Sainte Pulchérie († 453)

Sainte Pulchérie († 453)
Impératrice de Byzance


Sainte Pulchérie. Impératrice de Byzance († 453)


Pulchérie (sainte) (Aelia Puchéria), née à Constantinople le 19 janvier 399, morte le 11 novembre 453.
Impératrice d'Orient, Pulchérie est la fille d'Arcadius et d'Eudoxie et la sœur de Théodose II.
Elle a deux ans de plus que son frère, et en 414 est nommée Augusta et tutrice de Théodose II pour remplacer le patrice et préfet du prétoire Anthémius qui gouvernait depuis la mort d'Arcadius (408).
D'un caractère profondément dévot, Pulchérie fait régner à la cour une ferveur quasi-monacale et profitant du caractère faible de son frère assume l'essentiel du pouvoir.
Proche de l'orthodoxie et hostile au monophysisme elle fait condamner Nestorius.
En 421 elle arrange le mariage de Théodose avec la fille d'un rhéteur d'Athènes, prénommée elle aussi Eudoxie.
Son influence décline alors rapidement jusqu'en 433 lorsque l'exil d'Eudoxie, sur des accusations mensongères d'adultère, lui permet de reprendre toute sa place à la cour même si son frère est en fait sous l'influence des eunuques impériaux en particulier de Chrysaphius.
À la mort accidentelle de Théodose, d'une chute de cheval, Pulchérie monte sur le trône sans rencontrer d'opposition et épouse, afin d'avoir un appui militaire, un vieil officier thrace appelé Marcien qui règne avec elle. Pulchérie meurt le 11 novembre 453.
Elle est, avec son mari, reconnue comme sainte par l'Église orthodoxe et l'Église catholique.

Elle est fêtée le 10 septembre.

 

