Saint Véran, évêque de Cavaillon

Saint Véran
 évêque de Cavaillon

Saint Véran, évêque de Cavaillon


Utelle fut évangélisée dans les temps apostoliques, et au VIème siècle, lorsque St-Véran, évêque de Cavaillon, et patron de l’église, passa dans la région pour évangéliser la Ligurie, il y trouva déjà une chrétienté.   Il y aurait construit la première église. 

Du IX au XIème siècle, un beau monument fut construit de style roman avec une certaine tendance au mauresque, cette église fut en partie détruite dans un tremblement de terre en 1452. C’est le prieur Claudi de Grimaldi qui présida à la reconstitution de l’édifice actuel.


Vie de SAINT-VERAN de Cavaillon

Véran fut évêque de Cavaillon vers la fin du VIème siècle et son souvenir comme pasteur fidèle à tous les devoirs de sa charge, gardien de la doctrine et ministre de la charité, ne s’est jamais effacé. Aussi à-t-il été choisi comme patron de la ville et du diocèse (uni depuis 1801 à celui d’Avignon). Il était connu de Saint-Grégoire de Tours qui l’a visité et à écrit de lui : "Ce pontife était pourvu de grandes vertus en sorte que, souvent, avec la grâce de Dieu, il guérissait les malades par un signe de croix". On lui attribue la construction de la cathédrale antérieure à celle du XIIème siècle, dont l’autel tabulaire fut retrouvé en 1860. Il siegea au concile de Macon de 585. La même année, il fut appelé par le roi franc Gontran pour enquêter sur l’assassinat de l’archevêque de Rouen Prétextât par la reine Frédégonde. En 587, le roi Childebert II d’Austrasie lui demanda de tenir son fils Thierry sur les fonts baptismaux. En 589, il fit partie d’une commission d’évêques chargée de rétablir l’ordre parmi les moniales de l’abbaye Saint-Croix de Poitiers. Selon une tradition immémoriale, il fut inhumé dans l’église de Fontaine de Vaucluse qui lui est dédiée (comme l’atteste déjà un document de 979 et qui conserve encore le sarcophage mérovingien qui parait être son tombeau. Ses reliques, dont une partie avait été emportée à Jargeau près d’Orléans au début du XIème siècle, ont été transférées (par mesure de sécurité) dans la cathédrale de Cavaillon le 7 juillet 1321 par l’évêque Pons Augier de Lagnes, en présence du poète Pétrarque. Sauvées en 1562 par les chanoines lors du saccage de la cathédrale par les troupes du Baron des Adrets, elles ont été rendues en 1613 à la vénération des fidèles cavaillonnais.

LA LEGENDE DE SAINT-VERAN
Voici ce que le chanoine François Mathieu, pénitencier de la cathédrale de cavaillon, écrit dans un recueil de textes parus en 1665 : Il y avait pour lors en ces quartiers là, un dragon d’une prodigieuse grandeur, lequel désolait tout son voisinage, et rendait la campagne presque inhabitable. Ce monstre avait sa tanière dans une caverne des rochers de Vaucluse, d’où venant à sortir avec impétuosité, lorsqu’on y pensait le moins, il se ruait sur le bétail et sur les hommes qu’il trouvait dans les champs, égorgeant , dévorant tout ce qu’il rencontrait sans qu’il fut possible d’esquiver sa furie, à cause qu’il avait des ailes, et qu’aussi on n’avait pas le loisir de se mettre à l’écart.Au reste, il était si horrible que sa gueule vue ne donnait guère de terreur que sa cruauté.Car outre son énorme grosseur, il était tout couvert d’écailles impénétrables à toutes sortes de traits ; son dos bigarré d’une grande multitude de couleur, jetait une lueur effroyable ; ses yeux rouges et étincelants ressemblants à deux soupiraux d’une fournaise ardente, et quand il ouvrait sa gueule pour hurler, on en voyait sortir une haleine fumeuse qui faisait juger de loin qu’il vomissait des flammes".
Les gens de la région, effrayés demandaient à VERAN de les délivrer de ce monstre. Muni du signe de croix, VERAN s’avança dans la caverne, commanda au dragon de sortir et de venir se présenter devant lui. L’animal sortit et vint se coucher aux pieds de VERAN. Le Prêtre lui laissa la vie mais l’enchaina et le traina jusqu’au pied du Lubéron. Là il lui rendit la liberté à condition qu’il ne revint plus dans la région et qu’il ne fasse plus de mal aux habitants et à leurs bêtes de service. Saignant lors de sa retraite, il laissa tomber des gouttes de sang, d’où la présence en France d’autres villages nommés Saint-Véran, dans les Hautes-Alpes, les Côtes d’Armor, la Nièvre, ou Saint-Véran dans l’Isère, le Rhône, et la Saône-et-Loire.

