Luisa Piccarreta

Luisa Piccarreta


Luisa Piccarreta


Luisa Piccarreta est née à Corato (Bari) en Italie, le dimanche 23 avril 1865. Elle fut baptisée le jour même.


Ses parents, Vito Nicola et Rosa Tarantino, eurent cinq filles : Maria, Rachele, Filomena, Luisa et Angela.
Les trois aînées se marièrent. Angela, que l'on appelait "la petite Angela" resta célibataire et vécut aux côtés de sa sœur, Luisa, jusqu'à sa mort.


Nicola Piccarreta travaillait comme métayer dans une ferme du village des Murge, dans Torre Disperata, à 27 kilomètres de Corato.
Cette ferme appartenait à la famille Mastrorilli. Luisa y passa toute son enfance et son adolescence.
C'est dans ce lieu solitaire et ensoleillé que commença pour Luisa cette grande aventure divine qui la conduira sur les sentiers de la souffrance et de la sainteté.
C'est d'ailleurs là qu'elle subira les assauts du démon ; des souffrances indicibles dont son corps ne saura être épargné.
Pour se libérer de ses peines, Luisa se réfugiait sans cesse dans la prière, s'adressant en particulier à la Très Sainte Vierge dont la seule présence constituait pour elle une grande consolation.


Un jour, en effet, le Seigneur lui dit : " J'ai remué la terre entière, regardant une par une toutes les créatures. Je voulais choisir la plus petite d'entre elles, et c'est toi que j'ai trouvée, toi, la plus petite d'entre toutes. Tu me plaisais alors je t'ai choisie ; puis je t'ai placée sous la protection de mes anges, non pas pour qu'ils te fassent grandir, mais pour qu'ils veillent sur toi, toi si petite ; ma volonté était faite et je pouvais poursuivre mon oeuvre. Ceci n'est pas pour que tu te sentes plus grande, bien au contraire ;  ma volonté te fera encore plus petite et tu resteras la petite fille de la Volonté Divine".


À l'âge de 9 ans, Luisa reçut l'Eucharistie pour la première fois, puis sa Confirmation.
Dès lors, elle apprit à rester en prière des heures entières au pied du Saint Sacrement.
À 11 ans, elle fut Enfant de Marie - alors en pleine floraison - à l'église Saint-Joseph, puis Tertiaire Dominicaine, sous le nom de Sœur Madeleine. Sa dévotion pour la Mère de Dieu développera en elle une profonde spiritualité mariale, prélude de ce qu'un jour elle aurait écrit sur la Vierge Marie.


La voix de Jésus accompagnait Luisa dans son cheminement : elle se détacha d'elle-même, de tout et de tous les autres.
Vers l'âge de 18 ans, du balcon de chez elle, via Nazario Sauro, elle eut une vision : Jésus, souffrant sous le poids de sa croix était là, sous ses yeux. Il la regardait et lui disait : " Âme! Aide-moi !". Cette apparition suscita en elle le désir insatiable de souffrir pour Jésus et pour le salut des âmes. Commencèrent alors pour elle ces souffrances physiques qui, ajoutées aux souffrances spirituelles et morales, allèrent jusqu'à l'héroïsme.


