Élisabeth Leseur († 1914)
Élisabeth Leseur, (1866 - 1914) était une mystique française, célèbre par la publication posthume de son journal. L'Église catholique a entamé une procédure pour sa béatification, au titre duquel elle est considérée comme servante de Dieu.
Biographie
Pauline
Élisabeth Arrighi est née le 16 octobre 1886 à Paris, fille aînée
d'Antoine Arrighi, membre du Conseil général de la Corse et de Gatienne
Picard.
Marié
à Felix Leseur le 31 juillet 1889, esprit rationaliste, athée et
anticlérical, président d'un journal radical, ami et proche de
nombreuses personnalités de la IIIe
République laïc. ils formèrent, malgré leur divergence spirituelle, un
couple uni et très amoureux l'un de l'autre, connu pour leur
intelligence et leur grande culture, recevant de nombreux hommes
politiques et artistes dans leur appartement. Tombant gravement malade
peu de temps après son mariage, Elisabeth décide alors de consacrer les
souffrances liées à sa maladie à la conversion des âmes qu'elle croise
dans le milieu anti-clérical qu'elle côtoie, et au premier d'entre elle,
celle de son mari.
Elle
meurt à Paris le 3 mai 1914. Découvrant alors ses écrits intimes, son
mari Felix, après avoir décidé de publier ses écrits, s'engage sur la
voie de la conversion, puis rentre dans l'ordre dominicain pour y
devenir le père Leseur.
Dès
la première publication de son journal par les soins de son mari Félix,
le succès fut immédiat, vint-six mille exemplaires en 1918, pour
atteindre cent-cinquante mille au cours de la décennie suivante et
dépasser aujourd’hui plusieurs centaines de mille, de plus d'une
trentaine de traduction.
Spiritualité
Élisabeth et Félix Leseur
Elisabeth a développé une mystique tournée autour de la souffrance et du don de soi.
« Je crois que le souffrance a été accordée par Dieu à l’homme dans une grande pensée d’amour et de miséricorde.
Je crois que Jésus-Christ a transformé, sanctifié, presque divinisé la souffrance.
Je
crois que la souffrance est pour l’âme la grande ouvrière de rédemption
et de sanctification. Je crois que la souffrance est féconde, autant et
parfois plus que nos paroles et nos œuvres, et que les heures de la
Passion du Christ ont été plus puissantes pour nous et plus grandes
devant le Père que les années même de sa prédication et son activité
terrestre. Je crois qu’il circule parmi les âmes, celles d’ici-bas,
celles qui expient, celles qui ont atteint la vraie vie, une vaste et
incessant courant fait de toutes ces âmes, et que nos plus infimes
douleurs, nos plus légers efforts peuvent atteindre par l’action divine
des âmes chères ou lointaines et leur apporter la lumière, la paix et la
sainteté. Je crois que dans l’Éternité nous retrouverons les bien-aimés
qui ont connu et aimé la Croix, et que leurs souffrances et les nôtres
se perdront dans l’infini de l’Amour divin et dans les joies de la
définitive réunion".
Je
crois que Dieu est amour et que la souffrance est, dans sa main, le
moyen que prend son amour pour nous transformer et nous sauver'' ».
Béatification et canonisation
- 1936 : ouverture de la cause en béatification et canonisation.
- 27 juin 1955 : approbation des écrits d'Elisabeth Leseur par la commission des théologiens de la Congrégation pour les causes des saints.
Œuvres
- Journal et Pensées de chaque jour, Paris, 1917.
- Lettres sur la souffrance, Paris, 1921.
- Lettres à des incroyants, Tours, 1923.
- La vie spirituelle - (suivi de) Une âme, Paris, 1919
Source :
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