Regina martyrum
(Reine des martyrs)
Gilberto Maria Defina
Il est né le 2 août 1925 dans la ville de Ribeirão Preto (État de São Polo).
Fils d'une famille catholique, il a commencé très jeune à aider dans la paroisse Notre-Dame du Rosaire des Pères Clarétiens, située dans cette même ville, dans le quartier Vila Tiberio.
Il a été ordonné prêtre le 3 décembre 1950 par Dom Manuel da Silveira d'Elboux, évêque du diocèse de Ribeirão Preto.
Le 5 décembre 2004, notre cher Père Fondateur a fermé les yeux.
A l'âge de 79 ans, et après avoir fêté ses 54 ans de sacerdoce, le Père Gilberto a dit au revoir à la vie terrestre.
A l'exemple de nombreux saints qui donnèrent leur vie à Dieu, il a supporté avec sainteté une longue période de maladie, y compris 5 années en fauteuil roulant.
Cependant, la dernière maladie qui l'a affecté n'a pas été diagnostiquée, malgré la présence d'une équipe médicale compétente et l'utilisation de ressources technologiques de pointe.
Sans murmures et sans plaintes, notre Fondateur s'est consumé pendant plusieurs mois tandis que son corps faisait de la rétention d'eau.
Quand nous lui demandions s'il allait bien, il nous disait qu'il faisait ce que Dieu voulait de lui à ce moment : Si notre Seigneur voulait le prendre il était prêt mais s'il voulait le laisser là, dans la souffrance, il acceptait avec amour.
Par la façon dont il a accepté sa mort, le Père Gilberto montre ce qu'il a compris au cours de sa vie : C'est que Dieu le menait à une vie de perfection qui devait supporter toutes les entraves.
Il a aussi appris et enseigné qu'il n'y a pas d'humilité sans patience et qu'il n'existe pas de patience sans humilité.
Ce sont des vertus qui marchent ensemble dans la vie de celui qui donne une vraie adhésion au projet de Jésus-Christ.
Notre-Dame de Groeninghe
(Courtrai)
Statue miraculeuse de Notre-Dame de Groeninghe
Par Notker Cortraciensis — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=11229761
Notre-Dame de Groeninghe, parfois Notre-Dame de Groeninge (en néerlandais : Onze-Lieve Vrouw van Groeninge), est une statue en ivoire de Vierge à l'Enfant, haute de 18,5 cm.
Elle aurait été conçue par un sculpteur anonyme, actif à Paris dans les années 1260.
Des analyses récentes par l'Institut royal du patrimoine ont confirmé la présence de traces de polychromie ancienne à sa surface.
Elle est actuellement vénérée à l'église Saint-Michel de Courtrai.
Selon la légende, la statue est découverte par le pape Martin IV au cours de son pontificat (1281-1285). Après que, dans un petit bois, on ait entendu pendant plusieurs jours des chants angéliques, le pape s'y rend avec de nombreux cardinaux. Il en ramena la statue qui avait été déposée là par les anges.
C'est le pape Honorius IV, au cours de son pontificat (1285-1287), qui en fait don à la comtesse Béatrice de Brabant, qui en fait à son tour don à l'abbaye de Groeninghe, située dans la région de Courtrai. C'est de ce lieu que la statue tire son nom.
À la vénération de Notre-Dame de Groeninghe se conjugue alors la vénération du Cierge de Groeninghe, façonné à partir d'une portion de la Sainte Chandelle d'Arras que Béatrice de Brabant avait obtenue de l’évêque d'Arras en 1285.
Selon la légende, lors de la bataille des éperons d'or, en 1302, Gui de Namur, qui dirigeait les milices flamandes acculées, aurait tourné son regard vers l'abbaye de Groeninghe en s'écriant « Sainte Reine du Ciel, secourez-moi ! », faisant par ce cri basculer la bataille en sa faveur.
Dans le camp opposé, le roi Sigis de Mélinde (ou de Majorque), allié des Français, vit au-dessus de l'église du monastère une vive lumière et dans celle-ci la statue de Notre-Dame de Groeninghe. Demandant à son entourage de quel bâtiment il s'agissait, on lui répondit que c'était l'église du monastère, où la Vierge était particulièrement honorée et dans laquelle les religieuses devaient être en prière. « Je suis Perdu », s'exclama-t-il, « C'est là aussi que je dois mourir. » Ce qui advint, cependant que la chevalerie française était défaite.
