La Sainte Ceinture (en italien Sacra Cintola ou Santa Cintola, appelée aussi Sacro Cingolo) est une relique de la Vierge Marie que l’Église catholique conserve à la cathédrale de Prato près de Florence en Toscane (Italie).
Trois autres morceaux de cette ceinture sont conservés dans un coffret en argent du Monastère de Vatopedi au mont Athos.
Les fresques d’Agnolo Gaddi, de la chapelle de la Sainte Ceinture, relatent l’histoire de la relique, qui, selon un texte apocryphe des Ve et VIe siècles, aurait été reçue par saint Thomas apôtre : ne voulant pas croire à l’Assomption de la Vierge, il aurait fait ouvrir son tombeau, l’aurait trouvé plein de fleurs, et aurait aperçu la Vierge qui lui tendait sa ceinture en levant les yeux.
Histoire
Scène du retour de Michele Dagomari à Prato, fresque d'Agnolo Gaddi, chapelle de la Sainte Ceinture
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La relique aurait été rapportée de Jérusalem en 1141 par le marchand de Prato Michele Dagomari qui l’aurait reçue en dot du père de son épouse, en Palestine (ou la lui aurait volée).
Elle est conservée dans la chapelle du Duomo et présentée à la foule cinq fois par an depuis la chaire extérieure, située à l’angle droit de la cathédrale, sous un chapiteau en bronze de Michelozzo, le Pergamo del Santo Cingolo, recouvert des bas-reliefs de la Danse des Putti, de Donatello.
En plus de la vénération d’une grande foule de fidèles, la Cintola a reçu et reçoit encore celle de nombreux personnages illustres, comme saint François d'Assise en 1212, le pape Alexandre V et le roi Louis d’Anjou en 1409, saint Bernardin de Sienne en 1424, le pape Eugène IV et l’empereur byzantin Jean VIII Paléologue en 1439, Jeanne d'Autriche en 1565, Marie de Médicis en 1600, le pape Pie VII en 1804 et 1815, le pape Pie IX en 1857 et le pape Jean-Paul II en 1986.
Cathédrale de Prato près de Florence
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Présentation de la Sainte Ceinture depuis la chaire extérieure du Duomo lors de la procession historique de 2018
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Ostension de la relique en 2007 par Mgr Gastone Simoni, évêque émérite de Prato
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Chapelle de la Ceinture de la Vierge à la cathédrale de Prato
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Relief en marbre de Niccolò di Cecco del Mercia (1360), musée diocésain de Prato
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Reliquaire de 1447, coffret de Maso di Bartolomeo, musée diocésain de Prato
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Le nouveau reliquaire de la Sacra Cintola, création de Paolo Babetto
Par Comune di Prato — http://www2.comune.prato.it/corteggio/ostensione/pagina685.html, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=72583696
La Vierge Marie remettant sa ceinture à l'apôtre Thomas lors de son Assomption, fresque d'Agnolo Gaddi, chapelle de la Sainte Ceinture
Par Sailko — Travail personnel, CC BY 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=50734878
Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Sainte_Ceinture
Relique de la ceinture - Origine
Au commencement du Ve siècle, le culte des reliques de la Sainte Vierge apparaît avec éclat dans l'église, comme une pratique consacrée par la tradition. Entre tous les objets qui avaient appartenu à la Mère de Dieu, la piété populaire semble distinguer ses ceintures. Quelques unes ont passé de Jérusalem à Constantinople, et plus tard en Occident, où les plus illustres sanctuaires se sont fait gloire d'en posséder les moindres morceaux : Aix-la-Chapelle, Bruges, Le Puy-Notre-Dame...
Quoi qu'il en soit, Henri d'Avaugour, Comte de Goëllo, et son frère Geoffroy Botherel, seigneur de Quintin, prirent la croix et partirent ensemble pour la Terre-Sainte, sous la conduite du roi Saint Louis (1248). Croisade malheureuse !
Les deux frères n'échappèrent à la mort que par une protection particulière de Saint François d'Assise. Serré de près par les Sarrasins, Henri d'Avaugour fit le vœu de fonder un couvent de Frères mineurs dans son palais de Dinan et de s'y consacrer lui-même au service de Dieu, s'il revenait sain et sauf : ce qui se réalisa en 1251 ; et vers 1278 il embrassa la règle monastique.
Quand Geoffroy Botherel reprit la route de l'Occident, il rapportait avec lui une ceinture de Marie comme récompense de ses services.
Il la tenait sans doute du Patriarche de Jérusalem, Robert de Saintonge qui, ancien évêque de Nantes, compagnon d'Henri d'Avaugour dans une précédente croisade et persécuté comme lui par le Duc de Bretagne Pierre Mauclerc, ne pouvait manquer d'être libéral des richesses de son église en faveur d'un chevalier breton de ses amis.
De retour dans son pays, Geoffroy Botherel déposa son précieux trésor dans la chapelle de son château de Quintin. Cette origine est attestée par des actes authentiques conservés jusqu'à l'incendie de 1600, dans le trésor de la collégiale de Quintin.
Ajoutons que le pieux Croisé, éclairé sur les vanités du monde, se retira dans le couvent des Cordeliers de Dinan, fondé par son frère. Quelques années plus tard, ils y furent inhumés.

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