La bénédiction des cloches
D. L'usage de bénir les cloches, est-il ancien dans l'Église ?
R.
On ne s'est pas toujours servi des cloches pour assembler les Fidèles.
Ainsi l'usage de bénir les cloches, ne saurait être de la première
antiquité.
Baronius
croit que c'est le Pape Jean XIII qui l'introduisit l'an 968 de
Jésus-Christ. Mais il est certain qu'on bénissait dès le septième siècle
ou les cloches, ou l'instrument quel qu'il fut, dont on se servait
alors pour appeler le peuple à l'Église.
D. Quelles sont les cérémonies de la bénédiction des cloches ?
R. L'Église en a institué plusieurs qui sont édifiantes.
Les voici.
1.
On chante plusieurs Psaumes choisis pour demander à Dieu sa miséricorde
et sa protection. L'Officiant bénit de l'eau et du sel qu'il mêle
ensemble, selon la coutume ; et il lave, aidé en cela par ses Ministres,
toute la cloche en dehors et en dedans avec cette eau bénite : ce qui
est une espèce d'exorcisme, donc nous avons ci-devant expliqué la raison
en parlant des bénédictions en général, et dont nous parlerons encore
en expliquant la bénédiction de l'eau.
2.
II fait après cela sept onctions avec l'huile des Catéchumènes, sur le
dehors de la Cloche et quatre onctions en dedans avec le saint Chrême.
L'Église se sert de l'onction des saintes Huiles et du saint Chrême,
pour toutes les consécrations. Nous en avons dit la raison ci-devant.
En
faisant chacune de ces onctions, on dit : Seigneur, que cette cloche
soit sanctifiée et consacrée au nom du Père, du Fils, et du Saint-Esprit
, en l'honneur d'un tel Saint. Et on ajoute ces mots : Que la paix soit
avec vous. On nomme un Saint sous l'invocation de qui la cloche est
bénie ; pour distinguer chaque cloche par le nom, du Saint qui lui est
donnée. On ajoute, Que la faix soit avec vous. C'est-à-dire, Ne servez
plus qu'à des usages saints. Soyez un instrument de paix, dont les
démons n'abusent plus.
3.
Quand la cloche est bénie, l'Évêque bénit de l'encens, et d'autres
parfums d'agréable odeur, qu'il met dans l'encensoir ; lequel est mis
ensuite sous la cloche, afin qu'elle soit toute pénétrée, pour ainsi
dire, de ces agréables odeurs. Nous avons déjà expliqué pourquoi on
emploie l'encens dans la plupart des bénédictions.
4-
Enfin on chante solennellement l'Évangile tiré du dixième chapitre de
saint Luc, où il est dit que Marie écoutait la parole de Dieu aux pieds
de Jésus-Christ ; pour faire voir qu'un des principaux usages des
cloches, est d'assembler le peuple pour entendre la parole de Dieu.
On
peut faire une application allégorique de toutes ces cérémonies, aux
Pasteurs de l'Église, dont les cloches sont, pour ainsi dire, les
images, comme on peut en juger, par les réflexions suivantes.
1.
Les cloches sont suspendues en un lien élevé : les Pasteurs doivent
être, pour ainsi dire, suspendus entre le Ciel et la terre, par la
disposition de leur cœur, à terra suspenfi, dit saint Augustin ; et
l'Écriture sainte les appelle des sentinelles pour la Maison d'Israël, qui
doivent être toujours sur les montagnes, c'est-à-dire, détachés de la
terre, et en esprit dans le Ciel.
2.
Elles sont entendues de loin. Et il est dit des Apôtres, aux fonctions
desquels les Pasteurs de l'Église succèdent, que le son de leur voix
s'est fait entendre par toute la terre.
3. Elles avertissent les Fidèles de leur devoir, elles les assemblent à l'Église. Tout le monde sait que c'est la fonction des Pasteurs.
4. Elles détournent les orages et les tempêtes. Les Pasteurs doivent avertir les Fidèles des tempêtes spirituelles et des orages qui sont prêts à fondre sur eux : et leurs prières, leurs Sacrifices, leurs exhortations ont la force de les détourner. Ils doivent être des murs d'airain, disent les Prophètes, pour s'opposer à l'indignation du Seigneur. Ils sont responsables devant Dieu, des tempêtes qui ravagent les peuples, s'ils ne font ce qui dépend d'eux pour les détourner.
Cela posé, voici l'application allégorique de toutes les cérémonies qui viennent d'être rapportées. On lave toute la cloche en dedans et en dehors après le chant des Psaumes, par lesquels on a demandé à Dieu sa protection. Ce qui donne lieu de se souvenir qu'avant que d'être élevé à la dignité de Pasteur de l'Église. Il faut être entièrement lavé de ses péchés, et purifié par la vertu du Saint-Esprit : ce qui est un effet de la miséricorde de Dieu.