En 1636, la ville de Courtrai est frappée par une épidémie de peste. Le , est organisée une procession et une exposition de la Statue de Notre-Dame de Groeninghe, vénérée comme le salut des infirmes et la consolatrice des Affligés, ainsi que du Cierge de Groeninghe. Vénérée dans la journée sur la place du marché, elle est ensuite rapportée au monastère où elle est exposée neuf jours durant. Selon les témoins du temps, de nombreuses guérisons se produisent.
En 1643, lors des fêtes de l'ascension, des témoins affirment avoir entendu des chants angéliques, en particulier les litanies de la Sainte Vierge, dans l'église abbatiale de Groeninghe.
L’évêque Maximilien de Gand ordonne une enquête qui s'étend de 1640 à 1645. Au terme de l'enquête, son successeur l’évêque François Villain de Gand reconnait comme authentiques cinq miracles :
Il reconnaît aussi 22 grâces singulières, douze grâces remarquables et, comme faveurs particulières, onze guérisons de personnes reconnues comme obsédées ou possédées par le malin.
En 1660, le père Joseph Hermans demande et obtient du pape Alexandre VII l'autorisation de fonder une confrérie à Notre-Dame de Groeninghe, celle-ci existe jusqu'à la Révolution française. La confrérie est rétablie le par le cardinal Caparo.
Après la Révolution française, en , la statue de Notre-Dame de Groeninghe est officiellement rendue au culte et installée dans l'église Saint Michel de Courtrai. En 1841, elle est définitivement cédée par les cisterciennes dont la congrégation a cessé d'exister.
En 1940, la ville de Courtrai étant sous la menace de bombardements et encombrée de réfugiés, plusieurs membres du clergé local font la promesse solennelle de s'affairer pour obtenir le couronnement de Notre-Dame de Groeninghe si la ville reste épargnée à cette période. Les démarches entreprises aboutissent en 1951 lorsque le pape Pie XII donne mission à monseigneur Henricus Lamiroy de couronner la statue. C'est finalement Fernando Cento, Nonce apostolique, qui aura cette responsabilité. La cérémonie se déroule le , à l'occasion du 650e anniversaire la bataille des éperons d'or. Par manque de place dans les églises de la ville, elle a lieu sur la plaine de Groeninghe. Plus de 10 000 personnes y assistent et 60 prêtres sont nécessaires pour distribuer la communion.
Notre-Dame de Groeninghe est priée par les femmes pour le bon déroulement des grossesses et contre l'infertilité. À l'occasion d'une visite à l'église Saint-Michel de Courtrai, les femmes enceintes peuvent être bénies par un prêtre. Cette tradition est connue sous le nom de Moederzegen (bénédiction de la mère). À cet effet, une cruche emplie d'eau bénite est également disponible près de l'autel.
Autour de la dévotion à Notre-Dame de Groeninghe s'est déroulée, de la fin du XIXe à la fin de XXe siècle, la production d'ex-voto spécifiques à la région de Courtrai : ceux-ci étaient faits de métal et avaient la forme d'un écusson ou d'un blason, évoquant les légendes du Moyen Âge. Les dédicaces y étaient peintes en caractères gothiques et rédigées en néerlandais ou en français. Les indications de lieux qui s'y trouvaient indiquaient une dévotion s'étendant en Flandre Occidentale, en Flandre-Orientale et dans le Nord de la France Dans les années 1980, on comptait encore plus de 160 de ces ex-voto accrochés aux murs la chapelle de l'église Saint-Michel. La plupart auraient été fabriqués par Albert Viaene, entrepreneur en travaux de peinture. Ces ex-voto ont tous été enlevés de la chapelle. Les derniers exemplaires de ces ex-voto sont encore visibles à la chapelle Onze-Lieve-Vrouw ter Putte à Courtrai, seulement lors de son ouverture en mai.
