Marie-Eugène de l'Enfant Jésus

Marie-Eugène de l'Enfant Jésus

Marie-Eugène de l'Enfant-Jésus


Henri Grialou, plus connu sous son nom de religion Marie-Eugène de l'Enfant-Jésus, né le 2 décembre 1894 au Gua en Aveyron et mort le 27 mars 1967 à Venasque dans le Vaucluse, est un religieux de l'Ordre du Carmel, fondateur de l'Institut Notre-Dame de Vie.

Son procès de béatification est en cours depuis 1985.

Le Vatican a annoncé que sa béatification aurait lieu le 19 novembre 2016 à Avignon.

 

Biographie

Enfance et études

Né au Gua, quartier d'Aubin, dans une famille d'origine rurale modeste et catholique fervente du bassin minier de Cransac, Henri Grialou est le fils d'Auguste Grialou (1860-1904), un mineur du bassin houiller ; son père meurt d'une pneumonie en 1904 alors qu'Henri est à peine âgé de dix ans, et l'enfant magnifiera alors la figure maternelle ; sa mère, née Marie Miral, se consacre à l'éducation de ses cinq enfants (2 garçons et 3 filles).

Il fait une partie de ses études chez les Pères du Saint-Esprit de Suse, en Italie.

Il entre en octobre 1908 au petit séminaire de Graves puis, en 1911, au grand séminaire du diocèse de Rodez.

Devançant volontairement l'appel pour le service militaire en 1913, il se trouve encore sous les drapeaux quand éclate la déclaration de la guerre.

Il obtient le grade de lieutenant dans le 122e Régiment d'infanterie de Rodez, et il combat pendant toute la Première Guerre mondiale : il participe aux terribles batailles de l'Argonne, à Verdun et au Chemin des Dames et reçoit plusieurs décorations pour bravoure. Il s'occupe également de l'instruction des nouvelles recrues.

Il est démobilisé en 1919.

L'année suivante pendant la retraite de préparation à l’ordination au sous-diaconat, Henri Grialou lit un Abrégé de la vie de saint Jean de la Croix.

Cette lecture lui semble d'abord « insipide », mais un appel intérieur à entrer au Carmel s'impose vigoureusement à lui malgré les objections de plusieurs personnes de son entourage.

 

Le carme

Henri Grialou est ordonné prêtre le 4 février 1922 à Rodez, puis il est reçu dans l'Ordre du Carmel quelques jours plus tard, le 24 février, chez les Carmes déchaux au couvent d'Avon, près de Fontainebleau.

Deux ans plus tard il est au couvent des Carmes de Lille.

Il est nommé à 33 ans supérieur du Petit-Castelet à Tarascon dans les Bouches-du-Rhône.

Durant ces années, il s’adonne largement dans sa prédication à faire connaître le message de sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus récemment béatifiée (1923) puis canonisée (1925) et de saint Jean de la Croix, proclamé Docteur de l'Église (1926).

C’est en 1919 qu’il rencontre trois jeunes femmes qui ont créé un cours d’enseignement à Marseille, le cours Notre-Dame de France, à l'origine réservé au filles.

Cet établissement est aujourd'hui mixte. Leur désir de mener une vie de prière intense tout en ayant une activité professionnelle rejoint le désir du Père Marie-Eugène de diffuser l’enseignement du Carmel.

De cette rencontre naît en 1932 le groupement qui, constitué d'abord en fraternité du Tiers-Ordre carmélitain, deviendra, près de 15 ans plus tard, l'Institut Notre-Dame de Vie.

 

Définiteur et Fondateur

Parallèlement aux débuts du groupement, le père Marie-Eugène remplit diverses missions : prieur du couvent des Carmes à Agen (1932-1936), puis de celui de Monaco (1936-1937), mais il doit partir pour Rome, le 17 avril 1937, car il est nommé définiteur général de l'Ordre. Il le restera jusqu'en 1955.

Il doit cependant retourner en France pour être mobilisé le 2 septembre 1939.

Il ne retourne définitivement à Rome qu'en 1946.

Cependant sa nouvelle charge de visiteur apostolique des Carmels de France à partir de 1948 lui permet de suivre l'évolution de son institut.

De 1954 à 1955 le Père Marie-Eugène est vicaire général de l'Ordre du Carmel.

À son retour en France, il devient prieur du couvent du Petit-Castelet à Tarascon, puis provincial de la province Avignon-Aquitaine de 1957 à 1960.

Il réside définitivement à l'Institut Notre-Dame de Vie à partir de 1961. 

