Saint Florent de Strasbourg († v. 600)

Saint Florent de Strasbourg († v. 600)
Évêque de Strasbourg
 
Saint Florent de Strasbourg, Evêque de Strasbourg († v. 600)
 
Saint Florent de Strasbourg est le 13e évêque de Strasbourg, de 678 à 693 ou bien + 660.
Sa Fête propre est le 3 avril et celle de sa translation en 810 à Haslach le 7 novembre.

Biographie




Cet évêque de Strasbourg est décrit dans ses hagiographies de sources bénédictines en moine irlandais, venu en Alsace pour vivre comme ermite, à l'époque inconnu de tous.
Il s'installa sur le mont Ringelberg. Mais il ne tarda pas à attirer des disciples et il put fonder pour eux plusieurs monastères dont celui d'Anslach (Haslach ou Niederhaslach) dans une petite vallée adjacente à celle de la Bruche.
À sa mort, il est inhumé dans le monastère et l'église-crypte qu'il avait fondé, c'est-à-dire à l'emplacement de l'actuelle église Saint-Thomas de Strasbourg.
Le 7 novembre 810 ses reliques sont transférées au monastère d'Haslach.
Ce dernier monastère dénommé saint Florent a ensuite été transformé en collégiale au XIe siècle.

Tradition

Une tradition monachique propose de faire de lui le septième évêque de Strasbourg, derrière Arbogast le premier évêque d'origine franque régnant à la fin du VIe siècle, et précédant Ansoald ou Alsoaldus mort en 614.
Maintenue par les croyances populaires, elle est un souhait des chanoines de Saint-Florent d'affirmer l'ancienneté de la création de leur monastère du temps des rois mérovingiens.
Dagobert II est aussi souvent évoqué parmi les soutiens de Florent, malgré les décalages chronologiques.
Saint Florent est un protecteur du bétail, très populaire au Moyen Âge dans les Vosges avec l'autre saint évêque de Strasbourg, Valentin.
Il est aussi devenu un saint thaumaturge vosgien, soignant notamment les coliques et autres maladies digestives par son intervention purgative.

Histoire


 
La châsse de saint Florent à Niederhaslach

Florent est un moine serviteur de la dynastie légendaire des Étichonides.
Les héritiers du duc Adalric, personnages bien réels, exercent alors un pouvoir régalien sur le petit duché d'Alsace.
Il n'est pas exclu qu'ils légitiment leur pouvoir des actes du roi Dagobert et de ses descendants.
Plutôt que les fantoches compagnons religieux de saint Florent qui fondent selon ses vœux des monastères, il s'agit d'une volonté administrative et religieuse de ce pouvoir ducal, qui appuie politiquement l'hégémonie de l'évêché de Strasbourg sur l'ensemble de l'Alsace.
La puissance épiscopale de Strasbourg évince ainsi longtemps en Alsace centrale le diocèse de Bâle.
Le monastère d'Haslach est une création mérovingienne ancienne.
La première installation serait d'ailleurs plutôt à Oberhaslach, au voisinage de la chapelle saint-Florent.
Il est possible que la création mérovingienne ait été confiée à un autre moine obscur nommé Florentinus.
La création d'un ban abbatial carolingien à Haslach (Niederhaslach) a justifié le transfert des reliques protectrices de saint Florent en 810 depuis Strasbourg, ne serait-ce que pour reprendre un contrôle sur le pèlerinage important et une autorité sur la médecine vétérinaire locale.
Sur ce point, il est possible que la confusion des saints personnages n'aient nullement été préméditée de la part des conseillers bénédictins.
Au contraire la fusion entre les personnages protecteurs et guérisseurs des troupeaux serait orchestrée habilement du temps des Étichonides.

D’après la légende Florent comme Arbogast commença sa mission au service de Dieu par une période d’ermitage qu’il passa dans la vallée de la Hasel.
Par confusion, la tradition place cet évènement sous le règne du Roi Dagobert II, grand donateur de biens aux abbayes et fervent adorateur des grands évêques du passé.
En fait Florent fut apparemment appelé à succéder à saint Arbogast et son ministère se déroula donc probablement à la fin du VIe siècle.
Saint Florent, poursuivra l’œuvre de Saint Arbogast en fondant deux nouveaux monastères, l’un à Strasbourg même sur les lieux de l’actuelle église Saint-Thomas, l’autre à Haslach, à l’entrée de la vallée de la Bruche.

D’après la tradition, Saint Florent était originaire d’Irlande.
Or, il se trouve justement que la fin du VIe siècle fut marquée par une vague de missionnaires irlandais qui assistèrent les roi mérovingiens dans l’évangélisation de leurs royaumes.
Le plus célèbre d’entre eux fut Saint Colomban, qui passa plusieurs années au service du roi bourguignon Gontran et fonda en 590 l’abbaye de Luxeuil, juste aux portes de l’Alsace.

Politiquement, L’Alsace, toujours sous contrôle austrasien, resta séparée de la Bourgogne jusqu’à la mort de Gontran en 592.
La Bourgogne passa alors sous le contrôle du roi austrasien Childebert II. A sa mort en 596, celui-ci confia l’Austrasie à son fils aîné Théodebert II et la Bourgogne à son fils cadet Thierry II.
Pour une raison inexpliquée, l’Alsace se trouva faire partie du lot de Thierry et celle-ci passa donc sous contrôle bourguignon. Ainsi il est probable que dès 592 les contacts entre la Franche Comté et l’Alsace s’intensifièrent. Saint Colomban lui-même traversa l’Alsace et s’arrêta probablement à Strasbourg mais il ne fonda aucun couvent dans le pays. Plus importante fut l’action de certains de ses disciples venus de Luxeuil, notamment dans le Sundgau. Il est probable que des ermitages et des couvents furent établis en plusieurs endroits mais il n’en subsiste aucun témoignage certain. En tous cas ces fondations que leur règle particulière mettait en conflit avec les évêques, disparurent bientôt avec la propagation du monachisme bénédictin. Quoi qu’il en soit, dans ce contexte, la présence à la tête de l’évêché de Strasbourg à la fin du VIe siècle d’un ecclésiastique d’origine irlandaise ne serait pas surprenante.

La Légende de Saint-Florent

Saint-Florent avait fondé un ermitage près de l'actuelle chapelle à son nom, à Oberhaslach où les animaux de la forêt venaient souvent se rassembler autour de lui.
Un jour les chasseurs du roi Dagobert qui avait un palais à Kircheim, l’aperçurent dans la forêt et soupçonneux, le firent prisonnier.
Lors de leur retour au château, l’attelage qui les suivait s'enlisa, et ils ne purent le dégager qu’avec l'aide miraculeuse du saint prisonnier.
Ayant entendu parler de ce prodige, le Roi Dagobert demanda que Florent soit amené au château, voir sa fille Rotilde, qui était aveugle et muette. On lui amena un cheval qu'il refusa. Saint-Florent ne se déplaçait que sur son âne. Avant même son arrivée au château, la fille du Roi Dagobert fut guérie.
Fêtes et liesses animèrent alors le palais. En récompense pour la guérison de sa fille, le Roi offrit au pieux Ermite les moyens de construire une église et des terres dont il pourrait faire le tour à dos d'âne en une journée. 
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