Plusieurs peintures assimilables à des ex-votos ont été réalisées pour commémorer les miracles ou en témoignage de dévotion à Notre-Dame de Groeninghe. Une de ces peintures, datant de la première moitié du XVIIe siècle, illustre l'exorcisme de Joosynken Callens, une adolescente âgée de 15 ans. L'évènement se serait produit le . Une seconde, de la même époque, décrit dans quatre médaillons la découverte par le pape, le don à Béatrice de Brabant, un exorcisme et la résurrection de Maria Carboni. Le peintre Jean-Baptiste van Moerkercke (1623-1673) a également réalisé au XVIIe siècle une peinture de la statue de Notre-Dame de Groeninghe, Notre Dame de Groeninghe dans une niche, entourée de fleurs et de fruit
Autrefois, une procession d'enfants se déroulait durant la pendant la pentecôte au terme de laquelle des bougies étaient allumées en l'honneur de Notre-Dame de Groeninghe. Des médailles et des images pieuses étaient également diffusées. Aujourd'hui, les pèlerins peuvent brûler des bougies de neuvaine ornées d'une image de Notre-Dame de Groeninghe dans le sanctuaire.
Dans la région de Courtrai et au delà, de nombreuses chapelles ont été dédiées à Notre-Dame de Groeninghe : à Bas-Warneton, à Bellegem, à Courtrai, à Dottignies, à Hal, à Koekelare, à Lendelede, à Marke, à Roulers.
En 1866, Clémence Hiers, Dame Prieure du Béguinage de Courtrai, a consacré un recueil de poèmes dédiés à Notre-Dame de Groeninghe.
L'église Saint Michel de Courtrai possède un ensemble de dix vitraux illustrant les légendes et l'histoire de la statue de Notre-Dame de Groeninghe.
les anges déposent la statue près de Rome
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Martin IV découvre la statue
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Béatrice de Brabant reçoit la statue
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La mort de Robert d'Artois
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L'apparition au roi Sigis
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La procession contre la peste de 1636
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la louange des anges à l'église en 1643
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La résurrection de Marie Carboni Roussel
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Miracle par l'intercession de Notre-Dame
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Le don de la statue à l'église Saint-Martin
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Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Notre-Dame_de_Groeninghe
→ Les apparitions de la Vierge dans le monde
Notre-Dame de Grâce (Berzée)
Notre-Dame de Grâce
Le culte à cette Vierge prend naissance à Rome lorsqu’en 1609, Dominique de Jésus-Marie, le 5e général des carmes-déchaussés, retire d’un tas de décombres une peinture de Notre-Dame, qu’il restaure. D’après la tradition, la Vierge aurait souri au peintre pour le remercier. Bientôt, cette représentation fait l’objet d’une grande dévotion. Elle devient ensuite la propriété du duc de Bavière et finalement, elle arrive à Vienne.
En Belgique, son culte est propagé par les carmes de Mons. Une image est ainsi accueillie quelques jours à Berzée le par l’abbé Vital Prélat (décédé en 1945), Révérend curé pendant 42 ans. Le 11 juin suivant, une association pieuse est érigée dans l’église, où la fête de cette Vierge, implorée pour les âmes du purgatoire, est fixée au 2e dimanche de juillet, ponctuée par un pèlerinage annuel.
Notre-Dame de Grâce de Berzée devient très célèbre dans toute la Belgique et même au-delà des frontières du pays. Elle est très vite reconnue comme celle qui guérit. En effet, une multitude d'ex-voto tapissent l'église du petit village.
Aujourd’hui, il ne se passe pas un jour sans que des pèlerins ne viennent se recueillir devant l’Image avec une profonde confiance et dévotion.
Cette peinture sur bois mesure 70 cm. La figure de Marie est extrêmement douce et gracieuse, calme et recueillie, son sourire est si expressif qu'on dirait qu'elle va parler. La robe est d'un rouge délicat et le manteau bleu descend en plis gracieux de la tête sur les épaules. Un léger voile blanc encadre la figure et le cou. Sur l'épaule gauche brille une étoile d'or, signe de la maternité divine. Une copie de ce tableau fut commandée par une religieuse des sœurs Fransiscaines de Notre-Dame des Anges, qui avait été en poste pendant trois ans à Berzée. Léona Degallaix, connue sous le nom de Sœur (Marie) Julie, l'a offerte en 1922 à l'église paroissiale dont dépend l'école Saint-Joseph d'Ohain (Lasne).
Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Berz%C3%A9e
Mater dolorosa
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La Mater dolorosa de Dürer, panneau central du Polyptyque des Sept Douleurs (v. 1500), Alte Pinakothek, Munich.
La Mater dolorosa (« Mère de douleur » en latin) est un thème universel auquel l'iconographie chrétienne a donné valeur de référence en le plaçant au centre de la dévotion mariale.
L'art religieux, en particulier dans les pays de tradition catholique et orthodoxe, qui accordent une place éminente à Marie, en a fait un contrepoint dramatique aux thèmes plus joyeux de la Nativité et de la Vierge à l'Enfant, notamment du XIVe au XVIIe siècle.
Les premiers siècles du christianisme sont marqués par d'importants débats théologiques sur la nature du Christ : après le concile d'Éphèse en 431 qui rejette le nestorianisme, le concile de Chalcédoine en 451 condamne le monophysisme, en affirmant l'union consubstantielle des deux natures humaine et divine du Christ en même temps que s'affirme le dogme de la « Mère de Dieu » (Theotokos). La représentation physique du Christ est alors encouragée et la découverte en 525 à Édesse du Mandylion, Sainte Face miraculeusement imprimée sur un tissu, a eu un grand retentissement et semble avoir initié une image particulière du visage du fils de Marie. Dans le contexte du développement foudroyant de l'islam opposé aux images (califat d'Omar, 634-644) et des interprétations renaissantes du docétisme et du monophysisme, le concile in Trullo à Constantinople en 692 (confirmé par le dernier concile œcuménique de Nicée en 787) instaure la vénération de la croix (canon 73) et stipule dans le canon 82 « que soit érigé, à la place de l'Agneau antique, sur les icônes, selon son aspect humain, celui qui a ôté les péchés du monde, le Christ notre Dieu ».
Une des premières représentations de la Crucifixion, Évangiles de Rabula, fin VIe s
On traite alors dans le même esprit la Vierge (peinte pour la première fois par saint Luc selon la tradition) et se répandent alors les scènes de la nativité de Jésus avec une place majeure donnée à la figure maternelle qui est représentée aussi dans le topos de la Vierge à l'Enfant. Le thème de la Crucifixion naît aussi en Orient et s'impose au fil des siècles : le premier crucifix remonterait au Ve siècle et l'Évangéliaire syriaque enluminé en Orient par le moine Rabula en 586 constitue la plus ancienne œuvre datée comportant les éléments de la scène qui deviendra récurrente avec les larrons, les soldats, la Vierge Marie, les saintes femmes et saint Jean. Le personnage de la mère du Christ au pied de la croix gagne en humanité enrichi qu'il est par les références au monde grec ancien toujours connu : « Les figures antiques viennent se fondre dans l'image chrétienne, tant et si bien que les deux modèles se superposent pour dire la douleur de la mère » et Corinne Jouanno note que « la référence à Niobé est si courante dans les textes byzantins, lorsqu'il s'agit de dire la souffrance maternelle, qu'elle tient du cliché ».
L'influence de Byzance sur l'art d'Occident sera importante dès l'époque carolingienne en lien avec l'émigration des illustrateurs byzantins au moment de la querelle des iconoclastes ; ainsi le psautier d'Utrecht réalisé à Reims vers 820 comporte la première crucifixion réalisée en Occident (illustration du psaume 116). Dans ces scènes de crucifixion, la Vierge devient une figure maternelle souffrante, mais au réalisme néanmoins limité.
Née dans le domaine byzantin et nourrie de la culture grecque, la mère de douleur sera redécouverte au moment des croisades et deviendra avec la théologie de la compassion qui prend corps en Occident au XIIe – XIIIe siècles le grand thème de la Mater dolorosa traité avec un réalisme nouveau qui nourrira la littérature religieuse et l'art pendant plusieurs siècles.
