Saint Gatien de Tours (4ème s.)

Saint Gatien de Tours (4ème s.)
Évêque de Tours


Saint Gatien de Tours, Evêque de Tours (4ème s.)



Gatien ou Gatianus ou Catianus ou Gatianus ou Gratianus (en latin) ; ou Cassien, Gratien (en français) fut, selon une tradition relatée par Grégoire de Tours, le premier évêque.

Missionné par le pape Fabien pour évangéliser la Touraine vers 250, il serait mort vers 300.

 

La biographie de Gatien

Image illustrative de l’article Gatien de Tours
Vitrail figurant Gatien, dans l'église de La Celle-Guénand

 

La vie de Gatien est très mal connue. Seul Grégoire de Tours en donne quelques éléments ; les sources écrites plus récentes ne font que reprendre les informations de Grégoire, en les adaptant ou en leur adjoignant des traditions locales non vérifiables.

 

Selon Grégoire de Tours

Les premières sources écrites au sujet de Gatien sont l'œuvre de Grégoire de Tours dans son Histoire des Francs, Livre I, chapitre 30. Grégoire y écrit que sept évêques de Rome furent envoyés en Gaule à l'instigation du pape Fabien pour évangéliser le pays sous le mandat du consul Decius (v. 250). Ces sept hommes étaient :
  • Gatien de Tours ;
  • Trophime d'Arles ;
  • Paul de Narbonne ;
  • Saturnin de Toulouse ;
  • Denis de Paris ;
  • Austremoine de Clermont ;
  • Martial de Limoges ;

Grégoire appuie son affirmation sur une phrase de la Passion de saint Saturnin (chapitre 2), qu'il cite, mais cette phrase n'établit pas la liste de ces évêques ; elle ne mentionne que Saturnin. La mission tourangelle de Gatien ne se déroula pas facilement : il dut à plusieurs reprises se cacher pour fuir les persécutions. Après sa mort, survenue vers 300 après un épiscopat de 50 ans, il fut inhumé dans un cimetière chrétien dont Grégoire ne précise pas la localisation exacte. Martin transféra les cendres de Gatien aux côtés de celles de Lidoire, dans la basilique que ce dernier avait fondée, localisée dans le voisinage de l'église Notre-Dame la Riche.

On ne sait quasiment rien de Gatien de Tours, sinon qu'il aurait rencontré au début une vive opposition de la population locale et qu'il aurait été obligé de célébrer le culte dans des catacombes.

Il serait mort paisiblement, vers 300, après avoir été évêque pendant cinquante ans de Tours, au IIIe siècle et tout début du IVe siècle.

 

Développements et autres traditions

Gatien célébrait le plus souvent le culte chrétien dans la crypte de l'église Sainte-Radegonde de Tours ou dans une grotte de l'abbaye de Marmoutier, près de Tours.

Sepmes et Huismes auraient été respectivement les septième et huitième églises fondées par Gatien en Touraine.

On sait aujourd'hui que premières paroisses rurales ont été fondées par Martin dans le dernier quart du IVe siècle et que l'origine toponymique des deux lieux évoqués est toute autre : Huismes (Oximensis villa au Xe siècle), est la déformation du qualificatif d'une déesse (Uxisama = la très haute, la très belle) alors que Sepmes (Septimum au IXe siècle) vient de ce que le lieu se trouve à sept milles romaines de la frontière territoriale entre Turons et Pictons.

Une tradition, qui prend corps au début du XIVe siècle, fait de Gatien un disciple de Jésus, venu évangéliser la Touraine dès le Ier siècle.

On dit que saint Martin allait souvent prier sur son tombeau.

 

Doutes et interrogations

Certains auteurs remettent en cause l'existence même de Gatien.

Ils fondent leur raisonnement sur une analyse des écrits de Grégoire de Tours qui révèle des contradictions, le recours à des traditions orales et des interprétations erronées de textes anciens.

 

L'empreinte de Gatien en Touraine

 
La façade de la cathédrale Saint-Gatien


La cathédrale de Tours de Tours a été jusqu'au XIVe siècle dédiée à Saint Maurice.

