Sainte Céline de Meaux († 530)

Sainte Céline de Meaux († 530)
 Vierge consacrée
 
Sainte Céline de Meaux, Vierge consacrée († 530)
 Représentation du miracle de Sainte Céline
(gravure peinte, 1858, fonds iconographiques de la bibliothèque diocésaine Guillaume Briçonnet, Meaux)

Sainte Céline (de Meaux) est contemporaine de Sainte Geneviève.
Ses riches parents voulaient la fiancer, mais elle refusa.
Elle avait rencontré Sainte Geneviève et comme elle, préféra prendre le voile des vierges consacrées, entre 465 et 485.
Céline vécut aux Ve et VIe siècles à Meaux. Née vers 470 (selon l'estimation des historiens), peut-être plus tôt, dans une riche et noble famille d'origine romaine (le nom Céline vient du latin et signifie "fille du ciel", par contre on a oublié le patronyme de sa famille), elle connut Sainte Geneviève, dont on dit qu'elle fut une compagne.
Cette dernière lui apporta son soutient lorsqu'elle refusa le mariage auquel l'obligeaient ses parents.
La jeune Céline à l'image de Geneviève avait décidé de consacrer sa vie à Dieu tout en restant "dans le monde" (c'est à dire dans la vie civile, parmi ses concitoyens).
Elle portait la robe sombre des vierges, et se vouait à des œuvres de dévotion et de charité.
Une version de la légende de Céline dit qu’un jeune nobliau (dont on a oublié le nom à lui aussi), des environs de Meaux, tomba amoureux de la jeune femme.
Mais découvrant le vœux de Céline de consacrer sa vie à Dieu, le jeune homme entra dans une colère telle que la jeune femme n'eut d'autre choix que de fuir devant ce soupirant "exalté".
Avec Geneviève, elle trouva refuge dans le baptistère de l'église de Notre-Dame de Châage dont les portes s'ouvrirent et se refermèrent miraculeusement derrière les deux femmes, permettant à la jeune Céline de préserver sa vertu... et sa virginité (sans quoi le soupirant éconduit l'aurait sans doute violentée !).
Arrêté aux portes du baptistère le jeune homme "touché par la grâce divine" laissa Céline… à son destin de sainte (difficile de lutter avec Dieu !).
Une autre version dit que le jeune homme est le même que les parents de Céline avaient choisi pour elle (une histoire de mariage arrangé), et que c'est parce qu'elle avait dit non à ce mariage (chose sans doute peu commune à l'époque) que le promis entra dans une colère folle qui aurait conduit celui-ci à vouloir "prendre" de force la jeune femme.
Selon cette version, l'épisode miraculeux des portes du baptistère, serait celui à l'origine de la vocation de Céline, et l'évènement qui aurait poussé la sainte à offrir sa virginité à Dieu. 
Sainte patronne de la ville de Meaux, le culte de Sainte Céline y perdura jusqu'au XIXe siècle. 
Il fut l'un des derniers à donner lieu à des processions à Meaux (jet ce jusqu'en 1880) : celles-ci se déroulaient le 15 août, jour de l'Assomption(également jour ou est fêté la Sainte Vierge), et c'étaient à des jeunes filles qu'était dévolu le rôle de promener la châsse contenant les reliques de la Sainte à travers les rues de la ville.
Sainte Céline était donc priée par les meldois qui lui reconnaissaient son statut de Sainte patronne de la ville, mais la tradition veut qu'elle fut également priée par les jeunes filles, et les jeunes mariés avant leurs noces.
Céline mourut à Meaux le 25 octobre 530, et fut inhumée dans le Faubourg Saint Nicolas, près de l'actuel Temple protestant.
Le Faubourg Saint Nicolas porta d'ailleurs, longtemps avant, le nom de Faubourg Sainte Céline.
Le site est aussi celui d'une nécropole antique, dite de Sainte Céline.
Le tombeau de la Sainte devint après sa mort un lieu de dévotion, et on bâti sur ce tombeau (ou a proximité) un oratoire.
Remplacé peu après par une église, qui devint une abbaye, puis un prieuré... établissements religieux passant par des périodes fastes et d'autres plus difficiles (désaffection, incendie, etc.), et pendant près de 12 siècles, du Moyen Âge jusqu'à la Révolution où l'abbaye Sainte Céline fut vendue comme bien national, avant de disparaître.
