêcheur fut brisé (pour la seconde fois !) et le pape fut exposé au palais du Quirinal, revêtu de la soutane blanche et de la croix pectorale.

Une foule immense et attristée recouvrit bientôt la place de Monte-Cavallo pour lui rendre un dernier hommage.

Le lendemain, 22 août, la dépouille du pape fut transportée au Vatican à travers une foule tout aussi dense.

Les funérailles du pape durèrent neuf jours comme c’est la coutume (d’où l’expression Novendiali).

Le neuvième jour, on scella le cercueil de plomb où était enfermé le pape en habits pontificaux avec une bourse contenant les monnaies et médailles de son règne. Il fut placé de façon transitoire dans la niche contenant les restes de son prédécesseur Pie VI.

Par testament, son fidèle Ercole Consalvi avait stipulé que tous les cadeaux qu’il avait reçus de monarques étrangers au cours de sa carrière diplomatique devaient être vendus et que le produit de la vente devait servir à terminer les façades de plusieurs églises de Rome, à faire des présents posthumes à ses amis, à offrir une prime à ses domestiques, à soulager les pauvres de la ville et faire ériger dans la basilique Saint-Pierre un monument funéraire à son maître et ami Pie VII.

Il en fut fait selon sa volonté et le danois Bertel Thorvaldsen construisit dans l’un des transepts gauches, à l’angle du promenoir de Michel-Ange, dans la chapelle dite Clémentine, un monument représentant Pie VII, le visage grave, entouré de deux figures allégoriques : la Force et la Sagesse et des génies de l’Histoire et du Temps.

La dépouille de Pie VII y fut transférée en 1825.

Pour l’anecdote, le monument funéraire de Pie VII est la seule œuvre d’art de la basilique Saint-Pierre à avoir été réalisée par un artiste non catholique (Thorvaldsen était protestant).

Le successeur de Pie VII sera le pape Léon XII.

Le bilan d'une vie

Face à l’histoire globale, Pie VII et son prédécesseur Pie VI (qui totalisent à eux seuls 47 ans de règne) se trouvent à la charnière entre l’Ancien Régime et l’éclosion d’un monde nouveau, industriel, marqué par les nationalismes, les aspirations à la démocratie et au pluralisme de pensée.

C’est la fin de la lutte entre le pape et l’Empereur, initiée au Moyen Âge et c’est l’Empereur (le pouvoir civil) qui, malgré la résistance désespérée des pontifes du XIXe siècle, va s’imposer.

Dès 1870, Rome devient la capitale du tout nouveau Royaume d’Italie et, réfugié au Vatican, le pape s’y considère comme un prisonnier.

En 1929, les accords de Latran réduisent le pouvoir temporel du pape au minuscule État du Vatican et la plupart des États occidentaux, au XXe siècle, officialiseront constitutionnellement la liberté religieuse et la prééminence du droit civil.

L'Église devient une institution parmi d'autres et son enseignement devra lutter pour s'imposer parmi de nombreuses autres options philosophiques et religieuses qui structurent des sociétés urbaines à tous niveaux métissées.

En ce sens, l’homme qui avait été couronné d’une tiare de carton n’a remporté sur Napoléon qu’une victoire éphémère et son combat nous semble aujourd’hui d’arrière-garde.

Face à l’histoire de l’Église catholique, Pie VII n’a pas laissé non plus de traces majeures. Quoique très pieux, il n’a guère entrepris de réformes doctrinales et ses écrits théologiques sont rares, voire inexistants.

C’est plutôt par sa personne elle-même que Pie VII a marqué son temps et qu’il attire aujourd’hui encore l’attention tant ses qualités paraissent exceptionnelles.

Par son pacifisme. Comme évêque, il fera tout pour éviter les révoltes contre l’envahisseur et toute la violence qui l’aurait accompagnée.

Au général Radet venu l’arrêter, il demande si aucun sang n’a été versé, puis, rassuré, il le suit.

À aucun moment de sa captivité, il n’incitera les catholiques à une résistance violente et ne se départira jamais d'une absolue neutralité dans les conflits armés de son époque.

Une fois rentré à Rome en 1814, aidé d’Ercole Consalvi, il développera une intense activité diplomatique visant notamment à encourager la coexistence pacifique entre les États européens et les religions.

Par son humilité. Pie VII luttera longtemps, à la fin du conclave, contre l’idée d’être choisi. Sa discrétion en matière doctrinale procède sans doute de la même modestie.

Lors de sa captivité à Fontainebleau, il insiste pour laver et repriser lui-même sa soutane.

Lors de ses nombreux transferts au cours de sa déportation, il revêt la bure noire des bénédictins afin de passer inaperçu. Un soldat chargé de le garder lors de sa captivité à Savone écrit de lui le 10 janvier 1810 :

« Moi, qui étais l’ennemi des prêtres, il faut que je confesse la vérité, car j’y suis obligé. […] Depuis que le pape est relégué ici, dans ce palais épiscopal et gardé à vue non seulement par nous mais aussi, à l’intérieur de la maison, je peux vous dire que ce saint homme est le modèle de l’humanité, de la modération et de toutes les vertus sociales, qu’il se fait aimer de tous, qu’il adoucit les esprits les plus forts et fait devenir amis ceux-là mêmes qui sont les ennemis les plus implacables. Le Pape passe presque tout son temps en prière, souvent prostré et la face contre terre, et le temps qui lui reste, il s’occupe à écrire ou à donner audience »

Si l'on excepte sa consommation immodérée de tabac à priser, on ne trouve à son propos que des louanges dans la bouche même de ses ennemis.