Œuvres inspirées par la vie de Pulchérie

En 1672Corneille écrivit Pulchérie , comédie-héroïque s'inspirant de la fin de la vie de l'impératrice et de son mariage avec Marcien.
Sainte Pulchérie offre à notre admiration un illustre modèle de toutes les vertus, au milieu de l'éclat des grandeurs, et dans les plus cruelles épreuves de l'adversité.
Elle eut pour aïeul, Théodose-le-Grand ; pour père, l'Empereur Arcade, et pour mère, Eudoxie.
Elle vint au monde en 399.
Flaccile, sa sœur aînée, mourut en bas âge.
Ses deux autres sœurs, Arcadie et Marine, étaient plus jeunes qu'elle.
Arcade, prince faible, qui fut toujours gouverné par sa femme et par ses eunuques, mourut le 1er Mai 408, après un règne de trente ans et de quelques mois.
Il laissait un fils, âgé de huit ans, auquel il désigna pour tuteur, Anthume, l'un des hommes les plus sages de l’empire, et qui avait été constamment attaché à saint Aphraate et à saint Chrysostôme.
Pulchérie, qui était presque aussi jeune que son frère, montrait déjà un grand fonds de sagesse et de piété.
Enfin, le 14 Juillet 414, elle fut déclarée Auguste, pour partager la dignité impériale avec son frère ; et elle se chargea elle-même du soin de son éducation, quoiqu'elle n'eut que deux ans de plus que lui.
Les heureuses dispositions qu'elle avait reçues de la nature, suppléèrent en elle au défaut d'expérience.
Elle mit auprès de son frère les maîtres les plus habiles et les plus vertueux, et s'appliqua surtout à lui inspirer de grands sentiments de piété, dans la persuasion où elle était que les plus belles qualités sont inutiles, et souvent dangereuses, sans la religion.
Elle lui apprenait à prier avec ferveur, à aimer tout ce qui avait rapport au culte divin, et à défendre avez zèle la doctrine de l'Eglise catholique.
En un mot, on peut dire que le jeune prince fut redevable à sa sœur de tout ce qu'il y avait de bien en lui : et que ce fut sa faute, ou celle de son caractère, s'il ne parut point orné d'un plus grand nombre de belles qualités.
Pulchérie prit également soin de l'éducation des deux sœurs qui lui restaient, et elle eut la consolation de les voir constamment suivre le parti de la vertu.
Ce ne fut que le désir de la perfection qui la détermina à faire vœu de virginité.
Ses sœurs l'imitèrent, et eurent part à toutes ses bonnes œuvres.
Elles mangeaient toutes trois ensemble et faisaient conjointement leurs exercices de piété.
Elles employaient ce qui leur restait de temps à des études sérieuses et utiles, ou à des ouvrages propres à leur sexe.
Pulchérie ne les quittait que quand les affaires de l'étal l'y obligeaient, et elle trouvait le moyen de se faire partout une solitude dans son cœur.
Elle pratiquait des mortifications et des austérités inconnues dans les cours des princes.
L'entrée de son appartement et de celui de ses sœurs était interdite aux personnes d'un sexe différent, tant la pieuse princesse craignait jusqu'à l'ombre même du danger.
Elle ne voyait les hommes, et ne leur parlait qu'en public.
Le palais impérial, sous sa conduite, offrait la régularité d'un cloître.
Semblable à Moïse, elle consultait Dieu dans toutes les affaires qui survenaient, et ne se décidait d'ailleurs qu'après avoir pris l'avis des personnes sages et vertueuses qui composaient son conseil.
Ses résolutions étaient toujours le résultat des délibérations les plus mûres; elle donnait des ordres en conséquence, et les faisait exécuter avec promptitude, observant de n'agir qu'au nom de son frère, afin qu'il eût l'honneur de toutes les entreprises qui ne manquaient point de tourner à la gloire de l'empire.
On admirait en elle une connaissance peu commune de la langue grecque et de la latine elle savait parfaitement l’histoire, et était versée dans les différentes parties de la littérature.
Elle se déclara la protectrice des sciences et des arts, comme l'ont toujours fait les princes qui avaient l'âme grande, et qui avaient une juste idée de l'excellence de l'esprit humain.
Loin de faire servir la religion à la politique, elle rapportait à la prière toutes ses vues et tous ses projets ; aussi ne manquait-il rien au bonheur de l'État.
Elle savait prévenir toutes les révoltes que les diverses passions auraient pu exciter ; elle entretenait la paix avec les puissances voisines, et travaillait à étendre la connaissance du vrai Dieu, dans les endroits de l'État où il n'était point encore adoré.
Enfin la vertu ne brilla jamais en Orient d'un plus vif éclat, les peuples ne furent jamais plus heureux, et le nom romain ne fut jamais plus respecté, même des barbares, que quand Pulchérie tint les rênes du gouvernement.
Théodose son frère ayant atteint sa vingtième année, elle pensa à lui trouver une épouse digne de lui, et jeta les yeux sur Athénaïs.
C'était la fille d'un philosophe athénien, et elle avait reçu une excellente éducation.
Etant venu à la cour pour y faire casser le testament de son père qui l'avait déshéritée, elle y fut universellement admirée pour sa beauté, son esprit et ses autres belles qualités.
Enfin cette admiration alla si loin, qu'on la jugea digne de devenir l'épouse de l'Empereur.
Comme elle avait été élevée dans le paganisme, elle reçut d'abord le baptême, et quitta son nom pour prendre celui d'Eudocie.
La cérémonie de son mariage se fit le 7 Juin 42 L.
Deux ans après, Théodose la déclara Auguste.
Il n'y avait eu jusque-là aucun changement dans l'administration des affaires ; Pulchérie en était toujours le principal mobile.
Mais le pouvoir de cette princesse donna bientôt de l'ombrage à Eudocie ; celle-ci conçut de violents mouvements de jalousie contre sa belle-sœur, et elle y fut entretenue par les intrigues de l'eunuque Chrysaphius, qui était le favori de l'Empereur.
Après la condamnation de Nestorius dans le concile qui se tint à Ephèse en 431, Eudocie et Chrysaphius firent jouer mille ressorts pour perdre Pulchérie.
L'Empereur, naturellement faible et indolent, n'entra pas d'abord dans leurs vues, mais il se laissa gagner à la fin et ordonna à saint Flavien, évêque de Constantinople, de faire Pulchérie diaconesse de son église.
Le saint évêque apporta les plus solides raisons pour se dispenser d'obéir on refusa de les écouter.
