Notre-Dame des Joyaux
(Montrœul au bois)
Montrœul au bois
Montrœul au bois ! Ce seul nom éveille dans la pensée de milliers de pèlerins la dévotion à Notre-Dame des Joyaux.
C'est dans un site verdoyant au pied d'une pittoresque colline boisée de 124 mètres d'altitude à 15 km de Tournai et 8 km de Leuze, que se dresse l'élégante église du pèlerinage séculaire à la Sainte Vierge.
Ce haut lieu vénéré depuis le début du XIVème siècle, possède l'insigne honneur de conserver une statue miraculeuse de la Madone et une relique précieuse du "Voile de la Vierge Marie".
L'édifice actuel aux lignes harmonieuses fût bâti en 1897 par l'architecte tournaisien Sonneville à l'extrémité sud du village et sur l'emplacement même de l'antique chapelle qui menaçait ruine.
Sur plusieurs kilomètres à travers le village qui égrène ses maisons rustiques, on peut apercevoir la silhouette élancée de ses pierres grises sur la toile de fond faite du coteau.
Ce lieu choisi déjà par les moines du Moyen-âge, pour sa sérénité imposante, explique le sens étymologique de "MONTRŒUL" qui signifie "MONASTERIOLIUM" ou petit monastère.
Ces religieux aimèrent manifester leur culte à la Sainte Vierge, en taillant sa statue d'un bloc de chêne. L'état actuel de cette œuvre d'art de 1314 atteste son antiquité et son authenticité : La tête et les bras seuls sont travaillés, le reste n'est qu'ébauché.
Dans sa candeur naïve, l'artiste primitif exprime ainsi la simplicité de son amour pour la Mère de Dieu et l'Enfant Jésus.
L'origine de la dévotion
Qu'on ne s'étonne pas d'un culte dont on connaît l'origine.
En 1316, l'évêque de Cambrai, Pierre III de Lévis Mirepoix, léguait à bonne fin de pèlerinage, un domaine de 4 hectares, dit "Bois de la Vierge", et là aussi y coule une source appelée "SOURCE DE LA VIERGE".
Depuis l'origine de ce pèlerinage, sept siècles se sont écoulés ! Comment expliquer l'ampleur accrue de cette dévotion, sans une volonté spéciale de Notre-Dame des Joyaux ?
La tradition raconte aussi que la Madone fut à plusieurs reprises transportée par les fidèles à l'église paroissiale distante alors d'un kilomètre environ du bois, et, chose extraordinaire, chaque fois, le lendemain, on la retrouvait à l'endroit primitif, où Elle réside actuellement.
Monsieur l'abbé Edgard Druart, révérend curé de Montrœul (1646-1649) et qui a laissé son nom parmi les grands pionniers "Des Joyaux", a légué dans son héritage poétique ces vers parmi tant d'autres :
On voulut déplacer le vieux pèlerinage,
Emporter la statue au milieu du village,
Où l'on pourrait lui rendre un culte mieux servi ;
Pour l'habitant, c'était un raisonnable avis,
De la chapelle au bois, la statue enlevée,
Sur l'aubépine, était chaque fois retrouvée ;
C'était là, dans ce coin obscur et inconnu,
Que la Vierge voulait que son nom fût connu.
Aspect intérieur de l'église
L'église inspirée du style gothique du XIIIe siècle, charme les visiteurs par la pureté et la fraîcheur de ses lignes. Le plafond en ogive revêtu de bois verni frappe les regards et donne à la perspective une impression de grandeur !
Le chœur conçu dans les règles de la liturgie actuelle présente le maître-autel au centre sur un podium qui en souligne toute l'importance.
Cet autel, comme le Christ qui surplombe, œuvres en chêne massif du XIVe siècle, sont des pièces remarquables.
La nef centrale est sobrement décorée de 14 stations du chemin de croix, tableaux de céramiques réalisés par les moines de Wisques (France) dans un encadrement de mosaïques italiennes.