Sa famille, voyant tous ces phénomènes, la crut malade et fit appel à la science médicale. Mais tous les médecins interpellés à son chevet ne surent résoudre son cas, un cas aussi unique que singulier.
À leur grande stupeur, Luisa, pourtant bien vivante, souffrait de rigidité cadavérique, et aucune cure au monde n'arrivait à la soulager de ses terribles souffrances.
Ayant tout essayé sur le plan médical, il ne restait plus qu'un seul espoir : les prêtres.
Ainsi fit-on appel à un prêtre augustin, le P. Cosma Loiodice, de retour chez lui après la condamnation des fameuses «lois siccardiennes» ; et, à la stupeur générale, il suffit d'un signe de croix du père sur le pauvre corps de l'infirme pour que cette dernière retrouvât tous ses moyens.
Du coup Luisa fut convaincue que tous les prêtres étaient des saints.
Or, un jour, le Seigneur lui dit : "non pas parce que ce sont des saints, mais parce qu'ils sont la continuité de mon sacerdoce dans le monde, tu dois te soumettre à leur autorité sacerdotale ; ne les contrarie jamais, bons ou mauvais qu'ils soient". Luisa se soumettra à eux toute sa vie.
Et elle en souffrira. Ce besoin quotidien d'avoir recours à eux pour redevenir normale était source de grande mortification pour elle.
Au début, c'est d'ailleurs des prêtres eux-mêmes qu'elle subira toutes les incompréhensions et toutes les souffrances les plus humiliantes.
Pour eux, Luisa était une jeune fille exaltée, une pauvre folle qui voulait attirer l'attention des autres sur elle.
Il leur arrivait parfois de la laisser dans cet état pendant plus de vingt jours.
Puis Luisa finit par accepter son rôle de victime et sa vie prit un nouveau tournant : le matin, elle se réveillait le corps raide et immobile. Recroquevillée au fond de son lit, personne n'arrivait à l'allonger. Impossible de relever ses bras, ni de bouger sa tête ou ses jambes.
Il lui fallait la présence d'un prêtre qui, en la bénissant d'un signe de croix, aurait éliminé la rigidité de son corps. Sans cela elle ne pouvait retourner à ses occupations (travail de dentelle).
Cas unique : ses confesseurs n'étaient pas ses directeurs spirituels. Une tâche que Notre Seigneur gardait pour Lui. Jésus préférait s'adresser à elle directement. Il l'éduquait, corrigeait ses fautes, et s'il le fallait, n'hésitait pas à lui faire des reproches, la portant peu à peu au plus haut sommet de la perfection. Luisa, sagement, fut instruite et préparée, pendant de longues années, à recevoir le don de la Volonté Divine.


Après avoir su ce qui se passait à Corato, l'Archevêque de l'époque, Mgr Giuseppe Bianchi Dottula (22 décembre 1848 - 22 septembre 1892), consulta plusieurs prêtres et décida de prendre sur lui la responsabilité de cette affaire.
Il délégua un confesseur personnel en la personne de Don Michele De Benedictis, un excellent prêtre auquel la jeune fille ouvrira son âme en profondeur.
Don Michele, un homme avisé, imposa des limites à ses souffrances. Luisa ne devait rien faire sans son consentement.
Il lui ordonna de manger au moins une fois par jour, tout en sachant parfaitement qu'elle aurait immédiatement tout rejeté. Luisa ne devait vivre que du Divin Vouloir.

Luisa Piccarreta

Dès lors elle reçut l'autorisation de garder son lit pour toujours, victime d'expiation.
Nous sommes en 1888. Luisa restera clouée sur son lit de souffrance jusqu'à sa mort, survenue 59 ans plus tard.
Si Luisa acceptait jusqu'ici son état de victime, elle ne pouvait cependant garder son lit toute la journée. Il lui fallait obéir aux règles de l'obéissance. À partir du 1er janvier 1899, Luisa ne quittera plus son lit.



En 1898, le nouvel Archevêque du lieu, Mgr Tommaso De Stefano (24 mars 1898 - 13 mai 1906) décida de nommer un nouveau confesseur en la personne de Don Gennaro Di Gennaro.
Celui-ci restera 24 ans à son service.
Le nouveau confesseur, percevant les merveilles que produisait le Seigneur sur cette âme, ordonna à Luisa de mettre par écrit tout ce que la Grâce de Dieu opérait en elle.
Toutes les raisons avancées par la Servante du Seigneur pour échapper à de telles obligations furent vaines : même ses capacités littéraires, très modestes, ne suffirent pas à la dispenser de faire ce qu'on lui demandait.
Don Gennaro Di Gennaro, qui avait les idées claires, ne céda pas. Il était pourtant parfaitement au courant que la pauvre fille n'avait fréquenté que l'école primaire.
Ainsi, le 28 février 1899, Luisa commença son journal, un énorme recueil de 36 volumes. Le dernier chapitre fut achevé le 28 décembre 1939, date à laquelle elle reçut l'ordre de ne plus écrire.


