Bienheureuse Françoise d'Amboise

Bienheureuse Françoise d'Amboise


Françoise d'Amboise


Françoise d'Amboise (née le 29 mai 1427 au château de Thouars - morte le 4 novembre 1485 à Nantes) est la fille du très riche seigneur Louis d'Amboise, prince de Talmont et vicomte de Thouars et de Louise-Marie de Rieux.

Elle fut duchesse de Bretagne de 1450 à 1457 par son mariage à Pierre II de Bretagne.

Elle fondera le premier carmel féminin de France à Vannes et sera béatifiée quelques années après sa mort.

 

Biographie

Origines familiales et enfance

Elle est la fille du riche seigneur Louis d'Amboise, prince de Talmont et vicomte de Thouars, et de Louise-Marie de Rieux.

Elle naît au château de Thouars.

Elle est l’aînée des trois enfants du couple (qui sont toutes des filles).

En pleine guerre de Cent Ans, sa mère s'enfuit avec elle pour échapper à la violence des grands seigneurs, et elles se réfugient à la cour de Bretagne, qui réside à Vannes.

Plus tard celle-ci est déplacée à Nantes.


Duchesse de Bretagne

Illustration.
 La duchesse Françoise


Dès l'âge de trois ans, elle est fiancée au second fils du duc de Bretagne nommé Pierre.

Le mariage a lieu en 1442, elle est alors âgée de quinze ans.

Les jeunes époux s'installent au château de Guingamp.

Après la mort inopinée de son frère en 1450, Pierre devient duc de Bretagne, au mois d’août 1450, sous le nom de Pierre II de Bretagne.

À cette date, Françoise est déjà très aimée et appréciée pour son entrain, sa gaieté et sa patience.

Après son couronnement, elle est rapidement nommée « la bonne duchesse ».

Devenue duchesse, Françoise d'Amboise prend une part discrète mais active au gouvernement de Bretagne.

Elle vient en aide aux petits, aux pauvres et aux malades.

Elle s'occupe aussi des questions de justice.

Son époux, le duc Pierre II, est emporté par la maladie en 1457.

 

Une veuve très recherchée

Veuve sans avoir eu d'enfant, sa famille songe à la remarier. Mais elle souhaite se faire religieuse.

Sa famille s’oppose à ce projet.

Le duc Arthur III, inflexible, estime qu'« une riche et jeune douairière n’entre pas en religion ».

Son père, Louis d'Amboise menace de la déshériter. Malgré ces pressions, Françoise d'Ambroise reste déterminée.

Étant donné qu'elle est le premier enfant de Louis d'Amboise qui n'a que trois filles, le roi Louis XI de France veut fortement la remarier avec l'un de ses familiers, afin d'annexer la vicomté de Thouars au royaume.

Le jeune Louis XI vient en Bretagne et essaie de la faire venir à Nantes d'où il espère bien la décider à le suivre à la Cour.

Le roi pense même à la faire enlever ! Grâce au dévouement de l’amiral Quelennec et soutenue par le peuple nantais (qui lui garde une grande affection), Françoise d'Ambroise parvient à échapper à ce complot.

 

L'entrée au Carmel

Quelques années avant la mort de son époux, la duchesse Françoise avait installé un couvent de Clarisses à Nantes.

Veuve, elle fait deux tentatives pour intégrer leur communauté, mais ce sont des échecs (sa santé trop fragile l'empêche d'intégrer la communauté).

Françoise rencontre alors Jean Soreth, prieur général des Carmes, qui est de passage en Bretagne pour visiter les couvents des frères Carmes.

Jean Soreth depuis une dizaine d'années, a créé trois couvents de femmes suivant la règle de vie du Carmel dans les Flandres, et souhaite créer de nouveaux couvents en France.

Séduite par son projet, Françoise fait alors construire une maison à Vannes, à proximité du couvent des frères Carmes (fondé en 1427), dans le quartier du Bondon : ce sera le premier carmel féminin français.

Le 2 novembre 1463, 9 religieuses arrivent de Liège pour prendre possession de ce couvent qui sera nommé les « Trois-Marie » (Marie, la mère de Jésus, Marie Salomé et Marie Jacobé).

