Augustin Novello, détail du triptyque de Sant'Agostino de Simone Martini (1284-1344), Pinacothèque nationale de Sienne
Augustin Novello
(Tarano ou Termini Imerese, 1240 - Sienne, 19 mai 1309) est un
religieux sicilien de l'ordre de Saint Augustin, prieur général de son
ordre de 1298 à 1300, puis ermite.
Il est reconnu bienheureux par l'Église catholique.
Le
peintre siennois Simone Martini l'a représenté sur le triptyque de
Sant'Agostino (pinacothèque nationale de Sienne) vers 1324-1328.
Biographie
Châsse d'Augustin Novello
Par
Don Francesco Anfuso, Arciprete di Termini Imerese — Mail
dell'Autore, CC BY-SA 2.5,
https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=6246033
Il naît dans une famille noble originaire de Catalogne et reçoit le prénom de Mathieu.
La
date et son lieu de naissance sont incertains, selon certaines sources,
il est né à Tarano, Termini Imerese (d'où son nom probable à la
naissance : Matteo da Termini), Trapani ou Taormina.
Après
avoir effectué des études dans le royaume de Sicile, il est envoyé à
l'Université de Bologne pour étudier le droit où il a comme compagnon le
fils de Frédéric II, Manfred.
Diplômé en droit civil et en droit ecclésiastique, il est nommé chancelier par Manfred, devenu roi de Sicile.
Le
nouveau souverain continue le style de gouvernance de son père, aussi
bien politique comme ami des gibelins, que culturel, appelant les
esprits les plus éclairés et éduqués de son temps.
Le
roi décède à la bataille de Bénévent (1266) et Mathieu est lui-même
gravement blessé ; le croyant mort, il est abandonné sur le champ de
bataille entre les cadavres.
Il
en éprouve une grande déception face aux idéaux auquel il s'est
consacré et décide de changer totalement de vie en devenant frère de
l'ordre des prêcheurs mais choisi finalement les religieux augustins du
couvent de Palerme (1268), il change son nom pour celui d'Augustin en
l'honneur de saint Augustin d'Hippone. Après quelques mois à Palerme, il
se rend dans un ermitage d'augustins près de Sienne ; les frères le
pensant analphabète, il occupe les emplois les plus humbles.
Après
un certain temps, il est transféré à l'ermitage de sainte Lucie près de
Sovicille où tout le monde apprécie et aime cet humble frère tout
consacré au travail et à la contemplation.
En
1288, la paix de la communauté religieuse est troublée par un procès
contre le couvent, la communauté risque de perdre la propriété sur
laquelle l'ermitage est construit.
Augustin,
se rendant compte que les frères sont incapables de traiter cette
affaire, se tourne vers le supérieur, lui demandant la permission
d'écrire un plaidoyer.
Le
prieur, d'abord étonné, lui donne la permission d'écrire et son
étonnement est plus grand quand il voit le parchemin bientôt rempli
d'une écriture belle comme dans les anciennes archives ; lorsque le juge
Jacques de Pagliaresi lit l'acte de défense, il comprend que c'est
l'œuvre d'une personne qui a étudié comme lui à Bologne.
Il se rend immédiatement à l'ermitage et découvre que l'auteur est un de ses anciens compagnons d'université.
Le
couvent gagne le procès mais Frère Augustin perd son anonymat en dépit
de la demande faite à son ami de ne rien révéler de sa découverte.
Les nouvelles arrivent bientôt aux oreilles du prieur général, Clément d'Osimo (it),
qui, reconnaissant son talent et ses vertus, le transfère à Rome où il
est ordonné prêtre, le prieur exige qu'il collabore à la rédaction de
constitutions religieuses de son ordre.
Peu
de temps après, le pape Nicolas IV le prend pour confesseur, fonction
qu'il garde pendant près de 10 ans même sous les pontificats de Célestin
V et Boniface VIII.
Au
chapitre général qui se tient à Milan le 25 mai 1298, les délégués de
l'ordre l'élisent prieur général de l'ordre bien qu'il soit absent ; il
ne peut rien faire pour changer cette décision car cette élection est
confirmée par le pape Boniface VIII.
Il accepte humblement la mission mais au bout de deux ans il convoque un chapitre au cours duquel il renonce à sa charge.
Il passe les dernières années de vie dans un ermitage près de Sienne.
Les historiens ne sont pas d'accord sur le lieu de la naissance du bienheureux Augustin.
Les
uns veulent qu’il soit né à Palerme, capitale de la Sicile ; d’autres à
Termini, ville du même royaume et peu distante de la première.
