Saint Flavien de Constantinople († 449)

Saint Flavien de Constantinople († 449)
Patriarche, malmené lors du brigandage d'Ephèse 

 Image illustrative de l'article Flavien de Constantinople


Flavien de Constantinople est patriarche de Constantinople de 446 à 449.

 

 

Biographie

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Il succède à Proclos de Constantinople en 446.

Très vite, il se fait un ennemi de l'eunuque Chrysaphios et c'est l'archimandrite Eutychès, parrain de Chrysaphios, qui prend de plus en plus d'importance face au patriarche.

À la suite d'une plainte pour hérésie contre Eutychès, formulée par Eusèbe de Dorylée, Proclus réussit à faire condamner Eutychès en 448.

Cependant ce dernier, toujours soutenu par l'empereur Théodose II, fait appel de la décision, à la fois auprès de l'empereur mais aussi auprès de Rome.

Flavien se trouve ainsi affaibli dans son autorité et doit assister en 449 à un procès en révision de la condamnation d'Eutychès.

Il est même sommé par l'empereur de produire une profession de foi pour juger de son orthodoxie.

C'est dans ce contexte qu'il est le destinataire en juin 449 de la lettre de Léon le Grand connue sous le nom de Tome à Flavien : le pape prend parti pour Flavien en précisant les points de doctrine sur lesquels celui-ci et Eutychès s'opposent.

Au monophysisme d'Eutychès, il donne raison au dyophysisme de Flavien en affirmant pour le Christ l'existence dans une seule personne de deux natures unies et conservant leurs propriétés propres, l'une divine et l'autre humaine.

Le procès en révision se poursuit en présence de légats du pape mais donne lieu à ce que l'on appellera plus tard le brigandage d'Éphèse : la lettre du pape pouvant soutenir Flavien n'est pas lue et les débats verrouillés par les partisans de Théodose et d'Eutychès.

Flavien est déposé par un vote au cours de ce concile

Les sources divergent sur le sort de Flavien après sa déposition.

Il semble certain qu'il ait été exilé, probablement en Lydie.

Selon Nestorius il aurait succombé des fatigues du voyage vers son exil au bout de quatre jours.

Il est remplacé à la tête du patriarcat de Constantinople par un diacre égyptien, Anatole.

Sa réhabilitation intervient rapidement après la mort de Théodose II et l'avènement de l'impératrice Pulchérie, qui se marie à Marcien qui devient empereur.

Pulchérie reconnait le Tome à Flavien.

La dépouille de Flavien est solennellement ramenée à Constantinople avant la fin novembre 450 pour y être transférée dans l'église des Saints-Apôtres.

 

Culte

On honore ce saint le 16 février chez les orthodoxes, le 17 février selon le martyrologe romain, et le 24 novembre (jour de la déposition de ses reliques à Giulianova dans lesAbruzzes).
Il est le patron des villes de Giulianova (Abruzzes) et Conversano (Pouilles).
Source


Saint Flavien de Constantinople († 449)

