
Luisa Piccarreta est née à Corato (Bari) en Italie, le dimanche 23 avril 1865. Elle fut baptisée le jour même.
Ses parents, Vito Nicola et Rosa Tarantino, eurent cinq filles : Maria, Rachele, Filomena, Luisa et Angela.
Nicola Piccarreta travaillait comme métayer dans une ferme du village des Murge, dans Torre Disperata, à 27 kilomètres de Corato.
Un jour, en effet, le Seigneur lui dit : " J'ai remué la terre entière, regardant une par une toutes les créatures. Je voulais choisir la plus petite d'entre elles, et c'est toi que j'ai trouvée, toi, la plus petite d'entre toutes. Tu me plaisais alors je t'ai choisie ; puis je t'ai placée sous la protection de mes anges, non pas pour qu'ils te fassent grandir, mais pour qu'ils veillent sur toi, toi si petite ; ma volonté était faite et je pouvais poursuivre mon oeuvre. Ceci n'est pas pour que tu te sentes plus grande, bien au contraire ; ma volonté te fera encore plus petite et tu resteras la petite fille de la Volonté Divine".
À l'âge de 9 ans, Luisa reçut l'Eucharistie pour la première fois, puis sa Confirmation.
La voix de Jésus accompagnait Luisa dans son cheminement : elle se détacha d'elle-même, de tout et de tous les autres.
Sa famille, voyant tous ces phénomènes, la crut malade et fit appel à la science médicale. Mais tous les médecins interpellés à son chevet ne surent résoudre son cas, un cas aussi unique que singulier.
Après avoir su ce qui se passait à Corato, l'Archevêque de l'époque, Mgr Giuseppe Bianchi Dottula (22 décembre 1848 - 22 septembre 1892), consulta plusieurs prêtres et décida de prendre sur lui la responsabilité de cette affaire.

En 1898, le nouvel Archevêque du lieu, Mgr Tommaso De Stefano (24 mars 1898 - 13 mai 1906) décida de nommer un nouveau confesseur en la personne de Don Gennaro Di Gennaro.
À la mort de son confesseur, le 10 septembre 1922, arriva un chanoine, Don Francesco De Benedictis, qui mourut le 30 janvier 1926, au bout de quatre ans de service.
Au début du siècle passé, la visite du Bienheureux Annibale Maria Di Francia dans les Pouilles fut une bénédiction pour nos populations. Venu chercher à Trani une nouvelle maison pour les hommes et les femmes de sa toute jeune Congrégation, il avait entendu parler de Luisa Piccarreta et avait décidé d'aller lui rendre visite.
En 1938, la vie de Luisa Piccarreta subit un bouleversement total : Rome la désavouait publiquement et ses écrits furent mis à l'index. À la publication de la condamnation du Saint-Office, Luisa se soumit à l'autorité de l'Eglise.
De Rome, les autorités ecclésiastiques envoyèrent un prêtre lui réclamer tous ses écrits. Elle les lui remit immédiatement, et très gentiment. Ses écrits finirent dans les Archives secrètes du Saint-Office.
Le 7 octobre 1938, sur ordre de ses supérieurs, Luisa dut quitter le couvent et se trouver un nouveau logis.
Luisa connut une existence modeste. Elle occupait un appartement en location avec sa sœur Angelina et plusieurs autres femmes pieuses.
Son détachement de tout ce qu'elle aurait pu gagner en dehors de son travail était admirable. Elle refusait l'argent et les offrandes que les autres voulaient lui donner.
L'appartement de Luisa ressemblait à un monastère. Sa porte était fermée au regard des curieux.
Sa journée commençait vers 5 heures, l'heure à laquelle arrivait le prêtre pour la bénir et célébrer la messe, celle-ci était présidée par son confesseur ou par un de ses délégués : un privilège accordé par Léon XIII et confirmé par Saint Pie X en 1907. Après la messe, Luisa restait deux heures en prière. Vers huit heures, elle commençait son travail qui durait jusqu'à midi ; à l'issue d'un repas frugal, elle se retirait dans sa chambre pour se recueillir. Dans l'après-midi - au bout de quelques heures de travail - elle récitait son chapelet. Le soir, vers 20 h., Luisa prenait son journal et se mettait à écrire jusqu'à minuit. Elle se réveillait au petit matin, le corps immobile, bloqué, toute recroquevillée dans son lit, la tête penchée vers la droite. Et il fallait attendre l'intervention du prêtre pour pouvoir l'asseoir dans son lit et qu'elle puisse reprendre sa routine.