À la mort de son confesseur, le 10 septembre 1922, arriva un chanoine, Don Francesco De Benedictis, qui mourut le 30 janvier 1926, au bout de quatre ans de service.
L'Archevêque, Monseigneur Giuseppe Leo (17 janvier 1920 - 20 janvier 1939) délégua un autre confesseur, Don Benedetto Calvi, un jeune prêtre ordinaire qui assista Luisa jusqu'à sa mort. Il partagea avec elle toutes les souffrances et toutes les incompréhensions qui l'affligèrent durant les dernières années de sa vie.

Au début du siècle passé, la visite du Bienheureux Annibale Maria Di Francia dans les Pouilles fut une bénédiction pour nos populations. Venu chercher à Trani une nouvelle maison pour les hommes et les femmes de sa toute jeune Congrégation, il avait entendu parler de Luisa Piccarreta et avait décidé d'aller lui rendre visite.
Les deux grandes âmes devinrent inséparables. Mais il ne fut pas le seul à la fréquenter. D'autres prêtres venaient la voir : le Père Gennaro Braccali, Jésuite, le Père Eustachio Montemurro, mort en odeur de sainteté, et Don Ferdinando Cento, Nonce Apostolique et Cardinal de Notre Sainte Mère l'Eglise.
Le Bienheureux Annibale devint son confesseur extraordinaire et le réviseur officiel de ses écrits, examinés et soumis au fur et à mesure à l'approbation des autorités ecclésiastiques.
Vers 1926, le Bienheureux Annibale ordonna à Luisa d'écrire un cahier de mémoires sur son enfance et son adolescence. Lui-même publia divers écrits de Luisa, dont le célèbre ouvrage L'Horloge de la Passion qui connut quatre éditions. Le 7 octobre 1928, à Corato, le couvent des sœurs de la Congrégation du Divin Zèle était achevé et Luisa, pour répondre au vœu du Bienheureux Annibale, y fut transférée. Le Bienheureux Annibale était déjà mort en odeur de sainteté à Messine.


En 1938, la vie de Luisa Piccarreta subit un bouleversement total : Rome la désavouait publiquement et ses écrits furent mis à l'index. À la publication de la condamnation du Saint-Office, Luisa se soumit à l'autorité de l'Eglise.



De Rome, les autorités ecclésiastiques envoyèrent un prêtre lui réclamer tous ses écrits. Elle les lui remit immédiatement, et très gentiment. Ses écrits finirent dans les Archives secrètes du Saint-Office.



Le 7 octobre 1938, sur ordre de ses supérieurs, Luisa dut quitter le couvent et se trouver un nouveau logis.
Elle passa les neuf dernières années de sa vie dans un appartement de la via Maddalena, bien connu des personnes âgées de Corato qui assistèrent à la sortie de sa dépouille, le 8 mars 1947.


Luisa connut une existence modeste. Elle occupait un appartement en location avec sa sœur Angelina et plusieurs autres femmes pieuses.
Mais ce qu'elle possédait ne suffisait pas à payer son loyer.
Alors elle faisait de la dentelle. Et ce qu'elle gagnait, en travaillant avec acharnement, lui permettait de subvenir aux besoins de sa sœur, dans la mesure où elle-même n'avait besoin ni de vêtements ni de chaussures. Sa nourriture se limitait à quelques grammes d'aliments que lui servait son assistante, Rosaria Bucci. Luisa ne demandait jamais rien. Elle ne désirait jamais rien, d'autant que son estomac rejetait immédiatement tout ce qu'elle mangeait. Mais son aspect n'était pas celui d'une mourante. Ce qui ne veut pas dire non plus qu'elle respirait la santé. Mais elle n'était jamais inerte. Ses forces s'épuisaient dans la souffrance, le travail ; et pour ceux qui la connaissaient, sa vie était considérée comme un miracle permanent.