Cinq ans plus tard, après avoir réglé des affaires difficiles et déjoué les projets de mariage, Françoise entre dans son petit monastère, le 25 mars 1468.

L'année suivante, elle fait sa profession religieuse.

Françoise est élue prieure de sa communauté de Vannes quelque temps avant son transfert aux « Couëts » (Nantes).

 

Le monastère des Couëts

En 1477, le duc François II, son neveu, l'appelle à Nantes pour redresser le monastère de bénédictines des Couëts (paroisse Saint-Pierre de Bouguenais), où la discipline serait un peu trop relâchée.

La communauté des carmélites quitte alors Vannes et s'installe aux Couëts, qui se transforme en un monastère de carmélites.

Le monastère des Couëts fonctionne durant 5 siècles, jusqu'à la Révolution française.

Dans son couvent, elle fait appel au dominicain Alain de la Roche, qui établit la dévotion du Rosaire.

L'histoire a retenu que Mère Françoise exerce sa charge de prieure avec douceur, fermeté, mais aussi humilité et dévouement.

Quand une sœur du couvent est atteinte de la peste, Mère Françoise insiste pour soigner personnellement la malade.

Elle contracte à son tour la maladie qui lui sera fatale.

Elle meurt le 4 novembre 1485, dans son monastère des Couëts, pendant qu'une religieuse fait la lecture de l'évangile de la Passion.

Ses dernières paroles sont : « Adieu mes filles, dit-elle, je vais expérimenter à présent ce que c'est que d'aimer Dieu ; je me rends à lui ! ».

En plus de ce premier monastère de carmélites, 3 autres couvents de carmélites seront établis en Bretagne suivant le modèle et les constitutions de ce premier couvent :
  • le couvent de Notre-Dame de Nazareth, établi à Vannes en 1530
  • le couvent du Saint-Sépulcre à Rennes en 1622
  • le couvent Bethléem à Ploërmel en 1627

 

Postérité

Béatification et vénération

Quelques années après sa mort, elle est proclamée bienheureuse par Innocent VIII.

En 1863, le page Pie IX, reconfirme la béatification de Françoise d'Ambroise.

Cet événement provoque une certaine ferveur dans le diocèse à l’égard de la Bienheureuse Françoise, et plusieurs calvaires de la Bonne Duchesse sont dressés par les fidèles Bretons.

Sa mémoire liturgique est célébrée le 4 novembre ou le 5 novembre.

Dans l'Ordre du Carmel, sa fête est célébrée le 5 novembre avec rang de mémoire facultative.

À travers les Carmélites de Vannes, elle est liée à trois autres monastères qui se maintiendront aussi jusqu'à la Révolution Française :
  • Nazareth, second couvent établi à Vannes en 1530
  • le Saint-Sépulcre établi à Rennes en 1622
  • Bethléem établi à Ploërmel en 1627.
Un grand reliquaire contenant ses reliques, exposées à la vénération des fidèles, se trouve dans une chapelle latérale de la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Nantes.

Un autel lui est également dédié dans la cathédrale même.



Reliquaire contenant son crâne dans la sacristie de la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Nantes


Autre vue du reliquaire


Chapelle dédiée à Françoise d'Ambroise, située dans la cathédrale de Nantes


Galerie


Gravure de Françoise d'Ambroise tirée de l'ouvrage "Vie des Saints" en langue bretonne par Yann-Vari Perrot (1912)


Voûtes peintes de l'église Sainte-Nonne de Dirinon par Jean Louis Nicolas(milieu XIXe siècle)


Tombeau de Pierre II de Bretagne et de Françoise d'Amboise


Sa statue dans la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Nantes


Sa statue dans l'église collégiale Notre-Dame-de-la-Tronchaye à Rochefort-en-Terre


Gravure issue de la BNF

Citations

Françoise d'Amboise a laissé quelques exhortations :
  • « Faites, sur toutes choses, que Dieu soit le mieux aimé ! »
  • « Que l’amie de Dieu se délaisse soi-même et suive le chemin de Jésus-Christ… Qu’elle persévère humble et attentive en sa prière et oraison. »
  • « La paisible qui est enfant de Dieu ne sera point abandonnée du Père. »
  • « Qu’elle soit simple et humble, qu’elle soit aussi pacifique, qu’elle soit en la charité de Dieu transformée… »
  • « Soit entre toutes, alliance de charité ! »
  • « Religion sans charité n’est que corps sans âme et fontaine sans eau ! »