Luisa mourut en odeur de sainteté à l'âge de 81 ans, le 4 mars 1947, au bout de quinze jours de maladie, la seule et unique maladie que l'on ait réussi à diagnostiquer: une pneumonie.
À l'annonce de sa mort, toute la population, tel un torrent en pleine crue, se déversa chez elle et il fallut faire appel aux forces de l'ordre pour contenir la foule qui, jour et nuit, venait la voir. Luisa était chère à leurs cœurs. "Luisa la sainte est morte !" s'écriait-on. Et tout le monde se précipitait. Ainsi, les autorités publiques et sanitaires acceptèrent d'exposer sa dépouille pendant quatre jours de suite, sans qu'il n'y ait aucun signe de corruption du corps. Luisa n'avait pas l'air morte. Elle était assise dans son lit, vêtue de blanc ; on aurait dit qu'elle dormait car, comme nous le disions, son corps avait perdu toute rigidité. En effet, bouger sa tête, lever ses bras, plier ses mains et tous ses doigts, ne demandait aucun effort. On pouvait même soulever ses paupières et observer ses yeux ; des yeux tout à fait brillants, absolument pas voilés. Pour tout le monde, Luisa était encore vivante, plongée dans un sommeil profond. Un conseil de médecins, convoqué pour la circonstance, prit le temps de bien examiner sa dépouille avant d'en conclure que Luisa était vraiment morte et qu'il ne s'agissait pas d'une mort apparente comme tout le monde croyait.

Luisa disait toujours qu'elle était "née à l'envers", il est donc juste que sa mort fut "à l'envers" par rapport aux autres. Elle restera donc assise, sa position habituelle, position qu'elle gardera jusqu'au cimetière.
En 1994, jour de la fête du Christ-Roi, Son excellence Monseigneur Carmelo Cassati, en présence d'une foule nombreuse de fidèles et de personnalités étrangères réunies en l'Église Mère, ouvrit officiellement le procès de béatification de la Servante de Dieu Luisa Piccarreta.
Luisa Piccarreta, née le et morte le , est une mystique italienne auteure de nombreux écrits centrés sur l'union avec ce qu'elle appelle « la Divine Volonté ». Trois de ses écrits ont été mis à l'Index en 1938 par le Saint-Office.
Un procès en béatification a été ouvert en 1994, qui a été arrêté en raison des problèmes doctrinaux soulevés par ses écrits.
Biographie
Luisa Piccarreta est née le à Corato dans la province de Bari en Italie. Elle y séjournera toute sa vie. Elle est la quatrième des cinq filles de Vito Nicola et Rosa Tarantino Piccarreta.
Elle fait sa première communion et reçoit en même temps la confirmation à l'âge de neuf ans. À onze ans, elle devient membre de l'association des Enfants de Marie Immaculée.
Vers l'âge de treize ans elle aurait eu une vision de Jésus portant sa croix et lui disant « Âme, aide-moi ». Depuis lors, elle a le désir de souffrir avec Jésus pour le salut des âmes. À l'âge de seize ans, elle fait vœu de s'offrir en sacrifice d'expiation. Elle aurait alors vécu des souffrances physiques, dont la plus marquante serait la rigidité cadavérique. Luisa est considérée, y compris par des prêtres, comme une jeune fille exaltée et névrosée qui cherche à attirer l'attention.
À l'âge de 18 ans, elle devient membre du Tiers-Ordre dominicain. Elle exerce le métier de dentellière.
Le , à l’âge de vingt-trois ans, elle aurait vécu un mariage spirituel ou mystique qui sera renouvelé le . « La Sainte Trinité prit possession de mon cœur », ainsi résume-t-elle son expérience, par laquelle elle se sent appelée à « vivre dans la Divine Volonté » et à s’en faire la messagère.