Vierge à l'Enfant (vers 600, monastère Sainte-Catherine du Sinaï)
Descente de Croix - crypte de Hosios Loukas (XIe siècle)
Par Hans A. Rosbach — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=8943876
Lamentation sur le corps du Christ, Église Saint-Panteleimon de Nerezi, vers 1164. Macédoine du Nord
Crucifiement - Icône byzantine. 2e moitié du XIIe siècle, monastère Sainte-Catherine du Sinaï
Descente de Croix byzantine (XIVe siècle, Agia Marina, Kalopanagiotis, Chypre)
Dans la société nobiliaire qui s'installe à partir du XIe siècle, la question de la descendance est primordiale : la femme est d'abord la mère de l'héritier. Cette valorisation maternelle conjuguée à une importance accrue par le départ aux croisades des chevaliers donne un rôle social plus marqué aux femmes de l'aristocratie en même temps que naît le thème de l'amour courtois qui contribue aussi à un regard nouveau sur l'image de la femme. Le monde religieux redécouvre parallèlement dans le contexte des croisades la vénération dont fait l'objet la « Mère de Dieu » à Byzance. C'est alors que se développe en Occident la dévotion mariale dans laquelle après saint Anselme (mort en 1109), saint Bernard (mort en 1153) qui voue son ordre des Cisterciens à la Vierge joue un rôle moteur. Avec saint François d'Assise s'accentue une nouvelle sensibilité pour les souffrances du Christ en donnant une valeur rédemptrice à la douleur : c'est le moment où s'installe avec les Franciscains la représentation du « Christ dolens » qui succède au Christ patiens » à la manière grecque avec Giunta Pisano, actif entre 1229 et 1254, Cimabue (v. 1240- v. 1302) et Giotto (1267-1337). C'est au XIIIe siècle que s'instaurera une dévotion catholique particulière à Notre-Dame des Douleurs, notamment avec la fondation de l'Ordre des servites de Marie en 1233.
Cette spiritualité de la compassion s'applique aussi à la figure maternelle de la Vierge Marie qui devient la mère de douleur, la Mater dolorosa. L'expression apparaît dans le premier vers du Stabat mater, séquence composée au XIIIe siècle et attribuée au franciscain italien Jacopone da Todi :
« Stabat Mater dolorosa
Iuxta crucem lacrimosa
dum pendebat Filius. »
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Mater dolorosa par Pedro de Mena, XVIIe siècle
Par Luis García, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=67325688
Cette mise en avant de la souffrance de Marie au moment de la Crucifixion s'amplifie au cours des siècles avec un réalisme croissant dans le contexte des guerres et des pestes aux XIVe et XVe siècles dans des topos comme le Stabat Mater représentant Marie au pied de la croix (on trouve aussi les titres de Crucifixion, Golgotha, Calvaire...), la Pietà où la mère porte le corps du supplicié, mais aussi la Descente de la croix avec la déposition du Christ et la Mise au tombeau. Ces thèmes, concomitants avec les représentations terribles de danses macabres et du Jugement dernier, peuvent être traités conjointement, particulièrement dans les retables (comme le Retable d'Issenheim de Grunewald au début du XVIe siècle) ou séparément.
Le culte marial et la mise en avant de la Mater dolorosa s'amplifient dans la théologie de la Contre-Réforme où les Jésuites jouent un grand rôle : Ignace de Loyola avait une dévotion particulière à la Vierge de douleur et, « de 1603 à 1881, sans compter les traités, les panégyrique et les méditations, les Jésuites ne publièrent pas moins de quatre-vingt-douze ouvrages sur cette dévotion aux douleurs de Marie ».
La Mater dolorosa traitée en portrait par le Titien (v. 1555)
La Vierge de douleur constitue un sujet de méditation et de prêche importants du catholicisme comme l'illustre Bossuet dans son Premier sermon sur la compassion de la Sainte Vierge (vers 1660) : « Chrétien enfant de la croix … souviens-toi des douleurs cruelles dont tu as déchiré son cœur au Calvaire ; laisse-toi émouvoir aux cris d'une mère. » C'est cette émotion que les plus grands artistes chercheront à exprimer selon l'esthétique de leur temps du XIIIe au XVIIIe siècle et au-delà, dans l'art de la sculpture (retables anonymes, Pietà de Michel-Ange, Vierge de Douleur de Germain Pilon...), de la peinture (Robert Campin, vers 1425 - Rogier van der Weyden, vers 1460 – Le Pérugin, vers 1482 – Luis de Morales, La Piedad, vers 1560 - Véronèse, vers 1580 – Rubens, Descente de Croix vers 1617 - Tiepolo, vers 1750) mais aussi de la musique (on compte plus de 220 Stabat Mater dont ceux de Palestrina (XVIe s.) ou de Pergolèse.