La chapelle de Notre-Dame des Joyaux fut restaurée récemment et en 1967, la Vierge miraculeuse s'est ennoblie d'une nouvelle parure de satin brodé-or, cela sur un fond décoratif de 55 000 mosaïques vénitiennes.
Les motifs en fleur de lys sont incomparables et uniques dans toute la région. Le tabernacle du Saint Sacrement en pierre noire paré d'émaux donne à l'ensemble une vive sensation de simplicité et de grandeur !
La chapelle saint Martin qui est symétrique à celle de Notre-Dame des Joyaux s'harmonise bien à ce style d'ensemble ; et l'on peut y voir à côté d'une relique de saint Blaise, la statue équestre de saint Martin, œuvre de chêne d'un artiste du XIVe siècle.
Le grand pèlerinage du lundi de la Pentecôte
La ferveur des pèlerins attirés par Notre-Dame des Joyaux atteint son apogée le lundi de la Pentecôte, où Montrœul connaît ce jour-là une dévotion et un enthousiasme extraordinaire. C'est le sommet du pèlerinage que les habitués ne manquent à aucun prix, d'année en année.
C'est le jour où chacun aime se faire inscrire dans la confrérie. Celle-ci date de 1761 ; à cette époque, le Pape Clément XIII l'érigea canoniquement, en octroyant à ses membres une indulgence plénière pour la fête de la Pentecôte.
L'horaire détaillé de ces cérémonies est envoyé aux membres de cette confrérie ainsi qu'à tous les correspondants. Les plus petites autorités religieuses y sont invitées et depuis ces dernières années, la télévision en a présenté le reportage au journal du lundi soir de la Pentecôte.
Pour aider les foules à trouver place, le comité du pèlerinage (Brassard bleu-blanc) organise l'accueil des pèlerins qui peuvent suivre facilement la messe concélébrée en plein air.
Un podium monumental est érigé sur le parvis de l'église ; des haut-parleurs diffusent la célébration liturgique à l'assemblée fortement groupée sur la place et ses accès immédiats.
Le comité des prisonniers de guerre organise à proximité un vaste parking où les automobilistes peuvent y laisser les voitures en toute sécurité. L'accès à ce parking est le terminus d'un sens unique réglementé par la commune.
A ces services, le "Foyer Notre-Dame" ajoute celui d'un vaste local d'accueil où chacun trouvera de quoi se rafraîchir ou se restaurer.
La procession du lundi de la Pentecôte
Aussitôt après la messe concélébrée, les pèlerins aiment suivre la procession.
La statue miraculeuse que l'on vénère depuis plus de 7 siècles y est solennellement portée à travers le village et chacun voudrait revendiquer le privilège d'escorter Notre-Dame des Joyaux.
Les thèmes figuratifs évoquent l'origine du pèlerinage séculaire et les mystères de Marie. Il n'est pratiquement pas de familles qui ne soient représentées à cette procession. Tous ceux qui se réclament d'une faveur insigne se mêlent au cortège et au loin retentissent les accents de la fanfare Sainte Cécile toujours fidèle à cette noble tradition.
Et la neuvaine
La neuvaine commence le jour même de la fête, le lundi de la Pentecôte. Pendant ce temps des messes sont célébrées matin et soir à 8 h pour les membres vivants et défunts de la confrérie Notre-Dame des Joyaux. Chaque année des témoignages confirment les faveurs obtenues.
La cérémonie de clôture se distingue par une grande procession aux flambeaux qui serpente à travers le village jusqu'au reposoir de la chapelle de La Salette.
Le nombre imposant de personnes qui suivent régulièrement les exercices de la neuvaine témoignent de leur efficacité.
Ces 9 jours apportent à ceux qui mettent leur confiance en la Vierge de Montrœul-au-bois, le secret de grâces incroyables, que seules révèlent des confidences discrètes ! N'est-ce pas là le signe de Dieu et la réponse de Marie à une foi inébranlable !
