Saint Erminold († 1121)

Saint Erminold († 1121)



Ernimold est un saint de l’Église catholique romaine, décédé le 7 janvier 1121.

Il est fêté le 6 janvier, également jour de l’Épiphanie.

 

Biographie

Ernimold est élevé dans l’abbaye de Hirsau.

Il devint en 1110 abbé du monastère bénédictin de Lorch, mais revint par la suite à Hirsau.

En 1114 ou 1117, l’évêque Othon de Bamberg l’invite à devenir le premier abbé de abbaye de Pruffening (de).

Saint Erminold († 1121)


Il est assassiné par des conjurés en 1121.
Parmi le grand nombre de Saints qui, au moyen âge, florissaient dans les couvents de la Souabe et de la Bavière, celui dont nous avons entrepris de donner maintenant la vie mérite une distinction particulière.

En effet, son biographe n'en dit pas trop, quand il le nomme le miroir et le modèle de son temps, un luminaire et un astre brillant pour la postérité.

Erminold, issu d'une famille noble, naquit dans la dernière moitié du onzième siècle.

Ses parents, pleins de vertu et de piété, transplantèrent dans l'âge le plus tendre ce jeune rejeton dans le sanctuaire, et le confièrent, comme un nouveau Samuel, à la direction de Guillaume, abbé de Hirschau, qui eut pour lui les soins et la tendresse d'un père.

Ce supérieur éclairé et vertueux ne pouvait conduire ce jeune homme, placé sous sa protection et doué des plus belles qualités de l'esprit et du cœur, que dans les voies intérieures de la plus haute perfection.

Le bienheureux Guillaume avait d'ailleurs une qualité bien précieuse dans un homme d'église, celle de guider, pas son exemple, plutôt que par des exhortations répétées, son élève dans la carrière de la vertu.

Car telle est la puissance de la vertu, qu'elle exerce même sur les cœurs rétifs un empire à la fois irrésistible et doux, et les entraîne, pour ainsi dire, à leur insu, à une salutaire imitation : il en est de même du vice dont l'aspect continuel précipite peu-à-peu l'imprudent qui ne le fuit pas, dans l'abîme du crime.

La vertu du saint religieux ne demeura pas longtemps cachée ; l'Empereur Henri V ayant entendu parler d'Erminold avec beaucoup d'éloges, lui confia, dans l'année 1110, la direction de la riche et puissante abbaye de Lorsch, située dans ce qu'on appelait l'Oberrheingau, l'ancien archevêché de Mayence.

Erminold avait un frère qui était au service de l'Empereur, et qui doit avoir joui de la faveur d’Henri ; car après que notre Saint fut nommé abbé, l'Empereur lui dit un jour, sans doute en badinant, qu'il avait élevé son frère l'ecclésiastique à une haute dignité, et qu'il était curieux de voir comment lui (le courtisan) lui en témoignerait sa reconnaissance.

Le frère du Saint fit à l'Empereur un présent de grand prix, que celui-ci ne refusa pas d'accepter.

Le nouvel abbé fut informé de tout ce qui s'était passé, et comme il était extrêmement scrupuleux et avait en horreur l'ombre même de la simonie, il renonça aussitôt à sa charge, et retourna à Hirschau, après avoir passé environ une année à Lorsch.

Les moines, au nombre de quarante, qu'il avait emmenés avec lui après sa nomination pour rétablir la discipline à Lorsch, revinrent également à Hirschau et se replacèrent sous la direction du bienheureux abbé Guillaume.

Peu de temps après le retour d'Erminold à Hirschau, saint Otton, évêque de Bamberg, qui avait fondé vers l'année 1109, le couvent de Prüfening ou Brüfling, près de Ratisbonne, écrivit deux lettres à l'abbé de Hirschau et à notre Saint pour engager ce dernier à accepter l'offre qu'il lui faisait de le préposer à cette nouvelle institution.

Sa demande fut accueillie, et le saint homme, animé d'une pieuse ardeur, se rendit avec plusieurs de ses frères religieux dans le nouveau séminaire.
Les qualités qu'il y apporta étaient principalement l'amour de la prière, du jeûne et des veilles, un éloignement pour toute espèce d'honneurs, et surtout le talent de prêcher avec une onction douce et persuasive ; de même que pour S' Paul, le monde était crucifié pour lui, et il l'était pour le monde, tellement que ni les promesses ni les menaces des hommes ne pouvaient ébranler la fermeté de son cœur et la solidité de ses principes.
Un seul trait suffira pour le prouver. Nous transcrirons textuellement le récit de son biographe.

