Bienheureux Nicolas Gross († 1945)

Bienheureux Nicolas Gross († 1945)
martyr victime du nazisme



Nikolaus (Nicolas) Gross naît le 30 septembre 1898 à Niederwenigern, petit village de la grande banlieue d'Essen, dans la Ruhr.

Il est d'abord ouvrier dans un laminoir, puis mineur.

Il travaille cinq ans sous terre, mais il s'efforce de poursuivre en même temps son instruction.

En 1917, il adhère à un syndicat: l'"Union des mineurs chrétiens" et en 1918 au parti centriste (Parti politique catholique).

En 1919 il entre dans l'"Association des mineurs de saint Antoine" (KAB), mouvement important qui permet aux catholiques de faire entendre leur voix.

A 22 ans il en devient le secrétaire pour la section jeunes, ainsi que rédacteur-adjoint du journal de ce syndicat: Bergknappe (Le mineur).
Entre-temps il se marie avec Elizabeth Koch, mariage très heureux, dont il aura 7 enfants.
Il aime passionnément sa famille, mais cela ne le distrait pas des grands problèmes sociaux. En 1917, il est rédacteur-adjoint du journal des travailleurs de l'Ouest de l'Allemagne : Westdeutsche Arbeiterzeintung, organe du KAB. En 1930 il en devient le rédacteur en chef.
Il peut ainsi guider les catholiques sur les questions sociales.
Il prend conscience que les problèmes sociaux ne peuvent être résolus sans un effort spirituel et que la politique exige un contrôle moral.
Bien qu'il n'ait pas un grand talent d'orateur à cause de son peu d'études, il parle avec une grande chaleur de cœur et une grande force de conviction.
Dès 1929, lorsqu'il se rend à la Maison Ketteler, à Cologne, il a une claire opinion sur le Nazisme montant.
Il part de l'idée principale de Mgr Ketteler (1811-1877), évêque 'social', qui affirme : "Une réforme des conditions de vie ne peut se réaliser pleinement que dans une réforme des attitudes".
Ainsi voit-il dans le succès du nazisme un signe que la société manque de discernement et fait preuve d' "immaturité politique".
La pensée qui le guide est que l'"on doit obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes" et même, que la désobéissance est un devoir lorsqu'on nous demande quelque chose contre Dieu ou la foi.
Dès le début il voit dans les nazis "les ennemis mortels de l'état actuel" et c'est pourquoi, dit-il, "en tant que travailleurs chrétiens nous rejetons le nazisme définitivement, résolument et clairement"(1930).
Aussi, dès la prise de pouvoir par Hitler en 1933, son journal est déclaré "hostile à l'Etat".
Désormais, il doit s'ingénier à écrire entre les lignes. Finalement le journal est supprimé en 1938.
Pendant les années de guerre, Nicolas Gross continue son action dans un réseau de résistance et souvent il se fait agent de liaison entre les réseaux.
Il soutient les valeurs de l'Évangile et la force critique de la foi parmi les travailleurs.
Le journal étant disparu, il écrit une série de petits pamphlets.
En 1940, la Gestapo saisit deux d'entre eux et dès lors, ce sont des perquisitions policières constantes à domicile.
Il est au courant de l'attentat préparé par Stauffenberg contre Hitler. Il a assisté à l'une des réunions mais il n'a pas pris part ni à sa préparation, ni à son exécution.
La veille de l'attentat du 20 juillet 1944, l'aumônier des travailleurs lui dit : "Mr Gross, rappelez-vous que vous avez 7 enfants. Moi je n'ai pas de famille. Votre vie est en jeu."
A quoi il répond : "Si nous ne risquons pas notre vie aujourd'hui, comment voulons-nous nous justifier un jour devant Dieu et notre peuple?"
A la suite de cet attentat, il y a une vague de 7'000 arrestations dont 5'000 exécutions.
Nicolas Gross est arrêté le 12 août et emprisonné à Ravensbrück, puis à Berlin-Tegel où sa femme, qui vient le voir deux fois, remarque des traces de torture sur ses bras.
Le 15 janvier 1945, il est condamné à mort.
Le juge déclare : "Il n'a pas arrêté de nager dans la trahison et conséquemment il doit y plonger."
Le jour de l'exécution, le 23 janvier, l'aumônier qui lui donne une bénédiction finale témoigne : "Gross inclina la tête silencieusement pendant la bénédiction. Son visage semblait déjà illuminé par la gloire dans laquelle il allait bientôt entrer,"
Il est pendu à Berlin-Plotzensee et les Nazis qui ne veulent pas de martyrs brûlent son corps, et se cendres sont dispersées dans la nature.
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