Réélu provincial d'Avignon-Aquitaine en 1963 (jusqu'à sa mort), il poursuit aussi la fondation de son Institut qui a été reconnu de droit pontifical le 24 août 1962.

L'année suivante, il y accueille les premières vocations masculines qui donneront naissance respectivement à la branche sacerdotale et à la branche masculine (laïque).

Il meurt le lundi de Pâques 1967, jour de la fête de son Institut.

 

Postérité

Reconnaissance par l’Église catholique

Marie-Eugène de l'Enfant-Jésus

 

Sa cause de béatification a été ouverte par l'Église en 1985 dans le diocèse d'Avignon.

Le 19 décembre 2011, le pape Benoît XVI reconnaît les vertus héroïques du Père Marie-Eugène de l'Enfant-Jésus, faisant du père un vénérable. Ultime étape avant la procédure de béatification.

Le 25 février 2016, la dépouille du Père Marie-Eugène est exhumée en présence de ses proches, de membres de l'Institut Notre-Dame de Vie, de Carmes et de Mgr Jean-Pierre Cattenoz pour constater l'état de la dépouille, nouvelle étape dans la cause de béatification.

Le Vatican a annoncé que sa béatification aurait lieu le 19 novembre 2016 à Avignon.

 

Institut Notre-Dame de Vie

Article détaillé : Institut Notre Dame de Vie.

Un ouvrage-clé de théologie spirituelle : Je veux voir Dieu

Article détaillé : Je veux voir Dieu.

Pour le Père Marie-Eugène, l'homme ne doit jamais perdre de vue le sens de sa destinée surnaturelle et éternelle : « Ne nous laissons pas troubler par les appels qui viennent du prince de ce monde qui voudrait faire de ce monde un paradis, y établir des conditions telles qu'elles nous fassent oublier Dieu, oublier la vie éternelle », dit-il dans une homélie ; il ne cessera de dénoncer la ruse diabolique de l'humanisme athée pour lui opposer la doctrine catholique de la Providence.

Son ouvrage, Je veux voir Dieu, a été écrit en 1947 et a reçu l'imprimatur en 1949 ; il a été tiré à plus de 68 000 exemplaires et son titre complet est : La Spiritualité Thérésienne : Je veux voir Dieu. L'idée de ce livre est de faire un rapprochement entre d'abord l'action de Dieu sur chaque personne, puis l'activité de l’Âme et enfin symboliquement, le Christ.

Le livre décrit progressivement les sept Demeures de l’Âme, en prenant pour appui et référence l'expérience mystique vécue par sainte Thérèse d'Avila et qu'elle a décrit dans son ouvrage Le Château intérieur. L’Âme, dans sa quête de Dieu, va cheminer progressivement de la première Demeure (vie spirituelle presque éteinte) vers la 2e Demeure (Effort vigoureux et douloureux d'ascension), puis la 3e Demeure (Triomphe de l'activité raisonnable), la 4e Demeure (Nuit des sens), la 5e Demeure (Union de volonté). Ensuite, et si l’Âme continue à persévérer dans sa progression, viennent les 6e et 7e Demeures (Nuit de l'esprit : Formation du saint et de l'apôtre) et enfin Union transformante.

La lecture de ce livre est on ne peut plus facile et agréable parce que le langage n'est pas celui de la théologie mais celui de la vie et de l'Amour comme tout un chacun peut l'exprimer. Le livre s'adresse directement et questionne l’Âme du lecteur (un peu comme si c'était l’Âme elle-même qui lisait le livre) et au fur et à mesure des descriptions faites des Demeures, l’Âme du lecteur reconnaît facilement la Demeure qui est sienne et peut ensuite imaginer (visualiser) ce qu'elle devra encore entreprendre pour arriver aux 7e Demeures où il ne s'agit pas moins que d'être en Union totale au Christ, dans « l'envahissement divin complet. »

Il y est notamment écrit au niveau des "faveurs extraordinaires" : « En même temps, l'union de l’Âme avec Dieu se contracte au centre le plus intime de l’Âme qui doit être la demeure où Dieu lui-même habite, et où, ce me semble, il entre sans qu'il ait besoin de passer par aucune porte. » Quant aux "fiançailles spirituelles", il est écrit : « La nuée divine s'élève vers le ciel, emporte l’Âme à sa suite et commence à lui découvrir les splendeurs du royaume qui lui est préparé. »

Source :

Marie-Eugène de l'Enfant-Jésus


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