1. On fait sept onctions avec l'huile des Catéchumènes sur la cloche en dehors. Ce qui peut signifier les sept dons du Saint Esprit figuré par l'Huile sainte. Dons que les Pasteurs doivent avoir reçus pour les communiquer aux autres.
On fait ensuite quatre onctions au dedans de la cloche avec le saint Chrême. Cela peut nous faire entendre que les Pasteurs doivent être tout pénétrés, pour ainsi dire, de l'esprit de Dieu, afin de pouvoir produire par la force de leurs voix, les effets figurés par ceux que doit produire la cloche. Ce nombre de quatre onctions, nous peut marquer l'étendue de la charité dont les Pasteurs doivent être pénétrés, et qui doit les rendre sensibles aux intérêts de l'Église par toute la terre. Le son de leur voix doit se faire entendre aux quatre parties du monde, s'il est nécessaire. Ils doivent travailler en tout ce qui dépend d'eux à détourner les orages spirituels, de quelque côté qu'ils viennent.
3. Elles avertissent les Fidèles de leur devoir, elles les assemblent à l'Église. Tout le monde sait que c'est la fonction des Pasteurs.
4. Elles détournent les orages et les tempêtes. Les Pasteurs doivent avertir les Fidèles des tempêtes spirituelles et des orages qui sont prêts à fondre sur eux : et leurs prières, leurs Sacrifices, leurs exhortations ont la force de les détourner. Ils doivent être des murs d'airain, disent les Prophètes, pour s'opposer à l'indignation du Seigneur. Ils sont responsables devant Dieu, des tempêtes qui ravagent les peuples, s'ils ne font ce qui dépend d'eux pour les détourner.
Cela posé, voici l'application allégorique de toutes les cérémonies qui viennent d'être rapportées. On lave toute la cloche en dedans et en dehors après le chant des Psaumes, par lesquels on a demandé à Dieu sa protection. Ce qui donne lieu de se souvenir qu'avant que d'être élevé à la dignité de Pasteur de l'Église. Il faut être entièrement lavé de ses péchés, et purifié par la vertu du Saint-Esprit : ce qui est un effet de la miséricorde de Dieu.
1. On fait sept onctions avec l'huile des Catéchumènes sur la cloche en dehors. Ce qui peut signifier les sept dons du Saint Esprit figuré par l'Huile sainte. Dons que les Pasteurs doivent avoir reçus pour les communiquer aux autres.
On fait ensuite quatre onctions au dedans de la cloche avec le saint Chrême. Cela peut nous faire entendre que les Pasteurs doivent être tout pénétrés, pour ainsi dire, de l'esprit de Dieu, afin de pouvoir produire par la force de leurs voix, les effets figurés par ceux que doit produire la cloche. Ce nombre de quatre onctions, nous peut marquer l'étendue de la charité dont les Pasteurs doivent être pénétrés, et qui doit les rendre sensibles aux intérêts de l'Église par toute la terre. Le son de leur voix doit se faire entendre aux quatre parties du monde, s'il est nécessaire. Ils doivent travailler en tout ce qui dépend d'eux à détourner les orages spirituels, de quelque côté qu'ils viennent.
3.
On fait brûler des parfums sous la cloche après les onctions. Cette
cérémonie nous remet dans l'esprit une grande vérité. C'est que les
Pasteurs qui ont reçus l'onction sainte, doivent porter dans leur cœur
les besoins, les vœux et les prières des Fidèles, pour les présenter à
Dieu. Ils sont établis pour cela, ils sont les Anges du Dieu des armées,
dit le Prophète Malachie, et une des fonctions des Anges, est de
présenter devant le Trône de Dieu, les prières des Fidèles. Or les
prières des Fidèles sont figurées par les parfums.
4. Enfin après la cérémonie on chante l'Évangile, où il est dit que Marie écoutait la parole de Dieu aux pieds de Jésus-Christ. Cette dernière circonstance peut nous faire entendre, I. Qu'une des principales fonctions des Pasteurs, est d'assembler le peuple à l'Église pour y écouter la parole de Dieu. 2. Qu'ils doivent eux-mêmes revenir toujours aux pieds du Sauveur, pour l'écouter et pour méditer sa parole, quand ils se sont acquittés des fonctions de leur ministère.
4. Enfin après la cérémonie on chante l'Évangile, où il est dit que Marie écoutait la parole de Dieu aux pieds de Jésus-Christ. Cette dernière circonstance peut nous faire entendre, I. Qu'une des principales fonctions des Pasteurs, est d'assembler le peuple à l'Église pour y écouter la parole de Dieu. 2. Qu'ils doivent eux-mêmes revenir toujours aux pieds du Sauveur, pour l'écouter et pour méditer sa parole, quand ils se sont acquittés des fonctions de leur ministère.
D. La cérémonie de la bénédiction d'une cloche, doit-elle être appelée Baptême ?
R. Non. Ce qui a donné lieu à cette façon de parler populaire, et le rapport qu'il y a entre les cérémonies que l'on observe au Baptême et celles qu'on observe en bénissant les cloches.