L'irrésistible attrait de Notre-Dame des Joyaux
Notre-Dame des Joyaux m'a guéri !
Merci d'une grande faveur obtenue !
Aucun mot n'est plus sensible à l'oreille d'un malade ou d'un infirme que le mot "Guérison" !
C'est évidemment la foi qui sauve et guérit, c'est surtout la confiance qui élève le cœur au niveau de Dieu et qui redescend vers nous en grâces par les ondes de la prière fervente !
On vient servir à Montrœul, tous les jours : On implore la Vierge, on baise la relique de son voile sacré, constamment exposé à la vénération des pèlerins dans un précieux reliquaire d'argent massif.
Le pouvoir merveilleux de Notre-Dame des Joyaux est constamment marqué du sceau de miracles aussi extraordinaires qu'inattendus. A en vouloir la preuve, il suffit de s'en référer à ces témoignages pris parmi bien d'autres. (Voir ci-dessous)
"Les joyaux", mal des glandes
Depuis des siècles, on vient servir Notre-Dame de Montrœul pour "Les glandes" et pour toutes les maladies et infirmités qui s'y rapportent.
Fréquemment, des lettres bouleversantes arrivent chez Monsieur le curé, à qui l'on se confie, à qui l'on explique ses douleurs, ses angoisses, son espérance !
On aimerait pouvoir publier certaines de ces correspondances, enflammées de reconnaissance, de pèlerins guéris au cours d'un pèlerinage, d'une neuvaine, d'invocations ou de messes dites à Notre-Dame des Joyaux.
Une personne doit-elle être opérée d'un abcès, d'un fibrome, on vient servir !
Un homme est-il atteint du cancer, on implore la Vierge des Joyaux !
Un jeune enfant souffre-t-il d'une croissance difficile, ses parents s'en remettent à Notre-Dame des Joyaux !
Des familles entières arrivent à Montrœul de tous les coins de la Belgique, de France, du Luxembourg, dans l'espoir d'une guérison où la médecine s'avoue impuissante.
On a vu des incroyants venir implorer une guérison à laquelle ils ne croyaient pas, et c'est le double miracle du corps et de l'âme !
Un fait surprenant
Les personnes âgées du village se souviennent qu'en 1916, les Allemands avaient installé des batteries sur les collines voisines. Un obus, tomba un matin, sur l'église et explosa au-dessus de la chapelle de Notre-Dame. Dans le fracas, l'autel fut pulvérisé et les éclats dessinèrent une auréole autour de la statue qui demeura intacte.
Si modeste que soit leur village laborieux, les habitants de Montrœul se réjouissent de la renommée du culte à Notre-Dame des Joyaux, l'un des plus anciens de la Belgique.
Les pèlerins qui s'y attardent profitent de la bienveillance de la population qui spontanément se presse à rendre service et à la documenter sur cette dévotion particulière.
Le Seigneur a voulu que ce lieu soit béni.
Dans le silence de la prière solitaire comme dans l'enthousiasme des grands jours de pèlerinage, la Vierge des Joyaux est présente.
Elle écoute les secrets du cœur ouvert et les supplications ardentes qui montent vers le ciel.
Les vieilles pierres grises de l'édifice gothique résonnent de tous ces échos !
Heureux ceux qui sont venus dans ce site pittoresque et discret, l'hiver ou à la chaleur de l'été. Personne ne peut oublier cette Madone ineffable d'hier, d'aujourd'hui et de toujours : Notre-Dame des Joyaux.