Son détachement de tout ce qu'elle aurait pu gagner en dehors de son travail était admirable. Elle refusait l'argent et les offrandes que les autres voulaient lui donner.
Au moment de la publication de ses ouvrages, alors que le Bienheureux Annibale était venu un jour lui remettre l'argent relatif à ses droits d'auteur, elle répondit : "Je n'y ai pas droit, car ce qui est écrit là n'est pas à moi". Lorsqu'une âme charitable s'avisait de lui envoyer de l'argent, elle le lui renvoyait immédiatement.


L'appartement de Luisa ressemblait à un monastère. Sa porte était fermée au regard des curieux.
Seules quelques personnes, animées de la même spiritualité, et les jeunes filles venant prendre des cours de dentelle, l'entouraient. De ce cénacle sortirent de nombreuses vocations religieuses. Mais cette œuvre de formation n'était pas uniquement réservée aux filles. Il y avait aussi des garçons qui entrèrent dans les ordres et furent orientés vers le sacerdoce.


Sa journée commençait vers 5 heures, l'heure à laquelle arrivait le prêtre pour la bénir et célébrer la messe, celle-ci était présidée par son confesseur ou par un de ses délégués : un privilège accordé par Léon XIII et confirmé par Saint Pie X en 1907. Après la messe, Luisa restait deux heures en prière. Vers huit heures, elle commençait son travail qui durait jusqu'à midi ; à l'issue d'un repas frugal, elle se retirait dans sa chambre pour se recueillir. Dans l'après-midi - au bout de quelques heures de travail - elle récitait son chapelet. Le soir, vers 20 h., Luisa prenait son journal et se mettait à écrire jusqu'à minuit. Elle se réveillait au petit matin, le corps immobile, bloqué, toute recroquevillée dans son lit, la tête penchée vers la droite. Et il fallait attendre l'intervention du prêtre pour pouvoir l'asseoir dans son lit et qu'elle puisse reprendre sa routine.


Luisa mourut en odeur de sainteté à l'âge de 81 ans, le 4 mars 1947, au bout de quinze jours de maladie, la seule et unique maladie que l'on ait réussi à diagnostiquer: une pneumonie.
Elle mourut au petit matin, à l'heure même où le prêtre, en la bénissant, l'aurait libérée de son état. L'Archevêque du lieu était alors Mgr Francesco Petronelli (25 mai 1939 - 16 juin 1947). Luisa garda sa position assise. L'allonger était absolument impossible et - phénomène extraordinaire - son corps ne souffrait plus de rigidité.


À l'annonce de sa mort, toute la population, tel un torrent en pleine crue, se déversa chez elle et il fallut faire appel aux forces de l'ordre pour contenir la foule qui, jour et nuit, venait la voir. Luisa était chère à leurs cœurs. "Luisa la sainte est morte !" s'écriait-on. Et tout le monde se précipitait. Ainsi, les autorités publiques et sanitaires acceptèrent d'exposer sa dépouille pendant quatre jours de suite, sans qu'il n'y ait aucun signe de corruption du corps. Luisa n'avait pas l'air morte. Elle était assise dans son lit, vêtue de blanc ; on aurait dit qu'elle dormait car, comme nous le disions, son corps avait perdu toute rigidité. En effet, bouger sa tête, lever ses bras, plier ses mains et tous ses doigts, ne demandait aucun effort. On pouvait même soulever ses paupières et observer ses yeux ; des yeux tout à fait brillants, absolument pas voilés. Pour tout le monde, Luisa était encore vivante, plongée dans un sommeil profond. Un conseil de médecins, convoqué pour la circonstance, prit le temps de bien examiner sa dépouille avant d'en conclure que Luisa était vraiment morte et qu'il ne s'agissait pas d'une mort apparente comme tout le monde croyait.
Luisa Piccarreta