Car il ne reste rien aujourd'hui de ces bâtiments multiséculaires construits sur le culte de la Sainte meldoise, et qui ont marqué longtemps dans sa physionomie la ville et le Faubourg.
La noble Céline, admirant la vertu de sainte Geneviève, de passage à Meaux où elle habitait, lui demanda de prendre l'habit des vierges.
Son fiancé, furieux, voulut s'opposer à ce projet.
Geneviève et Céline, dit-on, se réfugièrent dans l'église dont le baptistère se referma miraculeusement sur elles et Céline put garder toute sa vie la virginité et se dévouer aux bonnes œuvres.
Sainte Geneviève ne manqua pas de guérir une de ses servantes malade et qui depuis deux ans ne pouvait plus marcher.
Si l’on ignore la date de la mort de sainte Céline, on peut situer sa rencontre avec sainte Geneviève entre 465 et 480.
Elle fut ensevelie près de Meaux. Un prieuré bénédictin élevé sur son tombeau dura jusqu'à la Révolution où ses reliques, apportées à la cathédrale de Meaux, furent mélangées avec celles d'autres saints et enfouies dans le cimetière.
Ses reliques sont encore dans la cathédrale de Meaux et son culte est resté localisé dans le diocèse de Meaux. Il est possible qu'elle ait été vénérée ailleurs (à Troyes), mais on l'a confondue avec la mère de saint Remi, vénérée le même jour, bien que l'une soit vierge et l'autre veuve.
Comme sainte Sylvie, mère du pape saint Grégoire le Grand, et bien d'autres saintes mères, sainte Céline est surtout connue à cause de son fils, le grand saint Remi, évêque de Reims, qui baptisa le roi Clovis. D'après le Pseudo-Fortunat, Céline, de noble famille, avait épousé dans sa jeunesse Emilius, comte de Laon.
Un ermite, Montanus qui habitait au milieu des bois de La Fère, prédit à Céline, après un triple avertissement reçu en songe, qu'elle enfanterait un garçon d'un rare mérite : Le Seigneur a daigné regarder la terre du haut du ciel, afin que toutes les nations du monde publient les merveilles de sa puissance et que les rois tiennent à honneur de le servir : Céline sera mère d’un fils qu’on nommera Remi ; je l’emploierai pour la délivrance de mon peuple. Et, dix mois plus tard, Remi vint au monde à Laon.
Au IX° siècle, l’archevêque Hincmar de Reims a étoffé ces maigres données : Céline avait eu de son mari Emilius deux fils, Principius, qui fut un saint évêque de Soissons, et son frère, qui eut un fils, Lupus, lequel succéda à son oncle Principius.
A l'annonce du reclus Montanus, Céline s'étonna  car elle et Emilius étaient déjà âgés. Montanus, qui était aveugle, insista : Quand tu sèvreras l'enfant, tu me frottera les yeux de ton lait, et je recevrai la lumière. Remi, une fois sevré, mit lui-même, guidé par Céline, un peu de lait maternel sur les paupières du reclus et lui rendit ainsi la vue. Hincmar note que Remi avait été libéré de tout péché par le Saint-esprit. Il avait été conçu dans les iniquités comme tout homme, mais, contrairement à ce qui se passe pour la condition humaine, sa mère l'enfanta non dans les délits de la prévarication, mais dans la grâce de la rémission. Ainsi Remi rappelait Jean-Baptiste (Luc I 15) et Isaac (Genèse XVII 16). Il était né au pays de Laon. On l'appela Remigius, parce qu'il aurait à régir, à diriger son Eglise lancée sur des flots tempéreux, ou Remedius, car il serait aux siens un remède contre la juste colère de Dieu ou contre la férocité païenne. Après des études brèves, mais excellentes, Remi voulut imiter la retraite de son héraut Montanus. Il se sépara ainsi de Céline - si elle vivait encore. D'après une interpolation du testament de saint Remi, Céline aurait été enterrée à Labrinacum, Lavergny, commune de Parfondru, près de Laon (Aisne). La translation de son corps à Laon aurait eu lieu un 5 avril, d'après Molanus ou Vermeulen, éditeur du martyrologe d'Usuard (dans l'éd. de Jean-Baptiste du Sollier, Anvers, 1714, p. 194). On a attribué à Huchald (+ vers 960), moine de Saint-Amand, près de Valenciennes, une Vie de notre sainte. Mais elle est encore à trouver. A Reims, on commémore sainte Céline le 22 octobre.
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