Bienheureux Guillaume Webster († 1641)

Bienheureux Guillaume Webster († 1641)
prêtre et martyr en Angleterre


Ce bienheureux Martyr nasquit dans un lieu nommé Hornby, dans la comté de Westmerland, de tres honorables parents, il fit ses estudes à Rheims en Champagne, au college des Anglois ; et après avoir receu les ordres sacrez, il fut envoyé de ses supérieurs en Angleterre en l'an 1608, le quatorzième d'octobre, pour cultiver la vigne de Jesus Christ.
Depuis le jour qu'il embrassa ce glorieux employ, il n'a pris aucune relasche, et a travaillé avec tant d'assiduité et de ferveur, qu'il a conduit dans le sein de l'Eglise plusieurs ames qui estoient enveloppées des tenebres de l'heresie.
Il ne les gaignoit pas tant par ses belles leçons que par son bon exemple ; car il menoit luy-mesme une vie austère, qu'il conseilloit aux autres d'embrasser, comme une voye très certaine pour gagner le ciel.
On le tenoit pour un confesseur un peu rude, et trop exact, il temperoit neantmoins cette severité d'une façon de reprendre si libre et si paternelle, que la plus-part la trouvoient agreable, et l'imputoient entièrement à une charité fervente, et à une haine mortelle qu'il avoit pour le péché.
Quelques Dames de condition avoient coustume de dire, qu'il leur estoit impossible de tenir la regle de vie qu'il leur prescrivoit. Mais elles advoüoient pourtant qu'elles amoient mieux l'avoir pour confesseur, qu'aucun autre qui leur donnerait plus de liberté, il representoit d'ordinaire les peines éternelles à ceux qu'il voyoit trop attachez aux plaisirs de la terre, et voicy la raison qu'il en donnoit. Les ames, disoit-il, qui n'ont pas le goust des douceurs qui se treuvent en Dieu, comment feront-ils quelque chose pour son amour, il les faut espouvanter par la crainte des supplices qui sont preparez à des gens de leur sorte. Il leur faisoit aussi examiner leur conscience exactement, leur disant qu'au jour du jugement, on esplucheroit les moindres actions, voire mesme les pensees et les paroles oyseuses ; que la gloire éternelle ne se gaignoit pas sans combat, ny sans peine ; et qu'il estoit bien difficile d'estre sainct au ciel, si on ne l'avoit auparavant esté dessus la terre, et qu'on ne s'y fust uni parfaitement à Dieu par le moyen de la charité. Il preschoit rarement en public, mais ses dis-cours familiers estoient autant de sermons, par lesquels il excitoit un chacun à quitter le vice, et embrasser la vertu et il employoit la pluspart de son temps à entendre les confessions.
Plusieurs croyoient d'abord qu'il fust colérique. parce qu'il avoit la parole un peu rude, et la couleur du visage haute lors qu'il parloit, mais outre que cela provenoit de la grandeur de son zèle il estoit fort valétudinaire, et avoit tousjours quelque incommodité qui exerçoit sa patience, qu'un chacun admiroit, parce qu'il travailloit aussi ardemment, que s'il se fust bien porté; quelques uns de ses amis le reprenoient de ce qu'il vivoit trop pauvrement, et qu'il portoit de si méchants habits, mais il leur respondoit, qu'il ne meritoit pas seulement d'estre si bien, et qu'il estoit plus à propos d'assister de l'argent qu'on avoit de trop ceux qui en avoient besoin, que de l'employer pour soy mesme, en des choses vaines et superflues. Sa sobriété estoit si grande, que nonobstant toute la peine qu'il prenoit à courir aux catholiques selon l'exigence de leurs necessitez, et mesme quoy qu'il fut presque tousjours malade, il gardoit neantmoins le caresme si austerement, qu'il s'abstenoit mesme de laict et de beurre, ét a observé tous les jeusnes de l'année à l'aage de quatre-vingts ans, et par delà jusques à sa mort. Bref, pour faire un pourtrait racourcy de ce sainct Homme, je diray qu'il estoit doué d'une profonde humilité, d'une pauvreté Evangelique, d'un zele Apostolique, d'une force héroïque, d'une patience invincible, d'une simplicité saincte, et d'une parfaite charité. Mais ce qu'il y a de remarquable en toutes ces belles vertus, c'est qu'elles ont été esprouvées par toutes les oppositions qui sont capables de les destruire.