LES RELIQUES DE SAINT-VERAN
On voit, dans l’église de Fontaine-de-Vaucluse, un tombeau qu’on dit être celui de Saint-Véran. De là, quelques années après sa mort, son corps fut transporté à cavaillon. Plus tard, il fut transféré dans le Nivernais, dans le lieu qui a conservé son nom (Saint-Véran, Nièvre, arrondissement de Cosne, canton de Saint-Amand-en-Puisaye). On ignore l’époque précise et les motifs de cette translation. Ce fut là l’origine du prieuré de Saint-Véran, et, si l’église de ce prieuré fut construite à cette occasion, comme on le pense, on pourrait fixer approximativement l’époque de la translation dont nous parlons ; elle aurait eu lieu, dans ce cas, au VIème siècle.Le corps du Saint évêque de Cavaillon fut ensuite transféré sur les bords de la Loire, à Jargeau. L’évêque d’Orléans faisait alors reconstruire l’église de cette ville, jusque-la placée sous le titre de la croix ; Il dédia la nouvelle église à Saint-Vran, et témoigna pour le grand thaumaturge la piété la plus vive et la plus généreuse. Depuis cette époque, le culte de Saint-Véran s’est maintenu en honneur dans cette ville et dans tout le diocèse d’Orléans. Les mères de famille aiment tout particulièrement à lui recommander la santé de leurs petits enfants.Cependant le prieuré de Saint-Véran avait conservé le chef du Saint évêque, on s’y rendait de fort loin en pèlerinage, surtout dans les temps de calamité.Plusieurs fois (notamment en 1584 et en 1597) la ville de Nevers a eu recours à l’intercession de Saint-Véran pour obtenir la cessation de la peste qui décimait ses habitants. La paroisse actuelle de Saint-Véran célèbre la fête de son saint patron le 19 octobre, comme elle est marquée au martyrologue romain.Jusqu’en 1763 l’église paroissiale avait conservé ses anciens reliquaires, l’un renfermant deux ossements de Saint- Blaise, patron de la paroisse, l’autre un ossement de la tête de Saint-Véran et trois autres ossements de la tête et du cou. Comme ces reliquaires tombaient de vétusté, on les fit refaire, et, le 1er mai de ladite année, en présence de tout le peuple, on en retira les saintes reliques, mais on ne les plaça dans les nouveaux reliquaires que le lundi de la Pentecôte, 23 mai. Le reliquaire de Saint-Véran était une mitre d’argent soutenue par quatre anges ; au milieu de la mitre était pratiquée une ouverture circulaire, ornée de pierreries ; on pouvait voir, à travers un verre, les restes précieux du saint protecteur de la contrée. C’était, dit-on, un don du duc de Nevers.En 1793, des mains sacrilèges s’emparèrent de ce riche reliquaire qu’on envoya au district de Cosne pour être expédié à l’hôtel de la Monnaie, à paris ; quant aux reliques, on les jeta au milieu de l’église. Elles furent recueillies par le sieur François Chotard, sacristain de la paroisse, qui les conserva respectueusement dans sa maison.Lorsque la paix fut rendue à l’église de France, le sieur Chotard remit les saintes reliques au curé chargé d’administrer la paroisse ; elles furent reconnues par deux des principaux profanateurs et par d’autres personnes dignes de foi ; un nouveau procès-verbal fut dressé, après avoir établi leur authenticité, et les reliques furent déposées dans un pauvre reliquaire en carton, qu’on eut soin de sceller.En 1818 Mgr Dominique-Augustin Jufètre, évêque de Nevers, apposa son sceau sur lesdits reliquaires, après avoir examiné avec soin le procès-verbal à lui présenté par Mercier, curé de la paroisse, constatant l’authenticité de ces Saintes reliques.
La cathédrale de cavaillon possède un bras du saint conservé dans l’armoire à reliques dont les vantaux en bois doré ont été réalisés en 1704 par Jacques Bernus, sculpteur à Mazan. Le 19 juin 1845, Mgr Naudo autorisa Monsieur le Curé de Cavaillon à ouvrir la châsse de Saint-Véran et à y prendre des fragments de reliques pour les envoyer au curé de l’église d’Embrun (Hautes-Alpes) L’église paroissiale de Saint-Vrain (Côtes-d’Armor) possède également des reliques qui sont exposées le jour de la fête patronale. A Saint-Firmin-des-Prés (Loir-et-Cher), les reliques (fractions du crâne et fractions d’une côte) ont été volées. Le pèlerinage à la chapelle St. Vrain près de la fontaine sacrée où le Saint accomplit des guérisons miraculeuses lors de son voyage à Rouen semble tombé en désuétude. En Italie, sur la côte Ligure, la cathédrale d’Albenga possède des reliques (os de la tête et fragments du bras)

ORATOIRES SAINT-VERAN
A la sortie nord du village de Saint-Véran (Hautes-Alpes) le plus haut village d’Europe habité toute l’année, l’abbé Toy fit élever un oratoire en 1852 au quartier des Forannes, au départ du chemin de Pierre-Grosse. C’est un pilier massif de section carrée, percé d’une niche surbaissée contenant les statues en bois de St Claude et de St Véran, protégées par une belle grille. Le toit à deux pentes couvert de lauzes est surmonté d’une croix.
A Fontaine de Vaucluse (Vaucluse), l’oratoire Saint-Véran est situé à l’emplacement de la rencontre du saint avec les habitants de Cavaillon, venus le chercher pour en faire leur évêque.Une procession s’y rend tous les ans pour sa fête.
A Aureille (Bouches-du-Rhône) un bel oratoire en pierres de taille est dédié à Saint-Véran, patron des bergers et protecteur des troupeaux, également fêté à la cathédrale d’Arles.
Barbentane (Bouche-du-Rhône) possède également un oratoire dédié à Saint-Véran. Celui d’Eyguières a disparu.
A Méounes (Var) un oratoire à été construit en 1965, par M. Chaix, berger, pour la protection de son troupeau.