Luisa disait toujours qu'elle était "née à l'envers", il est donc juste que sa mort fut "à l'envers" par rapport aux autres. Elle restera donc assise, sa position habituelle, position qu'elle gardera jusqu'au cimetière.
Installée dans un cercueil aux parois de verre construit spécialement pour elle, tout le monde pouvait la voir, telle une reine assise sur son trône, toute de blanc vêtue, le Fiat posé sur sa poitrine.
Plus de quarante prêtres, le Chapitre et le Clergé local, participèrent au cortège funèbre ; les sœurs, à tour de rôle, la portaient sur leurs épaules, se créant un passage dans la foule immense : les rues étaient bondées. C'était incroyable. Il y avait des gens partout, sur les toits, aux balcons, et le cortège avait du mal à passer.
Les obsèques de la petite fille de la Divine Volonté furent célébrées par le Chapitre au grand complet en l'Église Mère. Toute la population de Corato accompagna le corps jusqu'au cimetière. Tous voulaient ramener chez eux un petit souvenir, des fleurs.
Au bout de quelques années, sa dépouille fut transférée en l'église Sainte-Marie-la-Grecque.


En 1994, jour de la fête du Christ-Roi, Son excellence Monseigneur Carmelo Cassati, en présence d'une foule nombreuse de fidèles et de personnalités étrangères réunies en l'Église Mère, ouvrit officiellement le procès de béatification de la Servante de Dieu Luisa Piccarreta.
L'association Luisa Picarretta : http://www.luisapiccarreta.ca/index.htm
La servante de Dieu Luisa Picarretta : http://www.luisalasanta.com/fr/pagine_sito.asp?idMenu=43
 
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Luisa Piccarreta, née le et morte le , est une mystique italienne auteure de nombreux écrits centrés sur l'union avec ce qu'elle appelle « la Divine Volonté ». Trois de ses écrits ont été mis à l'Index en 1938 par le Saint-Office. 

Un procès en béatification a été ouvert en 1994, qui a été arrêté en raison des problèmes doctrinaux soulevés par ses écrits.

Biographie

Luisa Piccarreta est née le à Corato dans la province de Bari en Italie. Elle y séjournera toute sa vie. Elle est la quatrième des cinq filles de Vito Nicola et Rosa Tarantino Piccarreta.

Elle fait sa première communion et reçoit en même temps la confirmation à l'âge de neuf ans. À onze ans, elle devient membre de l'association des Enfants de Marie Immaculée.

Vers l'âge de treize ans elle aurait eu une vision de Jésus portant sa croix et lui disant « Âme, aide-moi ». Depuis lors, elle a le désir de souffrir avec Jésus pour le salut des âmes. À l'âge de seize ans, elle fait vœu de s'offrir en sacrifice d'expiation. Elle aurait alors vécu des souffrances physiques, dont la plus marquante serait la rigidité cadavérique. Luisa est considérée, y compris par des prêtres, comme une jeune fille exaltée et névrosée qui cherche à attirer l'attention.

À l'âge de 18 ans, elle devient membre du Tiers-Ordre dominicain. Elle exerce le métier de dentellière.

Le , à l’âge de vingt-trois ans, elle aurait vécu un mariage spirituel ou mystique qui sera renouvelé le . « La Sainte Trinité prit possession de mon cœur », ainsi résume-t-elle son expérience, par laquelle elle se sent appelée à « vivre dans la Divine Volonté » et à s’en faire la messagère.

L'archevêque de Trani, Giuseppe Bianche Dottula, lui attribue un confesseur particulier, Don Michele De Benedictis. Ce dernier fixe des limites à ses mortifications en lui imposant de manger au moins une fois par jour. Jusqu'à sa mort, elle aura pour confesseurs ceux qui lui sont attribués par les archevêques successifs de Trani.

À partir du , à la demande de son deuxième directeur spirituel, Don Gennaro de Gennaro, elle commence à rédiger un journal de ses expériences mystiques dont elle poursuit la rédaction jusqu'au . Elle produit ainsi trente-six cahiers manuscrits, totalisant environ 10 000 pages, dans lesquels sont consignées les locutions intérieures qu'elle dit recevoir du Christ.