L'archevêque de Trani, Giuseppe Bianche Dottula, lui attribue un confesseur particulier, Don Michele De Benedictis. Ce dernier fixe des limites à ses mortifications en lui imposant de manger au moins une fois par jour. Jusqu'à sa mort, elle aura pour confesseurs ceux qui lui sont attribués par les archevêques successifs de Trani.
À partir du , à la demande de son deuxième directeur spirituel, Don Gennaro de Gennaro, elle commence à rédiger un journal de ses expériences mystiques dont elle poursuit la rédaction jusqu'au . Elle produit ainsi trente-six cahiers manuscrits, totalisant environ 10 000 pages, dans lesquels sont consignées les locutions intérieures qu'elle dit recevoir du Christ.
En 1910, le père Hannibal Marie Di Francia la rencontre et devient son confesseur extraordinaire et son directeur spirituel pendant 17 ans. Il la considère comme appelée à être « l’instrument pour une mission sublime qui ne peut être comparée à nulle autre – c’est-à-dire le triomphe de la Divine Volonté sur toute la terre, conformément à ce qui est dit dans le Notre Père : que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. » Elle rédige à sa demande des méditations sur la Passion du Christ qui sont publiées en 1914 sous le titre L'Orologio della Passione. Le livre est réédité à plusieurs reprises.
Le premier volume de son journal, Nel Regno dellà Divina Volontà, ainsi qu'un autre recueil de ses méditations, La Regina del Cielo nel regno della Divina Volontà, sont publiés en 1930.
Le , ces trois publications sont mises à l'Index par le Saint-Office. Elle se soumet à ce jugement en cessant complètement d'écrire à compter du . Elle remet tous ses manuscrits aux autorités ecclésiastiques.
Le , Luisa Piccarreta décède à Corato d'une pneumonie à l'âge de 81 ans. En 1993, sa dépouille est transférée au sanctuaire de la Madonna Greca à Corato.
Popularité des écrits de Luisa Piccarreta
L'Associazione Luisa Piccarretta-Piccoli Figli della Divina Volontà (Association Luisa Piccarreta - Petits Enfants de la Divine Volonté) est créée en 1981 pour diffuser les écrits de la mystique. Elle a son siège à Corato dans la maison où est morte Luisa Piccarreta. Elle est canoniquement reconnue le comme association privée de fidèles par Giuseppe Carata (it), archevêque de Trani-Barletta-Bisceglie où a vécu la mystique. Son successeur, Carmelo Cassati (it), a accédé le à la demande de l’association d’engager la cause de béatification de Luisa Piccarreta.
L’ouverture de sa cause en béatification donne lieu dans les années 1990 à un regain d'intérêt pour ses écrits, qui sont réédités, malgré leur mise à l'Index. Le journal, qu’elle a tenu de 1899 à 1938, est publié sous le titre Libro di cielo (Le Livre du Ciel) et traduit dans différents pays. En France, Le Livre du Ciel commence à être publié en 2016 aux éditions Résiac. Le 36e et dernier tome paraît en 2023. Deux autres traductions du livre sont disponibles sur Internet, mises en ligne respectivement en 2018, l'autre en 2021.
Un article de La Vie de rapporte que depuis quelques années la popularité de Luisa Piccarreta s'accroît grâce à Internet, et qu'autour des écrits de la mystique se développent de nombreux groupes de fidèles catholiques, accompagnés par des prêtres dont certains se réclament de l'héritage laissé par les pères Thomas et Marie-Dominique Philippe.
L'historien Yves Chiron, dans sa lettre d'informations religieuse d' qualifie de « piccarretamania » cet engouement observé en Italie, en France et dans d'autres pays. À l'image du « lobby » Valtorta, un lobby Luisa Piccarreta s'est constitué, lié au premier à travers l'association « Marie de Nazareth » fondée en 2001 par Olivier Bonnassies, ancien polytechnicien, converti à l'âge de 20 ans, cofondateur de la version française du site web Aleteia et co-auteur avec Michel-Yves Bolloré, frère de Vincent Bolloré, du livre Dieu, la science, les preuves paru en . Yves Chiron estime que « l’admiration d’Olivier Bonnassies pour Luisa Piccarreta et pour Maria Valtorta est sans limites ; c’est-à-dire ne tient pas compte des jugements que l’Église a portés sur elles. ».