Voyant donc le prince fortement attaché à sa première résolution, il se retira, et promit de revenir à la cour dans un temps marqué.
Mais il fit avertir secrètement Pulchérie de ce que ses ennemis tramaient contre elle ; cette princesse se retira à la campagne, dans le dessein d'y passer le reste de ses jours dans le silence et l'obscurité.
Sa retraite, qui arriva en 447, fut une source de malheurs pour l'Etat et pour l'Eglise.
Eudocie et Chrysaphius, pour satisfaire leur ressentiment, devinrent les persécuteurs de saint Flavien ; ils se déclarèrent en faveur d’Eutychès, dont les erreurs avaient été condamnées ; ils prirent le parti de Dioscore et des autres eutychiens, et les protégèrent dans tous les actes de violence et de fureur qu'ils commirent en 449, au brigandage d'Ephèse.
A leur instigation, Théodose publia un édit, par lequel il approuvait tout ce qui avait été fait par les hérétiques.
Pulchérie remerciait Dieu de la tranquillité dont elle jouissait dans sa retraite, et ne s'y occupait que des exercices de la religion.
On ne l'entendait se plaindre, ni de l'ingratitude de son frère, ni des violences de l'Impératrice, qui lui était redevable de son élévation, ni de l'injustice des ministres.
Elle voulait oublier le monde et en être oubliée, s'estimant heureuse de pouvoir librement converser avec Dieu et méditer sa loi.
Si quelque chose la troublait, c'était la pensée des dangers qui menaçaient l'Eglise et l'Etat ; elle se sentait encore touchée de compassion pour son frère qui, par un excès de crédulité, se prêtait aux vues des méchants.
Cependant le mal allait toujours en croissant, et il fut bientôt à son comble.
Pulchérie en était pénétrée de douleur et le Pape saint Léon la pressait par ses lettres de travailler à y apporter un prompt remède.
Enfin elle résolut de sortir de sa retraite, et de faire un dernier effort pour sauver l'Etat et l'Eglise.
Elle se rendit à la cour, et demanda une audience à l'Empereur.
L'ayant obtenue, elle lui parla avec tant de force, qu'il ouvrit les yeux sur-le-champ.
Aussi indigné qu'effrayé à la vue du précipice dans lequel on l'avait jeté, il disgracia Chrysaphius, et le relégua dans une île, où il fut mis à mort en punition de ses crimes.
Théodose étant mort le 29 Juillet 450, Eudocie se retira dans la Palestine où elle finit ses jours.
Pulchérie devint, par la mort de son frère, maîtresse de l'empire d'Orient.
Pour affermir son autorité, elle crut devoir la partager avec Marcien, né en Illyrie.
C'était un homme très-versé dans le métier de la guerre, et qui joignait à une connaissance profonde des affaires, un zèle ardent pour la foi catholique, une rare vertu, et un amour extraordinaire pour les pauvres.
Il était veuf, et avait eu de son premier mariage une fille nommée Euphémie, laquelle épousa Anthème, qui fut depuis Empereur d'Occident.
Pulchérie, en lui offrant sa main, lui déclara le vœu qu'elle avait fait de vivre dans la virginité, et il fut convenu entre eux que le mariage n'y donnerait aucune atteinte.
Ces deux grandes âmes concourant au même but, ne s'occupaient que des moyens de rendre leurs sujets heureux, et de faire fleurir la religion et la piété.
Saint Léon ayant envoyé quatre légats à Constantinople, l'Empereur et l'Impératrice les reçurent avec autant de joie que d'affection.
Leur zèle pour l'orthodoxie leur mérita de grands éloges de la part du saint Pape, et de celle du concile général de Calcédoine, qui condamna l'eutychianisme en 451.
Ils employèrent toute leur autorité pour faire exécuter les décrets de ce concile dans tout l'Orient ; mais ils éprouvèrent de grandes difficultés en Egypte et en Palestine, à cause de l'opiniâtreté des eutychiens qui étaient dans ces contrées.
Pulchérie écrivit deux lettres, adressées l'une à des moines, et l'autre à une abbesse de Palestine, pour dissiper les fausses idées qu'on leur avait données des Pères de Calcédoine ; elle y prouvait que le concile, loin de faire revivre le nestorianisme, le condamnait avec l'eutychianisme qui y était opposé.
Cette pieuse princesse fit un grand nombre d'établisse- mens utiles, et fonda plusieurs hôpitaux auxquels elle assigna des fonds considérables.
Entre autres églises qu'elle bâtit, on en distingue trois qui furent dédiées sous l'invocation de la Mère de Dieu : celle de Blaquerna, celle de Chalcopratum et celle de Hodegus.
Elle plaça dans la dernière la célèbre image de la Sainte-Vierge, que l'Impératrice Eudocie lui avait envoyée de Jérusalem, et qu'on regardait comme l'ouvrage de saint Luc.
Les affaires de l'Etat ne l'empêchaient point de conserver .la ferveur, tous les moments qu'elle pouvait dérober aux fonctions du gouvernement, elle les employait à prier, à lire, à visiter et à servir les pauvres de ses propres mains.
Elle fut, au rapport de Sozomène, favorisée de plusieurs grâces extraordinaires ; et ce fut en conséquence d'une vision, qu'elle fit faire une translation solennelle des reliques des quarante martyrs, que l'on renferma dans une châsse magnifique.
Le même historien , qui fut témoin oculaire de la cérémonie , ajoute que le peuple y assista avec la plus grande dévotion , et qu'il s'empressait de faire toucher aux saintes reliques, des linges et d'autres choses semblables.
Pulchérie ayant été pendant sa vie la protectrice de l'Eglise et la mère des pauvres, donna par son testament à l'une et aux autres, tous les biens dont elle pouvait librement disposer.
Enfin, si l'on considère ses actions et ses vertus, on conviendra qu'il n'y a nulle exagération dans les louanges qu'elle reçut de saint Procle, de saint Léon et des Pères du concile de Calcédoine.
Elle mourut le 10 Septembre 453, dans la soixante-neuvième année de son âge.
Marcien exécuta ponctuellement le testament de son auguste épouse. Il continua les bonnes œuvres qu'elle avait commencées, et se montra le fidèle imitateur de toutes ses vertus.
Il lui fut réuni dans le ciel, le 26 Janvier 457, dans la soixante-cinquième année de son âge, et la septième de son règne.
Les services qu'il rendit à la religion feront bénir sa mémoire dans tous les siècles.
Les Grecs et les Latins honorent sainte Pulchérie avec le titre de vierge.
Le Pape Benoit XIV avait une vénération singulière pour cette Sainte.







 

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