Retable de Saint Véran


Saint Véran est un saint de l'Église catholique. Originaire de Barjac ou Lanuéjols en Gévaudan, il fut évêque de Cavaillon au VIe siècle.
Il est aussi connu sous le nom de Wrain latinisé en Veranus ou Uranus par confusion du v et du u.

Sa vie
Les rares faits connus de son existence suffisent pourtant à dresser un rapide portrait.
Contemporain de Grégoire de Tours, il fut ordonné prêtre en 540.
Retiré dans son ermitage de Vaucluse, il entreprit un pèlerinage à Rome en passant par Embrun, Briançon, Ravenne, Milan, et en retournant par Albenga et Cassis. 
Sigebert Ier, qui afin de frayer un passage pour ses États vers la Méditerranée avait ouvert le couloir austrasien en Provence, le choisit comme évêque de Cavaillon en 568 ainsi que nous l'apprend le « Manuscrit d'Orléans ».
Il siégea au second concile de Mâcon en 585 avec seize évêques provençaux.
L'année suivante, Frédégonde ayant fait assassiner Prétextat, l’archevêque de Rouen, au cours d’un office dominical, Véran, apostropha la reine pour lui reprocher ce meurtre. Ce qui lui valut d'être le parrain de Thierry II, fils de Childebert II. Le baptême eut lieu à Orléans, capitale de Gontran, roi de Bourgogne, en 587. Il trépassa à Arles de la peste deux ans après.


Ses miracles
 
Le coulobre statufié
à la porte de l'église Saint Véran


C'est à Fontaine-de-Vaucluse qu'il fit son plus célèbre miracle en débarrassant la Sorgue d'un horrible dracou dragon que l'on nomme encore Coulobre.
Selon la légende, il chassa cette immonde bête dans les Alpes où elle s'en fut mourir. Le village de Saint-Véran aurait été son lieu de chute. Il est à signaler qu'en remontant le sentier qui mène vers la source, on croise encore le « Traou dou Couloubre ».

Un autre miracle semble plus lié à des considérations matérialistes. Au XIIe siècle, Raymond IV de Toulouse, marquis de Provence, avant de partir chasser dans le Luberon, avait ordonné à Benoît, évêque de Cavaillon, de l'attendre pour l'office.
Il ne le fit point et cela lui valut ce qu'il faut bien appeler un bon coup de pied au derrière. Le membre coupable du marquis ayant séché immédiatement, il dut partir clopin-clopant implorer saint Véran à Vaucluse. Pour son pardon, l'oracle du défunt ermite exigea toute une série de privilèges pour l'évêque Benoît dont la moitié du fief de Vaucluse. Raymond obtempéra et fut guéri ipso-facto.

 

Ses reliques

Image illustrative de l'article Véran de Cavaillon
 Son gisant en la cathédrale San Michele Arcangelo d'Albenga


Pétrarque nous apprend qu'il fut enterré à Vallis Clausa dans un temple petit, mais orné et solide que Véran avait consacré à la Vierge.

Détruit pendant les Grandes invasions, il fut remplacé en 979 par le prieuré Notre-Dame et Saint-Véran dont l'actuelle église paroissiale de Fontaine-de-Vaucluse marque l'emplacement.

Sarcophage de saint Véran
dans la crypte de l'église de Fontaine-de-Vaucluse


Au début du XIe siècle, une grande partie de ses reliques fut transportée dans l'Orléanais où, sous le nom de saint Vrain, il devint patron du chapitre de l'église collégiale de Jargeau, au diocèse d'Orléans.

Au XIVe siècle, on s'avisa que les restes de l'illustre prélat serait mieux au cœur de son diocèse et, en 1311, Pons Augier de Lagnes, évêque de Cavaillon, fit transporter ses dernières reliques de Vaucluse à Cavaillon et les fit inhumer en la cathédrale.

Au moment où elles allaient traverser la Sorgue, ô miracle, ses eaux s'ouvrirent pour laisser passer le cortège.

 

Le Morvelous

Le bas-relief des Taillades dut être sculpté dans le front de taille de la carrière vers cette époque. Cette étonnante sculpture représentant un évêque surmontant deux écussons, portant crosse et pectoral orné d'une croix, s'efface au cours du temps. Bien que les Tailladois aient donné à ce bas-relief le nom peu flatteur de Morvelous - entendez le Morveux - les spécialistes s'entendent pour reconnaître en lui saint Véran.









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