En 1910, le père Hannibal Marie Di Francia la rencontre et devient son confesseur extraordinaire et son directeur spirituel pendant 17 ans. Il la considère comme appelée à être « l’instrument pour une mission sublime qui ne peut être comparée à nulle autre – c’est-à-dire le triomphe de la Divine Volonté sur toute la terre, conformément à ce qui est dit dans le Notre Père : que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. » Elle rédige à sa demande des méditations sur la Passion du Christ qui sont publiées en 1914 sous le titre L'Orologio della Passione. Le livre est réédité à plusieurs reprises.

Le premier volume de son journal, Nel Regno dellà Divina Volontà, ainsi qu'un autre recueil de ses méditations, La Regina del Cielo nel regno della Divina Volontà, sont publiés en 1930.

Le , ces trois publications sont mises à l'Index par le Saint-Office. Elle se soumet à ce jugement en cessant complètement d'écrire à compter du . Elle remet tous ses manuscrits aux autorités ecclésiastiques.

Le , Luisa Piccarreta décède à Corato d'une pneumonie à l'âge de 81 ans. En 1993, sa dépouille est transférée au sanctuaire de la Madonna Greca à Corato.

Popularité des écrits de Luisa Piccarreta

L'Associazione Luisa Piccarretta-Piccoli Figli della Divina Volontà (Association Luisa Piccarreta - Petits Enfants de la Divine Volonté) est créée en 1981 pour diffuser les écrits de la mystique. Elle a son siège à Corato dans la maison où est morte Luisa Piccarreta. Elle est canoniquement reconnue le comme association privée de fidèles par Giuseppe Carata (it), archevêque de Trani-Barletta-Bisceglie où a vécu la mystique. Son successeur, Carmelo Cassati (it), a accédé le à la demande de l’association d’engager la cause de béatification de Luisa Piccarreta.

L’ouverture de sa cause en béatification donne lieu dans les années 1990 à un regain d'intérêt pour ses écrits, qui sont réédités, malgré leur mise à l'Index. Le journal, qu’elle a tenu de 1899 à 1938, est publié sous le titre Libro di cielo (Le Livre du Ciel) et traduit dans différents pays. En France, Le Livre du Ciel commence à être publié en 2016 aux éditions Résiac. Le 36e et dernier tome paraît en 2023. Deux autres traductions du livre sont disponibles sur Internet, mises en ligne respectivement en 2018, l'autre en 2021.

Un article de La Vie de rapporte que depuis quelques années la popularité de Luisa Piccarreta s'accroît grâce à Internet, et qu'autour des écrits de la mystique se développent de nombreux groupes de fidèles catholiques, accompagnés par des prêtres dont certains se réclament de l'héritage laissé par les pères Thomas et Marie-Dominique Philippe.

L'historien Yves Chiron, dans sa lettre d'informations religieuse d' qualifie de « piccarretamania » cet engouement observé en Italie, en France et dans d'autres pays. À l'image du « lobby » Valtorta, un lobby Luisa Piccarreta s'est constitué, lié au premier à travers l'association « Marie de Nazareth » fondée en 2001 par Olivier Bonnassies, ancien polytechnicien, converti à l'âge de 20 ans, cofondateur de la version française du site web Aleteia et co-auteur avec Michel-Yves Bolloré, frère de Vincent Bolloré, du livre Dieu, la science, les preuves paru en . Yves Chiron estime que « l’admiration d’Olivier Bonnassies pour Luisa Piccarreta et pour Maria Valtorta est sans limites ; c’est-à-dire ne tient pas compte des jugements que l’Église a portés sur elles. ».