Jugement de l’Église catholique sur ses écrits
Une lettre confidentielle est adressée en par le préfet du Dicastère pour la Cause des Saints, le cardinal Marcello Semeraro, à Benoît Bertrand, évêque de Mende, président de la Commission doctrinale de l'épiscopat français. Elle semble destinée, selon Yves Chiron, à l'information des évêques confrontés dans leur diocèse au cas de fidèles et de prêtres qui donnent foi aux écrits de Luisa Piccarreta. La lettre indique trois raisons qui ont amené le Dicastère, à l'issue d'un « examen détaillé et approfondi », à suspendre sa cause de béatification :
- « une raison théologique : car la conception de la Volonté Divine semble trop mécanique et ne laisse pas suffisamment de place à la liberté humaine, au libre-arbitre de l'homme. »
- « une raison christologique : car la doctrine de la réparation et de spiritualité victimale tient peu compte de l'amour miséricordieux et immérité du Seigneur ; elle relativise son offrande libre et gratuite pour notre salut. »
- « une raison anthropologique : en raison d'un trop grand pessimisme sur la nature humaine et d'une doctrine qui ne semble pas intégrer la Résurrection du Christ, l’espérance, la grâce sanctifiante. Cette doctrine peut donc être source de confusion pour les croyants. Cela ne préjuge pas de la conduite exemplaire et des vertus de la Servante de Dieu. »
La lettre appelle « les pasteurs de l’Église [prêtres et évêques], en ayant à l'esprit les difficultés évoquées, [à] évaluer en conséquence la diffusion populaire de tels éléments pour éviter la confusion parmi les croyants. »
En , Benoît Bertrand rend publique cette lettre du Dicastère sous la forme d'une mise en garde aux évêques de France.
Le même mois, Peter Chung Soon-taick, évêque de Séoul, interdit à un groupe de fidèles constitué autour des écrits de Luisa Piccarreta de poursuivre ses activités. L'imprimatur accordé localement aux livres de la mystique est révoqué en raison d'« un certain nombre d'erreurs dogmatiques et spirituelles qui sont incompatibles, voire en contradiction, avec la Bible et les enseignements traditionnels de l'Église [catholique] ». Cette décision fait suite à une note détaillée de la commission doctrinale de l'épiscopat sud-coréen en 2023. En , Jean-Philippe Nault, évêque de Nice invite à la vigilance sur les écrits de Luisa Piccarreta, en raison de l'existence de différents groupes « s'inspirant de sa conception de la Divine Volonté » dans son diocèse.
Procès en béatification
Par un rescrit du Saint-Siège qui accorde son nihil obstat le , une cause en béatification est ouverte par l'archidiocèse de Trani-Barletta-Bisceglie à la demande de l'Associazione Luisa Piccarretta. L'enquête diocésaine débute le . Silvia Correale (en) est la postulatrice de la cause. Cette phase diocésaine est achevée le 29 octobre 2005 et le dossier est transmis à la Congrégation pour les causes des saints. En 2007, un examen approfondi des écrits de Luisa Piccarreta est engagé pour « clarifier des difficultés d'ordre théologique ». Le , l’Associazione Luisa Piccarretta est reconnue canoniquement comme association publique de fidèles.
Le Dicastère pour la Cause des Saints a par deux fois, dont la dernière en , refusé d’accorder son nihil obstat à la poursuite de la cause en béatification en raison de problèmes doctrinaux soulevés par les théologiens et consulteurs attachés au dicastère.
En , donnant suite aux explications fournies par le postulateur, Paolo Rizzi, le Dicastère pour la Doctrine de la foi (DDF) aurait accordé son nihil obstat à la poursuite de la cause, sous la condition que la postulation établisse une édition critique et annotée des écrits de Luisa Piccarreta, afin d'éviter « certaines expressions qui conduisent facilement à des interprétations trompeuses et erronées du message chrétien », selon le communiqué du de Paolo Rizzi. D'après lui, le DDF aurait estimé, « grâce au soutien d’un théologien expert en mystique [et] aux réponses éclairantes de la Postulation », qu'« il n’y a pas d’affirmations qui soient manifestement en contradiction avec la doctrine de l’Église ». Le Vatican n'a pas confirmé cette information.
Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Luisa_Piccarreta
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