Sainte Christine l'Admirable († 1224)

Sainte Christine l'Admirable († 1224)
Mystique à Saint-Trond

Sainte Christine l'Admirable. Mystique à Saint-Trond († 1224)



Christine l'Admirable (ou Christina Mirabilis), née à Brustem (près de Saint-Trond) en Belgique vers 1150 et morte le 24 juillet 1224 au couvent dominicain Sainte-Catherine à Saint-Trond, est une sainte commémorée régionalement le 24 juillet.

Elle retient encore l'attention aujourd'hui pour d'étranges descriptions de visions et phénomènes paranormaux, auxquels cependant les bollandistes donnent peu de crédit.

 

Biographie et légendes

Fille de paysans, Christine perd ses parents à l'âge de quinze ans.

Il se dit qu'elle aurait souffert d’une crise d’épilepsie majeure peu après sa vingtième année et que son état, après une violente crise, était si grave qu'elle parut comme morte.

Pendant le service religieux de ses funérailles, elle « se redressa pleine de force, stupéfiant toute la ville de Saint-Trond, témoin de ce miracle ».

Une lévitation la porta jusqu'aux combles de l'église.

Elle expliqua par la suite qu'elle n’arrivait pas à supporter l'odeur des pécheurs qui se trouvaient à côté d’elle, puis « l’étonnement s’accrut quand on apprit de sa propre bouche ce qui lui était arrivé après sa mort » .

Elle rapporta qu'elle avait vu ce qu’étaient le ciel, l'enfer et le purgatoire.

Elle raconta, est-il écrit, « dès que mon âme eut été séparée de mon corps, elle fut reçue par les anges qui la conduisirent dans un endroit très sombre, entièrement rempli d'âmes » et les supplices qu'ils y enduraient « semblaient si démesurés » qu'il était « impossible de donner une idée de leur rigueur ».

Elle poursuivit :

« J'ai vu parmi eux beaucoup de mes connaissances et, profondément touchée de leur triste condition, j‘ai demandé si c'était l'enfer, mais on m'a dit que c'était le purgatoire ». Ses anges gardiens la conduisirent jusqu'à l'enfer où de nouveau elle identifia ceux qu'elle avait autrefois connus. Ensuite elle fut transportée au ciel, « et même jusqu’au trône de la Majesté divine », où elle fut « regardée d'un œil favorable », elle éprouva une joie extrême et ces paroles lui furent dites : « En vérité, ma chère fille, tu seras un jour avec moi. Maintenant, cependant, je te permets de choisir, soit de rester avec moi dès maintenant, soit de revenir sur Terre pour accomplir une mission de charité et de souffrance. Afin de libérer des flammes du purgatoire les âmes qui t’ont inspiré tant de compassion, tu vas souffrir pour elles sur la terre : tu vas supporter de grands tourments, sans pour autant mourir de leurs effets. Et non seulement tu soulageras les défunts, mais l'exemple que tu donneras aux vivants et ta souffrance continuelle amèneront les pécheurs à se convertir et à expier leurs crimes. Après avoir terminé cette nouvelle vie, tu retourneras ici chargée de mérites. »

Christine, en entendant cela, voyant quels grands avantages en retireraient les âmes, décida sans hésitation de revenir à la vie et ressuscita immédiatement.

Elle dit à son entourage que son seul dessein en revenant avait été le soulagement des morts et la conversion des pécheurs et que personne ne devrait s’étonner des pénitences qu'elle pratiquerait, ni de la vie qu'elle mènerait par la suite.

On rapporte qu’elle a dit : « Ce sera tellement extraordinaire que rien de semblable ne se sera jamais vu ».

Faire pénitence pour les âmes du purgatoire et de l'enfer devait désormais devenir la plus grande préoccupation de sa vie.

Christine commença immédiatement le travail pour lequel elle croyait avoir été envoyée par Dieu, renonçant à tous les conforts de la vie, se réduisant à un dénuement extrême, elle vécut sans domicile, et non contente de ces privations elle cherchait avidement tout ce qui pourrait la faire souffrir.

Selon les chroniques de ses contemporains, en particulier Thomas de Cantimpré — alors chanoine régulier et professeur de théologie remarquable — et le cardinal Jacques de Vitry qui la rencontra, elle se jetait dans des fours brûlants et y subissait de grandes tortures pendant des périodes prolongées, poussant des cris terrifiants, mais sortant sans aucun signe de brûlures.

En hiver, elle plongeait dans la Meuse gelée pendant des heures, voire à chaque fois pendant des jours et des semaines, tout en priant Dieu et en implorant sa miséricorde.

Elle se laissait parfois emporter par les courants en aval jusqu’à un moulin où la roue « la faisait tourbillonner d'une manière terrible à voir », mais jamais elle ne souffrit de voir ses os disloqués ou brisés.

Elle fut pourchassée par des chiens qui mordaient sa chair et la déchiraient.

Elle courut pour leur échapper dans des fourrés d'épines, et, bien que couverte de sang, elle revint sans blessure ni cicatrice.