Jugement de l’Église catholique sur ses écrits

Une lettre confidentielle est adressée en par le préfet du Dicastère pour la Cause des Saints, le cardinal Marcello Semeraro, à Benoît Bertrand, évêque de Mende, président de la Commission doctrinale de l'épiscopat français. Elle semble destinée, selon Yves Chiron, à l'information des évêques confrontés dans leur diocèse au cas de fidèles et de prêtres qui donnent foi aux écrits de Luisa Piccarreta. La lettre indique trois raisons qui ont amené le Dicastère, à l'issue d'un « examen détaillé et approfondi », à suspendre sa cause de béatification :

  • « une raison théologique : car la conception de la Volonté Divine semble trop mécanique et ne laisse pas suffisamment de place à la liberté humaine, au libre-arbitre de l'homme. »
  • « une raison christologique : car la doctrine de la réparation et de spiritualité victimale tient peu compte de l'amour miséricordieux et immérité du Seigneur ; elle relativise son offrande libre et gratuite pour notre salut. »
  • « une raison anthropologique : en raison d'un trop grand pessimisme sur la nature humaine et d'une doctrine qui ne semble pas intégrer la Résurrection du Christ, l’espérance, la grâce sanctifiante. Cette doctrine peut donc être source de confusion pour les croyants. Cela ne préjuge pas de la conduite exemplaire et des vertus de la Servante de Dieu. »

La lettre appelle « les pasteurs de l’Église [prêtres et évêques], en ayant à l'esprit les difficultés évoquées, [à] évaluer en conséquence la diffusion populaire de tels éléments pour éviter la confusion parmi les croyants. »

En , Benoît Bertrand rend publique cette lettre du Dicastère sous la forme d'une mise en garde aux évêques de France.

Le même mois, Peter Chung Soon-taick, évêque de Séoul, interdit à un groupe de fidèles constitué autour des écrits de Luisa Piccarreta de poursuivre ses activités. L'imprimatur accordé localement aux livres de la mystique est révoqué en raison d'« un certain nombre d'erreurs dogmatiques et spirituelles qui sont incompatibles, voire en contradiction, avec la Bible et les enseignements traditionnels de l'Église [catholique] ». Cette décision fait suite à une note détaillée de la commission doctrinale de l'épiscopat sud-coréen en 2023. En , Jean-Philippe Nault, évêque de Nice invite à la vigilance sur les écrits de Luisa Piccarreta, en raison de l'existence de différents groupes « s'inspirant de sa conception de la Divine Volonté » dans son diocèse.

Procès en béatification

Par un rescrit du Saint-Siège qui accorde son nihil obstat le , une cause en béatification est ouverte par l'archidiocèse de Trani-Barletta-Bisceglie à la demande de l'Associazione Luisa Piccarretta. L'enquête diocésaine débute le . Silvia Correale (en) est la postulatrice de la cause. Cette phase diocésaine est achevée le 29 octobre 2005 et le dossier est transmis à la Congrégation pour les causes des saints. En 2007, un examen approfondi des écrits de Luisa Piccarreta est engagé pour « clarifier des difficultés d'ordre théologique ». Le , l’Associazione Luisa Piccarretta est reconnue canoniquement comme association publique de fidèles.

Le Dicastère pour la Cause des Saints a par deux fois, dont la dernière en , refusé d’accorder son nihil obstat à la poursuite de la cause en béatification en raison de problèmes doctrinaux soulevés par les théologiens et consulteurs attachés au dicastère.

En , donnant suite aux explications fournies par le postulateur, Paolo Rizzi, le Dicastère pour la Doctrine de la foi (DDF) aurait accordé son nihil obstat à la poursuite de la cause, sous la condition que la postulation établisse une édition critique et annotée des écrits de Luisa Piccarreta, afin d'éviter « certaines expressions qui conduisent facilement à des interprétations trompeuses et erronées du message chrétien », selon le communiqué du de Paolo Rizzi. D'après lui, le DDF aurait estimé, « grâce au soutien d’un théologien expert en mystique [et] aux réponses éclairantes de la Postulation », qu'« il n’y a pas d’affirmations qui soient manifestement en contradiction avec la doctrine de l’Église ». Le Vatican n'a pas confirmé cette information.

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Luisa_Piccarreta 

 



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