À compter de cette période, et pendant plusieurs siècles, elles devient peu à peu la cathédrale Saint-Gatien, sans qu'un changement officiel de dédicace ait été notifié.

Selon Charles Lelong, cité par Frédéric Pleybert, la raison fondamentale de cette évolution réside dans une volonté des archevêques de Tours de retrouver une partie de leur prestige, fortement concurrencé par l'importance du culte martinien dans la basilique voisine.

Consacrer la cathédrale à saint Gatien revenait à la mettre sous la protection du fondateur du christianisme en Touraine, bien avant Martin.

L'emplacement de la basilique de Saint-Lidoire, dans laquelle Gatien aurait été inhumé, n'est pas connu avec certitude.

Il est proposé de la localiser près de l'église Notre-Dame la Riche, voire à son emplacement.

C'est au numéro 12 de la rue Georges-Courteline à Tours qu'a été construite la crypte Saint-Gatien ; elle sera surmontée en 2014 d'une nouvelle statue.

Saint Gatien, fêté le 18 décembre est le patron des cathédrales et de leurs bâtisseurs.


Saint Gatien, disciple des Apôtres, fut envoyé, dans les Gaules à Tours, dans le même temps que saint Trophime à Arles, saint Martial à Limoges, saint Saturnin à Toulouse, saint Denis à Paris, saint Paul à Narbonne, saint Austremoine en Auvergne, au Ier siècle, par le souverain Pontife.

À son arrivée, le pays de Touraine était plongé dans le paganisme et l’on ne voyait partout que les images des faux dieux.

Saint Gatien commença par montrer à ces païens l’absurdité de leur culte et l’impuissance de leurs idoles, puis il en vint à leur découvrir les mystères de la puissance et de la bonté de Dieu et révéla à leurs yeux étonnés l’incomparable figure du Sauveur et celle de Sa sainte Mère.

Les conquêtes furent nombreuses ; mais le démon ne laissa pas détruire son règne sans résistance ; les miracles de saint Gatien ne suffirent pas à lui faire pardonner ses succès, et plus d’une fois les païens endurcis jurèrent sa mort. Traqué comme une bête fauve, l’apôtre se cachait en des grottes profondes et y célébrait les saints mystères ; une de ses retraites est devenue plus tard la célèbre abbaye de Marmoutier.

Saint Gatien, songeant à l’avenir, forma une école où de jeunes clercs apprenaient, avec les leçons de la science, celles de la vertu ; il les préparait au Sacerdoce et en faisait ses auxiliaires ; il les envoyait même au loin porter les lumières de l’Évangile. Huit églises furent élevées, par les soins du courageux pontife, sur la terre de Touraine.

Les travaux apostoliques de saint Gatien ne l’empêchaient pas de se livrer à de grandes austérités ; il épuisait son corps par les jeûnes et par les veilles, et se préparait par le martyre quotidien et volontaire à la couronne de gloire.

Comme tous les vrais disciples du Christ, il aimait éperdument les pauvres, et sa charité se plaisait à soulager leurs misères.

Il fit bâtir, dans un faubourg de la ville, un hôpital pour les malheureux. 

C’est dans cet asile de la charité que le Sauveur réservait à son disciple une grâce extraordinaire.

Il y avait cinquante ans que saint Gatien arrosait de ses sueurs le pays qu’il avait gagné à Dieu.

Un jour, accablé de fatigue, il s’était retiré dans l’hôpital des pauvres et y prenait un peu de repos, quand Notre-Seigneur lui apparut et lui dit :

« Ne crains rien, ta couronne est prête, et les Saints attendent ton arrivée au Ciel. »

Et le Sauveur administra Lui-même à Son disciple la sainte Communion en viatique. Sept jours après, il rendait à Dieu son âme riche en œuvres et en mérites le 18 décembre.

C’était l’an 116, saint Sixte Ier étant pape et Trajan empereur.

L’Église de Tours a de tout temps voué un culte enthousiaste à son premier prédicateur. La magnifique cathédrale est sous son vocable.
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