Saint Erkembode († 742)

Saint Erkembode († 742)
Confesseur et évêque de Thérouanne


Saint Erkembode († 742)



Saint Erkembode, « le saint qui fait marcher », était moine bénédictin à Saint-Omer (Pas-de-Calais) à la fin du VIIe siècle et au début du VIIIe siècle.

Erkembode, surnom qui signifie "Envoyé Reconnu", est le nom qui lui est resté.

 

Biographie

Il venait d'Irlande et en 723, il devint, par acclamation de tous, en raison de la sainteté de sa vie, abbé de Saint-Bertin à Saint-Omer et évêque de Thérouanne.

Il est ainsi le quatrième successeur de saint Bertin (abbé) et de saint Omer (évêque).

Le diocèse de Thérouanne était immense : il allait d'Ypres jusqu'à la vallée de la Somme.

Saint Erkembode le parcourut en tous sens, soucieux de racheter des terres pour les redistribuer aux pauvres.

Sans doute ces longues courses apostoliques furent-elles la cause des difficultés de la marche dont il fut atteint : il mourut en effet presque paralysé en 742 et on l'enterra dans l'église primitive, auprès du tombeau de saint Omer (Audomar), qui reposait là depuis 72 ans : la petite église s'est transformée au long des siècles en l'imposante cathédrale de Saint-Omer, où sa châsse attire toujours les parents souhaitant son intercession pour leur enfant infirme.

Une Vie de Saint Erkembode fut écrite par Jean III, abbé de Saint-Bertin de 1187 à 1230, qu'il ne faut pas confondre avec son homonyme qui vécut un siècle et demi plus tard (1366-1383) et qui à cause de sa chronique est bien connu des historiens sous le nom d’Yperius.

 

Reliques Oubliées

Inhumé le 12 avril 742 c'est le 1er novembre 1085 que le son corps a été exposé dans une chasse à la demande du peuple.

En 1466 le pape autorise que la sainte tête aille dans un ancien reliquaire de Saint-Omer d'argent et or garni de pierres précieuses.

Lors de la révolution en 1793 la gardienne de l'église sauve du pillage le saint reliquaire et le clergé de Notre-Dame le récupéra en 1804 intact.

Après plusieurs cachettes les restes du saint sont déposés et oubliés sous le maitre autel, ce n'est qu'en 1902 qu'ils retrouvent la cathédrale de Saint-Omer

 

La croyance des chaussures


Saint Erkembode († 742)

 
Pourquoi des chaussures sur ce sarcophage ?
Le tombeau de saint Erkembode est une très ancienne cuve monolithe de porphyre gris foncé.

Il était jadis au milieu de la petite église primitive, et est désormais adossé au chœur, dans le déambulatoire Nord de la cathédrale.

Ce qui intrigue tout le monde, ce sont les petites chaussures qui sont posées dessus.

En voici l'origine : dès la mort de saint Erkembode, des pèlerins sont venus de partout prier sur ce tombeau, se disant sans doute : « il a tant marché pour nous, marchons à notre tour vers lui ».

Ces pèlerins déposaient sur le tombeau leurs chaussures hors d'usage en "ex-voto" pour attester leur longue marche.

On s'est souvenu qu'il est mort presque paralysé et qu'il a dû prier souvent pour marcher correctement.

Aujourd'hui ce sont des chaussures d'enfant qui ont pris la place de celles des adultes de jadis.

C'est que saint Erkembode a toujours été le saint qui fait marcher !

Dans l'espoir d'obtenir la guérison de leur enfant, les parents déposent de petites chaussures sur la tombe du saint.

On vient le prier chaque fois qu'un enfant a du mal à se mettre à marcher et les mamans placent ici, en priant avec confiance, les chaussures.

Les personnes responsables de la cathédrale les enlèvent quand il faut laisser la place pour d'autres.
Les dépressifs viennent aussi.
Saint Erkembode est bien « le saint qui fait marcher » et le saint qu'il faut invoquer quand on souffre de dépression nerveuse, et que rien ne « marche ».

C'est pourquoi des déprimés font le pèlerinage pour demander l'intercession de saint Erkembode et sortir de cette sorte de paralysie, si fréquente aujourd'hui.


Description de l'image Cathédrale Notre-Dame de Saint-Omer14.JPG.

Prière mise à la disposition des fidèles à côté de la châsse de saint Erkembode


Prière pour demander l'aide de saint Erkembode, "le saint qui fait marcher."
Seigneur notre Dieu,
Toi qui mets en marche l'univers,
Toi à qui nous devons la vie, le mouvement et l'être,
Écoute notre prière : nous la confions
A saint Erkembode, dont le corps repose ici !
Tu nous as envoyé ton Fils Jésus,
pour nous remettre en marche vers Toi,
et il a dit un jour : "Lève-toi et marche !"
Donne-nous d'abord de vaincre la paralysie
de notre cœur et de marcher vers Toi
par une Foi vivante, éclairée et confiante
Donne aussi à nos corps de se mouvoir
sans problème et de surmonter toute difficulté.
Avec saint Erkembode, qui intercède pour nous,
nous te prions pour tous les petits enfants
immobiles, handicapés ou retardés
qui ont déposé ici ces petites chaussures.
Nous te prions aussi pour ceux et celles
qui connaissent la déprime :
que saint Erkembode nous aide à les entourer
et à les aider pour qu'ils se remettent en marche,
par nous, qu'il leur tende la main !
A l'époque où le vénérable Bertin terminait, dans son monastère de Sithiu, sa longue et sainte carrière, vivait près de lui saint Erkembode, qui devait nu jour le remplacer dans sa charge, et même être élevé sur le siègede Thérouanne, On ne savait rien de bien certain touchant les premières années de sa vie, son origine et sa famille. 