 

Litanie de Françoise d'Amboise

Seigneur, ayez pitié de nous,
Jésus-Christ, ayez pitié de nous,
Seigneur, ayez pitié de nous,
Jésus-Christ, écoutez-nous.
Jésus-Christ, exaucez-nous,
Père céleste qui êtes Dieu, ayez pitié de nous
Fils, Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous
Esprit-Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous
Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous
Sainte Marie, Reine du Mont Carmel, priez pour nous
Bienheureuse Françoise d'Amboise, priez pour nous
Bienheureuse Françoise d'Amboise, très pieuse duchesse des Bretons, priez pour nous
Bienheureuse Françoise d'Amboise, qui avez foulé aux pieds les grandeurs du monde,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, Mère aimable,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, fournaise de Charité,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, Miroir de pureté,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, modèle de perfection,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, exemplaire des Vertus,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, lumière de votre Patrie,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, modèle d'Humilité,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, fleur du Carmel,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, Arche de Sainteté,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, Refuge des pauvres,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, Victorieuse des vices,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, Mère pleine de douceurs et d'un très facile accès,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, arbre fertile en Vertus,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, la joie des Anges,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, fille des prophètes du Mont-Carmel,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, nuée pleine de rosée,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, qui avez été pure dans la Foi et qui avez toujours eu une Charité ardente,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, qui avez châtié votre corps avec des disciplines et de rudes cilices,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, vous qui en quittant tout avez trouvé un parfait bonheur,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, vase plein de Grâces,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, miroir de miséricorde,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, consolatrice des pécheurs,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, sauvegarde des Bretons,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, Mère des veuves,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, protectrice des Vierges,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, qui avez donné la santé aux malades,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, qui consolez les affligés,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, qui secourez tous ceux qui vous invoquent,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, très fidèle épouse de Jésus-Christ,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, vous qui avez gardé votre monastère comme un chérubin garde le Paradis,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, mère très tendre et avocate de vos religieuses,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, qui avez été ornée du don de prophétie,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, qui avez eu le don de sagesse,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, qui avez éteint les incendies,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, qui avez adoré jour et nuit le Saint Sacrement de l'Eucharistie,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, qui avez courageusement résisté aux rois et aux princes,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, protectrice de Nantes,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, qui du monastère des Couëts êtes montée au Ciel,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, dont nous possédons les reliques,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, notre Mère,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, glorifiée par de nombreux miracles,
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous.
priez pour nous, Bienheureuse Françoise d'Amboise,
Afin que nous devenions dignes des promesses de Notre Seigneur Jésus Christ
Prions
Seigneur, plein de Miséricorde, éclairez les cœurs de Vos fidèles, et par les Saintes prières de la Bienheureuse Françoise d'Amboise, faites-nous mépriser les avantages du monde, et goûter toujours les consolations du Ciel. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Ainsi soit-il.

 

Hommages

  • Le lycée Françoise-d'Amboise à Nantes (établissement secondaire privé remontant à 1857)
  • L'école primaire bilingue Françoise d'Amboise (en breton : Skol Divyezhek Franseza Amboaz) à Vannes.
  • L'école Françoise d'Amboise à La Chapelle-Gaceline.
  • La rue Françoise d'Amboise à Vannes, ainsi nommée le 26 mai 1897 et une autre à Malansac.
  • Le Centre de Préformation Françoise d'Amboise des Apprentis d'Auteuil à Bouguenais.
  • Une statue du XVIe siècle dans l'église collégiale Notre-Dame-de-la-Tronchaye à Rochefort-en-Terre (Morbihan).
  • Une statue du XIXe siècle sur un retable de l'église paroissiale Saint-Georges à Pleubian (Côtes-d'Armor).
  • Un trois-mâts barque Françoise d'Amboise lancé le 18 mai 1901 aux chantiers Dubigeon de Chantenay pour la Société Bretonne de Navigation dont le siège était situé 2 rue Contrescarpe à Nantes.
Source :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7oise_d%27Amboise









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