Flavien, prêtre et trésorier de l'Église de Constantinople, en fut élu archevêque en 447, après la mort de S. Procle.
Cette élection, déplut à l'eunuque Chrysaphius, chambellan de l'empereur Théodose le Jeune. Ce ministre, prévenu contre Flavien, conçut dès lors le dessein de le perdre.
Il engagea le faible empereur, do l'esprit duquel il s'était absolument rendu maître, à lui demander quelque présent pour son ordination.
Le saint pasteur, conformément à ce qui se pratiquait alors dans l'Église, envoya an prince des eulogies ou pains bénits, en signe de paix et de communion.
Chrysaphius, qui avait ses vues, lui fit dire qu'il devait envoyer un présent d'une autre espèce.
Flavien, ennemi déclaré de tout ce qui avait même l'apparence de la simonie, répondis avec fermeté que les revenus de l'Église étaient destinés à d'autres usages, et qu'ils devaient être uniquement employés à la gloire de Dieu et au soulagement des pauvres.
L'énuque, irrité d'une réponse aussi généreuse, résolut de ne plus garder de mesures, et de remuer tous les ressorts imaginables pour faire déposer Flavien ; mais comme il le savait protégé de Pulchérie, sœur de l'empereur, qui avait toute l'autorité, il travailla d'abord à éloigner cette princesse des affaires. Il persuada ensuite à Théodose, par le moyen de l'impératrice Eudoxie, d'exiger de l'archevêque, qu'il ordonnât Pulchérie diaconesse.
Le refus que fit Flavien de se prêter à leurs intrigues parut un crime aux ennemis qu'il avait à la cour, et ils ne manquèrent pas de le peindre avec les plus noires couleurs.
Notre saint ayant ensuite condamné les erreurs d'Eutychès, parent de Chrysaphius, ce dernier devint furieux, et se porta à tous les excès où peut tomber un homme qui suit les mouvements de la haine la plus implacable.
Eutychès était prêtre et abbé de trois cents moines près de Constantinople.
Il s'était fait une sorte de réputation par une vie réglée; mais dans le fond ce n'était qu'un ignorant, et un orgueilleux fort entêté de ses propres idées.
Un zèle outré contre Nestorius, qui niait l'unité de personne en Jésus-Christ, le jeta dans l'erreur opposée, et il en vint jusqu'à enseigner qu'il n'y avait en Jésus-Christ qu'une seule nature.
Eusèbe de Dorylée, autrefois son ami, l'accusa dans un concile assemblé par Flavien en 449.
Les Pères de ce concile firent à l'accusé plusieurs citations auxquelles il ne répondit point.
Il comparut cependant à la fin; mais il entra suivi de deux officiers de la cour, et d'une troupe de soldats.
Les évêques lui ayant demandé compte de sa foi sur le point dont il était question, il déclara qu'il ne reconnaissait qu'une nature en Jésus-Christ ; et comme on voulait lui montrer l'impiété de sa doctrine, il répondit qu'il n'était point venu pour disputer, mais seulement pour rendre compte de sa foi.
Le concile lui dit aussitôt anathème, et le déposa.
Flavien prononça la sentence, qui fut souscrite par trente-trois évêques, et par vingt-trois abbés, dont dix-huit étaient prêtres. Eutychès, se voyant condamné, dit tout bas à ses gardes qu'il en appelait aux évêques de Rome, de Jérusalem et d'Egypte.
Il écrivit en même temps une lettre captieuse au pape S. Léon, pour le prévenir contre le concile de Constantinople ; mais cette lettre ne produisit pas l'effet qu'il en attendait.
S. Léon ne donna point dans le piégé.
Il fut instruit du véritable état des choses par Flavien, qui lui envoya une relation exacte de tout ce qui s'était passé.
Il écrivit ensuite à notre saint une fort belle lettre, où il expliquait avec autant de clarté que de solidité le dogme combattu par le nouvel hérésiarque.
Cette lettre fut insérée depuis dans les Actes du concile de Chalcédoine, qui proscrivit solennellement les erreurs d'Eutychès.
Cependant l'empereur, sollicité par Chrysaphius, ordonna la révision des Actes du concile assemblé par Flavien à Constantinople, et il se tint pour cet effet un synode au mois d'avril de l'année suivante.
Il fut composé de trente évêques, dont dix avaient assisté au concile de Constantinople.
Thalassius de Césarée y présida, attendu que Flavien aurait été regardé comme juge et partie.
L'examen que l'on fit tourna à la confusion d’Eutychès, et ne servit qu'à mettre dans un plus grand jour la justice des procédés de l'archevêque de Constantinople.
Ce dernier ayant été ensuite accusé par ses ennemis de favoriser le nestorianisme, se justifia pleinement, en présentant à l'empereur une profession de foi, où il condamnait la doctrine impie de Nestorius et d'Eutychès.
Chrysaphius, dont les projets avaient été déconcertés, ne se rebuta point; il fit jouer d'autres ressorts pour parvenir à ses fins.
Il écrivit à Dioscore, patriarche d'Alexandrie, homme d'un caractère impétueux et violent, pour lui promettre son amitié et sa protection, s'il voulait prendre la défense d'Eutychès, et se liguer avec lui contre Flavien et Eusèbe de Dorylée.
Lorsqu'il se fût assuré du patriarche, il travailla à gagner l'impératrice Eudoxie ; et il y réussit d'autant plus aisément, que cette princesse était charmée d'avoir une occasion de mortifier Pulchérie, qu'elle savait attachée au saint archevêque.
L'intrigue étant bien nouée, on persuada à l'empereur de faire assembler un concile à Ephèse, afin, disait-on, de terminer toutes les disputes.
Théodose, séduit, ne pensa plus qu'à la convocation de ce concile, dont on lui avait exagéré la prétendue nécessité.
Il manda à Dioscore de venir y présider, et d'amener avec lui dix métropolitains de sa dépendance, dix autres évêques, et l'archimandrite Barsumas, qui était entièrement dévoué aux ennemis de Flavien.
