Amour
Dans le christianisme
Amour révélé
Le christianisme « se définit comme religion du Verbe incarné et de l'amour révélé ».
La révélation chrétienne tient en ceci : « Dieu est Amour » et rien d'autre (1Jn4, 8.16). Cet énoncé constitue le cœur du discours chrétien sur Dieu : « Dieu interprété comme amour ; en cela consiste l'idée chrétienne ».
Selon Laurent Gagnebin, « dans les religions en général, [Dieu] commence avant tout par être compris comme un Dieu terrifiant, redoutable, très éloigné du Dieu d'amour révélé par Jésus-Christ et qui caractérise aujourd'hui encore tout le christianisme. »
Amour partagé : amour du prochain
L'amour du prochain est la réponse à cet amour reçu :
« Je vous donne un commandement nouveau : aimez-vous les uns les autres ; comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres. À ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l'amour les uns pour les autres. »
— Évangile de Jean Chapitre 13, 34-35
Lorsqu'un Juif demande à Jésus : qui est mon prochain ? Jésus, par la parabole du bon Samaritain, signifie que le prochain est aussi l'étranger, l'ennemi, sans considération de religion. (Évangile selon Luc chapitre 10, 29-37). Ailleurs, Jésus appelle à l'amour des ennemis : « Aimez vos ennemis et faites du bien à ceux qui vous haïssent. Bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous diffament. » (Luc 6, 27-28).
Dans le christianisme, seul le commandement de l'amour est sacré, est volonté de Dieu. Tout le reste, notamment la Loi juive et les autres règles, est rendu relatif à ce seul commandement. L'Évangile selon Matthieu, notamment, l'exprime nettement - en reprenant les deux principales lois d'amour du judaïsme à l'égard de Dieu et de son prochain - lorsqu'un prêtre érudit (docteur de la Loi) s'adresse à Jésus :
« Et l'un d'eux, docteur de la loi, lui demanda pour l'embarrasser :
« Maître, quel est le plus grand commandement de la Loi ? »
Il lui dit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit.
C'est là le plus grand et le premier commandement.
Un second lui est égal : tu aimeras ton proche comme toi-même.
En ces deux commandements tient toute la Loi, et les Prophètes. » »
— Évangile de Mathieu chapitre 22, 35, 40
La recherche de l'amour du prochain, inextricablement liée à l'amour de Dieu, est le fondement de la relation humaine dans la Bible. Le rôle de l'Église et des Écritures est d'ouvrir le cœur des êtres humains (leur conscience) pour qu'il puisse vivre cet amour toujours plus profondément.
Précisions sur ce qu'est l'amour
Victoire de l'Amour sacré sur l'Amour profane, tableau de Giovanni Baglione (vers 1602)
On entend trop souvent dire que l'Ancien Testament révélerait un Dieu de violence alors que le Nouveau Testament révélerait un Dieu d'amour ; que les chrétiens vivraient sous la « loi de l'amour » alors que les juifs vivraient dans l'« amour de la Loi »... Autant d'oppositions qui alimentent l'idée fausse que judaïsme et christianisme n'auraient rien en commun. Cependant, les paroles de Jésus sur l'amour reprennent exactement celles du Deutéronome et du Lévitique, principes fondamentaux de la Loi juive de l'amour de Dieu et l'amour du prochain.
Pour certains, l'amour du prochain se définit comme une force intérieure qui pousse un être humain à rechercher la paix et à la partager avec les autres. Le désir d'amour se traduit par celui d'être avec l'autre ou les autres, celui d'accepter de recevoir et de donner, celui de dialoguer, de vivre avec, de comprendre, d'accompagner, etc.
Selon L'apôtre Paul : « Si je n’ai pas d’amour je ne suis rien. L'amour est patient, il est plein de bonté ; l'amour n'est point envieux, il ne se vante point, il ne s'enfle pas d'orgueil. Il ne fait rien de malhonnête. Il ne cherche point son intérêt, il ne s'irrite point, il ne soupçonne point le mal. Il ne se réjouit point de l'injustice, mais il se réjouit de la vérité. Il excuse tout, il croit tout, il espère tout, il supporte tout. L'amour ne meurt jamais ».
L'amour dont parle le christianisme se nomme parfois charité (du latin caritas), terme qui le distingue de l'amour érotique ou de l'amitié, et qui comporte, dans son sens religieux initial, une dimension transcendante. Il ne dépend pas du sentiment, mais de la volonté en lien avec l'intelligence. Le pape Benoît XVI proclame : « Ce n'est que dans la vérité que l'amour resplendit et qu'il peut être vécu avec authenticité. (…) Dépourvu de vérité, l'amour bascule dans le sentimentalisme. (…) Il est alors la proie des émotions et de l'opinion contingente des êtres humains ; il devient un terme galvaudé et déformé jusqu'à signifier son contraire. La vérité libère l'amour des étroitesses de l'émotivité qui le prive de contenus relationnels et sociaux, et d'un fidéisme qui le prive d'un souffle humain et universel ». (La charité a parfois pris le sens d'une sorte de pitié paternaliste : ce sens est très loin du sens de l’Évangile).
Lanza del Vasto précise : « La Charité est un amour conscient partant de la connaissance de soi et de la reconnaissance de soi en autrui. (…) C'est un amour « théologal », c'est-à-dire « découlant de la connaissance de Dieu ». C'est la découverte dans l'âme de tout homme de "l'image et ressemblance de Dieu"(cfr Genèse 1, 26) déposées en elle comme en nous-mêmes ». « Apprends à aimer non parce que ton cœur incontinent déborde, mais pour répondre au commandement de Dieu. Apprends la charité virile qui possède des paroles sévères pour ceux qui t'aiment, sereines pour ceux qui te combattent, chaudes pour ceux qui faiblissent, fortes pour ceux qui souffrent, claires pour les aveugles, écrasantes pour les orgueilleux, un seau d'eau et un bâton pour ceux qui dorment. L'amour qui demande et qui pleure, tue-le ; l'amour qui étreint et qui force, tue-le. Apprends l'amour qui n'attend rien du monde mais rayonne de par sa vertu propre, l'amour qui insuffle force à la personne aimée, et l'amène à la délivrance ».
Le pape François a rappelé ce commandement en conclusion de son message pour la Journée mondiale de la paix 2014, en soulignant que l'amour se traduit par la fraternité, qui est « fondement et route pour la paix », qui est avec la liberté et l'égalité, l'une des trois vertus républicaines fondatrices de la conception contemporaine des droits de l'homme, comme l'a souligné le pape Jean-Paul II dans une homélie lors de son premier voyage en France en 1980.
L'étude de l’Évangile selon Marc amène Benoît et Ariane Thiran à préciser ce qu'est l'amour vécu-enseigné par Jésus-Christ. L'amour, ils le définissent à partir du regard (intérieur) posé sur l'autre et soi-même, regard qui cesse d'être binaire et en opposition, par exemple lorsque je me pose comme le bon, le pur, le méritant face à « l'autre » qui ne l'est pas. L'amour exige d'exister, de s'affirmer, mais sans écraser, d'interpeller l'autre mais en partant du respect le plus grand pour l'autre et en étant prêt à souffrir à l'instar du Maître.
Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Amour

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