L'adoration eucharistique Christophe Colomb

L'adoration eucharistique
Christophe Colomb

 

Piété de Christophe Colomb.
Personne n'ignore l'esprit de foi et de piété qui animait Christophe Colomb, dont la Providence se servit pour donner de nouveaux royaumes à Jésus-Christ (1).
C'est le vendredi, jour de la Rédemption, que le grand homme fait ses principales découvertes ; de ce jour datent les principaux événements de sa vie. C'est en plantant la croix sur les plages nouvelles, en leur donnant un nom sacré qu'il en prend possession au nom du Christ rédempteur.
Il va donc enfin partir de ce couvent de la Rabida, où il a trouvé dans un simple religieux son plus fidèle appui. Colomb entre discret dans la chapelle de Notre-Dame. Le Père gardien, revêtu de ses habits sacerdotaux, monte à l'autel pour offrir l'auguste sacrifice, à une intention jusque-là inouïe et peut-être unique depuis l'institution de l'Eucharistie. Au moment de la communion, Colomb s'approche de la sainte Table et reçoit comme en viatique le pain des anges.
Le plus grand et le plus pieux des navigateurs chrétiens va puiser dans l'élément céleste la force de combattre les éléments soulevés contre lui et les passions humaines plus terribles encore. Il prédit une tempête, dissipe une trombe par l'invocation du Verbe ; une croix plantée par lui fait des miracles et résiste à la hache et à l'incendie. Mais, ô puissance plus belle encore ! il pardonne à ses ennemis, il oublie l'ingratitude des hommes et court de vertu en vertu jusqu'à la sainteté. Grâce à lui, le sacrifice de la nouvelle alliance va devenir perpétuel, selon la prophétie de l'ancienne loi, et le Soleil de l'Eucharistie ne se couchera plus sur les terres catholiques.
A son retour, une tempête affreuse se déclare et, pour apaiser le ciel, il fait vœu de faire célébrer une Messe et de passer une nuit en prière devant le maître autel de l'église qui se trouvera la première devant lui, si le sort le désigne ; ce qui arrive en effet par la permission de Dieu. Il passa donc la nuit devant la sainte Eucharistie, d'où dérive tout amour, toute lumière et toute justice. C'était au milieu de monuments funèbres, pompeux témoignages du néant de l'homme, devant l'autel où se trouve toute notre grandeur et à la vacillante lueur de la lampe du sanctuaire, qu'il fit la veille du salut et de la reconnaissance. A Palos, au couvent de la Rabida, tous les navigateurs nu-pieds et dans le piteux costume du naufragé sauvé des flots, depuis le mousse jusqu'à l'amiral, étaient allés rendre grâces à Marie, l'étoile de la mer, de les avoir arrachés aux abîmes de la mer ténébreuse. Ils furent suivis d'une foule immense qui s'associait de cœur à leur prière, Dans la première cité du Nouveau-Monde, le premier édifice construit est une église où le vicaire apostolique, assisté du P. Juan Perez, célèbre l'office divin.
L'Ordre séraphique le premier parut sur les rivages du Nouveau-Monde et passa la mer ténébreuse. Le franciscain Juan Perez de Marchena, qui avait célébré la Messe pour l'embarquement, afin que l'Esprit-Saint planât de nouveau sur les eaux, célébra la Messe d'actions de grâces pour le retour. Il avait le premier deviné Christophe Colomb ; il fut aussi le premier représentant du sacerdoce, le premier à célébrer les saints mystères dans l'immensité de l'Océan, le premier à bénir les rivages inconnus au nom de Jésus-Christ. Comme le drapeau de Jeanne d'Arc, il avait été à la peine, if était juste qu'il fût à l'honneur. Oh ! comme la nouvelle terre dut tressaillir lorsqu'y parut pour la première fois la grande Victime ! Et pourquoi tous ceux qui furent témoins de ce sublime spectacle n'eurent-ils pas la douceur de l'Agneau immaculé qui devait leur assurer la possession de la terre des vivants ! Comme les anges de ces régions si belles des splendeurs de la nature, mais si pauvres jusque-là des rayons du Soleil de justice, durent se réjouir à la vue du Dieu fait homme ! Mais quel fut aussi le bonheur de Christophe Colomb ! Grâce à lui, la nature allait aussi se tourner incessamment vers le Créateur, comme la fleur qui reçoit les baisers des rayons du soleil et lui renvoie ses parfums. Il dut éprouver quelque chose du bonheur des élus lorsqu'ils entrent dans la joie du Père céleste ; quelque chose aussi de ce qu'éprouve déjà l'âme lorsqu'elle pénètre dans ce monde surnaturel de la grâce, si fécond en merveilles, et qu'elle avait négligé jusque-là ; quelque chose du bonheur de la mère qui retrouve l'enfant perdu ou du héros qui sauve sa patrie. C'était le Thabor après le Calvaire, en attendant les nouvelles douleurs que le pain de vie, qui fait la joie des anges, devait lui donner la force de supporter avec patience.