Une approche particulière apparaît au XVIe siècle avec les représentations de la seule Mère éplorée et des gros plans de son visage qui constituent des portraits où la connotation religieuse est apportée par le titre et par certains codes qui demeurent comme la couleur bleue du vêtement. Les représentations de sujets profanes et particulièrement des portraits s'installent en effet avec les primitifs flamands comme Van Eyck au XVe siècle avant de gagner l'art italien de la Renaissance. Ainsi Véronèse aborde les scènes bibliques en cherchant leur aspect émotif plutôt que leur côté symbolique. C'est également le cas des tableaux intitulés « Mater dolorosa » comme ceux du Titien (vers 1554, musée du Prado, Madrid), Le Gréco (1585-1590, Staatliche Museen Preussischer Kulturbesitz, Berlin), Rembrandt (1660, Musée departemental d'art ancien et contemporain, Épinal) ou José de Ribera (1638, Staatliche Museen, Kassel).
Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Mater_dolorosa
Le jour du Seigneur
(Émission de télévision)

Le Jour du Seigneur est une émission de télévision catholique française produite depuis les années par le Comité français de radio-télévision (CFRT), une association créée à cet effet, et diffusée chaque dimanche matin depuis le .
Elle est d'abord programmée sur RTF Télévision, puis sur la première chaîne de l'ORTF à partir de , puis sur TF1 dès le dimanche de 10 h 30 à 12 h jusqu'en où elle passe aux mêmes horaires sur Antenne 2, puis sur France 2.
C'est l'émission encore en activité la plus ancienne de la télévision française, en dehors du journal télévisé.
Le Jour du Seigneur est issu du travail précurseur du père dominicain Raymond Pichard. Le , il obtient la retransmission de la messe de minuit depuis la cathédrale Notre-Dame de Paris sur RDF Télévision française. Cette messe présidée par le cardinal Suhard, archevêque de Paris, est une première mondiale.
Face au succès de cette retransmission et pour enrayer la déchristianisation, le père Pichard travaille à l'idée d'une émission religieuse régulière qui réunirait les chrétiens et obtient en un temps d'antenne d'une heure et demie par semaine sur RTF Télévision chaque dimanche matin. Cette émission hebdomadaire catholique débute le dimanche , et est produite par les Productions du Parvis, nommées ainsi en souvenir du parvis de Notre-Dame. Elle est composée d'un magazine suivi de la retransmission de la messe.
Pour compléter le financement de l’émission par la Radiodiffusion-télévision française et développer les émissions religieuses dans l'audiovisuel, le père Pichard fonde une structure associative de production : le Comité français de radio-télévision (CFRT).
L'émission est baptisée le Jour du Seigneur le , toujours à l'initiative du père Pichard.
À partir de , l'émission donne lieu à une série d'autres émissions religieuses, baptisée Les Chemins de la foi en , diffusées le dimanche matin avant 10 h 30 et dédiées chacune aux autres religions pratiquées en France : d'abord le protestantisme en , le judaïsme en , l'orthodoxie et les catholiques orientaux en , l'islam en et le bouddhisme en .
La messe est d'abord tournée dans un studio de la rue Cognacq-Jay puis à partir d' dans une chapelle studio, l'église du couvent dominicain de l'Annonciation de la rue du Faubourg-Saint-Honoré, et à partir de , dans différentes églises paroissiales.
L'émission se poursuit sur la première chaîne de l'ORTF à partir du dimanche , puis sur TF1 dès le dimanche jusqu'au dimanche où elle passe aux mêmes horaires sur Antenne 2 à la suite de la privatisation de TF1. Cette émission étant une obligation de service public, elle ne peut être diffusée que sur une chaîne de télévision publique.
