Sainte Olga de Kiev († 969)

Sainte Olga de Kiev († 969)
Princesse de Kiev, mère de Sviatoslav


Sainte Olga. Princesse de Kiev, mère de Sviatoslav († 969)


Olga de Kiev (° 890 - † 969), ou sainte Olga, épouse du grand-duc Igor Ier de Kiev (912 - 945), est régente de la principauté de Kiev et mère de Sviatoslav Ier, dit « Sviatoslav le Conquérant » (° 942 ? - † 972) (prince de Kiev de jure en 945, de facto en 964).

 

Biographie

Son époux ayant été assassiné par des membres de la tribu des Drevlianes lors d'une collecte d'impôts, c'est en le vengeant qu'elle inaugure sa régence.
Baptisée par saint Polyeucte de Constantinople lors d'un voyage à Constantinople, soit en 946, soit en 957, elle a été la première sainte femme de son pays, fêtée le 11 juillet (24 juillet selon le calendrier grégorien).
Une fois majeur, Sviatoslav, resté païen, laisse sa mère continuer à gouverner tandis qu'il se lance dans d'ambitieuses conquêtes, principalement au détriment des Khazars et des Bulgares de la Volga.
Elle doit le rappeler à Kiev en 968 pour libérer la capitale assiégée par les Petchenègues.
Sviatoslav ne repart en campagne qu'après le décès de sa mère, l'année suivante.
Elle meurt en 969 et est enterrée selon les rites chrétiens à l'église de la Dîme.
Elle est canonisée rapidement et son culte se répand tout aussi rapidement, chez les Bulgares comme chez les Serbes, mais aussi, déjà au XIIe, en Bohème. 
Sainte Olga est connue pour être la première souveraine slave chrétienne comme l'avait été Ludmila de Bohême en Bohême.
Elle est la grand-mère de saint Vladimir de Kiev, premier grand-prince chrétien et évangélisateur de la Russie.

Olga dans les Chroniques

Les principales sources sont les chroniques russes ; celles-ci nous donnent les détails suivants :
947 : Olga s'occupe de l'administration de la principauté et de la collecte d'impôt ;
947-955 : pas d'information ;
955 : Au cours d'une visite d'Olga à Byzance, Constantin VII Porphyrogénète3 demande à l'épouser. Celle-ci souligne qu'un empereur doit épouser une souveraine chrétienne et demande alors le baptême. Elle prend l'empereur pour parrain et reçoit alors son nom chrétien d'Hélène en l'honneur de la mère de Constantin Ier. Lorsque l'empereur renouvelle sa demande, elle argue de sa parenté (spirituelle) pour refuser le mariage. L'empereur accepte gracieusement sa défaite et laisse repartir Olga avec des présents et la bénédiction du patriarche. Une fois revenue, aux demandes de Constantin de respecter leur promesse d'un échange d'esclaves, de cire et de fourrure et d'assistance militaire, elle répond qu'il faudra que l'empereur vienne lui-même à Kiev et attende autant de temps qu'elle avait dû attendre dans le port de Constantinople.
955 : Olga essaie de persuader son fils Sviatoslav de se convertir, mais celui-ci refuse, par crainte de paraître ridicule devant sa droujina.
956-963 : pas d'information ;
964 : campagnes de Sviatoslav.


Olga et son escorte

Le De ceremoniis aulae byzantinae de Constantin VII Porphyrogénète mentionne la visite d'Olga comme un exemple de l'accueil qui doit être fait pour les souverains étrangers8. Les byzantinologues ont placé cette visite en 957.
Adalbert de Magdebourg, dans sa continuation de la chronique de Réginon de Prüm, écrit : « Hélène, la reine de la Rus' [rugorum], fut baptisée à Constantinople sous l'empereur Romain ». Romain II (959-963) était associé à son père Constantin VII dans l'exercice du pouvoir, d'où la confusion chez le chroniqueur.
En 959, la reine demande au roi Otton Ier de lui envoyer des missionnaires catholiques :
« Le plus fameux apôtre des Slaves fut saint Adalbert, premier archevêque de Magdebourg, qui prêcha aussi aux Russes. Olga, reine de cette nation, étant allée à Constantinople du temps de l'empereur ConstantinPorphyrogénète, y reçut le baptême et le nom d'Hélène. Elle envoya des ambassadeurs, en 959, au roi Otton pour lui demander des évêques et des prêtres ce qu'il accorda avec plaisir ; il choisit pour leur évêque Libutius, moine de Saint-Alban de Mayence, qui, l'année suivante 960, fut sacré par Adaldague, archevêque de Brème, pour être évêque des Rugiens ou Russiens ; car on leur donne l'un et l'autre nom. Le voyage de Libutius fut retardé jusqu'à l'année suivante, et il mourut, sans être parti, le 15 février 961. On choisit à sa place Adalbert, moine de Saint-Maximin de Trèves ; car ce monastère ayant été rétabli sous le roi Henri l'Oiseleur, fut pendant longtemps une école célèbre pour les lettres et pour la piété, et il en sortit en ce siècle plusieurs grands évêques. Adalbert en fut tiré par le conseil de Guillaume, archevêque de Trèves, qui voulait l'éloigner, étant peut-être jaloux de son mérite. Le roi Otton lui donna libéralement tout ce qui était nécessaire pour son voyage ; il fut ordonné évêque des Rugiens et partit pour exécuter sa mission. Mais voyant qu'elle était sans fruit et qu'il se fatiguait inutilement, il revint dès l'an 962. Il y eut de ses gens tués au retour, il échappa lui-même à grand peine ; et il parut ainsi que les Russes n'avaient pas demandé sincèrement une mission. »
L'appel à des missionnaires germains n'est pas improbable, car le grand schisme n'avait pas encore eu lieu et les Allemands lançaient des missions vers l'Est depuis 932 ; l'idée que Constantin VII aurait lui-même conseillé à Olga de faire appel à des missionnaires allemands ne tient par contre pas assez compte de la rivalité des deux sphères. Pour ce qui est de l'échec de la mission, cela indique peut-être un choix d'Olga pour l'Église d'Orient contre l'Église d'Occident comme l'avait fait Boris de Bulgarie, mais, plus probablement, la mission étant lente à partir (959-961/962), on peut imaginer que Sviatoslav, resté païen, ait pris en main le pouvoir et expulsé l'ambassade ecclésiastique.
Dans l'eulogie de Vladimir Ier et d'Olga par le moine Iakov (XIIIe siècle, avec des sources antérieures), Olga aurait été baptisée à Constantinople et vécu ensuite quinze ans. La date de son baptême serait donc bien 954-955
Jean Skylitzès, xie siècle, confirme qu'Olga a été baptisée à Constantinople
L'archevêque de Novgorod Antoine parle d'un plateau offert par Olga au patriarche au moment de son baptême et offert en vénération pendant tout le Moyen Âge : « (À Sainte-Sophie, il y a aussi) un large plateau liturgique en or d'Olga de Rus', lorsqu'elle reçut un tribut dans son voyage à Constantinople. (…) Sur le plateau d'Olga se trouve une pierre précieuse sur laquelle est peinte le Christ (…). Le dessus du plateau est décoré avec des perles. Cela se trouve à Sainte-Sophie dans le petit sanctuaire »
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