Christine meurt de mort naturelle au monastère dominicain de Sainte-Catherine à Saint-Trond, âgée de 74 ans.

Comme la prieure en témoignera, malgré son comportement, Christine obéissait humblement et entièrement à n’importe quel ordre qu’elle lui donnait.

L'Église catholique n’a jamais approuvé officiellement la vénération de Christine, mais une forte dévotion envers sa personne subsiste dans sa région natale du Limbourg.

 

Représentation

St Christina the Astonishing church photo.jpg

 

Dans l'art religieux, Christine est dépeinte comme une nonne ailée, alors qu'elle n'est jamais entrée dans les ordres.

 

Postérité

Le chanteur Nick Cave a écrit un morceau sur Christine l'Admirable, Christina the Astonishing, repris sur l'album Henry's Dream sorti en 1992.
Source :

D'après un texte qui a été écrit en 1866 par le père Henckens, rédemptoriste et traduit du flamand par le père A. Giron à Bruxelles. (trouvé dans "les Petits Bollandistes")
Christine surnommée l'Admirable est née en 1150 à Saint-Trond, près de Liège en Belgique.
Après la mort de ses parents, elle habita avec ses deux sœurs qui lui attribuèrent la fonction de bergère.
Au milieu des champs, comme elle ne voyait personne, elle ne tarda pas à être continuellement en commerce avec Dieu et les anges.
Mais l'état de contemplation dans lequel elle passait le plus clair de son temps ne tarda pas à miner sa santé et elle mourut très jeune en 1182.
Il y avait beaucoup de monde à son enterrement.
Au moment de la messe où le prêtre achevait l'Agnus Dei, le corps de Christine commença à bouger.
Puis il se dressa, s'éleva avec rapidité et alla se poser sur une des poutres traversières de l'église.
Les gens paniquèrent et sortirent précipitamment de l'édifice, sauf le prêtre et la sœur aînée de Christine.
Il termina la messe puis ordonna à Christine de redescendre.
Elle redescendit illico pour raconter ceci :
"A peine mon âme eut-elle quitté mon corps que les Anges me transportèrent au Purgatoire. C'était un lieu horrible où une quantité de gens enduraient des supplices effroyables. Ensuite les Anges me transportèrent devant Dieu, et ce fut la joie. Mais Dieu me dit : Pendant l'éternité vous nagerez dans un océan de gloire, mais je vous propose, ou bien de rester avec moi et de jouir dans mon sein de la béatitude, ou de rester dans votre corps et retourner sur la terre pour y subir de terribles souffrances qui ne vous détruiront pas mais qui sauveront les âmes du purgatoire. Ensuite, vous me reviendrez chargée de bien des mérites.
Sans hésiter, j'ai choisi la seconde proposition. Dieu ordonna aux anges de reporter mon âme dans mon corps."
Après son retour sur terre, elle se consacra toute entière aux objectifs de sa seconde existence.
Elle n'eut de rapports avec ses semblables que dans la religion et dans la charité.
Elle assistait tous les matins à la messe et communiait tous les dimanches.
Elle ne dormait pratiquement pas et ses nuits se passaient en prières et en mortifications.
Elle marchait la tête inclinée et le regard baissé.
Elle poussait sans cesse des soupirs et pleurait abondamment.
Elle ne vivait que des aumônes et allait elle-même mendier de porte en porte.
Elle vivait dans les forêts les plus inaccessibles et les plus sauvages.
Souvent, elle se plaçait sur des arbres élevés, sur les toits des églises ou des maisons, les tours des châteaux pour y pratiquer la méditation. Pour y monter, son corps avait l'agilité d'un oiseau.
Elle s'infligeait des peines effroyables.
Principalement, elle s'infligeait le feu afin d'être plus semblables aux âmes du purgatoire.
Elle se jetait dans des fours brûlants qui servaient à cuire le pain.
Quand elle ne trouvait pas de fours, elle entrait dans les maisons et courait se jeter dans le feu de l'âtre.
Quelquefois elle s'y jetait toute entière ou alors elle y mettait une jambe ou un pied.
D'autres fois, elle se plongeait dans des chaudières en ébullition et s'arrosait avec l'eau bouillante.
Elle souffrait beaucoup mais son corps se retrouvait toujours intact.
Pendant les hivers les plus rigoureux, elle se jetait dans les eaux glacées des étangs ou des rivières et y restait des jours et des nuits entières.
Quelquefois elle se plaçait sous les roues des moulins à eau.
Les glaçons lui tombaient dessus avec violence, la blessant à la tête et aux membres.
Parfois elle se jetait dans le courant et se laissait entraîner jusqu'aux roues des moulins qui la broyaient en provoquant d'horribles souffrances.
De temps à autre on la retrouvait pendue à une potence, en compagnie des brigands qui avaient été exécutés.
Elle y vivait les agonies de la strangulation.
Elle allait aussi dans les cimetières, ouvrait les fosses nouvelles et passait des journées, couchée avec les cadavres en pourriture.
