
Une église est un lieu de culte dont le rôle principal est de faciliter le rassemblement d'une communauté chrétienne. Sa construction est commanditée par le clergé, financée par les dons des laïcs, réalisée par les artistes et artisans. Son ordonnancement architectural a évolué au fil des siècles selon son importance et sa fonction. Son entretien est dévolu au pouvoir religieux ou aux pouvoirs publics selon les pays et la conservation des plus remarquables est prise en charge au titre des différentes politiques de protection du patrimoine culturel.
L'église (édifice), sans majuscule, est indissociable de ses homonymes Église universelle, Église (organisation), Église locale qui sont le sens premier du mot et portent une majuscule. Sa fondation, ses fonctions et la signification de son architecture et de son décor sont la matérialisation de cette assemblée l'ecclesia, origine étymologique du mot ;
« Je te dis que tu es Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai mon Église »
Mt 16,18.

Historique
Antiquité tardive
Moyen Âge
« De sa naissance jusqu'à son dernier jour, l'église est associée à chacun des grands moments de la vie de l'homme médiéval. Au-delà de la pratique religieuse, l'église paroissiale, comme la cathédrale d'ailleurs à l'échelle de l'évêché, est un lieu de sociabilité, qui permet le rassemblement des petites gens et cimente la communauté humaine. Les corporations et les confréries y tiennent leurs réunions, ainsi que les instances civiles, tant que des « maisons communes » n'auront pas été construites. On y joue, on y bavarde, on y donne des rendez-vous, parfois galants. Sur son parvis, on paie la dîme et sur sa place, on organise marchés et foires. Parfois, en période de trouble, on la fortifie pour pouvoir s'y retrancher. Enfin, en rythmant la journée des hommes, ses cloches sont les seules à lui fournir une donnée essentielle : l'heure ».
Dans le monde catholique romain, cohabitent les vivants et les morts à l'intérieur des églises paroissiales qui abritent les tombes individuelles ou des caveaux communs, périodiquement vidés, les restes étant transférés dans les ossuaires des cimetières attenants. Cette pratique des exhumations est à l'origine des odeurs pestilentielles que dégagent les corps ensevelis, ce qui forçait parfois les fidèles à sortir durant la messe dominicale.
Renaissance
XVIIe et XVIIIe siècles
XVIIIe et XIXe siècles
Vue de Saint-Georges de Cacouna (1845-1848), typique des églises du Québec du XIXe siècle
Par Fralambert — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=61979842
La cathédrale de Tampere, qui représente le style nationalisme romantique
Par M62 — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=2515950
XXe et XXIe siècles

Commanditaires, financeurs, bâtisseurs
Fonctions des églises catholiques et orthodoxes

- cathédrale (adjectif et nom) si elle est dotée d'une cathèdre, siège d'un évêque.
- primatiale (adjectif et nom) si elle est siège d'un primat, évêque ayant une primauté sur les autres.
- basilique (adjectif et nom)
- si elle est une église à plan basilical.
- ou si elle a été bâtie par un empereur.
- ou si elle a reçu ce titre spécial du pape de par sa fonction de lieu de pèlerinage.
- collégiale (adjectif et nom) si, sans être cathédrale, elle est desservie par un collège (le chapitre) de chanoines séculiers.
- décanale (adjectif seulement) si elle est le siège d'un doyenné, regroupant plusieurs paroisses autour d'un doyen.
- paroissiale (adjectif seulement) si elle est le siège d'une communauté de chrétiens.
- abbatiale (nom et adjectif) si elle est l'église principale d'une abbaye.
- priorale si elle est l'église d'un prieuré.
- Une chapelle est un lieu de culte secondaire :
- si elle fait partie d'une église plus vaste, elle est alors destinée au culte d'un saint, d'une famille, d'une confrérie.
- elle est castrale ou nosocomiale si elle appartient à un château ou à un hôpital (chapelle d'autre bâtiment civil).
- elle est commémorative si elle marque un lieu particulier (source miraculeuse, emplacement d'un miracle, tombeau d'un saint isolé).
- elle est cimetériale si elle est bâtie dans un cimetière.