On lave la cloche, on fait sur elle des onctions avec l'huile des Catéchumènes, et avec le saint Chrême, on la bénit sous le nom d'un Saint, et dans quelques Diocèses ceux qui ont fait faire la cloche, ou d'autres Fidèles députés à cet effet , nomment à l'Évêque le Saint dont elle doit porter le nom, ce qui fait que le peuple les appelle parrains.
Mais ce ne sont pas les cloches seules, les Autels, les Temples et la plupart des autres choses que l'Église bénit et consacre, qui sont lavés avec l'Eau bénite, et ensuite oints avec les saintes Huiles, et portent le nom d'un Saint. La cérémonie de leur bénédiction ne s'appelle pas pour cela un Baptême. Le mot de Baptême, selon sa signification grammaticale, peut à la vérité s'appliquer à tout ce qui est lavé ; mais par l'usage de l'Église, il est déterminé à signifier le Sacrement de la génération qui ne convient qu'aux Fidèles.
D. Qui est ce qui doit sonner les cloches ?
R. Anciennement, cette fonction appartenait aux Prêtres. Saint Benoît dans sa règle veut que ce soit l'Abbé ou un autre Religieux commis par lui, qui ait soin d'assembler la Communauté à l'Église. Encore aujourd'hui la coutume des Chartreux est que tous les Prêtres sonnent la cloche alternativement pour se soulager. Et c'est pour cela que dans la plupart des anciennes Églises les clochers sont ou sur le Chœur, ou fort proche du Chœur.
R. Non. Ce qui a donné lieu à cette façon de parler populaire, et le rapport qu'il y a entre les cérémonies que l'on observe au Baptême et celles qu'on observe en bénissant les cloches.
On lave la cloche, on fait sur elle des onctions avec l'huile des Catéchumènes, et avec le saint Chrême, on la bénit sous le nom d'un Saint, et dans quelques Diocèses ceux qui ont fait faire la cloche, ou d'autres Fidèles députés à cet effet , nomment à l'Évêque le Saint dont elle doit porter le nom, ce qui fait que le peuple les appelle parrains.
Mais ce ne sont pas les cloches seules, les Autels, les Temples et la plupart des autres choses que l'Église bénit et consacre, qui sont lavés avec l'Eau bénite, et ensuite oints avec les saintes Huiles, et portent le nom d'un Saint. La cérémonie de leur bénédiction ne s'appelle pas pour cela un Baptême. Le mot de Baptême, selon sa signification grammaticale, peut à la vérité s'appliquer à tout ce qui est lavé ; mais par l'usage de l'Église, il est déterminé à signifier le Sacrement de la génération qui ne convient qu'aux Fidèles.
D. Qui est ce qui doit sonner les cloches ?
R. Anciennement, cette fonction appartenait aux Prêtres. Saint Benoît dans sa règle veut que ce soit l'Abbé ou un autre Religieux commis par lui, qui ait soin d'assembler la Communauté à l'Église. Encore aujourd'hui la coutume des Chartreux est que tous les Prêtres sonnent la cloche alternativement pour se soulager. Et c'est pour cela que dans la plupart des anciennes Églises les clochers sont ou sur le Chœur, ou fort proche du Chœur.
Présentement
on regarde la fonction de sonner les cloches, comme une des fonctions
des Portiers ; et depuis que les Bedaux font dans l'Église la plupart
des fonctions des Portiers, on leur laisse faire cette fonction comme
les autres. Mais il est plus conforme à l'esprit de l'Église, que ce
soient des Clercs, qui revêtus du surplis, sonnent les cloches, au moins
celles qui ne sont pas d'une grosseur extraordinaire : car celles-ci
sont sonnées par les Laïques, parce qu'il est difficile de faire
autrement : et c'est pour cela que dans la plupart des Églises
considérables, Outre les grosses cloches qui font suspendues dans les
Tours ; il y en a de plus petites suspendues au milieu de l'Église, dans
un Clocher proche du Chœur ; lesquelles devraient être sonnées par des
Ecclésiastiques revêtus du surplis, parce qu'ils font en cela une
fonction de leurs Ordres. Cela se pratique ainsi à Notre-Dame de Paris,
et peut-être ailleurs.
D. Quels abus faut-il éviter par rapport aux cloches ?
R. De faire quelque superstition
1. quand on fond le métal dont elles sont composées.
2. De les sonner pour des usages profanes.
3. De les sonner sans aucune règle ni discrétion, contre les règlements des Évêques, quand il y a quelque mort.
4.
De sonner sur elles en carillon des airs profanes c'est-à-dire, comme
nous l'avons dit ailleurs, des airs déterminés par l'usage, à être chantés avec des paroles profanes.
Source : Livre "Instructions Generales En Forme De Catechisme, Ou L'On Explique En ..., Volume 4" Par François-Aimé Pouget,Charles Joachim Colbert de Croissy
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