Par son intégrité. Contrairement aux habitudes de népotisme de nombre de ses prédécesseurs, Pie VII veillera toujours à ne favoriser en rien les membres de sa famille. À son frère Grégoire, il n'accorde qu'une pension de 150 écus par mois et à son neveu orphelin, il n'accorde qu'une microscopique propriété à Césène.

Par sa dimension intellectuelle. L’humble Pie VII est en réalité un brillant intellectuel aux intérêts très variés. Polyglotte (italien, français, anglais, latin), traducteur remarquable (des œuvres de Condillac notamment) et excellente plume (de nombreuses lettres en témoignent), Pie VII a consacré de nombreuses années de sa vie à lire, à étudier (il a été bibliothécaire pendant neuf ans du collège San Anselmo) et à enseigner (à l’abbaye de San Giovanni de Parme, au collège San Anselmo et à l’abbaye de Santa Maria del Monte). Sa bibliothèque privée (conservée à la Biblioteca Malestiana de Césène) est étonnante. Plus de 5000 ouvrages dont des Codex du Moyen Âge (59), des ouvrages d’histoire, d’archéologie, de numismatique, d’économie politique et de sciences. Comme l’écrit Jean Leflon qui a eu accès à cette bibliothèque, « c'est aussi un homme d'étude par goût, avec une prédilection marquée pour les sciences, comme en témoigne sa bibliothèque papale conservée à la Malatestienne de Césène où abondent les ouvrages consacrés à celles-ci. Nous savons qu'il souscrivit à l'encyclopédie raisonnée des Sciences et des Arts [...]. En théologie, en philosophie, dom Gregorio recourt aux méthodes positives; il osa même patronner la méthode de Condillac [...] »

En fait, c’est à tous les niveaux, même personnel, que Pie VII est à la charnière de l’Histoire et toute sa personne est un paradoxe vivant.

En examinant sa bibliothèque, l’on peut à peine deviner qu’elle appartient à un religieux d’autant que de nombreux livres y sont condamnés par l’Église.

Et l’on peut moins encore imaginer que cet homme curieux et progressiste va devenir pendant 23 ans le chef d’une Église dont il défendra becs et ongles l’enseignement, les traditions et le pouvoir princier.

Par son action politique. En rétablissant les jésuites, Pie VII réhabilite un Ordre intellectuel et progressiste.

Il semble que sa signature du Concordat ne soit pas une façon de se plier à Napoléon, mais qu’elle correspondait à ses convictions profondes.

En combattant l’esclavage, il est en avance d’un siècle sur son temps et ne se fait pas que des amis parmi les autres monarques européens.

En établissant à Rome la liberté de commerce, en ouvrant la Curie à des collaborateurs laïques (1800-1806), en tissant des relations diplomatiques avec la Russie, l’Angleterre, les États-Unis, des pays non catholiques, en réorganisant les écoles dans les États Pontificaux et en y abolissant la féodalité, Pie VII est résolument un pape du progrès inspiré des Lumières.

Par son action culturelle. Pendant toute sa vie monastique, dom Gregorio tentera de rénover l’idéal monastique de son ordre et travaillera à y moderniser l’enseignement. Une fois devenu pape, il travaillera à mettre en valeur le passé antique de Rome (fouilles archéologiques du port d’Ostie, travaux de restauration du Colisée) et d’embellir la ville (abords de l’arc de Constantin, fontaine de Monte-Cavallo, Piazza del Popolo, obélisque du Mont Pincius). Il créera un musée consacré à l’Antiquité, créera ou fera rouvrir des écoles et fera enrichir considérablement la Bibliothèque vaticane.

Il invitera aussi à Rome de nombreux artistes sans distinction de provenance ou de religion (nombre d'entre eux sont protestants), ce qui témoigne, vu l’époque et sa fonction, d’une grande ouverture d’esprit.

Par son humanité. Totalement dénué d’ambition personnelle, ami fidèle (des cardinaux Pacca et Consalvi notamment), sobre (il avouait vivre d’un écu par jour), pieux, doux (jamais il n’élevait la voix), discret, modeste, généreux (il dépense tous ses revenus d'évêque à soulager les pauvres de son diocèse), ferme au point de risquer sa vie pour défendre ses convictions (sa résistance à Napoléon est à cet égard exemplaire), Pie VII brille aussi par sa grandeur d’âme (il a recueilli à Rome toute la famille Bonaparte et insisté pour que la captivité de l'Empereur déchu soit adoucie). Sans doute vaut-il mieux de laisser la parole à ce sujet à Napoléon Bonaparte, son principal adversaire qui, dans ses Mémoires de Sainte-Hélène, écrit ces mots étonnants :

« C’est véritablement un bon, doux et brave homme. C’est un agneau, un véritable homme de bien, que j’estime, que j’aime beaucoup et qui, de son côté, me le rend un peu, j’en suis sûr … »

Il semble que le souverain sans armes était une incarnation si forte des vertus évangéliques que même l’Aigle Rapace se trouvait désarmé face à lui.

Et que Pie VII est donc sans doute l’un des plus grands papes de l’Histoire, non à cause de son action sur cette Histoire dont il ne parviendra que très temporairement à infléchir le cours, mais simplement du fait des immenses qualités de sa personne.

Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Pie_VII