Ce
qu’il y a de certain, c’est que sa famille, qui était originaire de
Catalogne en Espagne et distinguée par sa noblesse, portait le nom de
Termini.
Il reçut au baptême celui de Matthieu sous lequel il fut connu pendant qu’il vécut dans le siècle.
Lorsqu’il
eut fini ses premières études, on l'envoya à la célèbre université de
Bologne, où il étudia le droit et reçut le titre de docteur.
Il y devint même professeur en droit civil et canonique ; mais après
avoir occupé une chaire pendant quelques années, il la quitta pour
retourner en Sicile ; Mainfroi y régnoit alors.
Ce
prince, que l’histoire nous peint comme un tyran et qui avait usurpé le
trône, ayant entendu parler du mérite de Matthieu, voulut se l’attacher
; il le fit juge perpétuel de sa cour et son principal ministre d'état.
Quoique
dépendant d’un souverain inique, le nouveau magistrat conserva dans son
élévation une grande pureté de mœurs, une intégrité parfaite dans
l’administration de la justice et une douceur si remarquable que jamais
il ne voulut prendre part à aucune condamnation à mort.
Charles
de France, duc d’Anjou et frère du roi saint Louis, étant venu en
Italie pour défendre le saint siége contre les entreprises de Mainfroi,
celui-ci voulut lui faire la guerre, et lui livra bataille près de
Bénévent, le 26 février 1266.
Il
y périt ; Matthieu qui avoit accompagné son prince et qui dispamt après
l'issue du combat, fut compté parmi les morts ; mais la défaite de
Farmée de Mainfroi l’avoit déterminé à fuir et à repasser en Sicile.
Sur ces entrefaites,
il tomba dangereusement malade, et fut saisi d'une telle crainte des
jugements de Dieu, qu'il résolut de quitter le monde et d’entrer en
religion s’il revenoit en santé.
Il la recouvra en effet’, et prit l’habit chez les ermites de Salut-Augustin.
ll y reçut le nom d'Augustin Novello ; mais
il vouloit laisser entièrement ignorer le rang qu’il avoit tenu dans le
monde, et préféra pour cela l’état de simple frère lai.
Ce
ne fut que longtemps après qu'on sut qui il étoit , et que l’ordre put
profiter de sa haute capacité, de son expérience des affaires, en le
nommant supérieur général.
Augustin étoit
dans le monastère de Rosia, confondu au milieu de ses frères, heureux
d’être inconnu et d’être le serviteur de tous, lorsque Dieu se servit
d’une circonstance particulière pour tirer la lumière de dessous le
boisseau.
Les religieux de Rosia avaient un procès qui les exposait à perdre 1m bien dont le revenu servait beaucoup à les faire vivre, et cette affaire leur causoit de grandes inquiétudes.
Touché de la peine qu’éprouvaient ses confrères, le saint religieux se rend chez leur proeureiu‘ et lui demande en secret du papier et de l’encre.
Celui-ci qui ne croyoit pas même qu’Augustin sût écrire, se moqua d’abord de sa demande et ne l’accorda qu'à sa persévérance.
Augustin ayant
eu enfin ce qu’il souhaitoit , rédigea pour la défense des intérêts de
son couvent un mémoire court, solide et si lumineux que cette pièce
ayant été communiquée au procureur de la partie adverse, il dit : celui
qui a dressé ce mémoire est un démon ou un ange , ou -le seigneur
Matthieu de Termini, avec lequel j’ai étudié à Bologne, et qui est mort à
la bataille du roi Mainfroi.
Il voulut voir l’auteur, et Payant reconnu, touché de son humilité, il l’embrassa tendrement et ne put retenir ses larmes.
Le
serviteur de Dieu le prioit de ne pas troubler son repos, en le faisant
connoitre ; mais il ne put s’y résoudre, et dit aux autres religieux :
Vous avez un trésor caché ; c’est le plus excellent homme du monde,
traitez-le comme il le mérite ; au reste, vous avez gagné votre cause.
Le bienheureux Clément d’Osimo, qui gouvernoit à cette époque l’ordre des ermites de Saint-Augustin, étant venu, peu de temps après, à Sienne, et ayant appris qui étoit ce frère Augustin, le choisit pour son compagnon, le conduisit avec lui à Rome, et l’obligea à recevoir les ordres sacrés.
Les constitutions de la congrégation que le bienheureux Clément
gouvernoit, avaient besoin d’être revues et mises dans un meilleur
ordre, il prit son nouveau compagnon pour collaborateur dans ce travail
important.
Le
pape Nicolas IV occupoit alors le saint Siége ; il demanda au général
des augustîns un religieux capable d'entendre les confessions de la cour
pontificale.
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