A toute heure donc du jour et de la nuit, l'immolation de la céleste victime se renouvelle dans les deux hémisphères. Quand le chant vespéral des complies annonce la chute du jour dans notre Europe, celui des matines déjà précède l'aurore en d'autres régions ; et tandis que la nuit ensevelit sous ses ombres notre hémisphère, l'auguste sacrifice est célébré sur les ondes et parmi les lies du Pacifique. Le soleil éclaire incessamment les cérémonies de l'Église de Jésus-Christ. La parole des prophètes, les accents du Psalmiste, les récits de l'Évangile se joignent, se succèdent, suivant les règles de la liturgie romaine, et du vieux monde au nouveau, la gloire du Verbe comme sa miséricorde sont annoncées à l'homme. La puissance de l'unité catholique resplendit dans la permanence de cet hommage rendu au Seigneur ; car seule, sur ce globe, l'Église romaine offre cette inaltérable perpétuité d'aspirations vers le ciel. Le saint sacrifice se continue sans interruption, comme la vie organique, la respiration des plantes, la rotation de la terre sur son axe, et la translation du soleil lui-même dans l'immensité de l'espace.
Mais que la grandeur du spectacle ne nous fasse pas oublier celui à qui nous le devons après Dieu, Celui à qui un génie tout chrétien l'a révélé le premier.
(1) Voici un extrait emprunté à l'histoire de ce célèbre navigateur, qui est bien propre à nous donner une juste idée de la vivacité de sa foi. Il s'agit d'une horrible tempête, le 13 décembre 1602.
« Au cri de détresse qui frappa son cœur, le grand homme s'était ranimé. Devant l'imminence de la destruction, il se relève, reprend son ancienne vigueur et sort de sa cabine afin de mesurer le péril. Lui aussi aperçut la chose formidable qui approchait. La mer était soutirée vers le ciel. A ce phénomène inconnu, il ne vit point de remède ; l'air était inutile, la navigation impuissante ; d'ailleurs, on ne pouvait plus gouverner.
« Aussitôt Colomb, l'adorateur du Verbe, soupçonna dans cet effroyable déploiement des forces brutales de la nature quelque manœuvre satanique. Il ne pouvait conjurer les puissances de l'air d'après les rits de l'Église, craignant d'usurper sur le sacerdoce ; mais il se rappela qu'il était chef d'une expédition chrétienne, que son but était saint, et voulut, à sa manière, sommer l'esprit de ténèbres de lui livrer passage. Il fit soudain allumer dans les fanaux des cierges bénits, arborer l'étendard royal de l'expédition ; ceignit son épée par-dessus le cordon de Saint François ; prit en ses mains le livre des Évangiles, et debout en face de la trombe qui s'approchait, lui notifia la sublime affirmation qui ouvre le récit du disciple bien-aimé de Jésus, saint Jean, le dis adoptif de la Vierge.
S'efforçant de dominer de sa voix le bruit de la tempête, le messager du salut déclara au typhon : « qu'au commencement était le Verbe ; que le Verbe était en Dieu, et que le Verbe était Dieu ; que toutes choses ont été faites par lui, et que rien de ce qui a été fait n'a été fait sans lui ; qu'en lui était la vie, et que la vie était la lumière des hommes ; que la lumière luit dans les ténèbres, et que les ténèbres ne l'ont point comprise ; que le monde qui a été fait par lui ne l'a pas connu ; qu'il est venu dans son propre bien, et que les siens ne l'ont pas reçu ; mais qu'il a donné à ceux qui croient en son nom, et ne sont nés ni du sang, ni de la chair, ni du la volonté de l'homme, le pouvoir d'être faits enfants de Dieu ; et que le Verbe s'est fait Chair, et qu'il a habité parmi nous. »
« Alors, de par ce Verbe divin, notre Rédempteur, dont la parole calmait les vents et apaisait les flots, Christophe Colomb commande impérieusement à la trombe d'épargner ceux qui, faits enfants de Dieu, s'en vont porter la croix aux extrémités des nations et naviguent au nom trois fois saint de la Trinité. Puis, tirant son épée, plein d'une ardente foi, il trace dans l'air, avec le tranchant de l'acier, le signe de la croix, et décrit autour de lui un cercle acéré, comme s'il coupait réellement la trombe. Et en effet, ô prodige ! la trombe, qui marchait vers les caravelles, attirant avec un noir bouillonnement les flots, parut poussée obliquement, passa entre les navires à demi noyés par le bouleversement des vagues, s'éloigna rugissante, disloquée, et s'alla perdre dans la tumultueuse immensité des plaines atlantiques.
« Cette subite retraite du phénomène destructeur parut à l'amiral une nouvelle faveur de Sa Haute Majesté. Ils crurent en avoir été garantis par la vertu divine. »