- Une métropole est une cathédrale (siège d'archevêché).
- Un catholicon (ou katholikon) est l'église principale d'un monastère cénobitique oriental.
- Un kyriakon (mot qui a donné Kirche et church) est l'église principale d'une skite ou d'une laure.
- La plus grande église d'une ville, si elle n'est pas cathédrale, est appelée en Grèce "katholiki" sans rapport avec le catholicisme.
Plan type d'une église classique. En forme de croix latine. On appelle cela une nef
Par Original : Lusitana Vecteur : Algos — Travail personnel basé sur : Mittelschiff.svg, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=59624145
« Orientation »
Lieu de construction

- on choisissait un saint protecteur de cet édifice (le saint patron) ; ce choix était souvent le fait du responsable temporel de l'église sur le domaine duquel allait être construite l'église : l'évêque, un propriétaire, ou des abbayes.
- pour les plus grandes églises, à partir du milieu du Moyen Âge, à l'endroit choisi pour ce qui serait la croisée des transepts, on plantait ponctuellement un grand mât le jour de la fête du saint patron ; cette opération avait lieu au lever du soleil si cette fête se célébrait avant le solstice d'été, ou au coucher du soleil si cette fête se célébrait après le solstice d'été. On notait alors l'ombre portée par le mât, la direction de cette ombre définissant l'axe est-ouest (appelé decumanus chez les Romains). D'autres opérations s'en suivaient : tracé du cercle dans lequel s'inscriraient les quatre piliers du transept, tracé du cercle définissant le sanctuaire, définition de la nef...
L'art roman
Basilique romane de Paray-le-Monial
Par Jan Sokol — self-published work, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=2576725
Il se reconnaît principalement par l'emploi de l'arc en plein cintre, qui forme un demi-cercle parfait. Il utilise les techniques et souvent les décors, hérités de l'Antiquité, d'où son nom.
Son aspect est souvent massif, pas très élancé, avec d'assez petites ouvertures et des murs épais parce que l'église romane est conçue pour être couverte de fresques, pour être utilisée la nuit (nombreuses vigiles non seulement monastiques, mais aussi paroissiales) et pour être éclairée de lampes. À cette époque, on ne connaît pas encore le progrès technologique des arcs-boutants et des clefs-de-voûte ( vers le XIIè ), alors on utilise de larges murs, pour éviter un effondrement du toit.
L'art byzantin, en Orient, est une variante de l'art roman qui privilégie les plans centrés inspirés de la Grande Église (Sainte-Sophie de Constantinople). Il ignore le déambulatoire.
L'art gothique
Voûte gothique de l'église abbatiale de Fécamp
Par Users Med, Urban on fr.wikipedia — Originally from fr.wikipedia; description page is (was) here26 novembre 2004 à 16:39 Med 500×374 (450 717 octets) (optimisation du png)4 octobre 2004 à 16:42 Urban 500×374 (1 967 689 octets) (voûte de la nef, église abbatiale de Fécamp, Seine-Maritime, Haute-Normandie, France / Photographie personnelle prise par l'utilisateur Urban, octobre 2004, GFDL), CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=1331309
Il se reconnaît par l'emploi de l'arc brisé, dont la clef de voûte forme un angle entre les deux arcs qui la composent. Il a surtout été utilisé pour la reconstruction des cathédrales.
Son aspect est plus svelte et élancé, grâce à l'emploi d'arcs-boutants, qui permettent de reporter la poussée loin des murs et servent de gouttières pour rejeter les eaux de pluie. Les murs sont alors évidés pour faire place à de larges baies. Les façades s'ornent alors de splendides vitraux comme à la Sainte Chapelle, ou dans la Cathédrale de Beauvais, plus haute clef de voûte gothique avec ses 48 mètres, caractérisée par sa forme en croix grecque (le transept et la nef possèdent la même longueur). On utilise aussi des gargouilles, monstres difformes censés éloigner le Diable. Celles-ci sont souvent en haut des tours ou à l'embouchure des gouttières, comme ornements.