En , la Conférence des évêques de France fait censurer un film programmé dans l'émission et intitulé La Fidélité de Roger Déliat, traçant le portrait de ce prêtre ouvrier pour le dialogue avec les communistes.
En , le frère Alain Carron de La Carrière crée la première émission pour enfants catholique dans le cadre du Jour du Seigneur.
Hormis le journal télévisé, créé en , Le Jour du Seigneur est la plus ancienne émission de la télévision française qui soit encore diffusée aujourd'hui.
Depuis le , l'émission a revisité sa formule. Un nouveau décor, de nouvelles rubriques telles que Ça questionne, Vous nous étonnez, Pierres vivantes ou Parole inattendue et une chronique culturelle, animée par la journaliste Constance de Bonnaventure, ont permis de renouveler le programme, avec pour objectif de rejoindre de nouveaux publics sur de nouveaux supports.
Du au , l'émission diffuse une mini-série télévisée humoristique de 2 minutes en 3 saisons, intitulée Sacristie ! de Sébastien Lerigoleur et Éric Pailler avec Hervé Pierre et Grégori Derangère, respectivement le Père Denis Moreau et Bertrand Rousseau son sacristain. Une deuxième saison a été diffusée à l'antenne à partir du . La troisième et dernière saison a été diffusée en et .
Les messes en direct sont réalisées par Jean-François Verzele, Thierry Lécuyer, Jean-Claude Salou, Michel Baulez, Adrien Soland, Jean-Bernard Ganne, Jean-Rodolphe Petit-Grimmer ou encore David Montagne.
Depuis le lancement de sa nouvelle formule en , l'émission partage sa programmation en deux temps : de septembre à juin, une saison magazine dès 10 h 30, suivie de la messe en direct à 11 h. Chaque semaine, un ou deux invités sont accueillis sur le plateau pour échanger autour d'une question qui concerne l'Eglise et notre société. De juillet à août, une saison documentaire débute à 10 h 30, toujours suivie de la messe en direct à 11 h.
Depuis le , le frère dominicain Thierry Hubert est le producteur de l'émission, dont le directeur général est Emmanuel Bonnet et le présentateur-journaliste David Milliat.
Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Jour_du_Seigneur_(%C3%A9mission_de_t%C3%A9l%C3%A9vision)
Le voile de la Vierge Marie
Le voile de la Vierge Marie à Chartres
Par Rama — Travail personnel, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=7538614
Le voile de la Vierge de Chartres, connu autrefois sous le nom de « chemise », est une relique qui aurait été envoyée de Byzance par l'empereur d'Orient à Charlemagne. Selon la tradition, il s’agit du voile (appelé sancta Camisia car le peuple pensait voir dans le reliquaire une chemise) que portait Marie lors de l'Annonciation. Elle est conservée dans la cathédrale Notre-Dame de Chartres.
Une chronique du XIe siècle empreinte de merveilleux raconte qu'elle est brandie comme bannière par Charles le Chauve lors du siège de Chartres. L'empereur d'Occident et petit-fils de Charlemagne l'offre en 876 à la cathédrale. Cette relique, une des plus précieuses d’Occident, fait de l'église un sanctuaire marial qui accueille de nombreux pèlerins, notamment Louis XIV, saint Vincent de Paul ou François de Sales. Lors de l'incendie de l'ancienne église en 1194, la relique semble perdue, mais elle est providentiellement mise à l'abri dans le martyrium par des clercs. Après deux ou trois jours de déblayage, les sauveteurs et la relique sont retrouvés. À l’époque, l’interprétation de cet épisode comme d’un désir de la Vierge Marie à abriter le voile dans une église plus spacieuse, conduit à une multiplication des dons sur son autel, attestés dès 1195. Cela explique sans doute l'enthousiasme et la rapidité avec laquelle la nouvelle cathédrale est bâtie, sans qu'il soit exclu que l'incendie de 1194 soit arrivé de façon opportune afin d'accélérer les travaux de l'église de Fulbert alors même que les chanoines étaient réticents face à ce projet coûteux dont l’agrandissement imposait la destruction des quartiers canoniaux et de leurs habitations.
