Bienheureux Raphaël ou Joseph Kalinowski († 1907)

Saint Raphaël de Saint Joseph († 1907)
(Raphaël Kalinowski)
 prêtre polonais

Bienheureux Joseph Kalinowski, prêtre polonais († 1907)


Raphaël Kalinowski - en religion Raphaël de Saint Joseph, dans la vie civile Joseph Kalinowski, (1835 - 1907), est un religieux d'origine polonaise, considéré comme le « restaurateur du Carmel polonais ».

Jeunesse et études

Joseph Kalinowski est né à Vilnius (Lituanie) le 1er septembre 1835. Second fils d'André Kalinowski, professeur de mathématiques et de Joséphine Polonska, tous deux catholiques.

Sa mère mourut peu de temps après sa naissance, et son père se remaria avec la sœur de sa femme, avec laquelle il eut trois enfants.

Mais, neuf ans plus tard, il perdit aussi sa seconde épouse et se remaria pour la troisième fois avec Sopie Puttkamer avec laquelle il aura quatre enfants.

Sophie Puttkamer eut une grande et bénéfique influence sur Joseph lors d'une profonde crise religieuse qu'il eut pendant ses études.

Joseph fit de brillantes études, d'abord à l'Institut où exerçait son père, ensuite à l'Institut supérieur d'agronomie à Hory-Horki, avant de rejoindre l'École d'ingénieur militaire de Saint-Pétersbourg.

L'armée

La Lituanie et la Pologne étaient liées par une union fédérale depuis 1385.
La Pologne fut partagée en trois fois (cf partages de la Pologne) entre trois grandes puissances : l'Autriche, la Prusse et la Russie; Celle-ci possédait la partie dont Joseph était originaire depuis 1772.
Les tzars avaient fermé les universités de ces deux pays, au moment de révoltes d'indépendance après 1848, contraignant les étudiants à rejoindre les universités russes.

Joseph partit donc étudier les sciences exactes à l'École de Génie militaire à Saint-Pétersbourg.

Là, il est confronté à l'indifférence religieuse qui régnait dans la capitale de la Russie. Il disait à son frère Victor :
 « Je me tourne vers les vanités de ce monde, y cherchant quelques remèdes mais ne trouve pas la paix du cœur »

En 1857, il obtient le grade l'ingénieur-lieutenant.

Il exerça en tant qu'ingénieur à Koursk, pour la construction de la ligne de chemin de fer Koursk-Konotop.

C'est là que, en tentant de meubler une grande solitude, il découvrit les Les Confessions de Saint Augustin, et qu'une profonde conversion s'amorça :
 « Je regarde la vie maintenant avec plus de calme, et ses plaisirs ont perdu pour moi beaucoup de leurs charmes ».

Il dira aussi, à la même époque :
 « J'ai retrouvé la valeur des concepts religieux que je connaissais et je me suis enfin tourné vers eux »

Plus tard, il ira travailler à Brest, et c'est là qu'il découvrira l'ampleur des persécutions subies par les catholiques. Les tzars voulant de gré ou de force russifier tous les peuples.

Joseph Kalinowski va alors quitter l'armée, et se consacrer à la défense de sa nation.

Joseph Kalinowski l'insurgé

Il participe à l'Insurrection polonaise en janvier 1863, malgré le peu d'espoir de réussite de ce soulèvement.

Il est arrêté le 24 mars 1864 et condamné à mort le 2 juin 1864. Toutefois, sa peine fut commuée à 10 années de travaux forcés en Sibérie.

C'est ainsi que le 29 juin 1864, Joseph quitte Vilnius pour la Sibérie. Les déportés mettront plus d'un an pour rejoindre les salines d'Ussole près du Lac Baïkal, et y parviennent le 15 avril1865.

Il y resta de nombreux mois, endurant d'immenses souffrances. Joseph n'avait rien emporté, qu'un évangile, un crucifix et l'Imitation de Jésus-Christ. Il trouva dans la prière la force de tenir, et soutint par sa charité et sa bienveillance, ses camarades.

« En dehors de la prière, je n'ai rien à offrir à mon Dieu. Je ne peux pas jeûner, je n'ai pratiquement rien à donner en aumône, il me manque des forces pour travailler. Il ne me reste que de prier et de souffir. Mais jamais je n'ai eu de trésors plus grands et n'en veux pas d'autre. »

C'est pendant cette pénible période de sa vie qu'il entendit l'appel au sacerdoce.