Les autres patriarches et le pape S. Léon furent aussi invités au concile; mais ce dernier ne reçut que fort tard la lettre de l'empereur.
Il envoya toutefois quatre légats pour le représenter.
Ces légats étaient Jules, évêque de Pouzzoles ; René, prêtre, qui mourut en chemin ; Hilaire, diacre, et Dulcitius, notaire.
Ils étaient porteurs d'une lettre à Flavien, dans laquelle S. Léon démontrait l'ignorance d'Eutychès, et établissait la doctrine catholique de la manière la plus solide et la plus lumineuse.
Ce fut le 8 d'août de l'année 449 que se fit l'ouverture du concile d'Ephèse, connue dans l'histoire ecclésiastique sous le nom de brigandage, à cause des violences qui s'y commirent.
Il s'y trouva cent trente évêques d'Egypte et d'Orient.
Eutychès vint aussi à Ephèse avec deux officiers de l'empereur et une troupe de soldats.
Il fut aisé de voir, dès le commencement du concile, que tout s'y ferait par cabale, et qu'Eutychès y avait un parti puissant.
Les légats du pape n'eurent pas même la liberté de lire les lettres dont ils étaient porteurs.
Enfin, après de longues contestations, Dioscore prononça une sentence de déposition contre Flavien et Eusèbe de Dorylée.
Les légats de S. Léon protestèrent contre cette sentence, et le diacre Hilaire entre autres dit à haute voix : Contradicitur : On fait opposition.
Ce mot latin fut inséré dans les Actes du concile. Lorsque Dioscore commença à lire la sentence, plusieurs évêques se jetèrent à ses pieds, et le conjurèrent dans les termes les plus pressants de ne point passer outre ; mais, loin de se laisser fléchir, il se leva de son siège, et appela les commissaires de l'empereur.
Les portes ayant été aussitôt ouvertes, Procle, proconsul d'Asie, entra avec une compagnie de soldats qui tenaient des chaînes, des bâtons et des épées.
La plupart des évêques, effrayés à la vue d'un tel spectacle, souscrivirent tout ce que Dioscore et ceux de son parti voulurent.
Il n'y eut que les légats du pape qui, toujours inébranlables, protestèrent jusqu'à la fin contre ces violences inouïes.
Un d'entre eux fut mis en prison ; le diacre Hilaire, après s'être sauvé avec beaucoup de peine, prit la route de l'Occident, et arriva enfin à Rome.
Pour Flavien, il appela au saint Siège de la sentence prononcée contre lui, et remit l'acte de son appel aux légats du pape.
Dioscore en fut si irrité qu'il se jeta sur le saint avec Barsumas et plusieurs autres personnes de son parti.
Ils le renversèrent par terre, et le maltraitèrent si rudement à coups de pieds, qu'il en mourut peu de temps après à Epipe, où il avait été exilé.
L'impie Dioscore ne s'en tint pas là ; il eut encore l'insolence, de concert avec deux évêques d'Egypte, d'excommunier le pape S. Léon.
Mais Dieu ne permit pas que le triomphe de l'injustice durât longtemps.
L'empereur ayant enfin ouvert les yeux, Chrysaphius, l'auteur de tant de maux, fut disgracié, puis condamné à mort.
Eudoxie fut elle-même obligée de se retirer à Jérusalem. Le rappel de Pulchérie à la cour produisit cette heureuse révolution.
L'année suivante, cette princesse étant montée sur le trône après la mort de Théodose, ordonna que le corps de notre saint fût solennellement transféré à Constantinople, et enterré avec les archevêques ses prédécesseurs.
S. Léon, informé de tout ce qui s'était passé à Ephèse, avait écrit à Flavien pour le consoler ; mais il était mort quand la lettre arriva.
Il avait aussi écrit en sa faveur à Théodose, à Pulchérie et au clergé de Constantinople.
Le concile général tenu à Chalcédoine en 451 mit Flavien au nombre des saints et des martyrs, et rendit de grands honneurs à sa mémoire.
Il rétablit aussi Eusèbe de Dorylée sur son siège c. Le pape Hilaire, qui avait été légat de S. Léon à Ephèse, avait une telle vénération pour le saint archevêque de Constantinople, qu'il fit représenter son martyre dans l'église qu'il fonda en l'honneur de la croix du Sauveur.
Qu'il est glorieux à S. Flavien d'être mort pour la défense de l'incarnation du Verbe ! 11 savait que ce mystère est le fondement de notre foi, et que par conséquent il doit nous intéresser d'une manière toute spéciale.
Nous le croyons tous, ce mystère; mais, hélas! c'est d'une foi stérile, qui ne remue point notre cœur, et qui le laisse dans son insensibilité. Avons-nous jamais réfléchi que c'est surtout dans l'incarnation que Dieu fait éclater la grandeur ineffable de sa puissance, de sa sagesse, de sa miséricorde ? Ah! si nous avions soin de pénétrer notre esprit de ces grandes vérités, on nous verrait plus remplis d'amour et de reconnaissance pour Dieu, plus zélés pour la gloire de Jésus-Christ, plus fidèles à l'accomplissement des maximes de l'Evangile, en un mot, meilleurs Chrétiens. Le Sauveur de nos âmes est aujourd'hui plus que jamais outragé par les blasphèmes des impies et des libertins. Il nous invite à l'en dédommager, au moins par notre amour ; jusqu'à quand' le lui refuserons-nous ? Mais comme l'incarnation est le mystère d'un Dieu humilié, anéanti, nous ne pouvons l'honorer véritablement, que nous ne guérissions notre cœur de l'enflure de l'orgueil. Ce vice corrompt les meilleures actions, et précipite ceux qui s'y livrent dans les plus grands malheurs. Eutychès ne fit naufrage dans la foi, et ne mourut dans l'impénitence, que parce qu'il était orgueilleux. Quoi de plus propre que son exemple à nous porter à l'humilité, et à nous entretenir dans la pratique de cette vertu.
SOURCE : Alban Butler : Vie des Pères, Martyrs et autres principaux Saints… – Traduction : Jean-François Godescard.
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