À la suite de l'ouverture au début du XVIIIe siècle de la châsse en bois de cèdre alors en mauvais état, il est constaté qu’il s’agit d’un long habit de tête, et non d’une chemise ainsi qu’elle figurait sur le sceau du chapitre de la cathédrale. Le saint vêtement est enveloppé dans un voile de gaze (tissu byzantin du VIIIe siècle appelé « voile de l'impératrice Irène ») orné de broderies en soie et en or.
Par la suite, la relique est contenue dans une châsse de grande valeur, dont les joyaux sont vendus à la Révolution. De même en 1793, le voile est découpé en plusieurs morceaux, qui sont vendus.
Une expertise du tissu restant, réalisée en 1927 par le musée des soieries de Lyon, propose une datation ancienne, des premiers siècles. Il est en soie de grande valeur, ce qui est étonnant au vu du statut social de Marie. Le voile, placé dans un reliquaire monstrance réalisé par l’orfèvre Poussielgue-Rusand en 1876 pour le millénaire de son don, est toujours exposé dans le déambulatoire, du côté nord, dans la chapelle des martyrs ou de Saint-Étienne, dite aujourd'hui du Saint-Cœur de Marie.
Le voile et la chasse sont classés monument historique en tant qu'objet en 1970.
Notre-Dame de Chartres est un lieu de pèlerinage important, principalement grâce aux pèlerinages traditionnels qui ont lieu chaque année durant le week-end de Pentecôte :
L'engouement pour la route de Saint-Jacques-de-Compostelle, dont Chartres est une étape pour les pèlerins qui viennent du Nord par la route de Paris, est aussi à l'origine de ce succès.
Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Voile_de_la_Vierge_de_Chartres
Compiègne
Relique du voile de la Vierge, donnée à l'abbaye Sainte-Marie de Compiègne par Charles le Chauve en 876.
L'abbaye Sainte-Marie la laissa à l'abbaye Saint-Corneille de Compiègne, qui lui succéda.
La relique proviendrait du trésor de Charlemagne d'Aix-la-Chapelle.
Il y aurait eu trois reliques du voile de la Vierge. Une fut donnée à la cathédrale de Chartres, également par Charles le Chauve. Châsse à reliques en émaux champlavés, réalisée par J. Faitout, émailleur à Paris, à l'occasion du cinquième centenaire de Jeanne d'Arc, en 1930, d'après les dessins du comte de Sauvigny. Une réplique de la châsse et de son contenu furent réalisées pour être exposées sous l'autel de la Vierge, dans le déambulatoire sud. Les originaux sont dans le Sacrarium, 6e chapelle du bas-côté sud.
Abbaye saint Corneille à Compiègne
Dans une charte de Philippe Ier de France (1052-1108), nous apprenons que ce prince fait mettre le Saint-Suaire et les autres reliques de Jésus-Christ, « que Charles le Chauve avait données à l'église de Saint-Corneille, dans une châsse d'or enrichie de pierres précieuses données par la reine Mathilde d'Angleterre ; au lieu qu'auparavant elles étaient gardées dans un vase d'ivoire ».
Saint-Corneille attire les pèlerins par ses reliques, en particulier le Saint-Suaire et le voile de la Vierge.
Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Abbaye_Saint-Corneille_de_Compi%C3%A8gne
Montrœul au bois (Belgique)
La relique
La paroisse possède une relique insigne du Voile de la Sainte Vierge. C'est elle que l'on donne à vénérer aux nombreux pèlerins.
Le reliquaire est en argent massif d'une très élégante facture. La monstrance en forme cylindrique se dresse entre deux anges vêtus de dalmatiques sur une terrasse ovale ornée de feuilles de palmier et supportant un ciel de même décor. Sur ce ciel est établi un édicule en forme de temple abritant une image de la Sainte Vierge dans une gloire entouré d'un crétage ajouré ; le tout est surmonté d'une croix.
C'est la relique que l'on promène processionnellement le lundi de la Pentecôte.
"Montrœul au bois, le manuel du pèlerin"
En savoir plus : https://lalumierededieu.blogspot.com/2026/02/notre-dame-des-joyaux-montrul-au-bois.html