Lorsqu'il passa de France en Angleterre, il fust jetté en Ecosse par un vent contraire, ou estant soupçonné d'estre Prestre il fust enterré (pour ainsi parler) dans un cachot, où il a souffert une nuict de trois ans, et de& misères insupportables, sans le secours d'une grace extraordinaire. Mais au milieu de toutes ces 'souffrances et de cette obscurité, nostre Martyr jouissoit du favorable aspect de ce divin soleil qui n'a point de nuicts, et recevoit de luy chaque jour de nouvelles forces, de nouvelles lumieres et de nouvelles chaleurs qui lui servoient à fomenter son zele et à soustenir sa patience. Ces trois, ans de probation en l'eschole du Martyre estant escoulez, on le mit en liberté, et il passa en Angleterre où il a. sanctifié diverses autres prisons dans lesquelles il a passé plus de 20 années de sa vie parmy de trés-grandes incommoditez. Il a aussy esté banni deux ou trois fois ; mais faisant plus de cas des Lois de Dieu que de celles des hommes, et du salut de son prochain, que de son repos, et de sa vie, il retournoit tousjours avec un nouvel appetit de gaigner des ames, qui s'estoit augmenté par l'abstinence qu'il en avoit faite.
Quelques jours avant qu'il fust fait prisonnier, plusieurs de ses amis, et entre autres un sien nepveu le prierent de se retirer pour quelque temps à la campagne, lui representant qu'il faisoit dangereux pour luy à Londres, que la persecution estoit fort violente, et que l'Edict du Roy condamnoit à mort tous les Prestres qui se trouveroient dans ses Etats après le septiesme avril de l'année présente ; mais il leur respondit, qu'il n'estoit pas de ces lasches Pasteurs qui fuyent à la veüe du loup, et abandonnent à sa rage les ouailles qu'on a commises à leur garde et à leur conduite. Pour moy, je crois que la Providence divine, qui le voulut recompenser mesme dès cette vie, permit qu'il ne sortit pas de Londres, afin qu'une mort glorieuse le delivrast des incommoditez de la vieillesse, et que de si longs et si illustres travaux fussent couronnez d'une fin qui leur fust conforme.
Il fust saisi le quinzième juillet de l'année 1641, environ la minuict, par un poursuivant nommé Mahew qui avoit esté Catholique : et le 23 du mesme mois, fut accusé de ce misérable révolté, du glorieux crime de Prestrise : il fist serment qu'il avoit assisté à sa Messe, qu'il avoit esté oüy de lui en confession, et teceu le Sainct Sacrement de sa main. Le Juge demanda au B. Ward s'il estoit Prestre, et luy commanda de respondre directement à cette question, personne n'est obligé, répliqua-t-il, de s'accuser soy-mesure. Partant si vous desirez vous esclaircir et me convaincre, produisez des tesmoins, mais qu'ils soient irréprochables, et autres que ce Mahew, qui peut Metz mentir devant les hommes , puisqu'il a faussé la foy qu'il avoit donnée à Dieu. Les douze Jurés -ne laissèrent pas de prononcer qu'il estoit coupable ; et le Juge porta la sentence contre lui en ces termes : Qu'il soit traisné au lieu de l'execution sur une clave, qu'il soit pendu et détaché encore vivant, qu'on lu arrache le coeur et les entrailles, qu'on les jette au feu, et que son corps soit coupé en quartiers, et attaché sur les portes de la ville. Le Martyr receut avec beaucoup d'humilité cette cruelle sentence, et retourna dans sa prison fort joyeux, où il se prepara à la mort le plus dignement qu'il lui fust possible. Il brusloit d'un si fervent désir de souffrir pour Jesus Christ, qu'il disoit que quiconque intercederoit pour sa grace envers le Roy, le desobligeroit extremement, et qu'il prioit tous ses amis de ne le pas faire.
Le jour qui preceda sa glorieuse mort, il fut trouver un Prestre, qui estoit prisonnier dans le même lieu, avec lequel il discourut longtemps ; on s'appercevoit par leurs saincts transports, que la douceur de l'entretien leur faisoit fendre les coeurs, qui se deschargèrent à la fin, par une abondance de larmes, de la joye qui les pressoit. L'esperance neantmoins de la gloire prochaine n'emportoit pas tellement nostre Martyr, qu'il ne s'en tesmoignast quelquefois indigne et ne se defiast au-tant de sa foiblesse, qu'il esperoit de la force surnaturelle que Dieu a coustume de prester à ceux qui souffrent pour la gloire de son Nom.
Le 26 de juillet qui devoit estre le jour du combat de la victoire et du triomphe, ce vaillant Athléte fit les mesmes préparatifs que fit notre Sauveur, la veille de sa mort, il celebra à son exemple le très-auguste sacrifice de la messe et administra la saincte communion à quantité de catholiques qui y assistèrent. En suitte, il fit appeler le prestre à qui il avoit parlé le jour precedent, et luy laissa quelque commission, qu'il le pria d'executer ponctuelle-ment après sa mort, il luy donna aussi de l'argent pour distribuer aux pauvres catholiques, et quelque chose au geolier, avec prière de le remercier de sa part du, bon traittement qu'il avoit receu dans la prison. Un chacun s'estonnoit que son visage, qui pour le plus souventestoit grave, et melancholique, paroissoit si ouvert et si gay ce jour-là. Ses amis lui apportèrent un habit meilleur que celuy qu'il avoit accoustumé de porter, et le prierent de le vestir; il accepta combien qu'il eust tousjours eu de l'aversion pour les habits qui mes me n'estoient que mediocrement bons, et le vestit volontiers et leur dit, vous avez raison de me parer mieux qu'à l'ordinaire, puisque je vay au plus superbe banquet et aux plus belles nopces que je fus jamais.
Cependant le geolier frappa à sa porte, et demanda s'il estoit prest, il receut ces nouvelles avec joye, et respondit que oüy : le geolier le livrant aux officiers de la Justice, luy dit : Adieu Monsieur Ward, j'espère que nous nous reverrons au ciel : nullement, respondit le martyr, si vous ne changez de vie et ne vous faites catholique ; et c'est cette vérité que je vay aujourd'huy maintenir de mon propre sang. Il rencontra aussi une femme prisonniere à qui il dit la mesme chose et luy monstra avec de puissantes raisons, que le salut ne se peut trouver hors de l'Eglise Romaine.
Pour empescher,que nostre Martyr n'obtint sa grace par l'entremise de la Reyne (qui se peut à juste tiltre nommer la Reyne des Martyrs sur la terre puisqu'élle prend tant. de part à leurs souffrances, qu'il n'y a mort qui ne luy perce le coeur), on le mena au supplice trois heures plus matin qu'à l'accoustumée. Ce que la Reyne ayant apris à son reveil, elle en jetta des larmes, et se plaignit de cette cruelle surprise, qui luy avoit desrobé l'occasion d'exercer sa vie pieuse et royale générosité envers nostre Martyr.
Ce fut environ les huict heures du matin qu'il fust traisné au supplice à la queue d'un cheval sur une claye, parmi la boüe et la puanteur d'un long faux-bourg qui n'est point pavé et par un chemin inesgal et pierreux qui dure une heure entière. En passant par la rue de Holborne où demeuroient pour lors quantité de catholiques, il jettoit ses yeux tout remplis de joye vers leurs fenestres,' et leur donoit sa bénédiction comme il pouvoit de ses mains garottées; et s'appercevant qu'un jeune homme (qui avoit accoustumé de venir à confesse vers luy) pleuroit à chaudes larmes, il luy demanda pourquoy pleures-tu, mon fils? C'est pour l'amour de vous, mon père, répondit-il. Ne t'afflige point de ma mort si tu m'aymes, reprit le B. Martyr ; je pourrois vivre si je voulois, mais il n'y a point de vie si douce et si charmante fust-elle, qui vaille une semblable mort, et tout bien considéré n'est-ce pas un bonheur tout particulier qui m'arrive, que (l'indisposition de mon corps, et mon aage caduque ne me promettant pas encore un mois de vie) Dieu me fasse la grâce d'employer le reste de ce temps à mourir glorieusement pour la confession de son Evangile ?
Estant arrivé au lieu du supplice, le Prevost lui dit que s'il vouloit abjurer la Prestrise, on luy donneroit la vie. (L'extrême clemence si ce n'estoit pas un crime de l'accepter ! O l'injuste Loy, qui punit d'un supplice cruel des personnes si peu criminelles qu'ils se pourroient sauver en detestant leur offence?) Le Martyr tout joyeux de voir son innocence si publiquement manifestée, luyrespondit, que si Dieu lui avait donné mille vies, il s'estimeroit heureux de les sacrifier toutes pour la deffence de son Nom; et de la Religion catholique : car, continua-t-il, je veux que toute cette assemblée soit tesmoin que je meurs simplement pour entre Prestre, ce que l'on n'a peu toutes fois prouver. Mais pour la satisfaction de ceux qui m'ont condamné avec autant de legèreté que d'injustice, je confesse que je suis Prestre de l'Eglise romaine, et que j'en ay exercé les fonctions l'espace presque de cinquante ans, de plus je loue Dieu de ce qu'il me fait la grace de mourir pour une si belle cause, pour laquelle je ne souffre pas seulement de trés bon coeur, mais encore m'en tiens extrêmement heureux. Le Prevost prit la parole et luy dit qu'on ne faisoit pas mourir pour la Foy ni pour sa Religion, mais parce qu'il avoit' séduit le peuple. Je n'ay se-duit personne, repartit le Martyr, mais j'en ay conduit plusieurs dans le chemin de salut, et plust à Dieu que j'en eusse converty davantage, voire mesme toute l'Angleterre : croyez je prie que c'est la charité que j'ay pour vous, qui me fait parler de la sorte, d'autant que si vous voulez avoir part au Paradis, vous devez embrasser la Religion catholique qui a esté si venerable à vos ancestres.
Après s'estre recueillyun bon quart d'heure pour mettre son âme en l'estat qu'il vouloit qu'elle se presentast devant Dieu : il fit une prière à haute voix pour le Roy, la Reyne, les Princes et les Princesses, et pour tout l'Estat; mais il pria Dieu particulierement qu'il voulut donner la mesme force qu'il sentoit à toûs ceux qui le devoient suivre. La prière n'a pas manqué d'estre exaucée, et tant s'en faut que le nombre des Martyrs intimide les Prestres, qu'au contraire leur exèple ne sert qu'à les encourager, et à jette, dans leurs coeurs une saincte et genereuse émulation, jusques à cette heure la constance de nos Martyrs s'est plutôt accriie que ralentie, et je suis asseuré que Dieu chérit trop son Espouse pour exposer son honneur, et qu'il armera de toutes les pièces nécessaires, ceux qu'il a destinez pour sa gloire et pour la deffence de son Eglise.
En suitte de cela le B. Martyr tira quelque argent pour le distribuer aux pauvres catholiques. Mais pas un ne s'approchant parce que fort peu s'y estoient trouvés à cause de la surprise, le peuple cria, donnez-le au bourreau, afin qu'il vous espargne ; qu'il m'espargne, ce dit-il, ne voyez-vous pas le feu, le couteau, la corde, le gibet, hé ! quelle grace me peut-il faire? au contraire, sçachez qu'il me désobligeroit de retrancher de ma peine qui ne sçauroit estre assez grande pour expier mes pechez, et pour me rendre digne de la couronne qui m'attend. Il donna cinquante chelins au Prevost, et le pria de les distribuer aux pauvres catholiques : il en donna deux et demy au bourreau, pour le salaire, disoit-il, du service qu'il luy alloit rendre; et un peu après, appercevant le cocher qui avoit conduit son char de triomphe, il luy dit, il est juste que tu ayes aussi ta recompense, tiens voila deux chelins que je te donne. II distribua le reste à des pauvres qui estoient là présents, et puis il fit un peu de recollection. Incontinent après on le fit monter sur une charette pour l'approcher de la potence (car ils ne se servent point d'eschelle) et le bourreau lui ayant mis la corde au col, fit signe qu'on foüettast les chevaux, et le Martyr sur le point de perdre terre profera ces dernières paroles : JESU, JESU, JESU, reçois mon esprit. A peine estoit-il a demy estranglé, que le bourreau couppa la corde, et estant presque revenu à soy de la secousse qu'il receut en tombant, donna quelques marques de vie. Incontinent le bourreau lui enfonça le cousteau dans la poictrine, et en arracha le coeur encore tout chaud et tout palpitant et après lui en avoir frappé les joues il le montra au peuple en prononçant ces paroles : Voila le coeur d'un traistre. Remarquez que ces pauvres misérables ont encore quelque sorte de honte et qu'ils taschent de palier leur cruauté par cette imputation ridicule du crime de trahison, qu'ils supposent sans aucun fondement comme nous avons monstré en son lieu, les assistans ayant esté differemment repeus de ce spectacle, le coeur et les entrailles furent jettées dans un feu, et le corps ayant esté mis en quartiers fut exposé sur les portes, et sur le pont de Londres.
Le coeur de ce Bien-heureux Martyr pour estre tout à fait détaché de la matière demeura comme une salemandre au milieu des flammes sans en estre offencé, s'il eust esté de nature combustible, il auroit sans doute il y a longtemps esté consommé de sa propre ardeur ; mais ce dernier paroist encore plus impossible, puis que le sujet auquel il estoit attaché et en qui il brusloit continuellement est immortel et ne se peut consommera Son Altesse de Gueldres comte d'Egmond, qui dans sa vie privée qu'il mene à Londres ne laisse pas d'esclater beaucoup par les vertus chrestiennes qu'il y exerce, est pour le plus souvent tesmoin de la constance de nos Martyrs, et fait un très grand cas de leurs Reliques. Quelque indisposition l'empescha d'assister à la mort de nostre Martyr, il y envoya un des siens qui luy apporta le mouchoir du Martyr qui estoit tombé par hazard d'entre ses mains, mais parce qu'il n'estoit pas teint de son sang, sa dite Altesse renvoya pour en recueillir, il y fust, et voyant que la piété des catholiques n'avoit point laissé de matière à celle de son Maistre, il s'avisa de remuer les cendres, où il trouva le coeur du Martyr qui n'estoit aucunement offencé. Quelques canailles qui ne peuvent mesme souffrir que les catholiques goustent cette innocente et louable consolation au milieu de leurs misères, l'apperçurent, et coururent après luy en criant arreste, arreste; il se jetta dans un Parc et se voyant investy de quelques hommes de cheval de telle façon qu'il ne pouvoit eviter d'estre pris, il cacha son thresor dans un buisson et fit tous jours semblant de se sauver, il fut pris auprès de Londres, et contrit devant un certain officier qu'ils appellent juge de Paix, qui luy fit diverses questions conformes à son aveuglement, l'autre repartit qu'il estoit catholique, et que la devotion l'avoit porté à recueillir quelques reliques du Martyr, que cela sans doute n'offençoit personne. On le relascha après avoir apris à qui il appartenoit, et le lendemain il fut querir son precieux depost, où il l'avoit caché, et l'apporta à son Maistre, qui le garde au rang des choses qui luy sont les plus précieuses.
Ce B. Martyr avoit une bibliotheque, enrichie d'une quantité de beaux livres, mais particulierement de quelques manuscrits de théologie et de philosophie, et de divers traitez de piété et de doctrine chrestienne qu'il avoit composez luy-mesme, et entre autres un traicté de la vie de Saincte Anne, à laquelle il portoit une dévotion très-particulière : aussi semble-t-il qu'en récompense, cette grande Saincte ait impétré de son petit Fils, que le mesme jour auquel l'Eglise celébre sa feste, esclaira le triomphe de son glorieux serviteur.

Né en Angleterre, William Ward fait ses études à Douai en 1604 et y est ordonné prêtre en 1608.
A son retour en Angleterre il doit accoster en Écosse et y est arrêté et emprisonné pendant 3 ans.
Relâché, il rentre en Angleterre où il passe 20 ans à s'occuper des prisonniers.
Quand les prêtres catholiques sont interdits le 7 avril 1641, il est arrêté puis exécuté à Tyburn.
Fête le 26 juillet.








 

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