Saint Valéry († 619)

Saint Valéry († 619)
 Ermite à Leuconay


Saint Valéry. Ermite à Leuconay († 619)


Saint Valery ou Walaricus (~550 - 622), abbé de Leuconay et mort à Leuconay (ancien nom de Saint-Valery-sur-Somme) est un religieux franc, fondateur de l'abbaye de Saint-Valery-sur-Somme.

C'est un saint reconnu par l'Église catholique.

 

Biographie

Valery montre dès la prime enfance des dispositions très pieuses.

Il veut lire les prières et autres textes saints ; occupé à garder les troupeaux de son père et sans accès à l'éducation, il obtient l'aide du précepteur d'une famille aisée locale, pour apprendre à lire.

Un oncle maternel est au monastère d'Antoin, peu éloigné.

Par sa persévérance Valery circonvient l'opposition de son père et parvient à se faire accepter à ce monastère.

Plus tard, n'en trouvant pas la discipline assez stricte, il gagne Auxerre pour se placer sous la protection de l’évêque saint Aunaire et appartenir au monastère Saint-Germain qui jouit d’une réputation de plus grande austérité.

Sa réputation personnelle de sainteté commence à grandir, ce dont il s'inquiète.

Il décide alors de quitter Auxerre pour devenir moine de Luxeuil et disciple de saint Colomban.

Il rejoint Luxeuil accompagné de l'un de ses disciples qu'il a converti à la vie monastique et qui entre lui aussi comme novice à Luxeuil.

Mais Colomban ne tarde pas à repérer les qualités de Valery et le met en avant.

Quelques années plus tard Colomban est en butte au harrassement de la reine Brunehaut et du roi Thierry, et doit s'exiler - il va en Italie.

Durant son absence, Valery assure la responsabilité du monastère et surtout sa défense contre les tentatives de main-mise pendant l'absence de Colomban.

Clotaire II, sa conquête achevée, délègue saint Eustace auprès de Colomban pour prier ce dernier de revenir à Luxeuil.

Waldolen, membre de la délégation, demande à Colomban permission de partir évangéliser la Neustrie en compagnie de Valery.

Les deux moines partent en Neustrie, où ils retrouvent Clotaire II qui leur donne la terre de Leucone (maintenant Saint-Valery-sur-Somme), sur la baie de Somme en Picardie.

L'évêque d'Amiens les autorise à y fonder une chapelle commune, où ils accueillent plusieurs disciples.

Le monastère devient de plus en plus célèbre. Un bourg puis une ville, Saint-Valery-sur-Somme, s’établissent à proximité.

 

Postérité


 Image illustrative de l'article Valery de Leuconay
Apparition de Saint Valery à Hugues Capet,
miniature des Grandes Chroniques de France, ms. conservé à la Bibliothèque nationale de France


Au début du XIe siècle, deux auteurs originaires des monastères de Saint-Valery et de Saint-Riquier, dans le Nord, affirmèrent que saint Valery apparut à Hugues Capet pour lui promettre que ses successeurs régneraient sur le royaume des Francs « jusqu’à la septième génération ».

La prophétie de saint Valery permit à certains auteurs comme Gilles de Paris ou André de Marchiennes de proclamer le retour des Carolingiens sur le trône des Francs avec Louis VIII.

L’église Saint-Valery de Varengeville-sur-Mer



Guillaume le Conquérant, qui avait une grande vénération pour saint Valery, fit prélever une partie de ses reliques et les emporta dans différentes églises d’Angleterre.

Il en déposa aussi en Normandie, dans ce lieu qui prit plus tard le nom de Saint-Valery-en-Caux.

On peut voir aussi un gisant dans l’église Saint Valery de Varengeville-sur-Mer.

Mais la plupart des reliques ont été portées à Novalaise (Italie) au cours du IXe siècle, et après à Turin.

Valery est fêté le 12 décembre et le 1er avril.



Saint Valéry était un enfant de l'Auvergne.

Son père l'appliqua tout jeune à la garde des troupeaux, et c'est en s'acquittant de cet emploi qu'il apprit à lire par lui-même.

Sa première lecture fut le Psautier.

Il aimait à méditer de longues heures en gardant ses troupeaux, et il était ravi toutes les fois qu'il entendait les chants sacrés dans les églises.

Jamais on ne le vit entendre sans protestation des paroles inconvenantes, que sa délicatesse de conscience ne pouvait souffrir.

Un jour, plein du désir de sa perfection, il s'enfuit, sans la permission de son père, dans un couvent où un de ses oncles était religieux.

Son père irrité vint le chercher; mais ni les caresses, ni les menaces paternelles, ni l'intervention des moines, ne purent le faire sortir, et peu de temps après, son père lui-même, assistant à sa prise d'habit, versait des larmes de joie.

Valéry, après avoir édifié longtemps le monastère par sa sainteté, se sentit inspiré d'aller se mettre, à Luxeuil, sous la direction du célèbre saint Colomban.

Le Saint lui donna une partie du jardin à cultiver; Valéry y mit tant de zèle et d'application, qu'en très peu de jours tous les insectes qui le dévastaient disparurent, ce que le maître attribua à l'obéissance de son disciple bien plus qu'à son travail.

Un jour, Valéry se sentit enflammé du désir de la conquête des âmes; il obtint du roi Clotaire II la solitude de Leuconay, à l'embouchure de la Somme, et y bâtit un monastère où sa vertu attira bientôt une multitude de disciples.

Parmi les miracles nombreux par lesquels le Ciel confirma sa réputation de vertu, on raconte la résurrection d'un supplicié.

Il délivra un grand nombre de possédés.

A sa seule vue, les démons s'écriaient : "Voilà notre ennemi qui vient nous tourmenter !"

Un jour, saisi d'indignation à la vue d'un arbre auquel les païens de la contrée rendaient un culte insensé, il dit à l'enfant qui l'accompagnait : "Va, et au nom de Dieu arrache cet arbre maudit !"

L'enfant obéit, l'arbre tombe avec fracas, et les païens ne tardent pas à se convertir.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.
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