Les deux guerres
En 1916, les Allemands avaient installé sur les collines des batteries d'essai qui dirigeaient leur tir sur le bois de Pétrieux. Le village reçut l'ordre d'évacuer et personne ne voulut obéir ; confiant dans la Madone, chacun resta chez soi. Un beau matin un obus tomba sur le toit de l'église et explosa juste au-dessus de la chapelle de Notre-Dame. Le clerc actuel et son épouse habitaient l'immeuble contigu à l'église. Ils furent les premiers à pénétrer dans le sanctuaire dévasté. Dans un nuage de poussières ils virent le toit perforé, les chandeliers brisés, les ex-voto pulvérisés, l'autel et les murs percés d'éclats d'obus -L'autel portatif et le pavement de l'église portent encore aujourd'hui les marques des éclats-. Autour de la statue miraculeuse les éclats dessinèrent une auréole à Marie et pas un seul ne toucha la statue. Les témoins sont encore en vie. Nous avons recueilli leur témoignage.
En 1940 trois morts glorieux ont versé leur sang sur le territoire de la commune. Jacques Hargis, le 17 août 1943, pilotait un gros bombardier américain sur le chemin du retour. L'avion brûle, touché par la D.C.A. Le pilote reste seul à bord. Comme un grand oiseau blessé l'avion se retourne et pique dans la terre. Le pilote saute ; son parachute ne s'ouvre pas.
Le 10 août 1944, Gérard Dogimont d'Ellignies tombe à Montrœul sous les balles allemandes, réalisant son désir : Mourir à 20 ans pour sa patrie ! Quelques jours plus tard, Gilbert Lagneau, chef de l'A.S. tombe à Montrœul d'une balle perfide. Un monument rappelle aux passants ce triple sacrifice et chaque année la population s'y rend pour leur rendre hommage.
Deux guerres ont passé depuis la construction de l'église ! L'intérieur n'est pas aménagé, le toit à souffert, les murs attendent la peinture, il faut achever la chaire de vérité, construire un nouveau maître-autel, placer des vitraux, des stalles et des orgues. Tous les amis de Notre-Dame des Joyaux, surtout ceux qui lui doivent tout, parce qu'elle les a guéris, écouterons l'appel de Notre-Dame pour aider à réaliser la beauté de son sanctuaire.
La relique
La paroisse possède une relique insigne du Voile de la Sainte Vierge. C'est elle que l'on donne à vénérer aux nombreux pèlerins.
Le reliquaire est en argent massif d'une très élégante facture. La monstrance en forme cylindrique se dresse entre deux anges vêtus de dalmatiques sur une terrasse ovale ornée de feuilles de palmier et supportant un ciel de même décor. Sur ce ciel est établi un édicule en forme de temple abritant une image de la Sainte Vierge dans une gloire entouré d'un crétage ajouré ; le tout est surmonté d'une croix.
C'est la relique que l'on promène processionnellement le lundi de la Pentecôte.
La confrérie
Érigée canoniquement depuis 1761 par S.S. le Pape Clément XIII, elle octroie aux membres une indulgence plénière pour la fête de la Pentecôte et le Pape Grégoire XVI étendit l'indulgence à toute l'octave de la Pentecôte. Nombreux sont ceux qui s'y font inscrire. La cotisation annuelle est de 5 frs. Les confrères en règle de cotisation ont droit à leur mort à un obit solennel avec absoute. La sainte messe du lundi de Pentecôte est chantée par les confrères et pèlerins vivants et celle du dernier jour de la neuvaine pour tous les confrères décédés.
Les zélateurs organisent de partout le départ d'autobus et de trams spéciaux, le lundi de Pentecôte pour la grand'messe qui se chante en plein air sur le parvis de l'église à 10 h du matin.
Efficacité
On invoque Notre-Dame des Joyaux contre le mal des glandes, dit des joyaux, goitres, abcès, fibromes et cancers. Fréquemment les malades retrouvent à Montrœul la guérison que la science humaine n'a pu leur rendre.
En savoir plus :
Le pèlerinage à Notre-Dame des Joyaux : https://lalumierededieu.blogspot.com/2016/05/pelerinage-notre-dame-des-joyaux.html














Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire