Saint Hyppolite
Église saint Hyppolite
L'église
Le second pèlerinage à l'est de Mauriac, c'est le pèlerinage de la Font-Sainte.
Ce
n'était dans le principe qu'une source vulgaire dont les eaux avaient
la limpidité du cristal, et que la religion dédia a Marie, en élevant
au-dessus une petite chapelle à la sainte Vierge.
Un
testament trouvé aux archives de l'église d'Apchon, et daté de l'année
1550, contient un legs pieux de soixante-dix livres à la chapelle de la
Font-Sainte : preuve évidente que cet oratoire existait antérieurement à
cette date.
En
vain les protestants détruisirent la chapelle ; on n'en vint pas moins
en pèlerinage à la source consacrée à la Vierge ; et, en 1744, on
rebâtit l'oratoire comme il était autrefois.
En
1837, on y ajouta une chapelle assez spacieuse pour contenir un bon
nombre de pèlerins, et assez décente pour qu'on puisse y entendre les
confessions et y célébrer les saints mystères : deux choses impossibles
dans l'ancien oratoire, tant il était étroit et modeste.
L'oratoire
offre à la vénération des fidèles l'antique groupe représentant la
Visitation, qu'on dit avoir été apporté d'Orient au temps des croisades ;
et la chapelle possède une petite statue donnée autrefois par l'évêque
de Clermont, qu'on appelle la statue miraculeuse de Notre-Dame de la Font-Sainte.
L'érection de cette chapelle a attiré un grand nombre de pèlerins ; et chaque année ce nombre va croissant.
Pendant les jours de neige et de frimas, c'est-à-dire pendant huit mois
et demi de l'année, où l'accès de la montagne est presque impossible,
on honore Notre-Dame de la Font-Sainte dans la chapelle qui lui est
consacrée à l'église paroissiale de Saint-Hippolyte, et qui conserve,
pendant ce temps, la statue miraculeuse ; mais le 2 juillet, lorsque les
grands et beaux jours sont venus, le pèlerinage a lieu à la montagne,
où l'on transporte ce jour-là la statue, au milieu d'un concours immense
de pèlerins.
Dès
la veille, ceux-ci arrivent à Saint-Hippolyte ; mais ne pouvant les
loger tous, on les laisse passer la nuit dans l'église, où, comme les
premiers chrétiens des catacombes, ils prient sans se lasser.
Le
lendemain, dès l'aurore, toutes les cloches annoncent le plus beau jour
de fête de la montagne ; de toutes les paroisses d'alentour, on accourt
se mêler aux étrangers venus de la veille ; l'église Saint-Hippolyte
est encombrée.
Vers cinq heures et demie, on célèbre une première messe où presque tous communient.
Vers sept heures et demie, commence la procession pour porter à la montagne sur un magnifique brancard la statue miraculeuse.
Tous
se groupent autour de l'image sainte, chantant des cantiques ou
récitant des prières : arrivé au sommet, on n'aperçoit de toutes parts
que des rangs de fidèles, si serrés qu'on dirait autant de processions
s'avançant vers la chapelle par les divers chemins qui y conduisent.
A onze heures, se célèbre en plein air la messe solennelle,
qu'interrompt un discours touchant sur la sainte Vierge ; et le soir,
après un repas frugal pris sur le gazon, on revient assister aux vêpres,
suivies de la bénédiction du Saint-Sacrement.
A
dater de cette cérémonie, chaque jour est comme un jour de fête par
l'affluence des pèlerins qui s'y trouvent ; les dimanches surtout, le 26
juillet, le 15 août et le 8 septembre, sont de vraies solennités, qui
n'ont d'égales que celle de la mi-octobre, où se célèbre la fête du
retour de la statue miraculeuse à l'église Saint-Hippolyte.
Intérieur de l'église
Source : Livre "Notre-Dame de France ou Histoire du culte de la Sainte Vierge en France" par André Jean Marie Hamon
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