Des auteurs croient qu'il était un des compagnons des saints Lugle et Luglien, qu'il vint avec eux de l'Irlande et de la Grande-Bretagne, qu'il fut, comme eux, saisi, dépouillé, frappé et laissé pour mort, dans le lieu alors appelé Scyrendal, près de Ferfay, dans le canton actuel de Norrent-Fontes.
Ils assurent que ce Saint, étant revenu à lui après le départ des assassins, couvrit à la hâte avec des broussailles les corps sanglants des deux martyrs Irlandais, et alla aussitôt à Thérouanne rendre compte à l'évêque saint Bain de tout ce qui s'était passé. 
D'autres supposent au contraire que saint Erkembode était originaire de la Morinie, et que sa piété et son zèle pour le service de Dieu l'avaient porté à se faire en quelque sorte le guide et le compagnon des saints Lugle et Luglien dans cette contrée.
Quoi qu'il en soit de ces premières années de saint Erkembode, et des questions qui s'y rattachent, les hagiographes sont unanimes à nous le représenter vivant dans le monastère de Sithiu, sous la conduite de saint Bertin, et travaillant, avec un zèle admirable, à marcher sur ses traces dans la pratique des vertus monastiques.
Il y fit de si rapides progrès, que tous les suffrages des frères se prononcèrent en sa faveur, quand il fut question de donner un successeur à ce saint Abbé, qui venait d'expirer sous ses yeux. 
Saint Erkembode gouverna donc cet important monastère après Erlefride et Rigobert, lesquels avaient été, du vivant de saint Bertin, chargés de le remplacer dans les fonctions que son grand âge ne lui permettait plus de remplir entièrement.
Saint Erkembode exerça avec une admirable fidélité tous les devoirs que lui imposait sa nouvelle position.
Il maintint l'exacte discipline qui avait fleuri jusqu'alors dans le monastère de Sithiu, il donna par ses exemples et ses discours le goût de la vertu et de la perfection, pourvut aux besoins de sa nombreuse communauté, et la défendit avec prudence et sagesse contre les entreprises des hommes violents, qui, à cette époque surtout, portaient souvent le trouble dans la paisible retraite des hommes de Dieu.
L'évoque de Thérouanne, Ravenger, successeur de saint Bain, étant mort dans ce temps, le clergé et le peuple élurent saint Erkembode pour le remplacer. 
Le Saint conserva néanmoins la direction de la communauté de Sithiu, dont tous les religieux lui étaient unis par les liens de l'affection la plus touchante et la plus sincère.
La conduite du nouveau Pontife répondit aux vœux des habitants de Thérouanne, et à la confiance que l'on avait dans sa vertu et sa prudence.

Il se montra constamment le père des pauvres et des malheureux, le consolateur de tous ceux qui étaient dans la souffrance, et un véritable ministre de Jésus-Christ. 
L'œuvre de saint Orner fut par lui continuée avec succès, et le pays des Morins se couvrit de plus en plus d'églises, où les peuples se réunissaient pour adorer Dieu, de monastères où beaucoup venaient se dévouer pour toujours à son service.
Tout le temps de l'épiscopat de saint Erkembode fut consacré à cette œuvre sainte. 
Les fruits de salut qu'elle produisit se multiplièrent rapidement, et achevèrent de donner à cette terre autrefois inculte et sauvage, une physionomie toute chrétienne qu'elle a de tout temps fidèlement conservée. 
« Après donc que le bon et prudent serviteur de Dieu, Erkembode, eut bien géré durant sa vie l'argent de son seigneur, et qu'il eût travaillé avec persévérance dans ta vigne où le céleste père de famille l'avait conduit, le soir de sa vie approchant, il fut appelé par le Seigneur pour recevoir le denier de la récompense suprême, et changer par un heureux commerce les biens terrestres pour les biens célestes, les choses périssables pour les éternelles. 
Erkembode mourut le 12 avril de l'année 742 après avoir gouverné son diocèse l'espace de vingt-six ans. 
Son corps fut déposé par les soins du peuple dans l'église de Notre-Dame, à Saint-Omer, devant l'autel principal de la sainte Mère de Dieu. 
De nombreux miracles s'opérèrent auprès de ce tombeau, et les pieuses libéralités des fidèles envers leur Patron se multiplièrent à tel point, qu'elles suffirent pour réparer cette église déjà ancienne, et même pour en bâtir une seconde.
« On voit encore aujourd'hui, rapporte le légendaire de la Morinie, la tombe de saint Erkembode, dans l'église Notre-Dame de Saint-Omer.

Elle est au fond de la croisée du coté de l'évangile ou du nord, appuyée contre le chœur, élevée sur deux figures de lions.

Elle a la forme d'un carré long, sans ornements, grossièrement taillée dans un bloc énorme de grès, et recouverte d'une autre large pierre ».

Cette tombe vénérée porte les marques évidentes de la pieuse dévotion de nos aïeux en plusieurs endroits, en effet, le grès, malgré sa dureté extrême, se trouve assez profondément usé, résultat du passage d'une longue suite de générations de fidèles qui venaient se frotter avec confiance contre cette pierre pour se délivrer de leurs maux corporels ».

Les reliques de ce saint Évêque, qui ont échappé aux persécutions de 1193, ajoute M. Parenty, chanoine d'Arras, continuent d'être honorées dans l'église de Notre-Dame. Mgr de la Tour-d'Auvergne-Lauraguay en a reconnu l'authenticité.

SOURCE : P. Giry : Les petits Bollandistes : vies des saints. T. IV. 

Source : http://gallica.bnf.fr/Bibliothèque nationale de France.
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