Miracle Eucharistique Juazeiro 1889

 Miracle Eucharistique 

Juazeiro 1889

 

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La beata Maria de Araújo

 

 

Miracle présumé

En 1889, lors d’une messe célébrée par le père Cícero, une hostie administrée par le prêtre à la religieuse Maria de Araújo se changea en sang dans la bouche de celle-ci. Selon les récits, le même phénomène se répéta plusieurs fois au cours des deux années suivantes. Bientôt, la nouvelle qu’un miracle s’était produit à Juazeiro fut répandu par les soins d’ecclésiastiques autres que Padre Cícero, qui cherchaient à exploiter l’événement en organisant, à partir de tout le nordeste, des pèlerinages vers le lieu, de sorte que, au moment où, p.ex., Antônio Conselheiro fondait sa propre communauté à Canudos dans le nord de la Bahia, quelques centaines de pèlerins s’étaient déjà établis dans la Juazeiro cearense et devenus des résidents d’une nouvelle cité sainte, laquelle subsista ensuite pendant plus de 50 ans en dépit de la mesure de suspension prise à l’encontre de Cícero en 1892.

Cependant, à la requête de Padre Cícero, le diocèse convoqua une commission composée d’ecclésiastiques et de professionnels de la santé afin de soumettre le supposé miracle à examen. La commission, qui avait pour président le père Clycério da Costa et comme secretaire le père Francisco Ferreira Antero, et dont étaient membres également les médecins Marcos Rodrigues Madeira et Ildefonso Correia Lima, en plus du pharmacien Joaquim Secundo Chaves, mena de longues investigations et fut même à plusieurs reprises témoin du phénomène de transformation de l’hostie. Clôturant son enquête le , elle arriva à la conclusion qu’il n’y avait pas d’explication naturelle des faits survenus, et qu’il s’agissait donc d’un miracle, ce qu'Ildefonso Correia Lima formula ainsi dans une lettre : « (des faits) de l’ordre de ceux observés ne peuvent pas s’expliquer par le jeu naturel des agents naturels, et force est d’admettre l’intervention d’un agent intelligent occulte qui en représente la cause, et que, dans le cas en question, je pense être Dieu ».

Insatisfait de cette expertise, l’évêque Joaquim José Vieira nomma, pour mener une contre-enquête, une nouvelle commission, présidée par le père Alexandrino de Alencar, avec pour secrétaire le père Manoel Cândido. La commission convoqua la religieuse, lui donna la communion, et, ayant constaté que rien d’extraordinaire ne se produisait, conclut qu’il n’y avait point de miracle, et qu’il s’agissait d’une supercherie.

L’évêque Viera se rangea à la deuxième expertise et, sur la base de celle-ci, décida de suspendre le père Cícero de ses fonctions sacerdotales et ordonna que fût claustrée Maria de Araújo, qui mourut en 1914.

Plus la communauté de Cícero attirait d’adeptes, plus sa hiérarchie trouvait à redire sur ses pratiques religieuses. Pourtant, à la différence d’Antônio Conselheiro, Padre Cícero avait fait preuve initialement d’une grande disposition à collaborer avec l’archidiocèse local. Néanmoins, comme indiqué ci-haut, il fut suspendu en 1892, et depuis lors demeura, pour le restant de sa vie, engagé dans un conflit permanent avec l’Église, tendant à se retrancher dans sa communauté adoptive.

En 1898, le père Cícero s’en fut à Rome, où, à l’issue d’un entretien avec le pape Léon XIII et avec des membres de la Congrégation du Saint-Office, il obtint son absolution. Pourtant, à son retour à Juazeiro, la décision du Vatican fut révisée et le père Cícero se retrouva sous le coup d’une mesure d’excommunication ; cependant, des études réalisées quelques décennies plus tard par l'évêque Fernando Panico suggèrent que ladite excommunication ne fut jamais suivie d’application effective. (Le même Fernando Panico conduit à l’heure actuelle une procédure en réhabilitation de Padre Cícero auprès du Vatican.) En plus des démarches à Rome, Cícero tenta aussi d’obtenir, lors de ses demandes de rétablissement dans ses fonctions de prêtre, l’appui de coroneis locaux et de personnalités civiles. Parallèlement, lorsque leur chef fut menacé d’excommunication, les adeptes de Cícero entreprirent de lever des fonds par le biais d’associations catholiques laïques, envoyèrent des émissaires pour plaider leur cause, publièrent des communiqués dans la presse tant religieuse que seculière, et lancèrent des dizaines de pétitions. 

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Padre_C%C3%ADcero

 

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