L'architecture contemporaine
Cathédrale de Brasilia
Par Xdonat — Travail personnel, CC BY 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=5830137
On qualifie de contemporaines les églises bâties en France à partir des années 1920, à la suite des destructions de la première Guerre mondiale, notamment. Les architectes renouvellent le sujet, proposent des innovations tout en veillant au respect des normes liturgiques. Certaines églises sont issues du mouvement d'urbanisation des villes, l'Église catholique souhaitant que des édifices de cultes soient au plus près des populations : l'Église Notre-Dame du Raincy par Auguste Perret est l'une d'entre elles.
À partir des années 1950, à la suite des destructions de la seconde Guerre mondiale, plus importantes, la reconstruction d'édifices va accompagner le mouvement liturgique qui précède le concile Vatican II et introduire bon nombre d'innovations, notamment en France et en Allemagne, nations durement touchées. La Revue de l'art sacré s'en fera notamment un écho minutieux.
Dans les années 1960 les églises contemporaines correspondent d'une part à la reconquête catholique des quartiers et des banlieues, d'autre part à la fin de la période des reconstructions.
Elles possèdent des signatures architecturales : Le Corbusier, Claude Parent, Paul Tournon. Elles abandonnent le plus souvent la forme de croix romaine (nef et transept). Siège du diocèse d'Évry-Corbeil, la cathédrale de la Résurrection d'Évry est la seule à avoir été consacrée en France au XXe siècle.
Entretien des églises et conservation du patrimoine
France
Il n'y a pas de véritable recensement des bâtiments culturels en France. L'observatoire du patrimoine religieux en estime le nombre à 100 000 sur la base d'une moyenne de 2,5 édifices dans chacune des 36 000 communes.
Néanmoins, un grand nombre de communes restaurent de façon remarquable leurs églises. Citons par exemple la Commune d'Écouen qui en 2010 achève les importants travaux de rénovation intérieure de l'église Saint Acceul, édifice connu pour son architecture (Jean Bullant), mais surtout pour ses vitraux. Le coût de ce chantier est estimé à près d'1,5 million d'euros (financé en partie par l'État).
Certaines communes organisent dans leur église, en plus des offices religieux, des événements laïques, comme des concerts d'orgue ou d'autres instruments d'époque.
Ces petites festivités permettent souvent d'attirer un nouveau public dans les églises, voire de financer une partie de l'entretien. Ces utilisations détournées sont fréquentes en France, certaines villes faisant même le choix de reconvertir les édifices religieux en centre culturel.
Les églises reconnues pour leur architecture ou leur décoration intérieure peuvent générer un tourisme, et donc un dynamisme économique, à même de faciliter l'entretien. Mais tous les édifices religieux ne peuvent prétendre à un important tourisme, ce qui complique leur restauration.
Conversion des églises
Dès les premiers siècles du christianisme, l'institution ecclésiale devient propriétaire de ses lieux de culte. La législation pontificale invalide par la suite toute aliénation des propriétés ecclésiastiques opérée sans avis de Rome et cherche un appui auprès des pouvoirs civils, non seulement pour défendre son bien mais aussi pour l’insérer dans un cadre qui puisse défier le temps. Depuis le XXe siècle, s'est posée la question de certaines reconversions pour fonctions différentes.
Certaines églises désaffectées ont été transformées pour d'autres usages, tels des bibliothèques, logements ou salles de spectacle.
Changement de culte
Lieux de culte multiconfessionnels
Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_%28%C3%A9difice%29





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