Fréquemment mutilée, parfois anéantie, elle ne mourait jamais et se retrouvait toujours en parfaite santé, prête pour de nouveaux supplices.
Elle était souvent au chevet des mourants à qui elle enlevait les angoisses de la mort.
Les gens qui la voyaient courir étaient frappés de stupeur.
On raconta même qu'elle était possédée par un démon.
On la rattrapa et on l'attacha à un billot avec de lourdes chaînes.
Une nuit, ses chaînes se rompirent.
Elle s'enfuit dans la solitude des forêts où elle éprouva la faim et la soif.
Après neuf semaines de recherche, on la retrouva pour mieux l'attacher.
Mais ses liens se rompirent à nouveau et Christine put s'échapper. Cette fois, elle prit la direction de Liège.
Les gens de Liège s'opposèrent aussi à cette vie si effrayante.
Comme elle s'était cachée, sa sœur chargea un homme robuste, dur et impitoyable de s'en emparer.
Mais elle lui échappait à chaque fois.
Enfin, il prit avec lui une pesante massue.
Ayant rejoint la fugitive, il lui brisa une jambe, l'attacha sur une charrette et la ramena à ses sœurs.
Comme elle avait une force extraordinaire, on l'enferma dans une cave maçonnée et on l'attacha aux murs avec des chaînes. Mais Dieu la délivra à nouveau.
Quelques temps après, à la suite d'un nouveau miracle, ses sœurs capitulèrent et Christine put reprendre ses austérités inouïes.
Elle en subissait d'énormes souffrances.
Ses mouvements désordonnés et ses convulsions trahissait les tortures intérieures.
Mais ses souffrances ne lui paraissaient rien au regard des âmes du purgatoire, délivrées et rayonnantes.
Le bruit de sa Sainteté courait à tel point qu'on venait de partout pour voir celle qu'on appelait la Sainte Volante.
Les gens de Liège furent inquiet des suites de ce mouvement et prièrent Dieu pour qu'il suspende en Christine ses manifestations surnaturelles.
Il furent exaucés.
Un jour, Christine, saisie d'un grand sentiment de répulsions pour l'aspect des humains s'enfuit jusqu'à un village appelé Wellen.
Elle entra droit dans l'église et se plongea toute entière dans les fonts baptismaux qu'elle trouva ouverts. Elle en sortit transformée.
Elle put vivre alors et converser avec les humains comme avant sa résurrection.
Elle retourna vivre avec ses deux sœurs.
Elle avait le don de science et le don de prophétie, alors qu'elle était étrangère aux connaissances humaines, .
Mais le don le plus singulier fut le don de chant extatique.
Après son retour à la vie ordinaire, elle allait souvent converser avec les Bénédictines.
Christine était parfois saisie par l'extase.
Elle se mettait alors à tourner sur elle-même, si rapidement qu'on ne pouvait plus distinguer la forme de son corps.
Après avoir tourné un certain temps, elle se laissait tomber par terre comme épuisée de fatigue et tous ses membres détendus.
Alors, un chant merveilleux se faisait entendre, ineffable et ravissant. Ce chant se produisait à l'intérieur de sa poitrine.
Pendant ce temps, son corps était immobile.
On aurait dit une statue. Ses yeux étaient fermés.
Ensuite, elle reprenait conscience d'elle-même et sortait comme après un accès d'ivresse.
Une jeune fille du nom de Jutta vivait dans un ermitage à Looz.
Christine décida de vivre avec elle.
Elle continua ses dons merveilleux et surtout son chant extatique qu'on entendait la nuit dans l'église.
Après quarante ans de vie, elle retourna vers Saint-Trond et retrouva ses lieux solitaires.
Son martyre continuel lui avait donné l'aspect d'un squelette.
On ne pouvait plus la regarder sans éprouver de la terreur.
Elle pleurait et gémissait sans cesse.
Personne n'osait lui adresser la parole ni même la saluer.
Elle ne parlait même plus aux Bénédictines chez qui elle allait chercher un peu de nourriture.
Elle mangeait rapidement debout puis s'enfuyait.
Elle ne dormait plus.
Quand elle passait dans la rue, elle semblait ne pas toucher terre et rien ne pouvait l'arrêter.
Elle eut la révélation du moment de sa mort.
Elle revint alors au cloître des bénédictines.
Le mal la saisit. Elle resta trois semaines profondément absorbée dans les contemplations célestes.
Enfin, elle reçut le Saint viatique et expira en 1224 dans sa 74 ème année et 42 ans après sa résurrection.
Le corps de Sainte Christine fut enterré dans le couvent de Sainte Catherine.
Au cours des âges, il voyagea jusqu'en Allemagne puis revint en Belgique à Stennaert.
Sainte Christine est invoquée pour la bonne mort, pour la délivrance des âmes du purgatoire, dans les affaires difficiles ou douteuses, pour le bétail et contre les maladies contagieuses ou incurables.
On représente souvent cette Sainte Volante avec des ailes à cause de ces vols extatiques.








 

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