« Lorsque, par son oppression, l'Empereur Henri eut attiré sur lui l'anathème du Saint-Siège, et que malgré cela de vertueux et éminents prélats lui rendaient encore, en considération de la dignité impériale, les mêmes honneurs, et lui témoignaient la même considération qu'autrefois, il arriva qu'un jour, il visita cette communauté naissante, accompagné de son bienheureux fondateur (Otton) et d'une suite brillante et pompeuse, composée des grands et des seigneurs de » l'empire. On s'attendait généralement à ce que, séduit par l'éclat de la Majesté Impériale, et cédant au respect dû au fondateur qui avait invité et qui accompagnait l'Empereur, le bienheureux Erminold et tout le couvent viendraient en procession au-devant de l'Empereur. Mais le serviteur de Dieu ne fut pas tenté de gagner par ce moyen les bonnes grâces impériales. Ses pensées et ses voies n'étaient pas les pensées et les voies de ceux qui préparent des coussinets pour les mettre sous tous les coudes, et qui pour cela sont flattés et caressés dans les palais des Rois. Il ne pliait pas, comme un roseau, devant la crainte ou la faveur, mais inébranlable comme une colonne, il méprisait également et les dangers et les avantages, et ne voulait pas, vaincu par un cortège imposant ou par un accueil fallacieux, applaudir à celui, qu'il savait exclus de la communion de l'Église en vertu d'une sentence apostolique. C'est pourquoi, lorsque les avant-coureurs vinrent annoncer l'arrivée de l'Empereur, il fit fermer les portes du couvent, et alla lui-même au-devant de Henri jusqu'à la première entrée, où il lui dit : « J'aurais voulu recevoir votre Majesté Impériale avec la pompe qui lui est due; mais je n'ai pu le faire, sachant qu'elle est exclue de la communion de l'Église par la puissance du Siège apostolique. » Le vénérable Otton observant que nous ne sommes pas forcés , et même qu'il n'est pas permis d'éviter et de fuir ceux dont l'excommunication ne nous est pas garantie, l'abbé répliqua avec une franchise sans exemple : « Comment pourrait-il se faire que je ne fusse pas assuré d'une sentence, que moi-même j'ai officiellement publiée ? »

Le Saint ne fit dans cette circonstance, continue son biographe, que ce que fit le grand Ambroise en interdisant de la même manière l'entrée de l'église à l'Empereur Théodose, jusqu'à ce qu'il eût expié ses fautes.

Mais si nous remontons à l'antiquité, nous pourrons le comparer à Samuel, à Nathan, à Élisée et à plusieurs autres prophètes qui reprochèrent aux Rois de leur temps leurs péchés, pour les exhorter à la pénitence, ou pour » les menacer des terribles jugements de Dieu.

Henri, qui estimait la fermeté de l'abbé, céda respectueusement et repoussa toute idée de vengeance à laquelle ses courtisans espéraient l'exciter, en lui rappelant comment il s'était vengé de la prétendue insulte qu'il avait reçue du Pape Pascal II.

Lorsque dans la suite Henri vint à passer une seconde fois devant le couvent de Prüfening, ses chevaliers qui n'avaient pas oublié ce premier événement, voulurent l'attaquer ; mais l'Empereur ne le permit pas, et défendit sous les peines les plus sévères de faire éprouver aux moines le moindre mauvais traitement ; et il ajouta : « Je connais leur abbé, je connais la sainteté de cet homme. »

L'esprit de paix et de réconciliation qui animait notre Saint égalait la sévérité avec laquelle il maintenait les règlements de l’Église, et punissait le vice ; ce fut sa douceur qui cimenta une paix durable entre ses moines et ceux de saint Emméran qui, dès la naissance de son couvent, avaient nourri contre cette communauté des sentiments hostiles.

La compassion de notre Saint et sa libéralité envers les pauvres et les étrangers, qu'il soignait comme un père, ne mérite pas moins d'éloges.

La Bavière ayant été frappée d'une grande disette, il distribua tout ce qu'il possédait aux nécessiteux et finit lui-même par être privé du nécessaire.

Mais sa confiance en Dieu le secourut, et la bénédiction du ciel lui rendit ce que sa main généreuse avait distribué.

Comme il arrive souvent en pareille circonstance, le Tout-Puissant fit aussi connaître ici la sainteté de son serviteur par des miracles et des signes.

Erminold ne négligea rien de ce qui peut contribuer à maintenir la discipline religieuse.

Il récompensait la vertu par l'amitié la plus sincère et la plus tendre ; mais aussi il poursuivait le vice avec une sévérité inflexible, dès que les voies de la douceur ne menaient à rien.

Cette conduite dût nécessairement lui attirer la malveillance d'un grand nombre de mécontents qui ne pouvaient supporter que l'on châtiât leurs crimes et qu'on mît un frein à leurs passions.

Plusieurs rentrèrent en eux-mêmes ; mais d'autres, au cœur endurci, ne se corrigèrent pas et tramaient des plans de vengeance contre leur père spirituel.

Leur haine irréconciliable alla si loin qu'ils résolurent d'exécuter un complot d'assassinat que l'enfer leur avait suggéré.

Leur première tentative échoua parce qu'ils furent saisis d'une terreur si soudaine qu'ils prirent la fuite.

Mais le lendemain un des conjurés nommé Aaron, guetta l'abbé et l'assomma avec un morceau de bois ; cependant il ne mourut pas sur la place.

On le porta sur son lit et on chercha à le sauver par tous les moyens possibles ; mais tout fut inutile ; la blessure était mortelle et il mourut le jour de l'Épiphanie, c'est-à-dire, le 6 Janvier 1121, ainsi qu'il l'avait prédit.

Il a exercé pendant sept ans environ les fonctions d'abbé. Il fut enterré au milieu de l'église du Couvent.
SOURCE : Alban Butler : Vie des Pères, Martyrs et autres principaux Saints… – Traduction : Jean-François Godes-card.










 

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