 
Tombeau de Christophe Colomb dans la cathédrale de Séville


Sainte mort de Christophe Colomb.
La mort est le couronnement de la vie : c'est à son lit de mort que le grand homme est vraiment grand.
« A ses derniers moments, Colomb est revêtu de la robe des franciscains, et il en a l'humilité dans le cœur ; il veut une dernière fois, par le sacrement de la Pénitence, se mettre en état de recevoir son Dieu.
Le grand amiral se sent attiré vers le port de l'éternité ; il demande la faveur de recevoir encore une fois sur la terre le pain des anges.
C'est dans une chambre de pauvre hôtellerie. Quel spectacle! l'envoyé du Très-Haut, l'ardent adorateur du Verbe par qui tout a été fait, recevant la visite du Verbe de vie dans l'Eucharistie ! Quelle divine illumination dut éclairer sa couche de douleur ! Avec quel bonheur il se prosterna devant son Maître arrivant à lui ! Le divin Sauveur savait combien ardemment il avait désiré la délivrance de son tombeau et la glorification de son nom ; aussi, malgré le tremblement que toute créature doit éprouver devant la majesté de l'Auteur de la nature, était-il plein d'espérance. Il demande l'Extrême-Onction, et il meurt le jour de l'Ascension, à midi, le 20 mai 1506, en proférant les paroles du Sauveur expirant : « Mon Dieu, je remets mon âme entre vos mains. »
Il était entouré des muets témoignages de l'ingratitude des hommes et semblable au Sauveur méconnu ; mais il allait enfin entrer dans la patrie céleste, voir de nouveaux deux et une nouvelle terre, préférables à toutes les gloires du monde ; et où Dieu récompense tous les mérites. Désormais que d'âmes viendront rendre grâces à Colomb du bonheur éternel qu'elles devront, après Dieu, à ce sublime révélateur du Nouveau-Monde, dont la découverte a donné à l'Église de nouveaux enfants, à la place de ceux qu'allait lui enlever la sombre hérésie de Luther ! »
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