Après 10 ans d'exil, il est libéré, le 2 février 1874, mais n'est pas autorisé à retourner en Lituanie. Il se rend donc en Pologne.

L'appel au sacerdoce

A son retour d'exil, Joseph Kalinowski est sollicité pour devenir le précepteur du jeune prince Auguste Czartoryski, qui avait alors 16 ans.

Il rencontre son élève à Cracovie à l'automne1874, ainsi que sa tante, la religieuse carmélite Marie-Xavière de Jésus.

Celle-ci reconnaît immédiatement en Joseph celui qui serait le mieux à même de favoriser le développement du Carmel en Pologne. Et elle prie intensément pour que naisse chez lui une telle vocation.

Joseph s'occupe des études du jeune prince pendant deux ans. Tous deux arrivent à Paris sur l'île de la Cité, le 27 octobre 1874, mais, le jeune homme, de santé fragile, doit aller d'un établissement de cure à l'autre.

À l'automne 1876, Joseph décide de se consacrer totalement au Seigneur dans l'Ordre du Carmel.

Il quitte donc Auguste en 1877 pour se rendre enAutriche, à Linz afin de rencontrer le provincial des Carmes Déchaux de la province austo-hongroise à laquelle était rattaché le seul couvent carmélite polonais, à Czerna près deCracovie.

Le 15 juillet 1877, à 42 ans, il entre comme novice au couvent de Grantz (Autriche), où il prend le nom de Raphaël de Saint-Joseph.

Il prononce ses premiers vœux le 26 novembre1878 et part faire des études de philosophie et de théologie en Hongrie au couvent de Raab.

Le 27 novembre 1881, il prononce ses vœux solennels et est envoyé en Pologne au couvent de Czerna.

Il est ordonné prêtre en 1882 et devient prieur de ce couvent l'année suivante.

Le Père Raphaël à l'œuvre

Son œuvre concernant la restauration du Carmel en Pologne fut très fécond.

Vicaire provincial et visiteur des monastères, il est à la base de deux fondations, dont une en Ukraine.

Il fonde aussi un couvent à Wadowice en Pologne et un petit séminaire pour accueillir les hommes qui voulaient intégrer le Carmel.

Il organise aussi le Tiers-Ordre séculier de la Confraternité du Carmel, et rassemble toutes les archives conventuelles dispersées lors des suppressions d'anciens monastères. De nombreux documents seront ainsi publiés sous le titre « Chroniques Carmélitaines » à son initiative.

Il publia plusieurs fascicules de biographies :
  • Celle de la Mère Thérèse de Jésus Marchoka (1603-1652), surnommée la Thérèse polonaise
  • Un livre sur Thérèse d'Avila pour le troisième centenaire de sa mort
  • Un opuscule sur le culte marial dans le Carmel polonais
  • Un autre opuscule sur les martyrs polonais du xviie siècle, etc..

En 1906, il prend la direction du collège de théologie à Wadowice. Il est partout apprécié comme directeur spirituel et comme confesseur.

Le Père Raphaël de Saint-Joseph peut ainsi être considé comme le restaurateur du Carmel en Pologne, tant il a contribué à sa renaissance et à son essor.

Raphaël Kalinowski meurt le 15 novembre 1907 à Wadowice (ville de naissance de Jean-Paul II), le jour de la commémoration de tous les défunts de l'Ordre du Carmel.

En 1966, pour le millénaire de la Pologne, l'archevêque de Cracovie Karol Józef Wojtyła, prononça l'homélie à Czerna auprès de la dépouille mortelle de Joseph.

Béatification - Canonisation

  • Raphaël Kalinowski a été béatifié à Cracovie le 22 juin 1983 par le Pape Jean-Paul II.
  • Il a été canonisé à Rome le 17 novembre 1991 par le Pape Jean-Paul II.
  • Sa fête a été fixée au 19 novembre.

Citations

  • « Le monde peut me priver de tout, mais il me restera toujours un lieu caché qui lui est inaccessible : la prière ! En elle, on peut recueillir le passé, le présent et l'avenir et les placer sous le signe de l'espérance. Oh Dieu, quel grand trésor tu accordes à ceux qui espèrent en toi. »
  • « Notre tâche principale au Carmel est de converser avec Dieu en toutes nos actions. »

Fête locale le 15 novembre.









 

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